Ilyas Omari qui voudrait tant être le chouchou du Palais marocain

Ilyas Omari par-ci, Ilyas Omari par-là, le patron du PAM est sur tous les fronts,« bénéficiant d’une bienveillance certaine de l’Etat », assurent beaucoup de jaloux

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Le PAM, le parti qui se pose aujourd’hui au Maroc comme une alternative possible à l’actuel gouvernement islamiste, bénéficie-t-il d’une trop grande complaisance de la part du Palais marocain? La question se pose aujourd’hui avec insistance dans les milieux politiques marocains. Le parti de l’Authenticité et de la Modernité, créé en 2008 ne cesse en effet de faire l’actualité depuis que son patron, l’ancien gauchiste Ilyas Omari, s’en est emparé.

Une proximité avec le Palais

Ainsi, le patron du PAM a été le premier chef de région, voici neuf mois, à accomplir la prière du vendredi auprès du souverain chérifien au lendemain des élections communales et régionale du 4 septembre dernier. Cette présence fut très remarquée et surtout très commentée, notamment de la part du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane.

Dans la foulée, c’est en présence du roi qu’Ilyas Omari signe le plan de lancement du programme de développement spatial de sa province natale d’Al Hoceima. Une première du genre qui n’a pas depuis été dupliquée. Dernièrement, le trublion rifain, devenu président de la stratégique région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, a été le seul et premier patron d’une région marocaine à accompagner le roi, en Chine, lors d’un voyage à l’étranger et de signer devant lui une convention d’investissement. Et puis quelques jours après, il remet ça en paraphant avec Salaheddine Mezouar en charge de la COP22, une convention visant à assurer la mobilisation des différents acteurs pour l’organisation de la MedCop qui doit se tenir du 17 au 19 juillet à Tanger.

Une exposition risquée

Cet activisme hors normes du secrétaire général du PAM ne surprends pas de la part du principal dirigeant de l’opposition parlementaire, notamment à quelques mois d’élections législatives cruciales. Mais à regarder de plus prês, on peut aisément déceler une minutieuse stratégie visant à faire d’Ilyas Omari un plausible challenger pour l’islamiste Abdelilah Benkirane, l’actuel Premier ministre du PJD, le mouvement islamiste marocain. D’ailleurs, tout semble être mis en œuvre pour effacer les virulentes et répétitives attaques matraquées par Benkirane contre Omari, l’accusant tour à tour d’être le « suppôt de l’autoritarisme » et « d’outil par excellence du banditisme politique ».

Mais, d’après plusieurs hommes politiques, cette stratégie peut se retourner rapidement contre ses initiateurs. « Il faut arrêter de prendre les Marocains pour des niais. Personne n’est dupe. Omari n’a ni les moyens intellectuels ni les ressources financières propres pour faire de son propre chef ce qu’il est entrain de faire », affirme un ministre de l’actuel gouvernement. Le même responsable ajoute amer que « cette manière d’exposer ostensiblement le patron du PAM exaspère non seulement la classe politique, mais également les électeurs qui risquent de voter encore une fois, lors des prochaines élections législatives, en faveur des islamistes ».

La sentence populaire pourrait en surprendre plus d’un lors le 7 octobre, date prévue pour renouveler les députés marocains.

 

 

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