Islam, Emmanuel Macron aux abonnés absents

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D’après les informations de Mondafrique, Emmanuel Macron a décidé de reporter à décembre 2018 le grand discours annoncé sur l’avenir de l’Islam de France.

Le président français qui passe pour un homme pressé est décidé à prendre son temps pour lancer la grande réforme de l’Islam de France. Le grand discours sur ce terrain miné qui était prévu en janvier sera sans doute prononcé à l’automne prochain, voire en décembre 2018. C’est que les proches conseillers de l’Elysée sur le sujet, et notamment  ne semblent pas avoir convaincu en haut lieu. Le bureau des cultes du ministère de l’Intérieur, en charge des relations de l’Etat avec les religions, est vent debout contre l’ancien conseiller de Jean Pierre Raffarin et ancien banquier, le franco tunisien Hakim El Karoui, qui s’est auto désigné comme l’éminence grise du président Macron sur ces sujets.

La loi de 1905 en cause

Ces hésitations s’expliquent par l’extrême sensibilité des réformes envisagées aujourd’hui par les conseillers d’Emmanuel Macron. Certains pensent en effet qu’il vaudrait envisager une réforme la fameuse loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il s’agirait d permettre au gouvernement français de financer certains lieux de culte, pour contrer l’influence d’un certain nombre de pays étrangers, notamment dans le Golfe, qui participent aujourd’hui au financement des mosquées. Une telle annonce provoquerait inévitablement une sérieuse bronca, notamment dans les milieux laïcs.

Autre sujet litigieux et pourtant central, la réforme de la formation des Imams jugée prioritaire passe par un accord avec la Mosquée de Paris dont l’Institut ne forme qu’une trentaine d’Imams par an. Les autorités françaises voudraient régler le cas des religieux venus d’Algérie (au moins une centaine par an) qui ne suivent aucune formation en France. Or parmi les conseillers du Recteur de la Mosquée, Dalil Boubekeur, certains résistent à l’idée d’une coopération avec les autorités françaises.

Dans ces conditions, on comprend qu’il est urgent d’attendre!

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)
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Slam
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Slam

Cher NB, auriez vous une personne qui lit (et comprend de préférence) l’arabe dans votre équipe web ? car illustrer un article sur Macron et l’islam par une photo de Macron flanqué du patron des patrons algériens ( Ali Haddad, président du FCE), c’est un peu…osé.