L’armée marocaine tourne la page d’Hassan II

En l’espace de six mois, les forcés armées royales marocaines ont connu un véritable passage de témoin entre les officiers « génération Hassan II » et ceux plus jeunes qui ont fait carrière sous Mohammed VI. Passage en revue d’une lente mue.

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Il aura fallu dix huit ans de règne à Mohammed VI pour mettre du sang neuf à la tête des Forces Armées Royales. Le mardi 17 janvier, alors que les Marocains suivaient les péripéties de l’élection du président du parlement, un communiqué laconique du cabinet royal est tombé annonçant le départ du général de corps d’armée Bouchaïb Arroub, 81 ans, de l’inspection générale des FAR et du stratégique commandement de la zone sud, là où est stationné le plus gros de la troupe chérifienne. Le roi a ainsi mis fin à la mission de l’un des plus haut gradés de l’armée marocaine et un des rares officiers de Hassan II qui était toujours en fonction.
En effet, le général Arroub a dirigé le 3ème bureau de l’armée de 1988 jusqu’en 2014, année où il succéda à un autre vieux briscard de la guerre contre le Polisario, le général Abdelaziz Bennani, décédé depuis lors des suites d’un AVC. Mais la grande surprise réside dans celui qui a pris la tête de l’Inspection générale des FAR. Le nouvel homme fort de l’armée marocaine est le général de division Abdelfattah Louarak, récemment promu à ce grade. Il s’agit d’un haut gradé qui représente la nouvelle génération d’officiers et qui n’ont pas eu à diriger les opérations lors de la guerre du Sahara. Le général Abdelfattah Louarak était avant sa nomination responsable à l’état-major-général du Département personnel officier
Une purge en douceur
Ce changement à la tête de l’armée marocaine est tout sauf anodin. Il signe la fin d’un cycle où les généraux qui ont travaillé côte à côte avec Hassan II ont fini par céder atous les postes clés de l’armée. Ainsi, il y a quelques mois, c’est le général de division aérienne Ahmed Boutaleb, inspecteur des forces royales air depuis 1998 qui a été démobilisé du service par le roi, remplacé par  le général de Brigade El Abed Alaoui Bouhamid.
Deux autres hauts officiers ont été également retirés du service actif.  Le vice-amiral Mohamed Laghmari, inspecteur de la marine royale qui a laissé sa place àl’amiral Mustapha Alami  et le général de division Mohamed Doghmi commandant la Brigade Légère de Sécurité (en charge de sécuriser les déplacements du roi) à qui a succédé le colonel major Lakhdar Boulahjour.
La fin d’une époque
Avec le départ donc du général de corps d’armée Bouchaib Arroub, c’est toute une page de l’armée marocaine qui se tourne. Ainsi, ne subsiste plus au commandement de l’ancienne génération des historique formée au lendemain de l’indépendance que le patron de la gendarmerie, l’inamovible général de corps d’armée Hosni Benslimane. Quant aux autres ils sont tous à la retraite ou morts. C’est le cas des généraux Abdelhak Kadiri et Ahmed El Harchi qui avaient dirigés la DGED (services de renseignements), du général Hamidou Laâgri, ancien patron de la DST (service de contre-espionnage),  du général Mohamed Belbachir et du général Mohamed Maaïch, tous deux ex responsables du 5ème bureau (renseignement militaire).
En fin de compte, le souverain alaouite a pu mener une lente et délicate transition à la tête de l’une des plus fortes armées africaines, se délestant des généraux qu’il a hérité de son père et ouvrant une nouvelle ère pour les FAR.       
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