L’assassinat de Lokman Slim, principal opposant chiite au Hezbollah

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Dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 février,, Lokman Slim, un chiite hostile au Hezbollah, a été assassiné  alors que des manifestations hostiles avaient été organisées devant son domicile ces derniers jours.

Une chronique de Michel Touma 

Les différentes composantes et personnalités libanaises opposées à l’axe irano-syrien se sont réveillées ce jeudi matin sous le choc de l’annonce de l’assassinat de Lokman Slim. Ecrivain et journaliste issu d’une des grandes familles chiites de la banlieue-sud de Beyrouth, Lokman Slim s’était distingué par ses prises de position hostiles à la politique du Hezbollah alignée de manière inconditionnelle sur la stratégie du pouvoir des mollahs iraniens

Lokman Slim avait été enlevé dans la localité de Niha, au Liban Sud, où il rendait visite à un ami. La région est sous contrôle du Hezbollah. Son téléphone portable a été abandonné sur le bord de la route dans le village et dans la nuit, alors que son corps sans vie a été retrouvé dans les environs de Nabatiyé, région également contrôlée par le Hezbollah. Il aurait été abattu d’une balle tirée à bout portant dans la tête.

Le Hezbollah accusé

Cet assassinat a provoqué une très vive émotion dans les milieux du mouvement de contestation enclenché le 17 octobre 2019. De nombreux activistes sur les réseaux sociaux ont rapidement accusé le Hezbollah d’être le commanditaire de ce meurtre.

Peu après l’annonce de cet assassinat, l’un des réseaux sociaux relevant du mouvement de contestation a posté une lettre de Lokman Slim, datée du 13 décembre 2019, dans laquelle l’opposant chiite fait état de menaces directes dirigées contre lui à l’occasion de deux rassemblements organisés devant son domicile de Harek Hreik, dans la banlieue-sud.

Le leader politique avait fait alors assumer au secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah et au président de la Chambre Nabih Berry (leader du mouvement chiite Amal) la responsabilité de toute atteinte à sa sécurité.  

Contexte international mouvant

Certains activistes du mouvement de contestation ont relevé ce jeudi matin que l’assassinat du ténor de l’opposition chiite intervient alors que certaines voix se sont élevées ces derniers jours en France et aux Etats-Unis pour adopter une politique « plus réaliste » et conciliante à l’égard du Hezbollah libanais.

L’assassinat de Lokman Slim n’est pas sans rappeler la liquidation en Irak de plusieurs cadres de l’opposition irakienne hostile à la mainmise de l’Iran sur le pouvoir à Bagdad. 

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