La classe politique toujours divisée sur les élections au Niger

Le candidat rose en pré-campagne dans la région de Dosso le 10 juillet 2020. Crédit photo: Cabaneprod.
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Bien que la CENI ait proposé le 17 janvier 2021 comme date des prochaines élections locales, après le premier tour des présidentielles fixé au 27 décembre, l’opposition, les partis non affiliés et même une composante de la majorité au pouvoir au Niger continuent de manifester leur désaccord.

La date du 17 janvier a été avancée le 3 juillet lors d’une réunion du cadre national de dialogue politique par le président de la CENI, invoquant des retards dans l’enregistrement des électeurs sur la nouvelle liste biométrique à cause de la pandémie du Covid-19.

La Cour Constitutionnelle a validé le Covid-19 comme un cas de force majeure empêchant, pour le moment, l’enrôlement de la diaspora.

Si le coordonnateur de la coalition de la majorité, Alkassoum Indatou, fait siennes les propositions de la CENI, il n’en va pas de même pour plusieurs groupements de partis qui continuent à les contester et estiment que le consensus n’a pas présidé à l’adoption de ces décisions.

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C’est ainsi que le groupe des partis non affiliés a officiellement demandé, le 14 juillet, dans une lettre au Premier ministre qui préside le Conseil national de dialogue politique (CNDP), de convoquer une session extraordinaire pour revenir sur le sujet.

Pas de consensus sur plusieurs questions essentielles

« Vous convenez certainement avec nous (…) que nous n’avons pas eu un consensus clair sur les questions essentielles des élections lors de la réunion du CNDP. Le groupe des partis politiques non affiliés a l’honneur de vous demander la convocation d’une session extraordinaire du CNDP sur l’ordre du jour que voici : enrôlement de la diaspora dès l’ouverture des frontières aériennes ou terrestres, modalités pratiques de la tenue des élections locales avant les présidentielles, audit du fichier électoral biométrique.»

L’opposition politique, qui continue de boycotter le CNDP qu’elle juge caporalisé par le parti rose au pouvoir, a rebondi sur cette lettre pour se réjouir, dans un communiqué publié le 17 juillet, « de voir ses positions sur les élections locales et le vote des Nigériens de la diaspora partagées par le groupement des partis politiques non affiliés, l’Alliance pour la République et l’écrasante majorité des partis membres de la mouvance présidentielle. »

Des élections inclusives et transparentes seront-elles possibles?

L’opposition continue de réclamer l’organisation d’élections libres, transparentes, inclusives et conformes aux standards internationaux, dans les délais légaux. En effet, les dernières élections locales remontent à 2011 et, au fil du temps, de plus en plus d’élus ont été remplacés dans les conseils municipaux par des administrateurs nommés par le ministre de l’Intérieur, sous divers prétextes.

Les élections locales sont un enjeu important pour beaucoup de petits partis qui n’ont pas les moyens de concourir aux scrutins nationaux. Leur tenue avant la présidentielle est également un bon moyen d’évaluer le véritable rapport de force politique dans le pays car la fraude y est beaucoup plus difficile.

Outre la tenue des locales et l’enrôlement des Nigériens de la diaspora, l’opposition politique réclame la dissolution de la CENI et la démission des membres de la Cour constitutionnelle. Elle invite « tous les Nigériens épris de paix et de justice à se mobiliser dans un large front pour mettre fin à la volonté manifeste du PNDS-Tarayya au pouvoir à truquer les élections à venir. »

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