La guerre des archives entre Paris et Alger

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En matière d’accès aux archives de la guerre d’Algérie, le Président français, Emmanuel Macron, a fait quelques gestes symboliques forts, contrairement aux autorités algériennes qui pratiquent la politique de l’autruche.

« la colonisation est un crime contre l’humanité » Emmanuel Macron

 

Il est loin le temps de la déclaration fracassante formulée par le candidat Macron à Alger le 15 février 2017 : « la colonisation est un crime contre l’humanité ». Le futur Président français a fait preuve ce jour là d’une réelle audace politique. Une conviction réelle? Un signal envoyé, en pleine campagne, aux électeurs des banlieues françaises? Ou encore un renvoi d’ascenseur aux autorités algériennes qui lui déroulent le tapis rouge? Les avis divergent, le jugement tranche avec la positiion traditionnelle de la classe politiuqe française.  

Confronté plus tard aux engagements pris en pleine campagne électorale, le président Macron optera pour la politique des petits pas. Dès le 3 juillet 2020, le pouvoir français la restitution à l’Algérie de 24 crânes de combattants éliminés au cours de la conquête au 19ème siècle.

Seul souci pour la Présidence française, le Secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale (SDGSN) fait obstacle à l’application de la loi de 2008 qui prévoit l’ouverture automatique des archives à la communauté des chercheurs après 50 ans passés sous le sceau de secret défense. Le SGDSN pond une circulaire en 2020 qui en durcit l’accès. D’où l’ire des historiens qui saisirent alors l’arbitrage du président.

La reconnaissance de l’assassinat par l’armée française de l’avocat et militant du FLN Ali Boumedjel est une des préconisations du rapport Stora

La politique des petits pas

La réponse du président français ne s’est pas faite attendre. En juillet 2020, le Président français confie à l’historien Benjamin Stora une mission sur « la mémoire de la colonisation et la guerre de guerre d’Algérie ». Le rapport de la mission de l’historien, rendu en Janvier 2021 à la présidence, n’évoque pas la restitution complète des archives, mais facilite l’accès aux chercheurs des deux rives de la Méditerranée.

« Le chef de l’Etat, note le communiqué de l’Elysée. a ainsi pris la décision de permettre aux services d’archives de procéder dès demain à la déclassification des documents couverts par le secret de la Défense nationale selon le procédé dit « de démarquage au carton » jusqu’aux dossiers de l’année 1970 incluse. Cette décision sera de nature à écourter sensiblement les délais d’attente liés à la procédure de déclassification, s’agissant notamment des documents relatifs à la guerre d’Algérie »

Par ailleurs, la reconnaissance de l’assassinat par l’armée française de l’avocat et militant du FLN Ali Boumedjel est une des préconisations du rapport Stora qui est reprise par Emmanuel Macron. C’est peu face à l’ampleur des crimes de la colonisation, dont la pratique systématique du viol contre les combattants et combattantes du FLN, mais c’est mieux que rien. On s’attendre à d’autres initiatives préconisées du rapport Stora

« Le dossier des archives ne fait pas partie du dossier de la mémoire », déclare le Monsieur Archives de l’Algérie

Le pouvoir algérien, grand perdant.

Du coté algérien, il rêgne le plus grand flou. Si l’historien Français a rendu public un rapport contenant des propositions qui se concrétise sur le terrain par des actions, Abdelmadjid Chikhi, directeur général des archives nationales, n’a pas rédigé le moindre document. À une question posée par un journaliste sur les préconisations du rapport Stora, le haut fonctionnaire algérien a répondu de façon déroutante. « Ce rapport ne nous a pas été adressé officiellement et nous ne pouvons pas réagir sur la base de ce qui a été rapporté par la presse. Les relations entre Etats ne sont pas gérées comme ça ».

Et avant d’ajouter:« le dossier des archives ne fait pas partie du dossier de la mémoire », en précisant que l’Algérie réclame la totalité de ses archives d’avant 1962. Fermez le ban !

Une façon de botter en touche

Pourquoi cette posture d’attente? Pourquoi cette inertie?. « On s’est entendu avec le président Français Emmanuel Macron en matière mémorielle pour travailler normalement », déclarait le président algérien en avril 2020. Étrange mode de raisonnement qui oublie que le président français agit dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles et non selon selon les convenances de ses homologues étrangers.

L’ouverture du coté français des archives à la communauté des historiens est un échec patent pour le pouvoir algérien qui souhaitait en conserver le contrôle. Un nouveau paradigme dans la lecture de l’histoire de la colonisation et de la guerre d’indépendance devraient être désormais impulsés qui feront perdre à Alger le contrôle politique exercé sur le travail des historiens.. 

Notons qu’il est anormal pour les autorités algériennes de réclamer les archives à la France, tout en cadenassant celles  qui ont été récupérées en Libye par l’armée des frontières à la fin de la guerre.

La passion algérienne pour ‘Histoire

Le peuple algérien porte un réel engouement à son histoire contemporaine. Il aspire à la soustraire à l’emprise d’un pouvoir qui prescrit une lecture biaisée. Le rôle de ombre de personnalités historiques (Messali, Krim Belkacem, Colonel Lotfi, Abane et tant d’autres), effacée des manuels scolaires algériens, devrait être traité  avec plus d’hindépendance.

L’ouverture des archives aux historiens en France est une épine dans le pied d’un pouvoir algérien qui perd un peu plus de sa crédibilité.

i.     

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1 COMMENT

  1. Le pouvoir algérien se fout royalement des archives de la colonisation. Encore moins des excuses de la France. Ce qui l’intéresse, c’est l’Algérie en tant que poule aux œufs d’or et l’immobilier en France et les comptes à Dubaï. Son ennemi numéro 1, c’est le peuple algérien, le « ghachi », la populace, qui lui demande des comptes depuis l’indépendance. S’il y avait des autorités légitimes à la tête de l’état algérien, il n’y aurait pas de guerre froide avec la France ni avec nos voisins. Et, le peuple algérien sera heureux et ne cherchera pas à aller vivre ailleurs. Ce qui est demandé à Macron et à ses successeurs, c’est de ne pas soutenir ce pouvoir algérien.

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