Le bilan calamiteux de Michaëlle Jean

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La Canadienne Michaëlle Jean avait été élue, le 30 novembre 2014, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), lors du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de Dakar. Depuis, la francophonie a disparu des radars.

Ce fut l’une des bévues du président Hollande d’avoir soutenu la candidature de Michaëlle Jean, alors qu’il avait pourtant promis son soutien à un candidat africain. Beaucoup de diplomates et de journalistes avaient émis des avis défavorables sur la candidature de l’ancienne Gouverneur générale du Canada (2005-2010), originaire de Haïti. Ses dépenses somptuaires, son train de vie dispendieux, son ego surdimensionné et sa mauvaise gouvernance étaient bien connus des Canadiens. Elle a évidemment récidivé à l’OIF et Mondafrique en a déjà rendu compte.

De la pure gesticulation
Depuis sa prise de fonction, l’OIF a complètement disparu des radars. Cette organisation tentaculaire, qui se voulait politique, est absente des grands débats mondiaux et évidemment de toutes les crises secouant le monde francophone, notamment au Sahel, en RDC et en Centrafrique. Ses visites de terrain sont sans lendemains, mais sont fort couteuses pour l’OIF. La Secrétaire générale a pris l’habitude de parcourir le monde, à grands frais, où elle a droit à un protocole de chef d’Etat. Ses déclarations sont d’une banalité diplomatique déconcertante. En réalité, elle ne fait que de la gesticulation, en faisant valoir son origine haïtienne et sa qualité de femme politique.
Trois ans après son élection, elle a fini par lasser beaucoup de chefs d’Etat, le président Macro, le premier. Nul doute que l’ami canadien du président français, Justin Trudeau, ne défendra pas sa concitoyenne.
Évidemment, Michaëlle Jean est déjà en campagne pour une hypothétique réélection, lors du Sommet de novembre 2018, qui aura lieu à Erevan (Arménie). Privée du Sommet Ua/Ue d’Abidjan, les regrets de la Secrétaire générale de l’OIF ne s’arrêtent pas à cette occasion manquée de faire campagne. En nommant la franco-marocaine, Leïla Slimani, comme sa représentante personnelle de la Francophonie, le président Macron entend bien promouvoir cette nouvelle Francophonie, moins politique et plus culturelle, plus ouverte sur le monde et la diversité, moins institutionnelle et plus proche de la société civile et de la jeunesse.
La belle endormie
Au-delà de cette nomination, c’est bien la réforme de l’OIF qui est en perspective et la fin des privilèges exorbitants des personnels de cette organisation endormie, sur les bords de la Seine.
Il est probable que cette nouvelle organisation de la Francophonie, plus légère et plus efficace, soit dirigée par une personnalité dont la renommée soit davantage culturelle que politique et qui appréhende toutes les données de la mondialisation. A plus d’un titre, le Libanais Ghassan Salamé, l’ancien ministre de la culture, l’éminent professeur des relations internationales des universités de Paris et de Columbia, l’envoyé spécial de l’Onu en Irak et actuellement en Libye et le conseiller du Haut Conseil de la Francophonie  présente des qualités qui pourraient lui valoir de succéder avantageusement à Michaëlle Jean.
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