L’affaire Walid Nekiche, un test pour le pouvoir algérien

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L’affaire Walid Nekiche, l’étudiant qui a dénoncé publiquement  la torture dont il a été victime lors de son arrestation est désormais entre de « bonnes mains », le Parquet général de la Cour d’Appel d’Alger.

Plutôt que de laisser cette affaire faire le tour du monde et des associations des droits de l’homme, le pouvoir algérien a préféré prendre les devants, quitte à sacrifier quelques lampions. Ainsi, à la grande surprise des Algériens, le parquet général près la Cour d’Alger a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire sur l’affaire Walid Nekiche.

Rappelons au passage que l’étudiant a révélé avec un rare courage lors de son procès, tenu le lundi 1 février, au tribunal de Dar El Beida, avoir subi des «sévices sexuels », des « menaces » et de la « torture », lors de sa garde à vue dans les locaux de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Ben Aknoun.

Aprés un tel témoignage, l’alternative était simple: ou ses accusations étaient médiatisées, et il devenait intouchable. Ou ses déclarations n’avaient aucun écho, et son sort était peu enviable.

« La dignité des citoyens »

Le communiqué du parquet général précise que cette enquête a été instruite au vu « des réactions et des commentaires » que les déclarations de Walid  Nekiche ont suscité dans la presse nationale, ainsi que « les doutes et les questionnements » qu’elles ont soulevé parmi « les observateurs de l’action judiciaire », en particulier dans le domaine lié « au respect de la liberté et de la dignité des citoyens ». 

Comment le pouvoir incarné par son ministre de la justice Belkacem Zeghmati va-t-il  « traiter » cette affaire très suivie dans le pays ? Va-t-il l’étouffer ? Va-t-elle lui échapper ? 

C’est un nouveau feuilleton qui commence en Algérie. A suivre, les réactions des internautes, les comptes-rendus des journalistes affiliés beaucoup, un peu, ou pas au régime et surtout à suivre à travers les dessins de presse. Les seuls à bénéficier en Algérie d’une petite marge de liberté. Comme on peut le constater avec l’excellent dessin de l’intouchable Ali Dilem paru ce lundi 8 février dans le quotidien kabyle francophone Liberté

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16 COMMENTS

  1. Les régimes militaires ont du mal à se débarrasser des pratiques sauvages et inhumaines des années 60 et 70 du siècle dernier.

    Depuis bientôt deux ans le peuple algérien crie à qui veut l’entendre, chaque mardi (Pour les étudiants) et chaque vendredi (pour tout le peuple), qu’il veut UN ETAT DEMOCRATIQUE ET PAS UN ETAT-CASERNE. Seuls des gérontocrates sourds et muets peuvent rester indifférents à cet appel d’un peuple jeune qui aspire à la démocratie, à la justice et à la liberté.

  2. Le cas de ce courageux jeune homme est le grain de sable pour la machine répressive du système militaire algérien. En ordonnant une enquête pour gagner du temps, le système militaire ne se rend pas compte qu’il vient de mettre un doigt dans l’engrenage qui le mènera à sa chute. Feu Kateb Yacine disait que le pouvoir militaire algérien n’est pas fort. Il commettra des erreurs et ces erreurs que nous devons exploiter. Ce qui est le cas aujourd’hui. Tout ce qui touche au militaire, aucune enquête n’a abouti et n’aboutira. Sans se douter et dans son innocence, Walid Nekkiche a siffé la fin de partie aux tortionnaires militaires. Il a ouvert la boite de pandore. À travers sa voix naïve, des milliers d’innocents, torturés, violés, handicapés, assassinés, gémissent à travers sa bouche et crient justice: Ceux d’octobre 1988, Les jeunes de Tkout dans les Aures, les 126 jeunes kabyles abattus froidement par des gendarmes sensés les protéger, des Mozabites, etc. Et la liste est longue.
    Probablement, cette enquête finira sur la scène internationale. Wait and see.

  3. Pays bananier ou l’on condamne à perpétuité un jeune de 25 ans qui n’a rien fait et ou l’on laisse en liberté les plus grand criminels et cocaino-traficants dobt le papa n’est autre que le président de la république !!!

  4. C’est toujours les zouaves que la presse Française choisit pour mettre de l’huile sur le feu.Vous ferez mieux de parler de vos Crimes humanitaires et de vos terroristes un peu partout dans le monde que vous êtes entrain de financer.

  5. La pierre angulaire, de cette histoire, est pourquoi, spécialement ce jeune, y a d’autres qui sont en prison, qui veut faire de lui une icône de liberté, d’un village oublié, de tizi ouzou ? C’est bizarre.

  6. L’Algérie ne différe pas des anciennes colonies africaines de la France , avec des gouverneurs dictateurs , l’ancien colons aime ses élèves.

  7. J’ai bien peur que cette enquête ne soit réalisée tout comme toutes les enquêtes « ouvertes » pour des centaines d’autres affaires encore plus scandaleuses et plus grave, lesquelles n’ont jamais abouties…On peut citer entres autres celle concernant les 128 jeunes assassinés par la gendarmerie nationale en Kabylie (2001) . Ces crimes sont toujours restés impunis jusque là !!!

  8. Vive l’Algérie où des algériens se font torturer et abuser sexuellement chez eux c’est de l’esclavage et l’humiliation où le racisme et la rancœur s’y mêlent dans le Khawa Khawa. Que ce crime soit sanctionné exemplairement et plus jamais ça.

  9. Ces pratiques ne datent pas d’aujourd’hui, simplement nous sommes lâches ! Le jeune WALID NEKICHE a eu le courage de le dire au détriment de l’honneur ! On nous impose le silence, dans un pays ou les tabous nous enchaînent !

  10. C’est un journal qui a été financé par Monsieur Rebrabn un homme d’affaires kabyle Mais nous avaons eu tort d’écrire
    qu’il s’agissait dun journal kabyle. Sa couverture est nationale et internationale, non locale. N

  11. Moi qui suis lecteur du quotidien Liberté depuis sa création il y a une trentaine d’années,vous venez de m’apprendre que c’est un journal kabyle, je ne le savais pas.

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