- Mondafrique https://mondafrique.com/international/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Thu, 12 Feb 2026 20:49:06 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg - Mondafrique https://mondafrique.com/international/ 32 32 Soudan. L’Éthiopie entraîne des RSF près de la frontière https://mondafrique.com/limage-du-jour/soudan-lethiopie-entraine-des-rsf-pres-de-la-frontiere/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/soudan-lethiopie-entraine-des-rsf-pres-de-la-frontiere/#respond Thu, 12 Feb 2026 20:49:04 +0000 https://mondafrique.com/?p=147002 L’agence Reuters a révélé mardi que l’Éthiopie avait construit une base secrète à 32 km de la frontière du Soudan et à proximité de la frontière du Sud-Soudan, avec le soutien financier des Émirats arabes unis, pour entraîner des milliers de combattants des Forces de Soutien rapide (FSR) du général Hemedti.  Publiant une série d’images […]

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L’agence Reuters a révélé mardi que l’Éthiopie avait construit une base secrète à 32 km de la frontière du Soudan et à proximité de la frontière du Sud-Soudan, avec le soutien financier des Émirats arabes unis, pour entraîner des milliers de combattants des Forces de Soutien rapide (FSR) du général Hemedti. 

Publiant une série d’images satellite retraçant la construction puis l’aménagement du camp, jusqu’à ces toutes dernières semaines, Reuters s’inquiète de ce nouveau développement, première preuve de l’implication de l’Éthiopie dans la guerre civile soudanaise qui a provoqué, depuis 2023, le déplacement de millions de personnes en Égypte, au Tchad en Libye et au Soudan du Sud. Cette base permettra aux FSR de se ravitailler en troupes fraiches alors que l’armée soudanaise prend l’avantage sur le front. 

Huit sources de l’agence, parmi lesquelles un membre du gouvernement éthiopien, ont déclaré que les Émirats arabes unis avaient financé le chantier et fourni les instructeurs militaires et le soutien logistique. Reuters a également pu consulter une note interne des services de sécurité éthiopiens et un télégramme diplomatique qui confirment ces faits. Le ministère émirati des Affaires étrangères a nié son implication dans le conflit « en aucune manière. » 

4300 recrues pour combattre dans le Nil Bleu

Reuters a échangé avec 15 sources sur les circonstances de la construction du camp et ses opérations, y compris des officiels éthiopiens et des diplomates. Elle a analysé l’imagerie satellite de la zone. Les images montrent la construction d’une station de drones terrestre sur un aéroport voisin. 

À compter de début janvier, 4 300 combattants (en majorité éthiopiens mais aussi sud-soudanais et soudanais) recevaient dans ce camp un entraînement militaire, « leur approvisionnement logistique et militaire [étant] assuré par les EAU« , selon la note des services de sécurité éthiopiens parvenue à Reuters. Ces recrues doivent renforcer les FSR qui combattent dans l’État du Nil Bleu. Selon deux sources, des centaines d’hommes ont déjà traversé la frontière ces dernières semaines pour appuyer les paramilitaires du général Hemedti. 

L’armée soudanaise accuse régulièrement Abou Dhabi d’appuyer les FSR, ce que la communauté internationale tient désormais pour acquis. Les Émirats arabes unis sont aussi un allié du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed depuis son arrivée au pouvoir en 2018 et les deux pays ont progressivement bâti une alliance militaire. 

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L’acharnement des Émirats contre Sihem Souid, la communicante du Qatar https://mondafrique.com/international/lacharnement-des-emirats-contre-sihem-souid-la-communicante-du-qatar/ https://mondafrique.com/international/lacharnement-des-emirats-contre-sihem-souid-la-communicante-du-qatar/#respond Mon, 09 Feb 2026 09:30:52 +0000 https://mondafrique.com/?p=146068 L'enquête brutale initiée par Tracfin contre la communicante du Qatar à Paris, Sihem Souid, révélée par "le Monde" (1), est l'illustration des coups tordus que la monarchie pétrolière est capable d'initier sur le sol français.

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Depuis une quinzaine d’années, les Émirats Arabes Unis (EAU) dirigés d’une main de fer par Mohammed bin Zayed (MBZ), ont considérablement renforcé leur présence dans les organisations internationales, financières et sécuritaires en s’appuyant notamment sur les États Unis de Donald Trump et sur le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu. En Afrique, les EAU soutiennent les mouvements armés violents aussi bien au Soudan qu’en Libye ou au Tchad.

Plus grave, des réseaux d’influence opaques et des réserves financières considérables permettent à cette dictature de s’imposer en France où les relations de MBZ et d’Emmanuel Macron sont au beau fixe. L’enquête brutale initiée par Tracfin contre la communicante du Qatar à Paris, Sihem Souid, révélée par « le Monde » (1), est l’illustration des coups tordus que la monarchie pétrolière est capable d’initier sur le sol français.

Le 10 décembre, une vingtaine de policiers débarquaient au petit matin à son domicile, bloquaient ses comptes et terrorisaient sa famille, une stratégie brutale apparemment rendue possible par le gouvernement français. Ancienne policière, puis journaliste au Point et enfin ex membre du cabinet de Christiane Taubira, cette experte du monde arabe originaire de Tunisie, est soupçonnée d’abus de biens sociaux et de recel par les fonctionnaires de Tracfin alertés, selon ses avocats, par les Émirats Arabes Unis.

La France d’Emmanuel Macron qui a toujours soigné ses relations avec MBZ est au coeur de l’offensive diplomatique des Émirats Arabes Unis. Le discours appelant à une coopération renforcée entre les deux pays, qu’il s’agisse de l’Intelligence Artificielle à la lutte contre les narco trafiquants, est parfaitement rodé. Mais en réalité les EAU naviguent en eaux troubles pour parvenir à leurs fins comme le démontre la procédure judiciaire initiée contre Sihem Souid, l’efficace et chaleureuse communicante du Qatar à Paris reconnue par des dizaines de politiques et de journalistes pour la qualité des événements et des rencontres proposés par sa société à Doha.

Des rencontres à répétition

À la tête des Émirats arabes unis (EAU) depuis l’accident cérébral de son demi-frère, Khalifa Ben Zayed Al Nahyane, survenu en 2014, Mohamed Ben Zayed Al Nahyane , dit MBZ, en est devenu le président en titre de cette monarchie pétrolière le 14 mai 2022. Deux mois plus tard, le tapis rouge, au sens propre comme au sens figuré a été déroulé pour sa visite en France ,son premier voyage officiel dans le monde occidental: l’escorte de la garde républicaine, le dîner au Grand Trianon à Versailles… Sans oublier, c’est la tradition, les insignes de la grand-croix de l’ordre national de la Légion d’honneur. De la même manière qu’en 2017 Emmanuel Macron s’était rendu aux Emirats pour son premier déplacement dans le monde arabe. Preuve, s’il en fallait une, de l’excellence des relations entre Paris et Abu Dhabi.

Rebelote en février 2025. Le tout puissant patron des Émirats se rend en France pour une rencontre au sommet avec Emmanuel Macron à l’Élysée. Les deux dirigeants soulignent leur volonté de renforcer le partenariat stratégique bilatéral, notamment dans l’intelligence artificielle, l’énergie, la technologie, le climat et le développement durable.

Quelques mois plus tard en décembre,  Emmanuel Macron, accompagné de son ministre de la Justice, Gérald Darmanin, effectuait une visite de travail aux ÉAU unis devenus le principal partenaire militaire de la France dans le Golfe. Les deux chefs d’état évoquaient la coopération dans les secteurs de l’économie, de l’énergie, de la culture, des technologies avancées et du climat, avec une volonté commune d’élargir « l’agenda stratégique », une façon élégante pour une France exsangue de financer les investissements massifs dans des secteurs sensibles.

Dernier exemple en date de cette entente exemplaire entre les deux pays décrit par le site « Off Investigation », un méga projet de supercalculateur pour l’intelligence artificielle (IA) financé par une entreprise émiratie voit le jour à Grenoble. Piloté par un consortium marseillais, comptant dans ses rangs l’ancienne ministre macroniste de la Ville, Sabrina Agresti-Roubache, ce projet repose sur l’investissement de 800 millions d’euros de G42, une société émiratie. « Sous couvert d’ancrage local, concluent les journalistes de Off Investigation », le développement d’une intelligence artificielle revendiquée comme « souveraine » sert une plus vaste stratégie géopolitique portée par Emmanuel Macron.

Gérard Darmanin à la manoeuvre

« La sécurité en France se joue aussi aux Émirats ». En visite en novembre 2O25 aux EAU avant la visite présidentielle de décembre, Gérald Darmanin n’avait pas fait dans la nuance pour plaire à ses hôtes. Décidé à se tailler un costume présidentiel, le ministre de la Justice a fait de la lutte contre le trafic de drogue l’emblème de son combat sécuritaire. Encore lui fallait-il l’aide des EAU devenus un refuge la plupart des narcotrafiquants européens qui cotoient à Abou Dhabi les oligarques russes et d’anciens dictateurs. Le ministre français plaidera auprès de ses amis émiratis l’extradition d’«une quinzaine» de narcotrafiquants présumés «particulièrement signalés» recherchés par le gouvernement français. Une bonne pioche apparemment puisque «depuis le début de l’année, signalait Gérard Darmanin sur son compte X, quatorze grands narcotrafiquants (avaient) été interpellés puis extradés vers la France pour y être incarcérés  et jugés.»

Au nom de cette coopération fructueuse, la France de Macron et de Darmanin est apparemment prête à fermer les yeux sur les dérives de la monarchie pétrolière en matière de droits humains et à faire taire en France et ailleurs ceux qui pourraient contester son action. Les Émiratis entretiennent des relations compliquées, voire hostiles, avec le frère ennemi qatari auquel ils ont imposé un sévère blocus voici quelques années? Et bien le 1O décembre, Sihem Souid, la communicante du Qatar à Paris, ainsi que son mari et sa fille sont perquisitionnés puis longuement interrogés par une vingtaine de policiers ouvertement hostiles. Le tout pour une simple suspicion d’ABS.

La procédure contre Sihem Souhd est opérée dans des conditions sans précédent et, hélas, avec le soutien de l’administration française. Si ce n’est pas une prise d’otage, cela y ressemble fort.

L’instrumentalisation de Tracfin

« Cette enquête n’aurait jamais dû exister, a expliqué Sihem Souid dans un récent entretien au journal « Le Point ». Elle a été initiée d’une manière totalement inacceptable pour un État de droit, via un signalement Tracfin abusif. Une journaliste m’avait dit que je figurais sur une liste de cibles de déclarations de soupçons abusives à Tracfin, faites pour le compte des Émirats Arabes Unis ». Une certitude, les liens très étroits entre les deux services anti blanchiment émirati et français de sont considérablement renforcés depuis l’accord intervenu en 2024 à Malte, un paradis fiscal toléré au coeur de l’Union Européenne.

Ali Faisal Ba’Alawi, directeur de la FIU des Émirats arabes unis, et Guillaume Valette-Valla, directeur de Tracfin, lors de la signature de l’accord
Ali Faisal Ba’Alawi, directeur de la FIU des Émirats arabes unis, et Guillaume Valette-Valla, directeur de Tracfin, lors de la signature de l’accord

Et Sihem Souhid de poursuivre: « J’ai porté plainte mais je n’aurais jamais imaginé que la manipulation fonctionne et aille jusqu’à une telle instrumentalisation de notre justice. Nous avons découvert, à l’issue de nos auditions, que toute cette procédure a été déclenchée par le fameux signalement Tracfin ». Les charges supposées contre la communicante du Qatar n’apparaissent pas clairement à l’exception d’un gout prononcé pour les sacs à main de marque qu’elle possède en grand nombre. « Je suis propriétaire à 100 % de ma société, plaide la communicante du Qatar, une SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle) et je n’ai aucun associé. »

Des interrogations légitimes

Depuis quand Tracfin s’occupe de contentieux aussi mineurs qu’une modeste entreprise d’un seul salarié? En quoi un service de renseignement du premier cercle, chargé de lutter contre le financement du narcotrafic et du terrorisme, traque-t-il les comptes d’une micro société chargée d’organiser vers Doha des voyages de parlementaires et de journalistes français? Quelle est l’autorité judiciaire qui a pu envoyer vingt fonctionnaires, pas un de moins, pour placer brutalement en garde à vue une jeune femme, ancienne policière et ex collaboratrice de Christiane Taubira, et sa fille de vingt quatre ans, toutes deux menottées comme des criminels?

Cet acharnement ne date pas d’aujourd’hui. En 2023, Sihem Souid avait appris par un journaliste américain du New Yorker que des photos avaient été prises de son domicile et de ma boîte aux lettres: « On m’avait localisée et espionnée », explique Sihem Souhid toujours dans « Le Point ». Le journaliste américain possédait un dossier avec des preuves selon lesquelles une société suisse avait été mandatée par les Émirats arabes unis. Dans la foulée, la communicante du Qatar déposait une plainte contre les Émirats Arabes unis, un juge d’instruction était désigné et Sihem Souid entendue le 5 novembre dernier. MBZ et ses proches avaient sans doute oublié qu’en France il existe encore une justice largement indépendante du pouvoir politique

Le but de cet acharnement contre une petite société de communication est une mise en garde est sans équivoque des puissants Émiratis. Quiconque critiquera les Émirats Arabes Unis  à Paris prend le risque de se retrouver dans le collimateur des autorités françaises qui n’ont pas grand chose à refuser à leurs chers amis fortunés d’Abou Dhabi.

(1) Le Monde daté du 26 janvier dernier

(2) Interrogé par « Le Monde », Tracfin réfute toute action sous influence émiratie

 

 

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Après le cas du député LFI Carlos Martens Bilongo en 2023, un temps soupçonné de fraude fiscale avant que l’enquête ne soit classée sans suite, l

«La sécurité en France se joue aussi aux Emirats». y a r

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La tempête Harry aurait tué un millier de migrants en Méditerranée https://mondafrique.com/international/la-tempete-harry-aurait-tue-un-millier-de-migrants-en-mediterranee/ https://mondafrique.com/international/la-tempete-harry-aurait-tue-un-millier-de-migrants-en-mediterranee/#respond Sat, 07 Feb 2026 05:55:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146684 Le bilan du passage de la tempête, du 19 au 21 janvier, en mer Méditerranée, prend désormais les contours de « la plus grande tragédie de ces dernières années le long des routes de la Méditerranée centrale », ont annoncé des associations qui viennent en aide aux migrants au départ de la Tunisie.  Les gardes-côtes italiens avaient […]

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Le bilan du passage de la tempête, du 19 au 21 janvier, en mer Méditerranée, prend désormais les contours de « la plus grande tragédie de ces dernières années le long des routes de la Méditerranée centrale », ont annoncé des associations qui viennent en aide aux migrants au départ de la Tunisie. 

Les gardes-côtes italiens avaient d’abord rapporté la mort, le 24 janvier, des 380 passagers, hommes, femmes et enfants, de 8 embarcations parties de Sfax, en Tunisie. Mais dans les jours qui ont suivi, les ONG spécialisées ont reçu de très nombreux témoignages faisant état du départ, après le 15 janvier, de plus de 30 convois, pour la plupart engloutis. « Des convois entiers ne sont jamais revenus », a affirmé dans un communiqué Laura Marmorale, présidente de l’ONG italienne Mediterranea Saving Humans (MSH). Ces départs ont coïncidé avec des conditions météo extrêmes : des vagues de plus de sept mètres de haut et des rafales de vent atteignant 54 nœuds. 

Plus de trente départs d’embarcations

Cinq convois, transportant chacun une cinquantaine de personnes, ont été mis à l’eau par un passeur connu sous le surnom de Mohamed Mauritanie. Les sources de MSH et de l’ONG Refugees in Libya évoquent 10 autres bateaux ayant pris la mer du km 19 au km 21 le long de la route principale qui mène à El-Amra, dont les oliveraies voisines hébergent des camps de fortune. Sept autres seraient partis depuis le km 30 et encore 7 depuis les km 33 et 8. Un seul de ces canots a été intercepté par les gardes-côtes tunisiens et ramené sur la côte. Ces rescapés, de retour dans les oliveraies d’El-Amra, disent avoir été assisté à plusieurs naufrages.

Capture d’écran du sauvetage d’un Sierra-Léonais, seul rescapé de son embarcation.

Ces derniers jours, des noms de disparus commencent à émerger. Des passagers dont on sait qu’ils ont pris la mer sont injoignables. « Des centaines de familles, de parents et d’amis de disparus sont désespérés », ajoute MSH. Si les informations sont, par nature, « fragmentaires et parfois contradictoires », l’ampleur d’une catastrophe se dessine. 

Et presque aucun survivant

Une seule embarcation est parvenue à atteindre la côte italienne. Le 22 janvier, une soixantaine de personnes parties de Sfax ont été secourues au large de Lampedusa. Trop tard pour deux jumelles d’un an ainsi qu’un homme. Un Sierra-Léonais a été miraculeusement sauvé par un navire marchand le 24 janvier au large de la Tunisie, alors qu’il dérivait, agrippé à l’épave du bateau, des corps flottant autour de lui. Selon son témoignage, la tempête a retourné l’embarcation et les 51 passagers qu’il transportait, parmi lesquels son frère, la femme de ce dernier et son neveu. Le rescapé a raconté que les canots partis de Sfax s’étaient retrouvés dans des conditions désespérées, avec très peu de chances de survie et sans secours.

Mais ce sont les témoignages recueillis par l’association Refugees en Tunisie qui ont dessiné un tableau très alarmant. Selon eux, à partir du 15 janvier, sous la pression accrue de l’armée tunisienne contre les campements informels dans les oliveraies autour de Sfax [l’ONG parle de « ratissage »] ainsi que d’une augmentation des contrôles sur les plages, plusieurs convois ont pris la mer à partir de plusieurs sites. Des personnes qui auraient dû se trouver à bord mais ont dû y renoncer par manque de fonds, ainsi que des parents de ceux qui ont pris la mer, ont attesté de la disparition de convois entiers. Le docteur Ibrahim, qui s’occupe de centres de santé autogérés en Tunisie, a perdu cinq membres de sa famille, dont son fils. Un activiste nigérian connu, parti dans une autre embarcation, a disparu également. Les autorités maltaises, elles, ont récupéré des dizaines de corps en mer. 

 

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Les civils sont en danger dans l’est de la RD Congo https://mondafrique.com/limage-du-jour/les-civils-sont-en-danger-dans-lest-de-la-rd-congo/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/les-civils-sont-en-danger-dans-lest-de-la-rd-congo/#respond Thu, 05 Feb 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146499 Dans son Rapport mondial 2026, publié le 4 février, Human Rights Watch tire la sonnette d’alarme sur les dangers auxquels sont exposés les civils dans l’est de la RD Congo ainsi que sur la répression de l’espace civique observée en Afrique centrale.  «Les abus commis par les forces gouvernementales et les groupes armés à l’encontre […]

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Dans son Rapport mondial 2026, publié le 4 février, Human Rights Watch tire la sonnette d’alarme sur les dangers auxquels sont exposés les civils dans l’est de la RD Congo ainsi que sur la répression de l’espace civique observée en Afrique centrale. 

«Les abus commis par les forces gouvernementales et les groupes armés à l’encontre des civils sont devenus monnaie courante dans le conflit qui frappe l’est de la République démocratique du Congo», écrit l’organisation. « Les populations des pays d’Afrique centrale ont été confrontées à des risques croissants au cours de la dernière année, qu’il s’agisse d’attaques ou de déplacements forcés dans l’est de la RD Congo ou de la suppression des droits fondamentaux ailleurs dans la région », a expliqué Lewis Mudge
, directeur pour l’Afrique centrale de Human Rights Watch. « Les organismes régionaux et internationaux doivent inciter les gouvernements d’Afrique centrale à protéger les civils et à défendre l’espace démocratique. »

Conflit armé et élections 

Le conflit qui oppose le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, aux forces armées congolaises a conduit à de nouvelles atrocités dans l’est de la RD Congo, où le M23 a commis de nombreux crimes de guerre, y compris des meurtres et des violences sexuelles. L’armée congolaise et ses alliés Wazalendo, ainsi que d’autres groupes armés, ont également commis des crimes de guerre.

En République centrafricaine et au Burundi, c’est la période précédant les élections locales et législatives au Burundi et présidentielles en République centrafricaine qui a été marquée par des abus. Dans les deux pays, les candidats de l’opposition ont été empêchés de se présenter. Au Burundi, les électeurs ont été intimidés et ont subi des pressions lors du vote.

Dans les quatre pays, les autorités ont réprimé les médias, la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique. En RD Congo, les autorités et le M23 ont tous deux pris pour cible des journalistes, des contestataires et des activistes. Un tribunal militaire a condamné l’ancien président Joseph Kabila à la peine capitale par contumace pour des chefs d’inculpation motivés par des raisons politiques. Au Rwanda, la cheffe de l’opposition Victoire Ingabire a de nouveau été arrêtée dans le cadre d’un procès en cours contre des membres de son parti.

« Briser la déferlante autoritaire dans le monde »

Les mécanismes de justice internationale ont fait des progrès significatifs en Afrique centrale en 2025. La Cour pénale internationale a reconnu deux chefs de milices anti-balaka coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité perpétrés en République centrafricaine. Roger Lumbala, ancien chef rebelle et ministre congolais accusé de crimes contre l’humanité commis en RD Congo, est, lui, jugé en France.

Dans la 36ème édition de son Rapport mondial, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Pour le directeur exécutif, Philippe Bolopion, briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.

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Donald Trump envoie son émissaire au Mali https://mondafrique.com/international/donald-trump-envoie-son-emissaire-en-mission-de-bons-offices-au-mali/ https://mondafrique.com/international/donald-trump-envoie-son-emissaire-en-mission-de-bons-offices-au-mali/#respond Tue, 03 Feb 2026 17:11:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146404 Lundi 2 février, Nick Checker, le représentant pour le Mali de l’administration Trump, qui dirige le Bureau des affaires africaines du département d’État américain, était en visite officielle à Bamako. Cette visite illustre une tentative de rapprochement de la Maison Blanche à l’égard des membres de l’Alliance des États du Sahel. Nick Checker a été […]

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Lundi 2 février, Nick Checker, le représentant pour le Mali de l’administration Trump, qui dirige le Bureau des affaires africaines du département d’État américain, était en visite officielle à Bamako. Cette visite illustre une tentative de rapprochement de la Maison Blanche à l’égard des membres de l’Alliance des États du Sahel.

Nick Checker a été reçu en audience par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a rapporté l’agence malienne de presse AMAP. 

À l’issue de la rencontre qui s’est tenue au ministère, il a déclaré être venu « pour discuter avec le gouvernement du Mali ». Il a précisé que les échanges avaient porté sur la lutte contre le terrorisme, le développement économique et la correction des erreurs de l’administration américaine précédente.« Moi je suis venu pour respecter le principe de souveraineté du Mali », a-t-il assuré.

Sécurité et économie

Cette rencontre s’inscrit dans une nouvelle posture de l’administration Trump visant à réengager les relations avec le Mali, après une période de tensions diplomatiques et un recentrage américain sur le respect de la souveraineté des États sahéliens. Elle fait suite aux visites d’autres responsables américains et offres de services diverses, ces derniers mois, accueillies jusqu’ici avec une certaine méfiance par les capitales concernées en butte à une forte hostilité de la France depuis leur prise de distance brutale avec Paris.

Nick Checker effectue ce déplacement pour explorer une nouvelle voie de coopération bilatérale, axée sur la sécurité et l’économie, en consultant également les autorités des pays voisins comme le Burkina Faso et le Niger, précise l’AMAP.

Bien que les trois pays du Sahel central aient fait appel à la Russie pour leur défense et leur sécurité, après la crise ouverte avec la France – leur partenaire militaire précédent dans la guerre contre les groupes djihadistes – Washington semble ne pas renoncer à jouer un rôle, dont les contours précis restent flous.  

L’État islamique pour cible

C’est ainsi que le général John Brennan, commandant adjoint d’Africom, a déclaré que son pays collaborait « toujours avec les armées des juntes au pouvoir au Burkina Faso, au Mali et au Niger », lors d’une interview accordée à l’Agence France Presse le 24 janvier à Abuja. « Nous avons même partagé des informations avec certains d’entre eux pour frapper des cibles terroristes clé », a-t-il ajouté, reconnaissant que la situation était cependant « très différente d’il y a deux ou trois ans ». La date mentionnée par le général correspond à la fermeture, en août 2024, de la base américaine de drones d’Agadez, dans le nord du Niger, à la demande de Niamey.  

« Nous sommes devenus beaucoup plus agressifs et nous travaillons avec des partenaires pour cibler de manière cinétique les menaces, principalement l’État islamique. » Il a ajouté que l’objectif des États-Unis était de renforcer les capacités des partenaires, de leur fournir des renseignements et des équipements « avec moins de restrictions » pour leur permettre d’être plus efficaces. 

 

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Madagascar : la junte à la croisée des chemins https://mondafrique.com/international/madagascar-la-junte-a-la-croisee-des-chemins/ https://mondafrique.com/international/madagascar-la-junte-a-la-croisee-des-chemins/#respond Tue, 03 Feb 2026 05:20:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146306 Le moment du choix décisif approche pour la Transition malgache. Quatre mois après son arrivée au pouvoir à la faveur d’une crise sociale et politique majeure, l’armée semble tentée par une installation durable à la tête du pays. Mais dans quelles conditions et avec quels partenaires ?  Par Daniel Sainte-Roche Les masques commencent à tomber […]

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Le moment du choix décisif approche pour la Transition malgache. Quatre mois après son arrivée au pouvoir à la faveur d’une crise sociale et politique majeure, l’armée semble tentée par une installation durable à la tête du pays. Mais dans quelles conditions et avec quels partenaires ? 

Par Daniel Sainte-Roche

Les masques commencent à tomber : avec le soutien d’une partie des forces politiques, les autorités putschistes lorgnent sur le pouvoir à long terme. La machine est d’ores et déjà en branle pour parvenir à cet objectif. En l’absence d’une feuille de route définissant la gouvernance durant la Transition, les nouvelles autorités entendent procéder à la militarisation de l’appareil institutionnel et administratif de l’État, tout en cherchant à fixer les orientations économiques du pays dans une quête éperdue de financements alternatifs. 

« L’armée ne sera plus une grande muette »

On assiste aujourd’hui à un renforcement du rôle des militaires dans l’espace public et politique. Le général de corps d’armée Démosthène Pikulas, chef d’État-Major de l’Armée malgache, a annoncé lors de l’ouverture des assises militaires, le 26 janvier 2026, que « l’armée aura dorénavant son mot à dire sur ce qui va se passer dans le pays » et « qu’elle ne sera plus une grande muette». Une telle déclaration cautionne entièrement l’institutionnalisation d’un ordre militarisé. Tous les rouages de l’État sont, en effet, actuellement noyautés par les hommes en treillis.

Au sein de la Présidence de la Refondation de la République (PRRM), le colonel Michaël Randrianirina est flanqué de quatre hauts conseillers militaires qui ont tous un rang de chef d’État. Au gouvernement, les postes clés sont octroyés à des « chefs de guerre », à l’instar du General Lylison de René, acteur principal du coup d’État de 2009 ayant porté Andry Rajoelina au pouvoir, qui a finalement trahi ce dernier en se joignant aux auteurs du coup d’octobre 2025. Le général Lylison dirige aujourd’hui le ministère de l’Aménagement du territoire, un département qui fut, dans un passé récent, très critiqué pour avoir favorisé l’accaparement des terres des communautés rurales par de grandes sociétés. Un autre poids lourd militaire, Hanitra Velonjara Rakotonandrasana, est propulsé au ministère de l’Intérieur, dont le rôle était connu, sous le régime renversé, en matière de tripatouillages électoraux.

Des généraux aux commandes de l’économie

Les secteurs économiques stratégiques n’ont pas échappé à la convoitise des militaires. La direction générale de l’Office des mines nationales et des industries stratégiques (OMNIS) est confiée au général de brigade Tsilavonjato Honoré Andriantaolo. Cet organisme représente l’État dans les négociations et la conclusion de contrats avec les compagnies pétrolières et minières opérant sur le territoire malgache. Il est aussi habilité à détenir des permis miniers et à procéder à l’exploitation des ressources.

À la tête de la JIRAMA (la compagnie nationale malgache de l’énergie), les autorités ont placé le général de division Itibar Otman, qui assure en même temps les fonctions de secrétaire général de la PRRM. La direction générale de cette entreprise publique est confiée à un autre officier, le général de division Richard Hajatiana Rasolomanana. On attend beaucoup de ce duo car les manifestations qui ont conduit à la chute d’Andry Rajoelina en octobre 2025 sont nées du mécontentement général suscité par la fréquence des coupures d’eau et d’électricité dans le pays.

Une population divisée 

Enfin, le pilotage du Fonds Souverain Malagasy (FSM) est attribué au général de brigade aérienne en retraite Jean Alfred Rakotomaronirina. Le FSM est un outil essentiel pour la gestion des capitaux levés par l’État. Sous le précédent régime, l’affectation des ressources nationales, ainsi que l’utilisation du Fonds ont été remarquables par leur opacité. Le nouveau directeur du FSM aura donc fort à faire. Présenté comme un spécialiste du leadership, il est connu pour avoir officié en tant que directeur du cabinet militaire du Premier ministre Kolo Roger de février 2015 à mars 2016.

Bien qu’elle ait ses partisans dans la population, la militarisation des postes civils stratégiques ne manque pas de soulever des appréhensions. Certains se demandent si ces nominations ne constituent pas un simple exutoire utilisé par les « colonels-présidents » pour neutraliser la multitude de généraux qui, en raison d’un effectif pléthorique, sont venus grossir les pelotons d’officiers sans portefeuilles.

Vers les partenaires les plus offrants ? 

Madagascar occupe une place importante dans les stratégies géopolitiques et d’extraction des « minéraux critiques » développées par les grandes puissances. Les autorités militaires y voient une opportunité qu’elles entendent saisir par un réalignement stratégique, avec une diversification des partenaires extérieurs de la Grande Île. Sans état d’âme, ils engagent des relations « tous azimuts » dans l’espoir d’attirer les acteurs économiques les plus offrants, y compris peu recommandables.

Ainsi, l’opinion publique malgache s’est émue récemment de découvrir, à partir de plateformes de suivi aérien, de nombreux vols mystérieux opérés par des jets privés en partance de Madagascar et en direction de Dubaï.

Sous le régime d’Andry Rajoelina, cette ville des Émirats arabes unis était régulièrement citée comme l’une des principales destinations de l’or malgache. L’épisode Koufali Daya est fort révélateur à cet égard : le célèbre affairiste fut dénoncé en février 2022 par son complice pour avoir commandité, à plusieurs reprises, le transport illicite de devises et de lingots à destination de la « Cité de l’Or ». Emprisonné par le précédent régime, puis parti en exil au Mozambique et à l’Île Maurice, Koufali Daya fait aujourd’hui l’objet d’une campagne médiatique de réhabilitation émanant de proches du pouvoir. Curieusement, son retour en grâce coïncide avec la découverte des vols mystérieux vers Dubaï, ce qui a relancé les supputations sur la poursuite du trafic d’or entre les deux pays. La réputation de Dubaï n’est d’ailleurs pas surfaite car d’autres pays africains, notamment le Mali, le Soudan et le Niger, utilisent cette cité-État comme plaque tournante logistique et  point focal clé pour la contrebande d’or.

Institutions russes sous sanctions

Le pouvoir militaire ne rechigne pas non plus à faire appel aux services de certaines institutions financières russes visées par des sanctions occidentales. La Russie, principale bénéficiaire du ressentiment anti-français qui prévaut dans certains milieux à Madagascar, est regardée comme un partenaire de confiance par une opinion dopée à la démagogie anticolonialiste. La récente venue à Madagascar d’une délégation conduite par Mikhaïl Dorofeev, vice-président de la banque stratégique russe PSB (Promsvyazbank), a été donc plutôt bien accueillie.

Aucune information n’a filtré à l’issue de cette visite mais on sait que l’approche privilégiée par la Russie en matière de coopération militaire repose souvent sur des échanges d’armes contre des ressources. On sait aussi que la PSB est spécialisée dans des transactions financières opaques voire peu orthodoxes. Le champ de coopération potentielle entre la banque russe et la junte est donc très vaste mais ne manque pas d’inquiéter, car les citoyens malgaches ignorent les tenants et les aboutissants des accords signés.

Des émissaires de Donald Trump

Le manque de transparence n’est pas l’apanage des Russes. Dans la première semaine de janvier 2026, trois émissaires du président Donald Trump sont arrivés à Madagascar pour rencontrer le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, et le Président de la Refondation, le colonel Randrianirina. Ces tractations avec les autorités malgaches ont été tenues secrètes. À peine a-t-on évoqué l’éventualité d’un accueil de réfugiés et de migrants illégaux aux États-Unis. Mais dans une lettre ouverte adressée au colonel Michael Randrianirina, des organisations de la société civile révèlent que le séjour de la délégation était surtout motivé par la convoitise des terres rares et des minerais stratégiques. 

Le pays de l’oncle Sam envisagerait de subordonner le renouvellement de l’accord commercial préférentiel AGOA (Africa Growth and Opportunity Act) à l’accès aux réserves en minerais critiques de Madagascar. Le pouvoir militaire est pris à la gorge car, selon le Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP), environ 7 000 employés en zone franche ont dû être mis en chômage technique en raison de l’incertitude sur le renouvellement de l’AGOA. La non-reconduction de cette facilité porterait un grave préjudice à l’économie malgache. Les Américains se trouvent donc en position de force, et ce d’autant plus qu’ils ont bien préparé le terrain en amont.

Minerais essentiels et convoitise occidentale

D’une part, sur invitation des États-Unis et de l’Union européenne, Madagascar a adhéré en mars 2025 au Mineral Security Partnership Forum (MSPF) visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement des minerais essentiels aux technologies de la transition énergétique dans les pays industrialisés. D’autre part, le groupe américain Energy Fuels s’est porté acquéreur du projet minier de Toliara (Base Toliara, rebaptisé Vara Mada), œuvrant dans l’exploitation des terres rares et de la monazite.

Les négociations d’un accord d’investissement avec les autorités militaires sont en cours, conjointement avec des actions visant à restaurer un dialogue de confiance avec les communautés locales. Il faut savoir que ces communautés s’opposent depuis plus de dix ans à la réalisation du projet, en raison de ses impacts négatifs potentiels en termes de toxicité et aussi sur leurs droits fondamentaux et leurs moyens d’existence. Elles ont clairement signifié leur ferme intention de ne pas laisser leurs terres ancestrales et leurs milieux de vie «devenir des zones de sacrifice pour satisfaire les besoins militaro-industriels des États Unis d’Amérique et ceux de la transition énergétique européenne en terres rares ». Mais le colonel Mickael Randrianirina, lui-même originaire de la province de Toliara, serait disposé à faire des concessions aux Américains, n’étant pas en mesure de s’opposer à Donald Trump dans un contexte où la junte putschiste n’est pas encore entièrement stabilisée.  

Le déraillement constitutionnel risque de perdurer

En un mot, les autorités militaires se trouvent à la croisée des chemins. Confrontées à un problème de sous-financement, à la faiblesse systémique de l’État et aux défaillances de la gouvernance, elles risquent d’aliéner leur indépendance pour se soumettre aux ordres d’entités étatiques et/ou privées susceptibles de soutenir leur maintien au pouvoir. Le déraillement de l’ordre constitutionnel pourrait perdurer car l’addiction au pouvoir qui commence à se profiler chez les militaires ébranle l’espoir d’une mise en œuvre rapide de la démocratie électorale à Madagascar.

Une petite note positive, cependant, pour les légalistes : la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe) exige de` Madagascar le respect des normes démocratiques. La Grande Île est ainsi tenue de soumettre une feuille de route claire pour sa transition politique avant mars 2026. Affaire à suivre de très près… 

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Madagascar : la France tente de relancer sa coopération militaire https://mondafrique.com/international/madagascar-la-cooperation-militaire-avec-la-france-en-berne/ Tue, 27 Jan 2026 08:32:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145915 Avec l’arrivée, le 21 janvier, du commandant de l’armée française à La Réunion, le général Jean de Monicault, Paris tente de revenir dans le jeu malgache en dépit du lourd passif accumulé lors de la fuite du président Andry Rajoelina, en octobre. La visite du commandant des forces armées de la zone sud de l’océan […]

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Avec l’arrivée, le 21 janvier, du commandant de l’armée française à La Réunion, le général Jean de Monicault, Paris tente de revenir dans le jeu malgache en dépit du lourd passif accumulé lors de la fuite du président Andry Rajoelina, en octobre.

La visite du commandant des forces armées de la zone sud de l’océan Indien, les FAZSOI (qui « garantissent la protection du territoire national et animent la coopération régionale depuis La Réunion et Mayotte », dixit le ministère français des Armées et des anciens combattants) s’inscrit, affirme-t-on à Paris, dans le cadre de la relance de la coopération militaire bilatérale.

Le général Jean de Monicault en visite officielle aux Seychelles, décembre 2025. Les armées française et seychelloise entretiennent une coopération régulière. (Photo FAZSOI.)

Pour preuve, du 19 au 22 janvier, des instructeurs des FAZSOI ont assuré des formations pour leurs homologues malgaches, notamment dans le pilotage de drones. Et très bientôt, en février, la présence des forces armées malgaches, dirigées par le chef d’état-major Démosthène Pikulas, est espérée à des exercices conjoints régionaux à La Réunion, où stationnent les FAZSOI.

Rupture de la confiance

Pourtant, si la coopération militaire franco-malgache ronronnait depuis des années, elle est morte le jour où les FAZSOI, sur ordre du président français sollicité par Nicolas Sarkozy, ont exfiltré en pleine crise politique Andry Rajoelina, un président malgache honni et déchu.

Au-delà de la coopération militaire, la succession de gaffes et de fautes politiques a brisé la confiance entre le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République de Madagascar et l’exécutif français et son chef. Plus grave, il se méfie même à présent des officiers généraux malgaches ayant séjourné en France et étant liés avec les diplomates et les militaires français. Après le refus de Paris de l’aider à former sa sécurité personnelle, le 9 décembre, le chef de la Transition malgache a effectué un déplacement confidentiel à Dubaï, aux Émirats arabes unis, à l’occasion duquel il a rencontré sécurocrates émirati, américains et israéliens, ainsi que des compagnies de sécurité privée, parmi lesquelles la célèbre Blackwater d’Erik Prince.

Arrivée des Russes en fanfare

Depuis, les services de renseignement russes ont débarqué dans la capitale malgache avec une quarantaine d’instructeurs et des drones tueurs qui explosent avec leurs charges. C’est la Présidence de la Refondation elle-même qui l’a annoncé sur sa page Facebook, le 14 janvier, avec des photos de militaires devant une table garnie d’armes et d’équipements militaires.

Auparavant, le 21 décembre, le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, avait lui-même annoncé qu’une délégation russe de « quarante personnes conduite par le général Andrey Vladimirovich Andreyev » était arrivée à Madagascar, pour y livrer des armes et des équipements. La reprise de la coopération militaire opérationnelle entre Madagascar et la Russie s’est illustrée également par une formation délivrée, au même moment que celle des Français des FAZSOI, au camp du 1er bataillon parachutiste, le 20 janvier à Ivato.

Rêve océanique

L’actuel chef des FAZSOI, même s’il ne commande que de modestes éléments militaires, a été placé à cette fonction dans un but bien déterminé. Le sud-ouest de l’océan Indien constitue un point de passage important pour le commerce maritime international, notamment depuis le début des attaques houthies en Mer Rouge. Et surtout, le général français a pour mission de veiller à ce que Paris puisse continuer à conserver les îles Éparses et leur zone économique exclusive, rêve océanique du président Macron.

Promu général de division en 2025, Jean de Monicault est un militaire de confiance du président français, ayant appartenu à son état-major particulier. Sa visite à Madagascar traduit l’acharnement d’Emmanuel Macron à revenir dans les affaires malgaches et plus particulièrement, à s’assurer de la poursuite de l’annexion des îles Éparses.

Une diplomatie indispensable

Négocier la visite de Jean de Monicault n’a pas été une mince affaire. Le Premier ministre de la transition a passé une semaine en visite privée à Paris sans être reçu par un gouvernement débordé et instable. Le colonel Michaël Randrianirina avait proposé à l’ancien candidat à la présidentielle Serge Jovial Imbeh de jouer un rôle d’intermédiaire auprès des partenaires occidentaux mais ce dernier a refusé une mission qui lui semblait mal partie.

C’est finalement la ministre des Affaires étrangères Christine Razanamahasoa qui a réussi in extremis, à travers un communiqué commun avec Jean-Noël Barrot, à donner une voie officielle renouvelée aux relations entre les deux pays, « alignée sur les priorités de la Refondation». Les années qu’elle a passé en exil à Paris après avoir été menacée de mort par Andry Rajoelina lui ont permis de connaître quelques responsables officiels français et d’acquérir la légitimité de la résistance au régime précédent.

 

 

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Le crash qui a décapité l’état-major libyen est hautement suspect https://mondafrique.com/international/decapitation-de-letat-major-libyen-en-turquie-dans-un-crash-hautement-suspect/ Tue, 27 Jan 2026 05:45:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145895 Entre défaillances électriques étonnantes et réseaux logistiques opaques, l’accident du Falcon 50 qui transportait le général Al-Haddad et une partie de l’état-major libyen fait l’objet d’une enquête approfondie des autorités turques et suscite des soupçons d’interférences extérieures. Par la rédaction de Mondafrique Le soir du 23 décembre 2025, les lueurs de l’incendie qui ont déchiré […]

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Entre défaillances électriques étonnantes et réseaux logistiques opaques, l’accident du Falcon 50 qui transportait le général Al-Haddad et une partie de l’état-major libyen fait l’objet d’une enquête approfondie des autorités turques et suscite des soupçons d’interférences extérieures.

Par la rédaction de Mondafrique

Le soir du 23 décembre 2025, les lueurs de l’incendie qui ont déchiré le ciel de Haymana, dans la périphérie d’Ankara, n’étaient pas celles d’un simple accident de l’aviation civile. La destruction de l’appareil Dassault Falcon 50 a emporté avec elle une architecture sécuritaire hyper sensible. À bord de l’avion se trouvaient le général de corps d’armée Mohamed Al-Haddad, figure de proue de l’état-major de l’Ouest libyen, et ses plus proches collaborateurs. Ce qui a pu faire croire, de prime abord, à une défaillance mécanique sur un appareil quadragénaire ouvre en réalité un arc de questions vertigineuses, là où les enjeux de renseignement international se disputent les restes du « gâteau libyen ».

Six minutes de « cécité » : anatomie d’une chute libre

La chronologie des faits, enregistrée par la tour de contrôle d’Esenboğa, défie les probabilités statistiques de la sécurité aérienne. Jusqu’à 20h31, le vol 9H-DFS s’inscrivait dans une routine parfaite à 32 000 pieds. L’alerte « Pan-Pan » lancée par le commandant signale alors une défaillance technique sérieuse, mais gérable. Pourtant, en moins de cent-vingt secondes, la situation bascule dans l’irréel.

À 20h33, l’activation du code d’urgence maximum « 7700 » précède un « black-out électrique total ». Sur un appareil Falcon 50, la redondance des systèmes est la règle d’or : les trois moteurs disposent de générateurs indépendants. Un obscurcissement simultané de tous les instruments de bord suggère une rupture systémique fulgurante, souvent incompatible avec une simple usure mécanique. À 20h38, l’avion disparaît des radars. Il ne s’agit pas d’un atterrissage d’urgence, mais d’une chute libre dépassant les 5 000 pieds par minute. Des témoins oculaires rapportent une dislocation de l’appareil en plein ciel avant l’impact, dispersant débris et restes humains sur un rayon de trois kilomètres. Les 8 occupants du jet, parmi lesquels 3 membres d’équipage dont deux Français, sont tués. Suicide mécanique ou intervention extérieure chirurgicale ?

Les liaisons dangereuses de Harmony Jets entre Lyon et Malte

Au cœur de l’enquête surgit une figure singulière : Pierre-Olivier Édouard. Cet ancien pilote français, fondateur de la société Harmony Jets, enregistrée à Malte en 2017, gère ses opérations depuis une succursale située à Lyon. Sa spécialité : « voler là où les autres ne vont pas ». Ce pragmatisme a séduit l’état-major de Tripoli mais soulève aujourd’hui une faille de souveraineté cinglante.

Le passif de la société interroge. En 2025, des rapports d’experts du Conseil de sécurité de l’ONU ont pointé du doigt Harmony Jets pour des violations présumées de l’embargo sur les armes, faisant état du transport d’instructeurs militaires de la firme Irish Training Solutions (ITS) vers Benghazi — le fief de l’adversaire de l’Est. Comment le haut commandement de l’Ouest libyen a-t-il pu confier ses déplacements les plus stratégiques à un opérateur dont la flotte de cinq avions multipliait les rotations charter (47 vols recensés) entre l’Europe et des zones d’influence hostiles ?

Les trajectoires du Falcon 9H-DFS avant son ultime escale à Ankara dessinent d’ailleurs une cartographie troublante :

  • 15 décembre 2025 : Bruxelles – N’Djamena (Tchad)
  • 16 décembre 2025 : N’Djamena – Abou Dhabi (Émirats arabes unis)
  • 18 décembre 2025 : Abou Dhabi – Djouba (Soudan du Sud) puis Le Caire

Cette itinérance dans des hubs géopolitiques clés renforce l’idée que l’appareil était bien plus qu’un simple taxi aérien : un vecteur au cœur de réseaux d’influence poreux.

Une décapitation stratégique

L’onde de choc qui a suivi le crash n’est pas seulement humaine ; elle est structurelle. L’appareil ne transportait pas que le général Al-Haddad, mais ce que les observateurs décrivent comme le « cerveau » collectif de l’état-major de Tripoli. La liste des victimes révèle l’ampleur du vide creusé en un instant dans l’appareil sécuritaire libyen :

  • Mohamed Al-Haddad : plus qu’un chef d’état-major, cet officier formé à l’Académie militaire en 1987 était l’architecte du cessez-le-feu de 2020. Son rôle de médiateur entre les factions armées de l’Ouest et d’acteur du dialogue avec l’Est faisaient de lui un pivot indispensable de la stabilité précaire.
  • Al-Fitouri Ahmed Gribbil : commandant des forces terrestres et membre clé du Comité militaire 5+5. Sa disparition fragilise directement les efforts d’unification de l’armée nationale sous l’égide de l’ONU.
  • Mahmoud Al-Qatyoui : directeur de l’Organisme de fabrication militaire. Il était l’homme de l’autonomie de défense, supervisant les contrats sensibles et le développement des capacités de production locale.
  • Mohamed Diab Al-Asawi : conseiller stratégique et figure de proue de l’opération « Al-Bunyan Al-Marsous ». Expert en planification, il était chargé de réviser les accords de sécurité internationaux, notamment avec la Turquie.

L’élite militaire de Tripoli revenait d’une réunion marathon de six heures avec les hauts commandants turcs. Le timing, coïncidant avec la prolongation du mandat des forces turques en Libye, transforme cet accident en une « coïncidence » géopolitique hautement suspecte.

Tripoli a-t-il sacrifié sa souveraineté sur l’autel de la vétusté ?

Une question hante les chancelleries : comment le chef d’état-major d’un pays assis sur les plus grandes réserves de pétrole d’Afrique a-t-il pu voyager à bord d’un avion de quarante ans d’âge ? L’affrètement de cet appareil auprès d’une société privée, dont la maintenance est opérée à Lyon et l’équipage composé de nationalités hétérogènes (française et chypriote-grecque), constitue une violation flagrante des protocoles de « sécurité souveraine ».

En confiant leurs mouvements à un opérateur privé, les dirigeants libyens ont exposé leurs données de navigation et leurs secrets de déplacement à des regards étrangers, transformant le commandement militaire en une cible vulnérable dans un espace aérien saturé d’intérêts divergents.

Migration des boîtes noires et « grand jeu » diplomatique

L’affaire du « témoin silencieux » orange est entrée dans une phase de tergiversations internationales qui rappelle les heures les plus sombres de la guerre froide. Après avoir affirmé que les boîtes noires étaient intactes, Ankara a brusquement évoqué des dommages rendant l’analyse locale impossible et a indiqué chercher un « pays neutre » pour procéder à leur examen.  S’en est suivi un ballet diplomatique singulier :

  • Refus turc opposé à la France : bien que la France soit le pays constructeur (Dassault) et le lieu de maintenance, la Turquie lui a opposé une fin de non-recevoir, craignant une « politisation » des résultats ou la révélation de failles impliquant des réseaux français.
  • Défaillance allemande : Berlin a été sollicité avant de se retirer avec une froideur diplomatique inédite, invoquant un « manque de capacités techniques » — argument difficilement recevable pour la première puissance industrielle d’Europe.
  • Étape finale britannique : c’est finalement au Royaume-Uni que les enregistreurs ont été confiés pour analyse.

Ce retard, qualifié d’« énigmatique » par le président du Parlement libyen, Aguila Saleh, laisse planer l’ombre d’une négociation en coulisses pour « lisser » les conclusions d’un rapport potentiellement incendiaire.

L’hypothèse d’un sabotage

Pour les experts de l’aéronautique militaire, une panne électrique générale sur un Falcon 50 est difficilement imaginable. La conception même de l’appareil, avec ses trois réacteurs motorisés de manière indépendante, rend la probabilité d’une extinction totale quasi nulle sans une intervention malveillante. Trois pistes sérieuses se dessinent, dès lors, dans les cercles de renseignement :

  1. Le sabotage physique : l’implantation d’un dispositif de perturbation ou d’une micro-charge explosive dans les bus bars (barres omnibus), centres névralgiques de la distribution électrique.
  2. La cyber attaque de précision : bien que l’appareil soit ancien, ses systèmes de navigation modernisés par Harmony Jets sont vulnérables à un piratage à distance capable de fausser les données d’altitude et de verrouiller les commandes.
  3. L’explosion structurelle : les témoignages faisant état d’une dislocation en plein vol renforcent l’hypothèse d’un engin explosif placé dans une zone critique du fuselage, provoquant une décompression explosive immédiate.

Séisme à Tripoli et recomposition forcée du pouvoir

Sur le front politique, l’accident a provoqué un vide que le Conseil présidentiel s’est trouvé contraint de combler dans l’urgence. La nomination du général Salah Al-Namroush comme chef d’état-major par intérim, alors que les noms d’Osama Juili et Ahmed Boushama et  Abelbacet Marouane circulent déjà pour une succession permanente, illustre la fébrilité du camp de l’Ouest.

Cependant, c’est du côté de l’Est libyen que les réactions sont les plus scrutées. Les déclarations d’Aguila Saleh liant subtilement le crash aux accords maritimes turco-libyens suggèrent que cet événement pourrait servir de levier dans les négociations sur l’unification de l’institution militaire. L’accident survient d’ailleurs au moment où la Grèce, Israël et Chypre renforcent leur coopération militaire en Méditerranée, perçue comme un contrepoids direct à l’influence d’Ankara.

Le « témoin silencieux » et le mystère de l’hôtesse chypriote

L’enquête turque a pris, ces derniers jours, une dimension plus complexe. Tandis que les enregistreurs de vol étaient confiés à des laboratoires britanniques pour analyse, des informations relayées par plusieurs médias turcs évoquent l’audition, pour le moment sans suite, d’un membre d’équipage de nationalité chypriote-grecque. Aucune communication officielle n’est encore venue préciser la nature ou la portée de ces investigations.

Pourquoi cette membre d’équipage est-elle au centre d’une enquête coordonnée par le parquet d’Ankara ? Avait-elle accès à l’appareil durant les phases de maintenance ou d’escale ? La réponse à cette question, jointe aux analyses de trajectoire du vol 9H-DFS, pourrait transformer l’accident en une affaire d’état internationale impliquant plusieurs capitales méditerranéennes.

Un secret enterré dans les sables mouvants

Si le rapport britannique conclut à une simple « fatigue des matériaux », le dossier judiciaire pourrait se refermer à Ankara mais sans éteindre le soupçon dans la mémoire collective libyenne. La disparition de Mohamed Al-Haddad dans de telles circonstances demeure un échec retentissant dans la gestion des risques souverains de la Libye.

Ce drame, écrit avec du sang sur les nuages d’Ankara, apparaît comme le premier chapitre d’une nouvelle lutte d’influence. En Méditerranée, où les intérêts gaziers et militaires s’entremêlent, la vérité est souvent la première victime. Pour l’heure, elle reste confinée dans le mutisme d’une boîte orange en transit vers Londres, tandis que Tripoli tente de panser ses plaies dans un climat de méfiance généralisée.

 

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Les dessous de la visite du général Saïd Chengriha au Qatar https://mondafrique.com/international/algerie-les-dessous-de-la-visite-du-general-said-chengriha-au-qatar/ Mon, 26 Jan 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145891 La toute récente visite à Doha du chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), par ailleurs ministre délégué de la Défense du gouvernement algérien, traduit une inflexion publique des alliances militaires internationales de ce pays. Le général d’Armée Chengriha a séjourné plusieurs jours au Qatar à l’invitation du chef d’état-major des forces armées de ce […]

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La toute récente visite à Doha du chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), par ailleurs ministre délégué de la Défense du gouvernement algérien, traduit une inflexion publique des alliances militaires internationales de ce pays.

Le général d’Armée Chengriha a séjourné plusieurs jours au Qatar à l’invitation du chef d’état-major des forces armées de ce pays, le général de corps d’armée Jassem Ben Mohammed Al Manai. Cette visite – commencée le 19  janvier – coïncide avec la 9e édition de l’Exposition et de la Conférence internationale sur la défense maritime « DIMDEX 2026 ». Quels que soient les prétextes invoqués pour des rencontres aussi importantes, qui marquent un changement de cap dans les relations internationales, celle-ci est surtout imposée par la conflictualité croissante que traverse la région.

En effet, après des années de recherche d’équilibre dans ses relations avec l’ensemble des monarchies du Golfe, Alger a fini par s’éloigner des Émirats arabes unis. Dans les années 2010, l’Algérie avait marqué sa neutralité lors de l’alliance orchestrée par le duo saoudo-émirien en 2015 contre les Houtis soutenus par l’Iran. De même, les généraux algériens avaient refusé le blocus imposé à Doha par les mêmes protagonistes le 5 juin 2017.

Cependant, Alger entretenait un partenariat actif avec Abou Dhabi dans le domaine de l’industrie de défense (projet du blindé Nemr, Caracale) ainsi que des investissements dans l’immobilier, la gestion des ports et l’industrie du tabac. Ces marchés avaient été octroyés, sans appel d’offre, par la seule grâce du président Bouteflika.

La lune de miel finissante

L’apogée des relations entre Alger et Abou Dhabi fut marquée par les multiples visites, aussi bien de l’ex-chef d’état-major Gaïd Salah aujourd’hui décédé que de son successeur Saïd Chengriha. Le salon annuel d’armement de Dubai était une occasion du renouveler la confiance affichée et de cultiver une relation constante.

Le premier accroc sérieux apparut à la fin des années 2000, lorsque l’émirat du Golfe imposa, le 18 novembre 2020, un visa aux Algériens ainsi qu’à 11 autres pays, dont la Tunisie et la Libye, mais pas au Maroc. Ce qui provoqua l’ire des autorités militaires et politiques algériens.

Quelques jours plus tard, le 4 novembre 2020, les Émirats inauguraient un consulat à Laâyoune, reconnaissant de facto la marocanité de ce territoire du Sahara occidental. Pour Alger, c’était inacceptable. Depuis, les relations entre les deux pays n’ont cessé de se dégrader.

Rester dans la course des alliances

Le 12 janvier 2026, l’ancien Premier ministre du Qatar, Cheikh Hamad Bin Jassim, a appelé, sur la plateforme X, à la formation d’une alliance stratégique de défense regroupant son pays, l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Pakistan et l’Égypte. Il considère cette nouvelle alliance comme « une nécessité urgente » dans le contexte de l’évolution rapide des pressions géopolitiques dans la région. Le noyau de cette alliance a été déjà scellé entre l’Arabie Saoudite et le Pakistan. La Turquie, membre de l’Otan, ainsi que l’Égypte, pays pivot, n’ont pas encore décliné l’offre.

Cet appel ouvre une opportunité à d’autres pays, pouvant être élargie à des composantes arabes et musulmanes. Du côté d’Alger, cette nouvelle configuration offre des opportunités de positionnement pouvant renforcer son rôle de puissance régionale au Maghreb ainsi que d’allié crédible.

« Des objectifs stratégiques clairs »

Selon Cheikh Hamad Bin Jassim, le nouveau bloc (Qatar, Arabie Saoudite, Pakistan, Turquie) devrait « adopter une approche militaire, économique et politique, et être guidé par des objectifs stratégiques clairs ». Pour Alger, c’est l’aspect militaire qui prime, d’où la présence du chef de l’armée algérienne à Doha depuis quatre jours. A l’occasion du salon international de défense maritime « DIMDEX 2026 », il compte échanger des expériences sur des matériels exposés et les innovations technologiques mises en œuvre par les sociétés industrielles dans les domaines de la marine, des drones, des systèmes de commandement et de contrôle et de la cybersécurité.

L’alliance des cinq pays cités, si elle se concrétise sur le terrain, dessinera un nouveau Moyen-Orient cantonnant les Émirats arabes unis à leur alliance exclusive avec Israël. Le risque d’une guerre américano-israélienne contre l’Iran, aux conséquences imprévisibles, pousse à l’élargissement de l’union au-delà de cet espace.

Marginaliser Abou Dhabi ?

La politique de MBZ (Mohammed Bin Zayed) bouscule l’échiquier géopolitique dans la région du Golfe et au Maghreb. Il est avéré que les EAU sont fortement impliqués en Libye aux côtés du maréchal Haftar qui n’aspire qu’à étendre son autorité militaire sur l’ensemble du pays depuis son échec à prendre Tripoli le 12 décembre 2019. Alger voit dès lors son rôle régional menacé.

Un même sentiment de péril a été récemment manifesté par l’Égypte du Maréchal Sissi par une frappe aérienne de l’aviation militaire égyptienne le 12 janvier, dans le triangle frontalier Libye, Soudan, Égypte, contre un convoi d’armes destiné aux FSR du général dissident soudanais Mohamed Hamdan Dogolo alias Hemedti, qu’appuie Abou Dhabi.

Alger soutient Riyad au Yemen

Le plus grand pays de la péninsule d’Arabie, pourtant allié de l’Émirat dans sa coalition anti Houtis de 2015 ainsi que dans le blocus de 2017 contre le Qatar, a ordonné aux forces émiraties présentes au Yémen de quitter le pays. Il a même procédé à des attaques aériennes contre des forces séparatistes soutenues par les EAU dans la région de Hadramout. Dans ce conflit, Alger affiche son soutien à l’Arabie saoudite à travers le président Tebboune. Le 20 janvier, ce dernier a reçu le ministre de l’intérieur saoudien, l’Émir Abdelaziz Ben Nayef Ben Abdelaziz Al Saoud.

Le réchauffement des relations entre l’Algérie et l’Arabie Saoudite est de nature à remodeler les alliances, à partir des intérêts communs des deux pays. Les EAU, aveuglés par leur puissance financière, n’ont réussi à développer des relations stratégiques qu’avec des entités militaires telles que le maréchal Haftar en Libye ou le général Hemedti au Soudan. À l’exception du Maroc, Abou Dhabi ne conserve, comme allié de confiance, qu’Israël. La reconnaissance du Somaliland par l’État hébreu et le projet de développement du port convoité de Berbera par Abou Dhabi a suscité des contestations de la part de l’Arabie saoudite, de l’Égypte et de la Turquie, ce dernier pays disposant d’une base navale en Somalie. Ankara a annoncé la rupture de tous les accords avec les EAU et dénonce l’ouverture prochaine d’une base militaire israélienne au Somaliland.

 

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Comment la « plus belle CAN de l’histoire » a échappé au Maroc https://mondafrique.com/a-la-une/comment-la-plus-belle-can-de-lhistoire-a-echappe-au-maroc/ Sat, 24 Jan 2026 06:10:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145818 Présentée comme la plus belle de l’histoire, la CAN 2025 s’est achevée dans la confusion, dimanche à Rabat, et se poursuit en coulisses depuis, alors que le Sénégal célèbre son deuxième titre de champion d’Afrique. Il ne s’agit pas ici de refaire la finale, perdue à Rabat par le Maroc, mais plutôt de décrypter comment […]

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Présentée comme la plus belle de l’histoire, la CAN 2025 s’est achevée dans la confusion, dimanche à Rabat, et se poursuit en coulisses depuis, alors que le Sénégal célèbre son deuxième titre de champion d’Afrique. Il ne s’agit pas ici de refaire la finale, perdue à Rabat par le Maroc, mais plutôt de décrypter comment on en est arrivé là, et de quoi ce dénouement dans le chaos est-il le nom.  

Par Patrick Juillard

Pouvait-on rêver de plus belle finale pour conclure dimanche cette CAN 2025, saluée la veille comme « la plus belle de l’histoire » par nul autre que le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe ? Certes, l’instance panafricaine a coutume de brandir de tels superlatifs après chaque édition, mais c’était cette fois plus mérité que lors de précédentes occurrences de cette communication triomphaliste. Et puis le titre n’allait-il pas se jouer entre le Maroc, pays organisateur et première nation africaine à se glisser dans le dernier carré d’une Coupe du monde, trois ans plus tôt au Qatar, et le Sénégal, finaliste pour la troisième fois en quatre tournois et premier challenger du Maroc au classement mondial ? Cette finale du ranking FIFA allait opposer les deux premières têtes de série de l’épreuve, les deux seules à avoir eu le privilège de jouer tous leurs matchs dans un même stade, à Rabat pour le Maroc et à Tanger pour le Sénégal. Comme un train qui arrive à l’heure.

Un train qui arrive à l’heure, mais…

Et c’est précisément à cause d’un TGV arrivé dans les temps que la pression, déjà intense comme avant toute finale, avait commencé à entrer dans la zone rouge, l’avant-veille de la rencontre. Annoncée sur les réseaux sociaux, l’arrivée de l’équipe du Sénégal en gare de Rabat avait été l’occasion d’instants de pagaille et de cohue, avec un afflux de supporters des deux camps au moment de la sortie des joueurs et de leurs encadrants, en l’absence criante du moindre cordon de sécurité. Dans la nuit, la Fédération sénégalaise de football publiait un communiqué furibard contre les organisateurs de la CAN, dénonçant non seulement une « absence manifeste de dispositif de sécurité adéquat lors de l’arrivée de la délégation sénégalaise à la gare ferroviaire de Rabat », mais aussi l’attribution d’un hôtel 4 étoiles plutôt qu’un 5 étoiles et celle d’un terrain d’entraînement situé sur les installations mêmes du… Maroc. Comme si à la veille d’une finale de l’Euro contre la France à Saint-Denis, l’Italie (ou tout autre adversaire) avait dû s’entraîner à Clairefontaine. 

Le lendemain matin, alors que le flou persistait sur le lieu d’entraînement de son équipe –  la séance eut finalement lieu au complexe olympique, non loin du stade Moulay Abdellah  –, le sélectionneur du Sénégal, Pape Thiaw, haussait le ton. « Je pense que les enjeux du football ne doivent pas nous amener à faire certaines choses. Aujourd’hui, c’est l’image de l’Afrique qui est en jeu. Je parle en tant qu’Africain. Ce qui s’est passé avec les joueurs est anormal. Une équipe comme le Sénégal ne peut pas se retrouver au milieu de la foule populaire. Mes joueurs étaient en danger. Tout pouvait se passer, face à des personnes mal intentionnées », taclait le technicien, habituellement plus mesuré. Le message était clair : le Sénégal n’était pas là pour se laisser marcher sur les pieds. 

Thiaw-Regragui, stratèges de la tension


Comme en écho, le sélectionneur du Maroc, Walid Regragui, promettait un stade bouillant à ses adversaires : « Je veux que le Sénégal sente que ce n’est pas le Stade des Martyrs (à Kinshasa, où le Sénégal a affronté et battu la RDC en éliminatoires du Mondial 2026, ndlr). Pour venir nous battre au Maroc, c’est très compliqué, très dur. Le Cameroun s’en est rendu compte et le Nigeria aussi. Il faudra une équipe du Sénégal très forte pour venir nous battre chez nous. »

La suite allait montrer à quel point il ne s’agissait pas de paroles en l’air. Car cette tension ne venait pas de nulle part ; elle était montée progressivement au fil des différents tours. Avant cette veille de match explosive, la CAN 2025 avait été gagnée par les doutes sur la qualité de l’arbitrage, avec une curieuse non-utilisation du VAR dans plusieurs situations litigieuses, lors des matchs Maroc-Tanzanie (8e de finale), Cameroun-Maroc et Algérie-Nigeria (quarts de finale). De cette mise en cause légitime du niveau des sifflets retenus par la CAF découla un soupçon d’arbitrage « maison », en faveur du pays hôte de cette CAN premium en termes d’infrastructures et d’organisation. 

Au risque d’alimenter ce qu’il disait vouloir dénoncer, Walid Regragui avait lui-même longuement abordé le sujet, le 13 janvier en conférence de presse, énumérant les décisions défavorables à son équipe. « Contre la Tanzanie où tout le monde a essayé de faire croire qu’il y avait penalty parce qu’il y avait un joueur de 20 kilos contre un autre de 120 kilos (sic). En Angleterre, jamais ça ne se siffle », avait-il notamment argumenté, avant d’appeler à un arbitrage de qualité pour la suite du tournoi. 

Infantino sort de ses gonds

En finale, ce fut globalement le cas au cours d’un affrontement de haute tenue, jusqu’au terrible enchaînement qui allait faire dérailler la rencontre à l’orée du temps additionnel de la seconde période. La suite est connue : sortis du terrain pour protester contre ce qu’ils considéraient comme une injustice, les joueurs du Sénégal et leur staff allaient revenir sur la pelouse pour terminer la rencontre. Un penalty manqué de Brahim Diaz et une prolongation victorieuse plus loin, Sadio Mané, Pape Gueye et les Lions de la Teranga remportaient une deuxième Coupe d’Afrique. 

Terminée dans la nuit de dimanche à lundi, la CAN 2025 se poursuit sur le terrain disciplinaire. Le tir de barrage est concentré sur le Sénégal et son sélectionneur, Pape Thiaw, accusé d’avoir ordonné à ses joueurs de quitter le terrain et d’avoir donné une mauvaise image de l’Afrique, malgré ses excuses a posteriori. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, qualifie d’« inacceptable » ce comportement et appelle la Confédération africaine de football à prendre les « mesures appropriées », passant sous silence, comme beaucoup d’observateurs, les dérapages enregistrés côté marocain, avec les tentatives répétées de subtiliser la serviette du gardien sénégalais Edouard Mendy. De son côté, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) annonce au lendemain de la finale saisir les instances compétentes de la CAF et de la FIFA. 

Le Sénégal peut-il perdre la CAN sur tapis vert ?

Pendant que les joueurs du Sénégal étaient accueillis en héros à Dakar, les juristes du sport refaisaient le match et se demandaient si, au-delà des sanctions disciplinaires et financières qui leur pendent au nez, les Lions de la Teranga et leur sélectionneur risquaient plus gros. Le fait que l’arbitre de la finale, M. Ndala, n’ait pas sifflé la fin de la rencontre après le retour temporaire des Sénégalais aux vestiaires, les met à l’abri d’une défaite par forfait, prévue par les articles 82 et 84 du règlement de la CAF. La finale est allée à son terme, le coup de sifflet final valant homologation du résultat. 

Le Maroc pourrait s’engouffrer dans une autre brèche, située dans le texte de la loi 12 de l’IFAB. Celle-ci pose qu’un joueur quittant             « délibérément le terrain sans l’autorisation de l’arbitre » doit être averti. Or, au moins trois joueurs sénégalais ayant suivi leur coach aux vestiaires étaient déjà sous le coup d’un carton jaune : Lamine Camara, El Hadji Malick Diouf et Ismaïla Sarr. Un second avertissement, synonyme d’expulsion, aurait dû leur être attribués. Les deux derniers nommés auraient ainsi laissé leurs coéquipiers à neuf pour la prolongation. Reste à savoir quelle lecture les juridictions sportives feront de l’interruption de la rencontre et du caractère temporaire du retrait de l’équipe sénégalaise. 

Plus globalement, la déconvenue subie par le Maroc a fait naître un important sentiment d’injustice à travers le pays. Non tant à cause de la victoire du Sénégal, fut-ce dans ces conditions chaotiques, qu’en raison des efforts consentis par le Royaume pour offrir à l’Afrique la meilleure édition jamais organisée. Comme si ces indéniables efforts avaient fini par laisser croire que la seule récompense possible était la victoire de l’équipe nationale à cette CAN, cinquante ans après sa seule victoire dans cette compétition. « Le Maroc doit-il encore se sacrifier pour le football africain ? », s’interrogeait ainsi le média Le Desk dans un éditorial au lendemain du match. La question risque en effet de se poser, au moment où les lignes bougent en coulisses autour de l’attribution des prochaines éditions de la CAN, désormais organisée sur un rythme quadriennal.

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