Mali, l’armée malienne encadrée à Kidal

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L’armée malienne ent entrée à Kidal, claironne RFI depuis le 5 mai dernier. Mais il ne s’agit que d’une avant garde de dix sept hommes. Et encore sans véritable possibilité d’intervenir. 

Selon plusieurs sources, de nombreuses conditions ont été imposées au contingent de l’armée malienne désireux de rentrer à Kidal. Ces restrictions à leurs possibilités d’agir ont reçu l’assentiment de la MINUSMA et de la force française Barkhane.

  • Restriction de mouvements pour les militaires maliens en dehors des équipes mixtes de patrouille et uniquement sous escorte des forces internationales ;
  • Interdiction d’interpeller toute personne, même en cas d’infraction ;
  • Interdiction de filmer ou de photographier toutes installations dans la ville ;
  • Interdiction d’être en tenue civile dans la ville ;
  • Interdiction de rendre visite à un habitant de la ville ;
  • Interdiction de profaner les symboles de l’Azawad ;
  • Interdiction de détenir des armes non répertoriées par la médiation ;
  • Interdiction de faire usage des armes dans la ville ;
  • Interdiction à l’aviation malienne d’atterrir à Kidal ;
  • Interdiction de prendre des positions statiques de garde dans la ville ;
  • Interdiction de participer à une réunion dans la ville de Kidal ;
  • Interdiction de recevoir des visites au camp du MOC.

D’où quelques questions légitimes que chaque malien est en droit de poser. Quelle serait, avec de telles conditions, l’utilité de la présence de ces éléments à Kidal ? Qu’en est-il du statut réel de l’Etat malien à Kidal ? Est-il imaginable que l’armée nationale d’un pays soit traitée d’une telle façon sur son propre territoire avec l’assentiment de l’ONU et d’une force étrangère, en l’occurrence la force française Barkhane, pourtant sous mandat international?

La population divisée

Selon des images AITV qui circulent sur le net, l’entrée des troupes maliennes s’est faite sous l’acclamation de nombreux kidalois déclarant ouvertement qu’ils ne veulent plus de l’Azawad. Ils agitent des drapeaux maliens et scandent « vive le Mali ». Plus loin, des militants du MLNA protestent, agitant des drapeaux Azawad.

Si les dirigeants du MLNA-CMA affirment que tout se passe conformément à leur souhait, du côté gouvernemental, cette entrée symbolique à Kidal apporte de l’eau au moulin de la propagande gouvernementale en cette période de précampagne électorale.

Elle soulage quelque peu l’armée française accusée de complicité avec les rebelles. Du même coup, cette entrée symbolique lève l’interdiction qu’elle avait faite à l’armée malienne de pénétrer dans Kidal, dans la foulée des opérations de reconquête des territoires occupées auparavant par les jihadistes. La France avait justifié sa décision par la crainte de massacres des populations touarègues de Kidal. Est-ce à dire que ce risque n’existe plus ?

Malgré tout, le doute persiste aux yeux de nombreux Maliens quant aux intentions réelles françaises. Le gouverneur de Kidal n’y dispose d’aucune autorité. Il n’a pas de prise réelle sur une ville totalement sous la coupe du MLNA. Les autorités administratives nommées par l’Etat tardent à s’y installer du fait de ses manœuvres pour torpiller les avancées obtenues au prix de concessions assez humiliantes pour le pouvoir malien.

Difficile de croire, dans ces conditions, au retour de Kidal dans le giron malien

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