L’Afrique grande perdante de l’accord Qatar/Arabie Saoudite

Part of Abu Dhabi, UAE with tall buildings and surrounding area viewed from the helicopter. Many details are visible in the image.
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De nombreux pays africains avaient dû prendre position en 2017 lors de la brouille diplomatique entre, d’un côté, l’Arabie saoudite et ses alliés et le Qatar,  de l’autre. Les deux camps viennent de tourner la page. Sans y associer les pays africains qui se sont mêlés à la crise.  

A close-up/macro photograph of Middle East from a desktop globe. Adobe RGB color profile.

Ryad ou Doha ? Au plus fort de la crise entre les Emirats du Golfe (Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Bahrein) des pays africains ont été sommés de choisir leur camp. Du Sénégal au Niger, en passant par les Comores, le Gabon, Djibouti, la Mauritanie et le Tchad des Etats africains ont choisi pour certains de rappeler en consultations leurs ambassadeurs à Doha par solidarité avec le camp saoudien soutenu également par l’Egypte. Sous la pression de l’Arabie Saoudite,  d’autres pays comme Djibouti et le Tchad sont allés jusqu’à la rupture totale des relations diplomatique avec Doha. Refusant de choisir entre les deux camps, plusieurs pays africains ont cependant adopté la stricte neutralité : Burkina Faso, Mali, Maroc. Cette dernière option, mal vue à l’époque par le prince héritier saoudien MBS, était, sans doute, la bonne.  

Après la rupture avec Doha, les pays africains, qui avaient fait du zèle dans leur soutien à l’Arabie saoudite, n’ont reçu aucune aide exceptionnelle du royaume pour saluer leur soutien. Certains pays comme le Tchad ont même perdu au change parce qu’ils entretenaient des relations économiques plus fortes avec le Qatar. 

L’histoire se répète 

 Pour ne rien arranger aux conséquences du zèle excessif des capitales africaines dans la querelle entre monarchies du Golfe, voilà que Doha et Ryad enterrent le 5 janvier 2021 la hache de guerre, sans même demander leur avis à ceux qui avaient pourtant été sommés de choisir leur camp en 2017.  

A regarder de près cet épisode diplomatique, c’est une sorte de répétition de l’histoire pour les pays africains. En 1973, un grand nombre des pays africains avaient choisi de rompre leurs relations diplomatiques avec Israël par « solidarité africaine » avec « la république sœur d’’Egypte » en guerre contre l’Etat hébreu. 

 Entre temps, Israël et l’Egypte se sont réconciliés et ont même établi des relations diplomatiques. Là encore, les pays africains n’avaient pas eu de voix dans le processus de normalisation. Depuis, de très nombreux pays ont repris des relations normales avec Israël, estimant que l’Egypte elle-même s’est réconciliée avec l’Etat hébreu.  

A la prochaine crise diplomatique entre des grandes puissances diplomatiques ou militaires, les pays africains feront, sans doute, preuve de plus de prudences après les épisodes de la brouille entre Doha et Ryad et la guerre entre l’Egypte et Israël.    

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