Le Pape François tend la main aux chiites d’Irak

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Le Pape François, lors du premier voyage d’un Pape en Irak, se déplacera à Nadjaf, l’une des villes saintes musulmanes, pour y rencontrer le Grand Ayatollah Chiite, Sayyid Ali Al-Husayni alSistani.

Un article de Xavier Houzel

C’est énorme! Sayyid Ali Al-Husayni al-Sistani est une autorité spirituelle et morale en Irak, et de ce fait aussi temporelle. C’est une figure unanimement respectée par les Irakiens,  mais aussi en Iran d’où il est originaire.

En toute humilité, le Pape de Rome marche vers lui, qui est son ainé âgé de 90 ans,. Les deux hommes n’aspirent qu’à la même idée de « vivre ensemble ». 

Le terrorisme condamné

Ce geste est l’aboutissement d’un long cheminement initié par François dès le début de son pontificat en faveur d’un rapprochement avec l’Islam. Une première rencontre historique a eu lieu au Vatican, le 23 mai 2016, entre le Pape et le grand Imam sunnite de l’Université d’Al-Azhar, le cheikh Ahmed Al-Tayeb, 44e imam de la mosquée al-Azhar. À cette visite a répondu, le 28 avril 2017, celle du pape à l’Université al-Azhar.

Le point culminant de la communion entre ces deux Pasteurs musulman et chrétien a été la signature à Abou Dhabi, le 4 février 2019, d’un texte fondateur sur la Fraternité humaine : un « document raisonné avec sincérité et sérieux pour être une déclaration commune de bonne et loyale volonté, destinée à inviter toutes les personnes qui portent dans le cœur la foi en Dieu et la foi dans la fraternité humaine, à s’unir et à travailler ensemble ». L’idée était née alors d’une sorte de Charte des Religions Unies !

Le Pape et l’Imam condamnent la bigoterie, le radicalisme religieux et le terrorisme qui en dérivent.

Nadjaf, le Vatican du chiisme

Demain, les politiques?

Le Pape, guide suprême de la catholicité, a associé à sa démarche ses pairs des églises protestantes : en 2016, il est en Suède pour y commémorer le 500e anniversaire de la Réforme luthérienne et en 2018, on le trouve à Genève, le pays de Calvin.

À Moscou, il fait auprès du patriarche orthodoxe Kirill un geste chargé d’humilité, qu’il réédite auprès des plus éminents religieux du Judaïsme, parmi les plus visionnaires et les plus tolérants d’entre eux. Il les invite à agir de conserve.

Le grand-rabbin Pinchas Goldschmidt de Moscou, le grand-rabbin de France Haïm Korsia et la rabbin-philosophe Delphine Horvilleur l’ont suivi dans sa démarche.

Ensuite, le temps viendra pour les religieux de passer le relais aux hommes politiques.

 

 

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