Grève sans précédent à la “Snim”, caisse noire du régime mauritanien

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Depuis plus d’un mois en Mauritanie, un mouvement de grève d’ampleur sans précédent paralyse la première société minière du pays, véritable caisse noire du régime

Article pu

blié par le site mauritanien RMI Biladi

Déclenchée depuis plus d’un mois à Zouerate, la grève des travailleurs de la SNIM s’est étendue à ceux de Nouadhibou qui, en solidarité avec leurs amis de cité minière, ont déclaré une grève illimitée le mardi 3 mars. Même si la direction de la SNIM, apparemment appuyée par les hautes autorités, minimise la portée de la grève, elle est quand même bien suivie et pourrait, à terme, provoquer un arrêt total des activités du fleuron de l’industrie nationale. Du jamais vu !

La grève, un “crime contre la nation”

Zouerate. Le 2 mars, au moment où la fête organisée par les grévistes de la SNIM battait son plein, tombe la nouvelle de l’entrée en grève des travailleurs de l’entreprise dans la capitale économique. Les applaudissements et youyous fusent de toute part. 33 jours d’arrêt de travail n’ont pas entamé l’enthousiasme des grévistes de Zouerate. Chez eux, le mouvement de grève est carrément entré dans les mœurs.

Tous les matins, les travailleurs de chaque secteur sillonnent la ville pour rallier le point de regroupement désigné par les autorités de la Wilaya. Là, ils écoutent religieusement leurs délégués développer les dernières nouvelles du mouvement, avant de partir calmement pour regagner les tentes d’animation dressées par les gens de chaque département dans différents coins de Zouerate.

Au cours de la cérémonie du 2 mars à Zouerate, le délégué des travailleurs avait pris la parole pour noter que pendant toute la période déjà écoulée, il n’y a pas eu le moindre incident. Fait sans précédent dans le monde, ajoute-t-il, ‘’tant il est difficile que des milliers de travailleurs marchent tous les jours sans provoquer le moindre désordre’’.

Un constat réel et vérifié, mais qui, explique un syndicaliste, n’a pas été apprécié à sa juste valeur au sein du gouvernement. Ce dernier est de plus en plus sévèrement critiqué par les travailleurs grévistes. Particulièrement après les déclarations prêtées au chef de l’Etat pendant sa rencontre avec les parlementaires de la majorité fin février.

Il semble que celui-ci avait traité la grève de ‘’crime contre la Nation’’ qui n’a pas eu d’effet sur la production. Pas moins qu’un soutien ferme aux thèses ‘’surréalistes’’ développées par les hauts responsables de l’entreprise. Des thèses qui paraissent vraiment éloignées de la réalité. D’autant que tout cela n’a pas empêché les travailleurs de la SNIM à Nouadhibou d’emboiter le pas à leurs frères de Zouerate en déclarant la grève ouverte.

Fuite en avant

Comme à son habitude, l’entreprise minière s’obstine à minimiser la portée du mouvement de grève au sein de ses employés. Son responsable à la communication, cité par nos confrères d’Al alakhbar.info, a déclaré que le mouvement n’a point affecté la production ni le travail à Nouadhibou. Une position qu’il n’a cessée de répéter depuis plus d’un mois et qui, selon beaucoup d’observateurs sur place, est loin de refléter la situation d’une entreprise qui est presque aux arrêts. Et qui tente par tous les moyens de donner l’impression qu’elle fonctionne normalement.

Mais ce qui est le plus grave, dit le secrétaire général de la CGTM, c’est l’alignement aveugle du gouvernement sur les thèses de la SNIM. Celui-ci s’est manifesté, ajoute-t-il, à travers les manipulations tentées par l’inspecteur de travail à Nouadhibou et par son ministère de tutelle.

Les deux avaient essayé, à travers la confection d’un procès verbal de non réconciliation, de convaincre les travailleurs de Nouadhibou de l’illégalité de leur mouvement. Intraitables sur la question et vexés par le comportement de l’administration de leur entreprise, ces derniers ont décidé d’aller en grève.

Surtout après la volte-face de la SNIM qui avait accepté, le 2 mars, de transmettre des convocations aux délégués des travailleurs de Zouerate pour l’ouverture de concertation le jeudi prochain, avant de se rétracter le soir et dire, sur la voix de son directeur des ressources humaines, l’impossibilité pour elle d’informer les gens de Zouerate. Il ne fallait que cela pour provoquer l’ire et la grève des travailleurs de Nouadhibou.

Dans la journée du 3 mars, le préfet de Nouadhibou est allé rencontrer les grévistes. Il avait une seule et unique chose à leur dire : ‘’votre grève est illégale… Elle est manipulée par le MND –UFP, ndlr-‘’.

Cette manière de voir les choses énerve les travailleurs et les pousse à persévérer dans leur grève. Mais que gagne le gouvernement à vouloir s’entêter aux côtés d’un directeur général qui a carrément échoué dans sa mission et qui parvient à faire l’unanimité contre lui. Pourtant il n’y a point de solution à cette dangereuse crise avant la démission de celui qui l’a provoquée…

Abderrehmane Ould Targui

 

Parmis les revendications des travailleurs de la SNIM figure l’augmentation des salaires promise par la direction de la compagnie pour la fin 2014.

La grève des ouvriers continue. Nous sommes déjà à la troisième semaine. La centrale syndicale rappelle que cette grève est motivée par « le non respect par l’employeur des clauses d’un accord conclu le 3 mai 2014, en vertu duquel la SNIM s’engage à accorder à partir du 1er octobre 2014, une augmentation générale consistante de salaire, verser trois salaires en guise de bonus et de payer un rappel des primes de production impayées au titre de l’année 2014 ».

Les répercussions de cette grève commencent à se sentir sur toute la population active de la Ville de Zouerate. Les banques ce mois- ci n’auront pas beaucoup de salaires à fournir à  leurs clients. La SNIM est le premier client des banques primaires qui officient à Zouerate. Nous avons Dix banques à Zouerate : Banque Commerciale et Industrielle (BCI), Banque Nationale de Mauritanie (BNM), Al Wattaniya, Société Générale (SG), Banque Populaire de Mauritanie (BPM), Banque Mouamalatte Sahiha (BS), Banque Mauritanienne pour le Commerce international (BMCI), Banque ALWAVA Mauritanienne Islamique, Attijari Bank et Maurisbank. On se demande que feront ses banques pour couvrir les frais du mois de février 2015 ? La ville de Zouerate, est une ville minière où toutes les activités commerciales sont liées aux Salaires des Ouvriers de la SNIM. Ces salaires sont versés entre le 5 et le 7 de chaque mois. Le mutisme de La Direction de la SNIM, fait vivre la population au ralenti. La SNIM se cache la tête dans le sable pour ne pas voir le danger venir. Elle attend que le danger passe. Tandis que le mouvement devient de plus en plus fort. Les ouvriers se sont toujours montrés très sage. Ils se réunissent chaque jour de 9 heures à 11 heures et de 16 heures à 20 heures. Pour se disperser dans l’ordre. Le calme qui précède la tempête. 

Depuis quelques jours, la SNIM menace de l’expulsion des Ouvriers – Grévistes licenciés. Ces grévistes licenciés sont au nombre de 176 Ouvriers et 40 familles seront expulsées au début de la semaine. A partir du  lundi 23 février 2015 selon notre source ! Faudra-t-il un nouveau Mai 68 ?

Sidi Ould Bobba

Hier, dimanche 8 mars, à l’occasion de la journée mondiale des femmes, l’une des grévistes de la Snim, Zeynebou Mint Nagi, licenciée pour avoir embrassé le mouvement a vivement interpelé le président mohamed Ould Abdelaziz sur la situation de la Snim. Mondafrique restranscrit ici ses propos : 

 

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