Hama Amadou, une menace pour le président Issoufou

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Le retour à Niamey de l’opposant Hama Amadou, décidé à se présenter aux Présidentielles de 2021, a pris de court de pouvoir malgré une condamnation à un an de prison qu’il purge actuellement à la prison de Filingué, au nord-ouest de Niamey.

C’est un scénario que le pouvoir nigérien n’avait jamais envisagé. L’opposant et ancien Premier ministre nigérien Hama Amadou est rentré à Niamey le 14 novembre 2019 après trois années et demie d’exil entre la France et l’Afrique. Contrairement aux apparences, ce retour n’a fait l’objet d’aucun deal avec les autorités nigériennes. Ce n’est qu’après avoir embarqué d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, sur un vol commercial que Hama (comme l’appellent les Nigériens) a fait prévenir de son arrivée le Premier ministre Brigi Rafini.

Des égards remarqués

Le coup de téléphone de Tahirou Saidou, président par intérim du  Mouvement démocratique nigérien (MODEN-Lumana Africa) au chef du gouvernement a provoqué un branle-bas de combat dans les allées du pouvoir. Brigi a immédiatement référé au président Mahamadou Issofou. Et après concertation intenses, il a été convenu de laisser arriver tranquillement  l’ex-allié du président Issoufou lors de la présidentielle de 2011. 

Tenant compte du fait que Hama revient à Niamey pour la première fois depuis le décès sa mère en octobre 2019, le pouvoir a poussé la bienveillance jusqu’à autoriser un véhicule particulier venir le chercher à la passerelle de l’avion.

Hama n’a donc pas été arrêté à son retour alors qu’il était sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par le pouvoir. Mais plus surprenant encore fut le défilé du tout-Niamey politique à son domicile pour lui présenter les condoléances. De Malika Issoufou, l’épouse du chef d’état, au président du Mouvement national pour la société de développement (MNSD) Seyni Oumarou, ex-proche de Hama, en passant par Hassoumi Massaoudou, le plus virulent pourfendeur de Hama, ils sont tous venus lui serrer lui et faire acte de contrition.

Un coup de poker

Depuis plusieurs mois, l’ex-PM mijotait sa stratégie. Après le rejet en octobre dernier de son recours par la Cour de justice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), il a pris la décision d’accélérer son retour. En prenant surtout soin de caler son agenda personnel avec la prochaine présidentielle à laquelle il dit toujours être candidat.

En rentrant à Niamey le 14 novembre, Hama a bien calculé qu’il lui resterait un reliquat de 8 mois de prison à purger, suite à sa condamnation pour « supposition d’enfants ». Même s’il devait passer le restant de cette peine, il devrait donc sortir de prison en juillet 2020. Quelques mois seulement avant le premier tour de la présidentielle prévu en décembre 2020.

En ordre de bataille

Les cinq mois séparant sa libération de la présidentielle devraient permettre à l’opposant de préparer un dossier de candidature, une équipe de campagne et la mobilisation des militants. 

Reste toutefois une grande inconnue : le code électoral précise que toute personne condamnée à plus d’un an de prison ne pourra pas être candidat à la présidentielle. Dans le décret de grace qu’il vient de prendre en début d’année, le président Issoufou s’est bien gardé de gracier son principal opposant qui reste en prison.

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