Kaïs Saïed vire les islamistes, mais revendique la charia

Beaucoup de commentateurs en France ont voulu voir dans le projet de réforme de la constitution tunisienne concoctée par le président Kaïs Saied  et soumise à référendum le 25 juillet prochain une volonté de tourner le dos à tout référence à l’islam. Rien n’est plus faux puisque le chef d’état tunisien, plus religieux que les Frères Musulmans chassés du pouvoir,  vient d’annoncer que le texte constitutionnel affirmerait l’appartenance de la Tunisie à la « communauté des croyant, dite « Umma ». 
 
Chronique et illustration du dessinateur « Z »
 
Scène évoquant la révélation faite au prophète par l’ange Gabriel dans la grotte Hira près de la Mecque. »Chléka » veut dire Claquettes dans le dialecte tunisien. Par métonymie, elle désigne de manière négative le porteur de claquettes. »La Mnihla » est la banlieue de Tunis dans laquelle habitait Kaïs Saïed avant de s’installer au palais de Carthage.
 
Le 25 Juillet 2021, ZABAIED (1)  renversa la table et s’accapara les pleins pouvoirs. Paradoxalement, les Tunisiens voyaient d’un bon œil cette force démoniaque, car finalement il fallait bien un miracle de ce type pour chasser les méchants islamistes. Le désespoir des tunisiens était tel qu’ils fermèrent les yeux sur toutes les dérives qui ont suivi.
 
Car Saïed, est devenu un dictateur comme Ben Ali et Bourguiba mais cette fois, le bonhomme manifeste des signes encore plus troublants :  Saïed est de plus en plus obsédé par Allah. Il explique qu’il agit d’abord pour le Tout Puissant. Il anime dans le château des remises de prix de lecture de Coran et ordonne aux flics de punir les cafés ouverts en plein mois de Ramadan. Il cite le texte sacré, des anecdotes de la vie du prophètes et accuse ses ennemis d’hérésie. 
 

Kaïs Saïed, défenseur de  l' »Umma »


Mais beaucoup de tunisiens, même les plus progressistes continuent à voir en lui un espoir. On leur a fait croire que celui-ci enlèvera la mention de l’islam du premier article de la Constitution (qu’il a décidé de réécrire, soit dit en passant). Leur désespoir les a rendu tellement aveugles, qu’ils n’ont pas du tout compris que celui qui chassa les islamistes, se prend carrément pour le prophète. Pour couper court à toutes les rumeurs, Saïed  annonce dans sa dernière apparition médiatique à l’aéroport de Tunis, le 21 juin à six heures de matin, face à des pèlerins partant pour l’Arabie Saoudite, qu’il allait inscrire la notion de « Umma  musulmane » (« communauté de croyants musulmans) dans le texte. Plus encore, le Président tunisien affirmait que « l’État doit oeuvrer pour accomplir les finalités de l’Islam et de la Charia »
 
Il rajoute de fait encore plus d’Islam dans la Constitution, et éloigne de plus en plus la Tunisie d’un projet de société où Allah, le prophète, les marabouts, les esprits, les anges et les démons demeureraient confinés à jamais dans les sous-sol antiques du Palais de Carthage.
 

La malédiction du Palais de Carthage

 
Comme elle parait bien lointaine cette époque où fraichement élu, le président Saïed refusait de s’installer au palais de Carthage. Prétextant sa proximité avec le peuple, ce dernier tenait à rester dans sa modeste villa de la Mniha, dans la banlieue nord de Tunis.  Les services de la présidence devenaient fous craignant pour sa sécurité, mais Saïed insistait. L’escorte présidentielle entre sa maison et le palais bloquait quotidiennement le trafic sur Tunis, provoquant la colère des riverains. Au bout de quelques jours Saïed a dû se résigner et déménagea avec femme et enfants dans le château.   
 
Kaïs Saïed devait savoir que cette demeure était habitée par de malins esprits. De Bourguiba à Essebsi, l’histoire témoigne que tous les locataires du palais furent frappés par une malédiction. Certes, différente pour chacun : on se rappelle surtout du passage de Ben Ali (23 ans) dans lequel le complexe présidentiel était devenu un véritable repère de sorciers et de marabouts à la demande de Leila Ben Ali, son épouse, qui avait tenté en vain de chasser les mauvais esprits.
On se rappelle également de Moncef Marzouki, surnommé « Tartour » par les tunisiens, qui a perdu la boule depuis et qui ne s’en est toujours pas remis. Pareil pour Essebsi, successeur de Marzouki et aujourd’hui décédé, qui a dû invoquer tous les saints de Tunis pour se protéger. Mais cela n’avait pas fonctionné comme prévu et il mourra en cours de mandat dans d’étranges circonstances.
 

Une maison hantée

 
S’expliquent alors les craintes légitimes de Kaïs Saïed, cet honnête prof de Droit obligé malgré lui d’habiter cette maison hantée. 
Malheureusement, on ne s’y est pas trompé : les tunisiens furent témoins depuis son déménagement de sa progressive métamorphose. L’esprit s’est d’abord manifesté dans le corps-même du président.
 
Le pays tout entier constata la boule qui gonfla soudainement dans le ventre de Saïed, comme si l’esprit s’était installé dans ses entrailles (Peut-être que Saïed, porte-il la descendance du démon de Carthage?). Puis, ce sont ces expressions de visages, ses mimiques, sa gestuelle qui transformèrent ce paisible professeur en un monstre méconnaissable, éructant jour et nuit contre les traîtres et  les corrompus de la nation

Kaïs Saïed le prophète
  

En tout cas avec Saïed, l’esprit de Carthage non seulement s’est propagé dans tout le pays (à voir tous ces « zombies » qui adulent le président), mais il aurait carrément muté, manifestant une forme singulière que la Tunisie n’a jamais connu depuis Bourguiba à Essebsi.
 
En conclusion, pour la prochaine Révolution, il faudrait prévoir de raser le palais et procéder à des fouilles sur l’ensemble du site archéologique de Carthage pour élucider le mystère de cet esprit malin qui s’acharne sur la Tunisie et qui rend fou ceux que le destin placent à la tête de l’Etat…

(1) ZABAIED est la contraction de ZABA (acronyme de Zine El Abidine Ben Ali, l’ancien dictateur) et de SAIED, l’actuel président tunisien accusé d’autoritarisme.

Le président tunisien, Kaïs Saïed, face au peuple dans la rue

la redactio

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