La stratégie de reconquête d’Alexandre Djouhri

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Alexandre Djouhri, homme de l’ombre et conseiller des puissants, soupçonné par la justice française d’avoir participé au financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, saura, le 12 décembre, si la justice anglaise l’extrade vers la France.

Le reclus de Londres aurait-il fini de manger son pain noir ? Alexandre Djouhri, homme de réseaux et d’influence, qui aura été l’homme de confiance de nombreux politiques français, dont Villepin, Guéant et Sarkozy, a été approché coup sur coup par deux grands cabinets d’avocats anglo-américains. Ils lui proposent de devenir leur client, sans contrepartie, tellement les deux prestigieuses law firm sont sûres de l’emporter.

Des connections libyennes

En janvier 2018, cet homme d’affaires d’origine algérienne voit le ciel lui tomber lsur la tête. Il est arrêté à Londres suite à un mandat d’arrêt européen émis par le juge d’instruction Serge Tourraine, aujourd’hui sur le départ, qui a fait tomber de nombreux hommes politiques français. Le Parquet national financier le soupçonne d’avoir servi d’intermédiaire dans l’affaire de financement de la campagne électorale 2007 de Nicolas Sarkozy par la Libye.

Alexandre Djouhri, dont le parcours exceptionnel des cités maudites de la République aux Palais nationaux est une légende, n’a jamais caché ses amitiés libyennes, notamment avec Bechir Saleh, le « Monsieur Afrique » de Khadafi, mais affirme n’avoir jamais trempé dans aucune transaction illégale.

Ce qui est sur c’est que la justice française manque totalement de munitions dans cette affaire libyenne. D’après les nombreuses fuites dans la presse qui ont rythmé l’instruction, les seules accusations précises contre Djhouri concernent une possible surfacturation et un éventuel blanchiment de fonds dans la vente d’une villa dans le sud de la France aux autorités libyennes.

A ce stade, les sommes en jeu sont relativement faibles et aucun transfert de fonds n’apparait entre Djhouri et l’entourage de Sarkozy. C’est peu, judiciairement parlant, pour faire de cet homme d’affaires le coeur d’un scandale d’état.

Des garanties d’indépendance insuffisantes

Aujourd’hui Manuel Campos Sánchez-Bordona, avocat général de la Cour de Justice Européenne, estime que les garanties d’indépendance du procureur français sont insuffisantes et remet en cause la capacité de la justice française à émettre un mandat d’arrêt européen. Cette même France qui n’hésite pourtant pas à prôner partout en Afrique des leçons de justice et de droits de l’Homme.

Assigné à résidence surveillée par la justice anglaise qui compte se prononcer sur la demande d’extradition présentée par la France, ce « beurgeois » de la république est soumis à un traitement digne de grands bandits. D’après son médecin traitant à Londres, le docteur Alexandre Nairi, la gravité de l’état cardiovasculaire de son patient « résulte des conditions de son incarcération ». Le médecin, qui a saisi sans succès l’ambassadeur de France en Angleterre et même l’Elysée, se dit inquiet pour l’état de santé d’Alexandre Djouhri « enchaîné à son lit d’hôpital londonien pendant 3 semaines, mais aussi lors de ses transferts en ambulance de la prison à l’hôpital ». Durant son exil londonien, Alexandre Djouhri aura démontré, à une partie de la presse française et de la justice de son pays, son incroyable résilience.

A l’attaque!

Malgré ses ennuis de santé, Alexandre Djouhri ne compte pas baisser les bras. Connu pour partir « à l’Attaque » de l’adversité, ce battant prépare sa riposte et promet de dévoiler les dessous de « l’acharnement » judiciaire et médiatique dont il se dit la victime.

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