La mémoire en musique des exils nés de la guerre d’Algérie

Pour les 60 ans de l’indépendance de l’Algérie, la compagnie Transmosaïk investie dans l’expression artistique du monde oriental et dans l’histoire des peuples nomades, commémore en musique la mémoire collective des exils nés des années de guerre.

Une chronique de Fabienne Touma

 

 

ExilOnde 60 ans d’histoire racontée en musique.

C’est l’œuvre d’artistes originaires d’Algérie qui témoignent de la mémoire de l’exil des juifs d’Algérie, dont notamment la chanteuse de Transmosaïk, Yaël Morciano. Les chansons, interprétées en franco-arabe et en français, traduisent le parcours émotionnel vécu pendant l’exode avec le souhait de sauvegarder « une mémoire collective d’appartenance à la terre maghrébine ».

Ce sont des sentiments partagés que soulève ce concert: la tristesse de quitter sa patrie, terre ancestrale, mais aussi la délivrance et le renouveau. « L’année 1962 : une délivrance pour certains, une déchirure pour d’autres », résume la chanteuse lors d’une interview postée sur le site de la compagnie. Elle explique que « le projet représente en effet la manière avec laquelle les artistes algériens des années 1950 et 1960 ont pu exprimer leur traumatisme en parlant de leur enfance et du traumatisme de guerre ainsi que leur intégration en France ».

Pour la mise sur pied de ce projet, la compagnie se pose la question de savoir « comment les artistes (exilés) se sont appropriés l’histoire en musique ». Une musique qui devient une sorte de vecteur thérapeutique pour les juifs d’Algérie, et de manière plus générale pour « les populations issues de l’immigration ». « Ce que l’histoire sépare, la musique répare » : c’est ainsi qu’est résumé ce projet sur le site de la compagnie.

L’OrienBal est une invitation à danser

Voici les rythmes de l’âge d’or des cabarets orientaux des années 1940 et 1950 à travers des chansons d’artistes toujours originaires d’Algérie mais aussi du Moyen Orient. C’est un hommage aussi à Lili Boniche, Salim Halali et d’autres qui ont apporté à l’héritage traditionnel andalou des sonorités nouvelles venues d’Amérique ou d’Europe. « Les rythmes maghrébins côtoient ainsi les rythmes latin, cubain, argentin, précise Yaël Morciano. Ce projet est issu de recherches sur les musiques du Maghreb ainsi que les similitudes avec les courants qui émergent en Égypte et à Istanbul, dans le monde sépharade, dans les années 40-50 et qui se rapprochent des musiques latines. C’est cette fusion avec la musique orientale qui est intéressante », poursuit l’artiste.

Cette recherche est quelque part évidente puisque la chanteuse est détentrice, entre autres, d’un master en ethnomusicologie, une science humaine qui étudie les rapports entre musique et société.

ExilOnde, le dimanche 15 mai à la Comédie Nation à Paris.

L’OrienBal le 24 mai au centre Mandapa et le 29 mai au Centre Culturel André Néher (à Paris également).

 

 

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