Le président mauritanien Aziz peine à maintenir un subtil équilibre entre les deux mastodontes du Maghreh. Après l’expulsion de l’un de ses diplomates en poste en Mauritanie, Alger réplique en chassant le conseiller sécurité à l’ambassade de Mauritanie. L’analyse de Karim Douichi.
Selon des sources bien informées à Paris, le diplomate algérien expulsé faisait montre depuis quelque temps d’un « activisme douteux » auprès des partis politiques et des rédactions de la capitale mauritanienne. En clair, le premier conseiller de l’ambassade d’Algérie multipliait les contacts formels et informels pour faire du lobbying anti-marocain. Et pour cause, une réconciliation se profilait à l’horizon entre Rabat et Nouakchott.
Grand messe marocaine
En effet, depuis deux mois, le général Aziz a donné ses ordres pour préparer en grande pompe la visite que compte effectuer en Mauritanie le roi Mohammed VI, avec à la clé d’innombrables investissements chérifiens. L’organisation patronale marocaine, très active sur le continent, compte organiser dans la foulée à Nouakchott, une grande messe réunissant les hommes d’affaires des deux pays. Un rapprochement qui, semble-t-il, indisposait au plus haut degré les autorités algériennes.
Alger soupçonne Rabat de marcher sur ses plates-bandes au Mali, où elle n’arrive pas à imposer la « Pax algeriana » entre le gouvernement de Bamako et les mouvements azawads. Le royaume chérifien a également volé la vedette à l’Algérie sur le dossier libyen, en organisant le dialogue officiel entre les parlements rivaux de Tobrouk et de Tripoli. « Le tout était suffisant pour qu’Alger commette un faux-pas », ajoutent nos sources à Paris.
