Chomage, pauvreté: la faillite de Gaza

A view into Gaza City, Palestine, showing destruction of structures and buildings following a summer-long battle between militants and Israeli forces

Depuis 2007, date à laquelle le Hamas a pris le pouvoir à Gaza, la population s’est réduite de 12 %, soit 236 000 personnes indique une étude du Conseil des relations internationales (CIR), un organisme affilié au Hamas.

Ce seraient en moyenne 17 000 Palestiniens en qui ont quitté Gaza chaque année depuis 2007. Le taux de chômage à Gaza s’élève à 74 %. Ceux qui parviennent à trouver un emploi gagnent un salaire annuel moyen de 250 $. Cela place 80% de la population de Gaza sous le seuil de pauvreté. Le rapport du CIR a également noté une augmentation significative du suicide chez les jeunes.

La motivation à émigrer est très forte et une enquête menée en 2019 par le Bureau central palestinien des statistiques a révélé que 37 % des jeunes de Gaza souhaitent émigrer. « Gaza est en train de se transformer en un marécage de désespérés et de pauvres », a déclaré un chercheur arabe à TPS. « Ceux qui peuvent partir, partent. »

Certains Gazaouis partent se faire soigner sans revenir. D’autres versent des pots-de-vin de plusieurs milliers de dollars à la police du Hamas au poste-frontière de Rafah avec l’Égypte.

Des sommes allant jusqu’à 10 000 dollars et plus sont versées aux passeurs qui emmènent des Gazaouis par bateau vers l’Espagne via l’Egypte et l’Afrique du Nord, ou vers la Grèce ou la Turquie, plus proches.

La Turquie est une destination populaire car le coût d’un visa n’est que de 150 dollars et la Turquie compte une importante communauté arabe. On estime que 30 % des émigrés de Gaza sont arrivés en Turquie.

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)