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ONU, le Maroc persiste et signe dans sa neutralité face à la Russie

NEW YORK, 30 août (Xinhua) -- Les représentants participent à une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU au siège de l'ONU à New York, le 30 août 2012. La réunion a été convoquée par la France, qui assume la présidence tournante du Conseil pendant ce mois-ci. Fin

Pour la seconde fois, le Maroc n’a pas participé ce jeudi au processus d’adoption d’une nouvelle résolution non-contraignante de l’Assemblée générale des Nations unies sur la guerre en Ukraine.

Le texte intitulé « Conséquences humanitaires de l’agression contre l’Ukraine », présenté par le gouvernement de Kiev, a été  largement adopté par 140 votes pour, 5 contre et 38 abstentions, dont le Maroc.

Par Olivier DELAGARDE

Le ministre marocain des Affaires Etrangères à l’ONU

Présenté par le gouvernement ukrainien et fermement défendu par l’Union européenne ainsi que par la France, cette nouvelle résolution « exige une cessation immédiate des hostilités de la Fédération de Russie contre l’Ukraine, en particulier de toute attaque contre des civils et des biens de caractère civil ». Cette résolution « exige également que les civils, y compris le personnel humanitaire, les journalistes et les personnes en situation de vulnérabilité, y compris les femmes et les enfants, soient pleinement protégés. En outre, que les parties respectent leur obligation de garantir l’accès humanitaire sûr et sans entrave du personnel humanitaire ainsi que de ses moyens de transport, fournitures et équipements aux personnes dans le besoin en Ukraine et dans les pays voisins ».

140 voix pour, 5 contre et 38 abstentions

À la majorité des deux-tiers applicable au vote sur « les décisions importantes », selon la Charte des Nations Unies, l’Assemblée générale a adopté ce jeudi la résolution sur les conséquences humanitaires de l’agression contre l’Ukraine.par 140 voix pour, 5 voix contre (Bélarus, Érythrée, Fédération de Russie, République populaire démocratique de Corée et de la Syrie) et 38 abstentions, dont le Maroc.

Le texte proposé au vote « souligne que les sièges de villes en Ukraine, en particulier la ville de Marioupol, aggravent encore la situation humanitaire de la population civile et entravent les efforts d’évacuation, et exige par conséquent la fin de ces sièges ». Sans grande surprise, ce sont exprimées contre cette résolution, les voix du . L’Assemblée générale demande aussi aux États membres de financer intégralement les appels de fonds humanitaires pour la réponse en Ukraine et dans les pays voisins.

Le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita

 Maroc, la politique de la chaise vide

Le 2 mars dernier, le Maroc n’avait pas pris part à l’adoption d’une première résolution onusienne réclamant de la Russie « qu’elle cesse immédiatement d’employer la force contre l’Ukraine et s’abstenir de tout nouveau recours illicite à la menace ou à l’emploi de la force contre tout État membre ». Le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, avait alors expliqué que « la non-participation du Maroc ne saurait faire l’objet d’aucune interprétation par rapport à sa position de principe concernant la situation entre la Fédération de Russie et l’Ukraine, telle que réaffirmée dans le Communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, en date du 26 février 2022 ». La citation laisse un arrière-goût d’inachevé.

Le chef de la diplomatie du Maroc a eu mardi dernier, des entretiens téléphoniques avec ses homologues russe et ukrainien, dont le contenu est resté à sa discrétion. Alors que le Royaume lui-même a su se montrer relativement pressant face à ses alliés sur le dossier du Sahara occidental, le gouvernement marocain se doit à plus de clarté dans la guerre en Ukraine. C’est la voie empruntée par plusieurs pays africains comme la Côte d’Ivoire qui à l’issue du vote de cette résolution a « loué les efforts du Secrétaire général en vue d’un règlement pacifique et durable de la crise en Ukraine » et s’st dit  « vivement » préoccupé par l’escalade de la violence . Et son homologue du Rwanda d’expliquer « avoir voté en faveur de la résolution, car il s’agit de faire pression pour obtenir la réalisation de trois objectifs principaux : la protection des civils, le soutien humanitaire et le dialogue ».

Le délégué de l’Égypte, lui, a argué « de la nécessité de protéger les civils, tout en confessant un certain « malaise » lors des négociations ». Il a ainsi et toutefois rejeté les sanctions en raison de leurs incidences pour la sécurité alimentaire et énergétique mondiale et souligné « que la quête d’une solution politique rapide à cette crise est capitale et qu’elle doit être la priorité ». Bref, il y a parfois des silences remarqués et bien pesants.

Les vraies raisons de l’abstention du Maroc à l’ONU sur l’intervention russe
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