La sœur du Guide Suprême le qualifie de « calife despotique »

Badri Hosseini Khamenei, sœur du guide suprême iranien Ali Khamenei, a affirmé  qu’elle avait rompu ses relations avec son frère. Elle a qualifié son frère de « calife despotique qui ignorait la voix des Iraniens ».

Cette prise de parole montre que la cohésion des échelons supérieurs du système est tendue à se rompre. La sœur du Guide Suprême a également appelé les forces de sécurité à se joindre aux manifestants pour mettre fin à la direction islamique du pays.

« Le peuple iranien mérite la liberté et la prospérité, et son soulèvement est légitime et nécessaire pour faire valoir ses droits. J’espère voir bientôt la victoire du peuple et le renversement de cette tyrannie au pouvoir en Iran », a déclaré mercredi Mme Hosseini Khamenei dans une lettre publiée sur Twitter par son fils.

Mme Hosseini Khamenei n’avait jamais manifesté de critique envers la République islamique. Mais son fils, Mahmoud Moradkhani, qui a diffusé sa lettre et vit en France, est un opposant déclaré, et sa fille a été arrêtée lors des récentes manifestations. Son défunt mari a été emprisonné pendant une décennie pour protester contre le régime de l’ayatollah Ruhollah Khomeini, fondateur de la République islamique et prédécesseur de M. Khamenei.

« C’était mon devoir d’être humain de faire entendre la voix du peuple à mon frère Ali Khamenei. Mais il n’a pas écouté, il a continué dans la voie de Khomeiny en réprimant et en tuant des innocents, et j’ai rompu toute relation avec lui », a-t-elle déclaré.

Sa prise de parole est venue encourager la grève qui a paralysé l’économie du pays pendant trois jours. 

Le président iranien Ebrahim Raisi, s’adressant à une foule d’étudiants acquis au régime a déclaré le 7 décembre, que les manifestations étaient orchestrées par les États-Unis et d’autres ennemis étrangers.  La justice iranienne a annoncé mardi avoir condamné cinq personnes à mort et 11 autres, dont trois mineurs, à des peines de prison pour le meurtre d’un paramilitaire.

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)