La paralysie du pouvoir algérien face aux manifestations

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Des sources fiables indiquent que le président Bouteflika aurait quitté son pays depuis plusieurs jours, alors que de grandes manifestations sont prévues dimanche en Algérie, au Canada et en Europe.

Un communiqué de la Présidence annonçait, vendredi, qu’Abdelaziz Bouteflika se rendrait à Genève pour des soins médicaux, le dimanche 24 février, alors qu’il avait déja été soigné en Suisse voici dix jours. Du moins, les services du chef de l’état évoquaient, contre toute vraisemblance, la nécessité de simples « soins de rééducation »,

Or la réalité, la voici: le président algérien ne se trouve plus en Algérie depuis vendredi, voire depuis jeudi. Abdelasiz a denouveau quitté l’Algérie.

Un pouvoir muet

Le pouvoir est vacant face à une contestation qui grandit de jour en jour. L’ampleur des manifestations de vendredi et le refus assumé des forces de l’ordre de disperser la foule ont apparemment produit un effet de sidération. Il semble que Said Bouteflika, le frère du Président et l’homme fort du régime qui a été hué lors des manifestations, aurait lui aussi quitté l’Algérie,. C’est du moins ce qu’affirment certains opposants.

Les mêmes évoquent un possible scénario à la tunisienne lorsqu’on a vu le 14 janvier 2011 le régime s’écrouler et le président Ben Ali prendre la fuite.

D’heure en heure, le rapport de forces entre les partisans d’un 5eme mandat de Bouteflika et des opposants de plus en plus nombreux semble basculer. Le clan présidentiel n’est pas en mesure de mobiliser de réels soutiens populaires face au raz de marée de la contestation.

En France, où l’on cherche toujours à ménager les autorités algériennes, on commence à réaliser enfin que la candidature d’un homme à bout de force est humiliante pour le peuple algérien.Le journal français « le Monde », silencieux jusqu’à présent sur la contestation, titre samedi après midi en une, sur « la colère des Algériens contre Bouteflika ».

Les militaires en conclave

Il reste que depuis vendredi après midi, l’Etat Major s’est réuni sans interruption pour décider de la marche à suivre. Une majorié de hauts gradés poussent le patron de l’armée, Gaïd Salah, à intervenir auprès du Conseil Constitutionnel pour déclencher l’article 102 de la constitution qui ouvre la possibilité d’un départ du chef de l’état pour raisons médicales.

Mais le chef d’état major qui a toujours affiché sa loyauté à l’égard d’Abdelaziz Bouteflika, hésite encore à pousser ce dernier vers la sortie. Notons que ses relations sont étroites avec les Emiratis, d’où il est revenu précipitamment jeudi, et qui comptent parmi les plus anciens soutiens de Bouteflika. Gaïd Salah défendait encore, ces dernières semaines, l’idée d’une conférence nationale, souhaitée également par le clan Bouteflika, même si celle ci n’a pas abouti en raison du refus catégorique de tous les opposants d’accepter une telle proposition.

L’importance des manifestations prévues dimanche et leur bon déroulement pèseront fort dans l’évolution de la situation politique algérienne.

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)
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omar
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omar

Faut pas croire au père Noel ! Chez nous on n’élit pas le président les chefs le choisissent personne ne partira à part le vieux malade car ils ont de très gros intérêts pour s’en aller comme cela
tout est en place avec l’accord des vrais propriétaires
ils ont trouvé l’oiseau rare: docile obéissant transparent mais quand même propre
soit vice président soit plan B pas de 5eme pour le vieux malade mais l’oiseau rare élu avec la magie de la fraude
L’heureux (ou peut être malheureux) élu c’est celui qui vient d’être nommé ministre conseiller et qui fut ministre avant d’être renvoyé par Said pour laisser la place au fils du bled le messah

tikouk
Invité
tikouk

Il se trouve que ce qui pour vous est un leurre pour la Kabylie qui a enduré 56 ans d’apartheid culturel et de negation identitaire ne soit ni un leurre ni caprice. Il est grand temps des choix, l’Algérie arabe est l’armement de la dictature née d’un coup d’Etat et l’arabisation est le signe du devoir -etre dictatorial. De meme l’islamisme fait partie des moyens du régime pour faire écran dans la relation Citoyen/Etat et la remplacer par oumma/Etat. La Kabylie est laique et berbére et cela nous le disons depuis 1948.

si tahar
Invité

laissons l’arabe et l’islamisme: ce n’est que des leurres pour detourner l’opinion Algerienne et internationale de ce qui se passe au Bled.
TOT OU TARD LE CHANGEMENT AURA LIEU EN ALGERIE: juste question de temps.donc cessez vos manipulations et intrigues a la Bouteflika…..M…………………………….

tikouk
Invité
tikouk

Au pays où l’on impose la langue arabe comme langue officielle malgré l’histoire et la géo, ni le congrès de la Soummam ni le Gpra n’avaient parlé d’arabiser le pays encore moins la Kabylie qui n’avait jamais utilisé cette langue, surtout quand les vrais arabes n’en veulent pas d’Algérie arabe, le régime joue l’identité comme gage en contre-partie du soutien politique: c’est comme changer d’identité chaque fois que l’on changeait d’alliances. Un pays c’est son humus, c’est d’ailleurs une betise du régime qui recoure à l’islamisme pour cacher cette faille dangereuse, qui fait de l’Algérie le cheval de Troie de toutes les sectes islamiques. De Gaulle nous a empoisonné en imposant cette caste, comme le disait Mehri, ex secrètaire du Fln  » c’est De Gaulle qui nous a imposé l’arabisation ». L’espoir est la France prenne conscience que le mal en Algérie est fatalement le cancer en France. Nos deux peuples… Lire la suite »

Slimane Azayri
Invité

Il parait clair que si les algérien.nie.s commencent à sortir dans la rue et manifester, c’est pour repondre aux sollicitations plus implicites qu’explicites de certains secteurs du pouvoir politique. Le but, comme a peu près en octobre 1988, semble être de faire changer le rapport de force interne du pouvoir dans le sens d’un changement du personnel dirigeant dans le cadre de la continuité du système en place. Les algeriens sortis dans la rue pour contribuer à sortir le pays de la crise instutionnelle actuelle doivent-ils se limiter à jouer le rôle de supplétifs ou d’armée de réserve dans lequel le confine la tradition de basses manoeuvres politiciennes des groupes dirigeants ? Si tel est le cas, le pays ne sortirait pas vraiment de la zone des tempêtes car une solution bricolée en cercles fermés dans l’urgence et la précipitation ne peut pas être durable. Par contre, si les algérien.ne.s… Lire la suite »