Gabon, Sylvia Bongo, la régente de Libreville

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Sylvia Bongo, épouse d’Ali Bongo, chef de l’exécutif du Gabon depuis 2009, est montée en puissance depuis l’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) de son (sinistre) époux le 24 Octobre 2018. Une nouvelle reine d’Afrique est née.

Par Jocksy Ondo Louemba

Rien ne prédestinait Sylvia Bongo à régner sur le Gabon, et pourtant ! Et pourtant, grâce à son mariage avec Ali Bongo elle est aujourd’hui la femme la plus puissante du Gabon et l’une des femmes plus puissantes d’Afrique. Depuis l’Accident Vasculaire Cérébral du chef de l’exécutif du Gabon, elle connaît une montée en puissance fulgurante et apparaît aujourd’hui clairement comme une femme de pouvoir, mieux comme la régente du Gabon.

La « Jackie Kennedy » d’Ali Bongo

Sylvia Valentin devient première dame du Gabon en 2009 à la suite de la mort d’Omar Bongo et à l’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo. Elle a pour mission de redorer l’image de son brutal et sanguinaire époux dont l’arrivée au pouvoir est (déjà !) marquée par une sanglante et mortelle répression notamment dans la ville de Port-Gentil. Ce à quoi elle s’emploie en s’investissant dans l’humanitaire, les droits de la femme, la lutte contre les crimes rituels et surtout le « glamour ».  Son action « humanitaire » se fait par le truchement de sa « fondation Sylvia Bongo pour la famille » et ressemble plus à une politique de saupoudrage qu’à autre chose.  Son action contre les crimes rituels s’est quant à elle bornée à une drôle de marche à laquelle elle a participé tout en prenant bien soin de ne pas dénoncer l’impunité dont jouissent les exécutants mais surtout les commanditaires de ces actes inhumains. Comme Edith Lucie Bongo la seconde épouse d’Omar Bongo elle possède une école réservée aux fils de la nomenklatura dénommée le ruban vert.

Cette femme élégante essaie en vain de policer l’image d’homme brutal – un tantinet sanguinaire – dont bénéficie son mari auprès de la population du Gabon qui n’a jamais dans son écrasante majorité adhéré à son « projet politique » pas plus qu’à celui de son père d’ailleurs.

Du shopping à 1 million d’euros

Malgré son élégance, Sylvia Bongo est et demeure une véritable femme de potentat africain.  Elle n’hésite pas – dans la pure tradition de ses devancières – à faire des dépenses somptuaires que se gardent bien d’effectuer les premières dames des pays démocratiques et sérieux mais qui reste et restera la marque de fabrique des épouses de dictateurs. 

C’est ainsi qu’en 2011, elle effectue à Paris 1 million d’euros d’achats de produits de luxe !  La presse parisienne qui en pourtant vu d’autres le souligne et lorsqu’il est interrogé sur la prodigalité de son épouse, Ali Bongo la défend à sa manière clamant qu’il « n’est pas interdit de posséder une carte de crédit » et de l’utiliser comme on veut avant de poursuivre que ni lui ni sa femme n’ont découvert « l’argent aujourd’hui » avant de se montrer rassurant « nous avons travaillé ».

La prise de pouvoir

Lorsqu’Ali Bongo est frappé par un AVC en marge du « Davos du désert » en Arabie Saoudite en Automne dernier, c’est la panique. Le pouvoir gabonais a du mal à dissimuler la réalité, malgré tout rapidement les choses sont prises en main. Toutefois, on assiste à une guerre de clans au sein de la famille régnante qui oppose Sylvia Bongo à son beau-frère le colonel Frédéric Bongo, le puissant patron de la Direction Générale des Services Spéciaux. Dans un premier temps, Frédéric Bongo s’impose : il frappe le directeur de Cabinet d’Ali Bongo d’interdiction de sortie du territoire et obtient que le chef de l’exécutif gabonais se fasse soigner au Maroc plutôt qu’à Londres. Mais Sylvia Bongo contre-attaque en effectuant une purge sans précédant dans le premier cercle du pouvoir gabonais lors d’une réunion qu’elle préside dans l’enceinte même du « Palais Rénovation ». En tout 18 « conseillers présidentiels » sont « frappés d’Oukase » parmi lesquels le Coréen Park Sang Chul « Monsieur Park » qui s’occupait de la sécurité d’Ali Bongo depuis les années 80 et avait fini par devenir son homme de confiance.  Quant à Frédéric Bongo il échappe à la purge et réussi à demeurer dans l’entourage « royal ».

La régente du Gabon

Discrète mais efficace, Sylvia Bongo prend en main les affaires du pays et la santé de son dictateur de mari qui se fait désormais soigner à Londres où il possède « un bien mal acquis » de dans le quartier de Mayfair. Elle assure également elle-même sa communication en répondant pied à pied espérant faire taire les révélations sur l’état de santé réel d’Ali Bongo. Pour peu que l’agence Bloomberg parle d’une rechute, et la Régente de Libreville publie sur les réseaux sociaux une photo d’Ali Bongo en survêtement.

Au Gabon rien désormais ne se fait sans elle.  Selon certaines indiscrétions, elle verrait bien (elle aussi) son fils aîné Nourredine Bongo succéder à son père. Pour l’instant, le « Prince héritier du Royaume du Gabon » fourbit encore ses armes.  Il a pris part en tant que représentant pour le Gabon de l’ONG Space for giants au sommet sur l’économie de la faune sauvage organisé au Zimbabwe en Juin dernier.

L’héritier doit bien débuter…

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