Gabon, le peuple dans la rue malgré une répression sanglante

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Malgré la sanglante répression de la nuit du jeudi 18 Février 2021 où officiellement deux Gabonais ont été abattus par balles, les populations de toutes les villes du pays ont bravé les interdictions pour manifester contre la paupérisation accentuée par les mesures anti-covid. .
 
Par Jocksy Ondo Louemba
 

Ils étaient plus nombreux le vendredi 19 février 2021 à partir de 20 h 00 dans l’ensemble des villes du Gabon à clamer leur mécontentement  malgré la violente et sanglante répression du deuxième jour du concert des casseroles où Gildas Etouki et Emane M’vono Djinky étudiant au département de Géographie à l’Université Omar Bongo de Libreville ont été abattus par des éléments des forces de sécurité.

Charivari dans « le fief des Bongo »
 
Malgré le rappel des sanctions encourues pour « tapage nocturne » (jusqu’à 6 mois de prison), « trouble à l’ordre public » (pouvant aller jusqu’à 4 ans de prison) et violation du couvre-feu (requalifiable à souhait!), les Gabonais ont été plus nombreux et déterminés à exprimer par un concert de casseroles leur exaspération et leur misère. 
 
À Libreville, même les voisins de l’actuelle Premier ministre Ossouka Raponda s’y sont donnés à cœur joie. Dans le reste du pays, le bruit assourdissant des ustensiles de cuisine a traduit la défiance accrue envers un régime prédateur vieux de plus d’un demi-siècle. 
 
Mais la grande surprise vient du Haut Ogooué, la province présentée – à tort – comme le fief du régime Bongo. À Franceville, la capitale, mais aussi à Moanda la cité minière (une très grande part de la production mondiale de manganèse en est issue.) les populations ont tenu à se faire entendre.


Déni et répression accrue
 
Alors que le régime nie formellement toute responsabilité préférant parler « d’individus cagoulés et armés circulant dans un véhicule de type prado » (sic) et que le Premier ministre annonce comme mesure significative la gratuité des test covid qui étaient jusque-là payants (5.000 Francs CFA soit un peu plus de 7 euros.). La répression s’est accrue avec des arrestations, des passages à tabac, et même des irruptions dans des domiciles où selon des images parvenues à Mondafrique et soigneusement vérifiées, des forces de l’ordre n’hésitent pas à jeter des bombes lacrymogènes dans des domiciles où se trouvent des enfants en bas âge !
 
« L’ordre sera rétabli »
 
Du côté du pouvoir, on se veut « rassurant » : « Ce mouvement vient d’une minorité d’agitateurs excités par des Gabonais vivant à l’étranger subventionnés par des puissances occultes hostiles au Gabon, sans parler de l’opposition qui tente de récupérer ! Mais je peux vous assurer que l’ordre sera rétabli quitte à mettre le paquet si cela persiste !»a déclaré sous couvert d’anonymat un général d’armée par ailleurs un des piliers du régime d’Ali Bongo.
 
Le bras de fer ne semble pas prêt de se terminer.
 
 
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