Le formidable « turn over » à la tête des services extérieurs algériens

En trois ans seulement, la DGDSE, l’équivalent de la DGSE française (services extérieurs  a vu se succéder cinq directeurs. Un recors absolu! Les voici:

  1. Nommé par Gaïd Salah dont il était une éminence grise en 2019 sans que son nom apparaisse, le général Kameleddine Remili, longtemps en fonction aux États Unis, cède sa place au général Mohamed Bouzit, alias « Youssef » en avril 2020.
  2. Neuf mois de fonctions seulement avant que le général « Youssef » ne soit  emprisonné.
  3. Le 21 janvier 2021, le général Youssef est donc remplacé par le général Nordine Mokri, alias Mahfoudh « Polisario », un dossier dont il a été chargé pendant une quinzaine d’années. Quinze mois à ce poste, et lui aussi est congédié.
  4. Le 14 Mai 2022, le général Mokri, alias « Polisario », est remplacé par le général Kehal Madjdoub, pur produit du DRS, qui est réhabilité Il avait écopé de trois ans de prison dans l’affaire e 2015 des coups de feu à la résidence présidentielle de Zéralda où il était chargé de la protection de Bouteflika.
  5. En juillet 2022, le général Kemal Madjdoub  est nommé à la tète de la DGSI (services intérieurs) à la place du général Rachedi, ancien attaché militaire aux Émirats et très proche du demi frère de MBZ, l’Émir des EAU. Lequel Rachedi, du coup,  a été recasé à la tète des services extérieurs à la place … du général Kehal Madjhoub. Une sorte de permutation dont on ne connait pas la signification. Depuis, le général Rachedi, accusé de « fuites » vers les réseaux sociaux et détesté par ses collaborateurs, a été victime d’un AVC et a été transporté d’urgence à Paris.  Les services extérieurs, un des fleurons de l’État algérien depuis toujours, navique désormais à vue après avoir épuisé cinq patrons successifs.    

La guérilla au sein des services secrets algériens neutralise toute réforme

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)

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