La grande panne de la diplomatie algérienne en Afrique subsaharienne

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 Le 34 è Sommet de l’Union africaine a consacré l’éviction de l’Algérie du poste de Commissaire Paix et sécurité qu’elle occupait depuis 2003. Ce revers s’inscrit dans une longue série noire pour la diplomatie algérienne. 

Une chronique de Francis Sahel

Pour la première fois depuis l’installation, en 2003 à Maputo au Mozambique, de la Commission de l’Union africaine, le commissaire Paix et sécurité n’est pas un diplomate algérien. Après ses compatriotes Said Djinit, Ramtane Lamamra, Smail Chergui aura donc été le dernier algérien à occuper ce poste stratégique à l’UA, qui fait de son titulaire le numéro 2 de l’organisation panafricaine, après le président de la Commission. C’est le Nigérian Bankolé Adoye  qui aura pour les 4 prochaines années la haute main sur la gestion de nombreuses crises africaines, avec des prérogatives renforcées par la fusion du département Paix et sécurité et celui des Affaires politiques.  

S’il est vrai que la fin de la mainmise ininterrompue depuis 17 ans de l’Algérie sur le département Paix et sécurité était attendue suite à la fronde des autres pays africains, il n’en demeure pas moins qu’elle constitue un grave revers. Elle traduit en effet la pente descendante entamée par la diplomatie algérienne en Afrique subsaharienne. Alger a assisté ces dernières années avec impuissance au recul du nombre des pays africains qui reconnaissent la République arabe saharaouie démocratique (RASD). La cause de l’indépendance de l’ancienne colonie espagnole ne reçoit désormais d’échos favorables qu’en Afrique du Sud, au Nigeria et en Angola. Mais, le signe incontestable du crépuscule de la diplomatie algérienne en Afrique au Sud du Sahara aura été le retour en janvier 2017 du Maroc à l’Union africaine. L’Algérie avait battu le rappel de ses soutiens africains pour retarder ce retour mais elle s’est retrouvée en minorité lors du débat organisé à Addis-Abeba, en présence du Roi Mohamed VI.

Le Maroc en embuscade 

Le recul indiscutable de l’influence diplomatique de l’Algérie est la conséquence de ses choix pour les moins hasardeux sur de nombreuses questions continentales. A l’heure des réseaux sociaux, les arrestations brutales et massives des migrants originaires d’Afrique subsaharienne dans des villes algériennes ont été largement diffusées, provoquant l’incompréhension des gouvernements et la colère des opinions publiques. L’abandon de ces migrants, quelles que soient leurs nationalités, dans le désert sur la frontière nigéro-algérienne a provoqué une onde de choc qui s’est propagée de Dakar à Addis-Abeba, de Niamey à Durban. Pendant ce temps, le Maroc procédait de son côté à la régularisation des milliers de migrants subsahariens vivant sur son sol, en attendant de continuer leur chemin vers l’Europe. Mieux que cela, pour marquer sa différence d’avec l’Algérie, le Maroc procède depuis deux années au recrutement des stewards et d’hôtesses de l’air sénégalais pour travailler sur les vols de sa compagnie nationale, Royal Air Maroc. De milliers de jeunes diplômés subsahariens obtiennent également  des permis pour rester travailler dans le royaume après leur formation.  

L’Algérie paye par ailleurs son manque d’engagement à la hauteur des attentes dans la résolution des crises sur le continent, à commencer par celles qui touchent la Libye et le Mali ses deux voisins immédiats. Au Mali, la diplomatie algérienne a assuré le « minimum syndical » en accueillant les pourparlers inter-maliens de 2015. Elle n’a pas en revanche usé de l’influence des services algériens sur les groupes armés pour contribuer à la lutte contre le terrorisme. En Libye, l’Algérie a même fait beaucoup moins, laissant des puissances lointaines comme la Turquie, l’Arabie saoudite et les Emirats-arabes unies interférer dans la crise libyenne.  

Il est vraiment loin le temps où Alger était le point de ralliement de tous «les révolutionnaires »  d’Afrique subsaharienne et « l’Algérie tiers-mondiste » le carrefour des mouvements de libération nationale africains, dont certains dirigeants bénéficiaient du passeport algérien.  

Francis Sahel  

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11 COMMENTS

  1. L’auteur de l’article attend certainement le renvoi de l’ascenseur de Rabat … Peut être un Palais ou une table à Djamâa El Hafna. Qui sait ?

  2. Certains Algériens ne veulent pas voir la réalité en face. Ils continuent à défendre coûte que coûte leur régime incapable et vieillissant. Sur ce forum, ils menacent les journalistes car ils ont décrient avec justesse le niveau très bas de la diplomatie Algérienne.

  3. Je conseille aux journalistes de ce journal africain d’éviter de prendre partie dans vos papiers. Votre impartialité sera le fil rouge que les lecteurs africains vont suivre pour savoir si vous êtes dignes d’avoir leur confiance et leur … argent. En plus, évitez de vous tromper de cible car vous risquez de vous « brûler » gravement. Ne prenez pas cela pour une menace mais un conseil de frère. Merci

  4. Vous ne trouvez pas qu´occuper un poste (en l´occurrence commissaire Paix et sécurité ) pendant 17 ans ça fait beaucoup trop longtemps? L´essentiel est que le poste soit occupé par un pays pro-RASD et c´est le cas. Et c´est là le succès diplomatique de l´Algérie.

  5. l’afrique est colonisée, ca ne sert a rien de s’engager pour elle, ele est devenue le terrain affrontement des nouvelles puissances meme des pays comme la france et l’angleterre ne veulent plus s’engager, ca coute beaucoup d’argent, barkhane est la pour le démontrer, les algériens regardent de loin, ils vont récolter les fruits plus tard

  6. Sans surprise, un régime contesté depuis 2 ans par les citoyens de son pays ne peut prétendre au leadership dans un continent! Un pouvoir qui viole des étudiants dans les commissariats (Nekiche,…) et déporte des opposants politiques dans le Sahara à 800 km d’Alger (Nekaz,…) est disqualifié pour toute initiative continentale !

  7. Normal. L’Algérie avec sa classe politique des vieillards est sclérosée politiquement: par ses généraux, par son élite politique ni arabe progressiste,ni africaine par conviction et choix géopolitique.
    Le Roi Mohammed VI est visionnaire, jeune panafricaniste comme son grand- grand- père, le grand patriote africain Mohammed V. Quant à l’Algérien, elle avait été visionnaire en allant chercher Mohammed Boudiaf, l’Intègre. Assassiné, les médiocre sont depuis en place. Pour la ruine de ce grand pays et l’abandon de l’Indépendance africaine. Destin raté !

  8. Montre-moi ce que tu es écris à propos de l’Algérie, – surtout si le Maroc est cité en exemple- , je te dirais qui tu es et pour qui tu travailles. Donc rien de nouveau chez MondAfrique, un site créé spécialement pour emmmerder l’Algérie.

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