Jean Yves Le Drian mis en cause par le leader de la lutte anti esclavagiste mauritanienne

Lors d’une intervention à la Sorbonne jeudi soir, le leader de la lutte contre l’esclavage Biram Dah Abeid mettait en cause le miistre français des Affaires Etrangères, Jean Yves Le Drian, pour l’avoir qualifié de « détenu de droit commun » alors qu’il était en prison sous le rêgne de l’ex Président AziZ. Extraits

« Nous mauritaniens, peuple en lutte contre l’arbitraire, l’esclavage et le racisme, grande était notre déception quand le ministre des affaires étrangères de la France, Jean-Yves Le Drian, lors d’un débat à l’Assemblée nationale de son pays, en 2018, insinua que le député Biram Dah Abeid, alors incarcéré à Nouakchott, serait un « détenu de droit commun ». Ce positionnement de la France et par la bouche de son ministre des Affaires étrangères, constitue un parti-pris anachronique, dans la compétition, perpétuelle, entre les justes et les fauteurs de supériorité raciale; le propos explique les difficultés actuelles et grandissantes du rapport de l’ancienne puissance coloniale avec l’Afrique. Néanmoins, nous saluons et louons le soutien et l’engagement, à nos côtés, de nombreux amis en France.

« Je tiens à citer, ici, l’organisation de défense de droits de l’Homme « IRA-France-Mauritanie », une association de droit européen, à l’abri de la censure et de l’intimidation caractéristiques des gouvernances réfractaires au droit et à la transparence sur notre continent, ô combien pillé et meurtri, par ses propres enfants. Je rends hommage aux individualités qui, avec désintéressement et abnégation, ont voulu et pu perpétuer chez nous, l’idée, généreuse et créatrice de sens, celle des aspirations de l’individu à se libérer de l’aliénation, que résume l’article premier de la déclaration de 1789 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ».

Ces mots si justes ne sont pas le produit de ma culture, même s’ils y trouvent un écho rétrospectif. Ils résultent d’une expérience historique, loin de chez moi et, pourtant, j’y ai cru, spontanément, dès après les avoir lus et relus ; ce message, nous nous efforçons de le relayer, partout où nous mène l’interaction avec nos semblables, y compris de latitudes lointaines. C’est notre mission et l’horizon de notre devenir de mauritaniens.

En matière de droits humains, Jean Yves Le Drian, l’ami des dictateurs au Tchad, au Gabon, en Égypte, en Mauritanie ou aux Émirats, aura été un des ministres les moins engagés et parmi les plus réactionnaires de ces trente dernières années. Ce n’est pas à l’honneur de la gestion des affaires internationales du président Emmanuel Macron. Le positionnement de la diplomatie française, vent debout contre l’autoritarisme de Poutine et d’Erdogan, est totalement à géométrie variable.

La rédaction de Mondafrique

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