L’activité économique en recul en Afrique à cause de la Covid

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Dans sa dernière édition semestrielle des Perspectives économiques mondiales, la Banque mondiale estime que la production en Afrique subsaharienne s’est contractée de 3,7% en 2020

Le revenu par habitant a diminué de 6,1%, et le niveau de vie moyen est retombé aux niveaux enregistrés il y a plus d’une dizaine d’années dans un quart des pays de la région.

Les États les plus touchés sont ceux où la pandémie a le plus frappé, ceux qui sont fortement tributaires des secteurs du voyage et du tourisme et ceux qui exportent des produits de base, en particulier du pétrole. La pandémie a continué de se propager au deuxième trimestre dans plusieurs pays et ne donne guère de signe de s’atténuer.

Chute brutale de la production en Afrique du Sud et au Nigeria

L’Afrique du Sud et le Nigéria ont enregistré une chute brutale de la production en 2020. Selon les estimations, le PIB de l’Afrique du Sud, où l’activité économique était déjà atone avant l’arrivée de la COVID-19, a diminué de 7,8% au cours de l’année passée. Le pays a été particulièrement touché par la pandémie, et les strictes mesures de confinement. L’économie nigériane, quant à elle, a reculé de 4,1% en 2020, la pandémie entravant l’activité dans tous les secteurs.

Les exportateurs de pétrole de la région ont été confrontés à une forte baisse des cours (Angola, République du Congo, Guinée équatoriale, Soudan du Sud), tandis que les pays dans lesquels les secteurs du voyage et du tourisme jouent un rôle prépondérant ont souffert de l’absence quasi-totale de voyageurs (Cabo Verde, Éthiopie, Maurice, Seychelles). L’économie a marqué un moindre repli dans les pays exportateurs de produits agricoles (Bénin, Côte d’Ivoire, Malawi, Ouganda).

Selon les projections de la Banque mondiale, un redressement modéré peut être espéré en 2021, avec un taux de croissance de 2,7%. La reprise de la consommation et de l’investissement privé pourrait être plus lente que prévu mais les exportations devraient s’accélérer progressivement, à la faveur de la relance des principaux partenaires commerciaux. Le redressement de l’activité économique en Chine, en Europe et aux Etats-Unis repose principalement sur les annonces encourageantes en matière de développement et de déploiement des vaccins anti-COVID ainsi que sur les nouveaux programmes de relance budgétaire.

Basculement de dizaines de millions d’Africains dans la pauvreté

Les prévisions d’une croissance atone en Afrique subsaharienne sont dues à la persistance de l’épidémie de COVID-19 dans plusieurs pays, qui fait obstacle à la reprise de l’activité économique. D’après les projections, la pandémie provoquera une baisse de 0,2 % des revenus par habitant cette année et compliquera davantage l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD) pour de nombreux pays de la région.

Ce renversement de tendance devrait entraîner le basculement de dizaines de millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté en 2020 et 2021.

Plusieurs risques de dégradation des perspectives en Afrique subsaharienne doivent être considérés. La croissance des principaux partenaires commerciaux pourrait être inférieure aux prévisions. La distribution à grande échelle d’un vaccin contre la COVID-19 dans la région se heurtera probablement à de nombreux obstacles, notamment les insuffisances des infrastructures de transport et le manque de capacité des systèmes sanitaires. Ces difficultés, encore aggravées par des catastrophes naturelles, comme les récentes inondations qui ont provoqué des dégâts considérables, et l’augmentation de l’insécurité, en particulier dans le Sahel, pourraient retarder la reprise. La dette publique a considérablement augmenté dans la région, pour atteindre, selon les estimations, 70 % du PIB en moyenne au cours de l’année écoulée, ce qui ne fait qu’accroître les préoccupations suscitées par la viabilité de l’endettement dans certains pays.

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