Mondafrique https://mondafrique.com/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Tue, 06 Jan 2026 06:55:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg Mondafrique https://mondafrique.com/ 32 32 Madagascar, la transition démocratique dénaturée par les affairistes (3) https://mondafrique.com/a-la-une/madagascar-la-transition-democratique-denaturee-par-les-affairistes-3/ https://mondafrique.com/a-la-une/madagascar-la-transition-democratique-denaturee-par-les-affairistes-3/#respond Tue, 06 Jan 2026 06:35:06 +0000 https://mondafrique.com/?p=144778 La Gen Z s’inquiète de la présence de plusieurs personnages controversés dans le cercle du pouvoir à Madagascar.  La transition actuelle est dit-on instrumentalisée, et risque de devenir un vaste système de blanchiment politique. Le député Siteny Randrianasoloniaiko, devenu l’actuel président de l’assemblée nationale malgache et qui est soutenu par la Russie, semble au coeur […]

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La Gen Z s’inquiète de la présence de plusieurs personnages controversés dans le cercle du pouvoir à Madagascar.  La transition actuelle est dit-on instrumentalisée, et risque de devenir un vaste système de blanchiment politique. Le député Siteny Randrianasoloniaiko, devenu l’actuel président de l’assemblée nationale malgache et qui est soutenu par la Russie, semble au coeur de cette résistance contre tout changement politique réel à Madagascar!

Daniel Saint-Roche      

Ainsi, la nomination de Onitiana Realy en tant que Directrice de cabinet du Président de la Transition Colonel Randrianirina, a surpris. Ancienne ministre de la Population, de la Protection sociale et de la Promotion de la femme (MPPSPF) sous le gouvernement du premier ministre Ravelonarivo de 2015 à 2018, cette ancienne journaliste originaire du Grand Sud a dû fuir le pays en 2019 après qu’un audit auprès de son ministère eut révélé un détournement de 4.524.972.000 ariary. Elle fut dans la foulée inculpée pour « favoritisme, faux et usage de faux en écriture publique, abus de fonction et détournement de deniers public ».

Son époux, Briand Andrianirina, fondateur de la station de télévision Real TV, fut Président du conseil d’administration de l’ARTEC (Autorité de régulation des technologies de communication). Il a été cité à la même époque dans une affaire de détournement au sein du ministère des Postes, des Télécommunications et du Développement numérique. Briand Andrianirina est apparenté au Colonel Michael Randrianirina, et siège au comité d’organisation du Concours Intervision de la chanson à Moscou. L’équivalent du Concours Eurovision de la chanson pour le bloc de l’Est, cet évènement a été relancé par Poutine pour renforcer le soft power de la Russie à l’international, et dans le but de   briser son isolement à la suite de la guerre en Ukraine. On le suspecte de figurer parmi les têtes de ponts qui s’activent pour étendre l’influence de la Russie à Madagascar.

Paul Sylvestra Koufali Daya en embuscade

La Gen Z dénonce par ailleurs l’influence croissante de certains affairistes auprès de la Présidence de la transition. Parmi ceux-ci figure en chef de file Paul Sylvestra Koufali Daya, un jeune indo-malgache dénoncé en février 2022 par un complice pour « trafic d’or et trafic de devises ». La lettre de dénonciation adressée au BIANCO (bureau indépendant anti-corruption) mentionne que Koufali Daya a envoyé à Dubai le sieur Yvon Karimonjy pour transporter illégalement, à plusieurs reprises, des devises et des lingots d’or.  

Originaire du Sud-Ouest de l’ile, Koufali Daya a bénéficié de soutiens politiques de la part de certains parlementaires, et a pu s’exiler en 2024 à l’Ile Maurice. Il figure parmi les trois citoyens malgaches ayant déposé une plainte à l’encontre de Mamy Ravatomanga auprès des autorités mauriciennes, d’où son actuelle réhabilitation. Aujourd’hui, des voix se font entendre pour blanchir l’image écornée du célèbre « trafiquant d’or présumé ». 

Présenté comme une victime de poursuites arbitraires par l’ancien régime, Koufali Daya compte désormais de nombreux thuriféraires. Car il incarne le modèle de réussite sociale basée sur le « malagasy dream » à la façon Andry Rajoelina : tout le monde peut s’enrichir à la vitesse tgv pour peu qu’on soit « débrouillard ». Et la débrouillardise inclut les pratiques corruptives et autres procédés illicites (pots de vin, trafic d’influence, favoritisme). Parti de presque rien, Koufali Daya est ainsi devenu milliardaire en prospérant dans le secteur du marché parallèle de devises.  Une activité à impact social limité, sans redistribution de richesses ni de création d’emplois, encore moins une participation aux recettes publiques. Les militants de la Gen Z s’interrogent alors à bon escient si l’on doit passer l’éponge pour effacer l’ardoise sur les trafics à son actif, sous prétexte que Koufali Daya est devenu un « héros national » en déposant la fameuse plainte a l’ile Maurice. « Une seule et unique bonne action aura donc suffi pour effacer toutes ses fautes passées » estiment-ils.

Dans le même registre, la sortie publique de Raissa Razaivola lors de l’inauguration d’une route pavée en compagnie du ministre de la communication Gascar Fenosoa, a défrayé les chroniques. Native elle aussi du sud-ouest, Dame Razaivola est connue` comme étant un « rabatteur », ces individus qui font office d’agents d’affaires informels dans les couloirs des tribunaux malgaches. Premiers instigateurs de la corruption, les rabatteurs proposent leur service aux justiciables dans la négociation de dossiers auprès de magistrats véreux. Condamnée à 7 ans de travaux forcés à la suite d’affaires ténébreuses en 2023, Raissa Razaivola a pu bénéficier d’une mesure d’élargissement au même titre que les prisonniers politiques après la chute du précèdent gouvernement, alors qu’il lui reste encore 5 ans à « tirer ».  Ses soutiens expliquent ce geste par les œuvres sociales qu’elle a accompli a la prison où elle a été incarcérée. Ainsi, la cour de la prison a été entièrement rénovée par ses soins. Elle a aménagé sa propre cellule, et distribué de la nourriture à tous les détenus. Elle organisa aussi des fêtes pour divertir les prisonniers, parfois en faisant appel à des artistes renommés. Elle a aussi fourni du carburant et des pièces détachées aux véhicules de l’administration pénitentiaire.

L’incompréhension est donc totale devant l’incorporation au coeur du pouvoir de ces personnages au passé pour le moins équivoque.

Apres la déchéance du « parrain » Mamy Ravatomanga, assiste-t-on a une montée en puissance de nouveaux adeptes de la méthode Pablo Escobar à Madagascar ? Pour mémoire, le célèbre parrain colombien se distinguait aussi de par ses œuvres caritatives, en construisant des maisons pour les plus démunis, des écoles, des hôpitaux, des stades de football ainsi que des routes. Ses émules malgaches semblent suivre allègrement le pas !

Madagascar, « Mamy » Ravatomanga, milliardaire, vice Roi et cible des manifestants

Le système Rajoelina à l’oeuvre

Le système Andry Rajoelina a laissé une marque profonde dans le macrocosme politique malgache. À un point tel que le pouvoir de transition semble incapable de se défaire des pratiques de combine, d’intrigue, et de spéculation qui sont devenues la règle dans la manière de gouverner ces quinze dernières années. Pourrait-il en être autrement quand on constate que la plupart des acteurs politico-économiques actuels sont issus de ce système Rajoelina que la population malgache a rejeté?

Les déceptions se font jour, et le capital de confiance à l’endroit des dirigeants de la transition commence à s’effriter. Fanirisoa Erinaivo, ministre de la justice, et ancienne figure de la diaspora malgache en France fait ainsi l’objet de sévères interpellations pour avoir déclaré dans une interview à France 24 que « Koufali Daya n’est pas un trafiquant d’or ». Alors qu’à maintes reprises durant son exil en terre française, elle a toujours soutenu le contraire.   Quelle est la vérité cachée derrière ce revirement spectaculaire ? 

La reponse pourrait venir de la révélation effectuée par le député Fidèle Razara Pierre dans l’émission radiophonique Miara-Manonja, relayée largement sur les réseaux sociaux. Le député Fidèle a en effet affirmé que les 73 kilos d’or saisis à Johannesburg le 31 décembre 2020 et les lingots de 49 kilos interceptés aux Comores en décembre 2021 seraient la propriété du député Siteny Randrianasoloniaiko, devenu l’actuel président de l’assemblée nationale malgache ! A ce jour, aucun démenti n’a été publié par le principal intéressé.

Les spéculations ne peuvent alors que gonfler, et ce d’autant plus que les personnages pointés du doigt par la Gen Z appartiennent tous au cercle restreint de Siteny.  On parle désormais de « Sitenygate ». A ce sujet, un internaute émet les commentaires suivants dans une publication de l’assemblée nationale : « Le Colonel Michael est aujourd’hui à la croisée des chemins : soit il agit, soit il portera à jamais la responsabilité d’avoir offert l’État malagasy aux marchands d’or, dans un théâtre politique tragique mais bien réel ». Affaire à suivre…

Le colonel Michael Randrianirina au pied du mur à Madagascar

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AFROSON1C X à Accra, la nouvelle scène ouest-africaine (10 janvier) https://mondafrique.com/loisirs-culture/afroson1c-x-a-accra-la-nouvelle-scene-ouest-africaine-10-janvier/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/afroson1c-x-a-accra-la-nouvelle-scene-ouest-africaine-10-janvier/#respond Tue, 06 Jan 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=144749 Le 10 janvier 2026, Accra accueille AFROSON1C X, un rendez-vous musical immersif mêlant concerts, showcases et rencontres professionnelles. Pensé comme une plateforme de découverte et de circulation des talents africains, l’événement confirme la place centrale du Ghana sur la carte musicale du continent. Rejoignez la nouvelle chaine Whatsapp de Mondafrique Accra poursuit son affirmation comme […]

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Le 10 janvier 2026, Accra accueille AFROSON1C X, un rendez-vous musical immersif mêlant concerts, showcases et rencontres professionnelles. Pensé comme une plateforme de découverte et de circulation des talents africains, l’événement confirme la place centrale du Ghana sur la carte musicale du continent.

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Accra poursuit son affirmation comme capitale culturelle de l’Afrique de l’Ouest. Le 10 janvier 2026, la ville ghanéenne accueille AFROSON1C X, un événement qui se distingue par son format hybride, à la frontière du concert, du festival et du forum professionnel. Plus qu’une simple soirée musicale, AFROSON1C X se présente comme une expérience immersive pensée pour révéler la vitalité et la diversité des scènes africaines contemporaines.

Né comme une plateforme de repérage et de mise en réseau, AFROSON1C X s’est progressivement imposé comme un label culturel reconnu, avec des éditions et des apparitions dans plusieurs rendez-vous internationaux dédiés aux musiques actuelles. Son retour à Accra, au cœur de l’écosystème créatif ouest-africain, marque une étape stratégique. La capitale ghanéenne, déjà connue pour ses festivals et son dynamisme artistique, offre un terrain idéal à ce type de manifestation.

Le choix du Treehouse Restaurant, lieu à la fois convivial et ancré dans la scène culturelle locale, traduit la volonté des organisateurs de privilégier une proximité entre artistes, public et professionnels. Loin des grandes arènes impersonnelles, AFROSON1C X mise sur l’intensité de l’expérience et la circulation des échanges.

La programmation 2026 s’annonce résolument tournée vers l’Afrique de l’Ouest. En tête d’affiche, le duo nigérian The Cavemen, connu pour sa relecture contemporaine du highlife, incarne parfaitement l’esprit de l’événement : un dialogue constant entre héritage musical et écriture actuelle. Autour d’eux, une sélection d’artistes émergents et confirmés se succèdent en showcase, offrant un panorama des nouvelles esthétiques afro-urbaines, soul, alternative et traditionnelles revisitées.

Une plateforme multiple

AFROSON1C X ne se limite pas à la scène. L’un de ses objectifs centraux est de créer des ponts entre artistes africains et acteurs de l’industrie musicale mondiale. Labels, programmateurs, managers et médias sont invités à assister aux performances, mais aussi à participer à des moments d’échange plus formels. Cette dimension professionnelle fait de l’événement un véritable accélérateur de carrières, particulièrement pour les artistes émergents.

La présence de délégués internationaux confirme l’ambition du projet : inscrire la création africaine dans des réseaux de diffusion globaux, sans l’extraire de ses contextes culturels. AFROSON1C X défend ainsi une vision de la mondialisation musicale fondée sur l’équilibre, où les artistes africains ne sont pas des produits d’exportation, mais des acteurs à part entière de l’industrie.

Sur le plan artistique, le festival revendique un ancrage fort dans les cultures locales. Les performances font dialoguer langues, rythmes et références, rappelant que la modernité musicale africaine se construit autant à partir de la tradition que des influences contemporaines. Cette approche séduit un public jeune, urbain et connecté, mais aussi des auditeurs plus curieux, en quête de nouvelles propositions sonores.

En se tenant juste après la période très dense du début janvier, AFROSON1C X prolonge l’effervescence culturelle qui anime Accra à cette période de l’année. Il offre une transition naturelle entre les grandes célébrations populaires et un temps plus ciblé, dédié à la découverte et à l’écoute attentive. Pour la ville, l’événement contribue à renforcer son image de hub culturel régional ; pour les artistes, il représente une scène stratégique ; pour le public, une immersion dans ce que la musique africaine produit de plus vivant aujourd’hui.

AFROSON1C X s’impose ainsi comme un rendez-vous clé pour comprendre les mutations actuelles des musiques africaines, entre enracinement local et circulation mondiale.

Informations pratiques

Événement : AFROSON1C X
Date : 10 janvier 2026
Lieu : Treehouse Restaurant, Accra (Ghana)
Format : performances live, showcases d’artistes, rencontres professionnelles
Tête d’affiche : The Cavemen

 

 

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Notre semaine culturelle africaine: Kaapse Klopse, le deuxième Nouvel An de Cape Tow https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-africaine-2-9-janvier-debute-avec-kaapse-klopse-le-deuxieme-nouvel-an-de-cape-town-2-janvier/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/notre-semaine-culturelle-africaine-2-9-janvier-debute-avec-kaapse-klopse-le-deuxieme-nouvel-an-de-cape-town-2-janvier/#respond Tue, 06 Jan 2026 05:30:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=144586 Du Cap à Abidjan, d’Ouidah à Accra, en passant par Johannesburg, Marseille et Montréal, la création africaine s’impose cette semaine sur toutes les scènes. Carnavals urbains, rituels spirituels, concerts engagés, expositions majeures et rendez-vous musicaux internationaux composent une cartographie culturelle vibrante, où mémoire, transmission et modernité dialoguent à l’échelle du continent et de ses diasporas. […]

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Du Cap à Abidjan, d’Ouidah à Accra, en passant par Johannesburg, Marseille et Montréal, la création africaine s’impose cette semaine sur toutes les scènes. Carnavals urbains, rituels spirituels, concerts engagés, expositions majeures et rendez-vous musicaux internationaux composent une cartographie culturelle vibrante, où mémoire, transmission et modernité dialoguent à l’échelle du continent et de ses diasporas.

Chaque 2 janvier, Cape Town s’embrase au rythme du Kaapse Klopse. Héritier de l’histoire coloniale et de l’esclavage, ce carnaval populaire transforme la ville en scène à ciel ouvert, mêlant mémoire, musique et célébration collective.

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Chaque année, le 2 janvier, Cape Town vit un moment à part. Tandis que le monde a déjà tourné la page du Nouvel An, la ville sud-africaine célèbre son « Deuxième Nouvel An », le Tweede Nuwe Jaar. Ce jour-là, les rues s’emplissent de fanfares, de chants et de couleurs éclatantes : c’est le Kaapse Klopse, aussi appelé Cape Town Minstrel Carnival.

Loin d’être un simple défilé folklorique, le Kaapse Klopse est l’un des rituels urbains les plus chargés de sens du pays. Ses racines plongent au XIXᵉ siècle, à l’époque où les esclaves du Cap n’avaient droit qu’à une seule journée de congé par an, le 2 janvier, une fois les célébrations de leurs maîtres terminées. Cette journée devint un espace de liberté provisoire, une parenthèse où la musique, la danse et le travestissement permettaient de reprendre possession de son corps et de sa voix.

Après l’abolition de l’esclavage en 1834, la tradition n’a pas disparu. Elle s’est transformée, transmise de génération en génération, jusqu’à devenir un événement structurant de la culture populaire capetonienne, notamment au sein des communautés dites Coloured et Cape Malay. Aujourd’hui encore, le Kaapse Klopse porte cette mémoire de la contrainte et de l’émancipation, sans jamais verser dans la commémoration figée.

Le jour du carnaval, des milliers de participants, organisés en troupes appelées klopse, défilent dans la ville. Costumes satinés aux couleurs vives, visages parfois maquillés, parapluies décorés, banjos, tambours ghoema et cuivres composent un spectacle aussi joyeux que précis. Chaque troupe prépare pendant des mois ses chorégraphies, ses chants et son esthétique, dans une forme de compétition amicale où se joue l’excellence artistique autant que la fierté communautaire.

Une fête vivante

Le parcours du défilé traverse des quartiers chargés d’histoire comme District Six ou Bo-Kaap, rappelant les déplacements forcés et les fractures urbaines de l’époque de l’apartheid. Mais le Kaapse Klopse ne se vit pas comme une lamentation. Il s’agit au contraire d’une fête tournée vers le présent, où la créativité populaire affirme une identité plurielle, métissée et résolument urbaine.

Musicalement, le carnaval mêle héritages locaux et influences extérieures. On y retrouve des échos des minstrel shows américains du XIXᵉ siècle, réappropriés et transformés, ainsi que des rythmes africains et créoles propres au Cap. Cette hybridation fait du Kaapse Klopse un objet culturel singulier, à la fois profondément local et ouvert sur le monde.

Le public, très nombreux, ne reste jamais simple spectateur. Les trottoirs deviennent des tribunes improvisées, les familles suivent « leur » troupe, les enfants apprennent les chants, et les anciens commentent les performances. La ville entière semble suspendue à ce moment de liesse collective, où l’espace public est réinvesti par ceux qui en ont longtemps été exclus.

Au fil des décennies, le Kaapse Klopse s’est imposé comme un marqueur fort du calendrier culturel sud-africain. Il attire désormais visiteurs et chercheurs, artistes et journalistes, venus observer cette forme rare de carnaval urbain, ni touristique au sens classique, ni muséifiée. Sa force tient précisément à cette tension entre tradition et renouvellement, entre mémoire douloureuse et joie affirmée.

Informations pratiques

Date : 2 janvier 2026
Lieu : Centre-ville de Cape Town (District Six, Bo-Kaap et axes principaux)
Accès : événement public et gratuit
Durée : défilés et animations tout au long de la journée

Asake à Johannesburg, l’afrobeats en pleine puissance (3 janvier)

Le 3 janvier 2026, Asake se produit au Goldrush Dome de Johannesburg. Figure centrale de l’afrobeats nigérian, l’artiste promet un concert à haute énergie, symbole de l’expansion continentale et internationale d’un genre désormais incontournable.

Johannesburg s’impose comme l’un des premiers grands carrefours musicaux de l’année 2026. Le samedi 3 janvier, Asake est attendu au Goldrush Dome pour un concert annoncé comme l’un des temps forts du début de saison. L’événement, présenté par le collectif AfroFuture – Curated By Culture, marque une étape importante dans la trajectoire live de l’artiste nigérian.

En quelques années, Asake s’est imposé comme l’une des figures majeures de l’afrobeats contemporain. Originaire de Lagos, il a développé un style immédiatement reconnaissable, mêlant afrobeats, street pop nigériane, amapiano et influences urbaines globales. Ses morceaux, portés par des refrains accrocheurs et une énergie brute, ont rapidement dépassé les frontières du Nigeria pour conquérir les scènes africaines, européennes et américaines.

Le concert de Johannesburg s’inscrit dans cette dynamique d’expansion. Il s’agit de l’une des premières grandes dates africaines de l’artiste en 2026, et surtout d’un rendez-vous très attendu par le public sud-africain, où l’afrobeats dialogue depuis plusieurs années avec l’amapiano local. Cette rencontre entre scènes musicales africaines fait de Johannesburg un terrain particulièrement fertile pour un artiste comme Asake, dont la musique circule naturellement entre les styles.

Le Goldrush Dome, vaste espace de spectacles situé dans la métropole sud-africaine, offre un cadre à la hauteur de l’événement. Conçu pour accueillir de grandes productions live, le lieu permet une scénographie immersive, combinant son, lumières et écrans géants. L’organisation prévoit une ouverture des portes en fin d’après-midi, laissant place à une montée progressive de l’ambiance avant l’entrée en scène de l’artiste.

Une performance symbole de l’afrobeats globalisé

Sur scène, Asake est réputé pour ses performances intenses, où la danse, la proximité avec le public et la puissance rythmique occupent une place centrale. Ses concerts sont conçus comme des expériences collectives, où les hits sont repris en chœur par une audience jeune, mobile et connectée. À Johannesburg, cette dimension communautaire devrait trouver un écho particulier, dans une ville habituée aux grands rassemblements musicaux.

Au-delà du simple divertissement, ce concert illustre l’état actuel de l’afrobeats : un genre africain devenu global, sans pour autant perdre son ancrage continental. La présence d’Asake en tête d’affiche en Afrique du Sud témoigne de cette circulation fluide entre pays africains, où les artistes ne se contentent plus de viser l’exportation vers l’Occident, mais construisent aussi des réseaux solides à l’échelle du continent.

L’événement est porté par AfroFuture, plateforme culturelle connue pour ses festivals et concerts célébrant les cultures africaines contemporaines. Leur approche privilégie des expériences immersives, mêlant musique, esthétique visuelle et mise en valeur des identités africaines urbaines. Le concert d’Asake s’inscrit pleinement dans cette logique, à la croisée du spectacle musical et de l’affirmation culturelle.

Pour Johannesburg, cette date du 3 janvier s’annonce comme un signal fort : celui d’une année musicale placée sous le signe des circulations africaines, des collaborations transfrontalières et de la reconnaissance accrue des artistes du continent sur leurs propres scènes. Pour Asake, il s’agit d’un nouveau jalon dans une trajectoire déjà fulgurante, confirmant son statut d’artiste incontournable du live afrobeats.

Informations pratiques

Artiste : Asake
Événement : AfroFuture Presents – Curated By Culture | Asake Live
Date : samedi 3 janvier 2026
Heure : ouverture des portes vers 16h00
Lieu : Goldrush Dome, Johannesburg (Afrique du Sud)
Style : afrobeats, street pop, amapiano
Accès : événement 18+
Billetterie : vente en ligne via Quicket

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Naftaly à Abidjan, reggae conscient pour ouvrir 2026 (3 janvier)

Le 3 janvier 2026, Naftaly se produit à AZK Live à Abidjan autour de son album Lève-toi et marche. Une soirée de reggae conscient et d’afro-fusion pour ouvrir l’année sur un message d’espoir, de spiritualité et de rassemblement.

Abidjan s’apprête à vibrer au rythme du reggae le samedi 3 janvier 2026. Ce soir-là, Naftaly investit la scène d’AZK Live, lieu emblématique des musiques live à Cocody Blockhauss. Annoncé dès 21h00, le concert s’inscrit comme l’un des premiers rendez-vous musicaux majeurs de l’année en Côte d’Ivoire.

Figure reconnue du reggae ivoirien, Naftaly s’est construit une identité singulière, à la croisée du reggae roots, du hip-hop et des sonorités afro-contemporaines. Surnommé par son public « le Soldat de Jah », l’artiste développe depuis plusieurs années une musique engagée, portée par des textes spirituels, sociaux et introspectifs. Son approche privilégie le message autant que la vibration, dans une relation de proximité assumée avec son audience.

Ce concert du 3 janvier s’articule autour de son album Lève-toi et marche, projet central dans son parcours récent. Composé comme une exhortation à la résilience, le disque invite à dépasser les épreuves individuelles et collectives, à retrouver une force intérieure et à se remettre en mouvement. Sur scène, ces chansons prennent une dimension plus organique, soutenues par l’énergie du live et l’interaction directe avec le public.

Le choix d’AZK Live n’est pas anodin. Réputée pour défendre les musiques conscientes et les artistes afro-caribéens et africains, la salle s’est imposée comme un espace de rencontre entre artistes et publics fidèles. Son format relativement intimiste favorise une atmosphère dense, propice aux concerts où la parole, le rythme et la communion jouent un rôle central. Pour Naftaly, il s’agit moins d’un simple spectacle que d’un moment de partage collectif.

Au-delà de la performance musicale, la soirée est pensée comme une célébration de début d’année. Les messages diffusés par l’artiste et ses partenaires parlent de « vibration », de « lumière » et de « foi », autant de termes qui renvoient à une conception du concert comme expérience globale. Dans un contexte social et économique souvent tendu, ce type de proposition musicale trouve un écho particulier auprès d’un public en quête de sens autant que de divertissement.

Un concert manifeste pour une musique engagée

Sur scène, Naftaly défend une vision du reggae comme musique de conscience et de transmission. Héritier des grandes figures du genre, il l’inscrit dans une réalité ivoirienne contemporaine, nourrie de références locales, de préoccupations sociales et d’une spiritualité assumée. Le concert du 3 janvier promet ainsi un équilibre entre titres récents, morceaux emblématiques de son répertoire et moments d’improvisation propres au live.

La mobilisation autour de l’événement témoigne de l’ancrage de l’artiste dans sa communauté. Les annonces relayées sur les réseaux sociaux insistent sur la présence physique, sur l’importance d’« être là » pour commencer l’année ensemble. Cette dimension communautaire est l’un des traits marquants du parcours de Naftaly, dont la musique se conçoit comme un dialogue permanent avec son public.

À Abidjan, cette soirée s’inscrit également dans une dynamique plus large de valorisation des scènes reggae et afro-conscientes, parfois éclipsées par les musiques plus commerciales. En ouvrant l’année 2026 avec un concert de ce type, Naftaly affirme la place du reggae comme espace de réflexion, de fête et de résistance culturelle.

Le 3 janvier à AZK Live, le public est donc invité à plus qu’un concert : une traversée musicale, spirituelle et collective, portée par une voix qui revendique le droit de dire, de rassembler et d’espérer.

Informations pratiques

Artiste : Naftaly
Événement : Concert live autour de l’album Lève-toi et marche
Date : samedi 3 janvier 2026
Heure : à partir de 21h00
Lieu : AZK Live, Cocody Blockhauss, Abidjan (Côte d’Ivoire)Style : reggae conscient, afro-fusion

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Guinée-Concert à Marseille, la scène guinéenne en fête (3 janvier)

Le 3 janvier 2026, le Molotov à Marseille accueille Guinée-Concert, une soirée portée par la diaspora guinéenne. Afrobeat, reggae, hip-hop et musiques mandingues s’y croisent pour célébrer la vitalité des scènes africaines contemporaines en France.

À Marseille, la nouvelle année s’ouvrira sous le signe des musiques africaines. Le samedi 3 janvier 2026, la salle du Le Molotov accueillera Guinée-Concert, un événement organisé par l’association Familly 224. Pensée comme une grande soirée festive et fédératrice, la manifestation met à l’honneur la création guinéenne et afro-diasporique dans toute sa diversité.

Marseille n’a pas été choisie au hasard. Ville portuaire, carrefour des cultures méditerranéennes et africaines, elle abrite une importante diaspora ouest-africaine. Guinée-Concert s’inscrit dans cette géographie culturelle vivante, en offrant une scène à des artistes qui, pour beaucoup, évoluent entre héritage guinéen et influences urbaines contemporaines. Le Molotov, réputé pour sa programmation ouverte et éclectique, constitue un écrin naturel pour ce type de rendez-vous.

La programmation réunit une quinzaine d’artistes issus de la scène guinéenne et africaine locale. Parmi les noms annoncés figurent Lil Saako, Baar-K, Kissima, Sekouba Kalondji, Weda Faya, Modou Becue, King Seesay ou encore Gawa Zion, accompagnés sur scène par l’OSK Band. Ensemble, ils dessinent un panorama musical allant de l’afrobeat au reggae, du dancehall au hip-hop, sans oublier les sonorités mandingues traditionnelles.

Au-delà de l’accumulation des styles, l’événement revendique une cohérence : celle d’une musique diasporique en mouvement. Les artistes invités partagent souvent une même réalité, faite de circulation entre continents, de métissages sonores et de récits ancrés dans l’expérience migratoire. Guinée-Concert devient ainsi un espace d’expression collective, où la scène sert à la fois de lieu de fête et de reconnaissance.

Transmission culturelle et énergie urbaine

L’ambition de l’association Familly 224 dépasse le simple cadre du concert. En organisant Guinée-Concert, elle entend valoriser la culture guinéenne sous ses formes contemporaines, tout en créant un moment de rassemblement intergénérationnel. Le public attendu mêle membres de la diaspora, amateurs de musiques du monde et curieux désireux de découvrir une scène encore peu médiatisée dans les circuits traditionnels.

Sur scène, la diversité des esthétiques reflète l’évolution des musiques africaines en Europe. Les rythmes traditionnels dialoguent avec les beats électroniques, les textes alternent entre langues africaines, français et anglais, et les performances empruntent autant au concert live qu’à la culture urbaine. Cette hybridation est au cœur du projet, assumée comme une richesse plutôt qu’une dilution des identités.

La durée de l’événement, annoncée de la fin d’après-midi jusqu’au cœur de la nuit, souligne cette volonté de créer un véritable temps fort. Plus qu’une succession de concerts, Guinée-Concert se présente comme une immersion, où la musique devient le vecteur principal du lien social. Dans une ville comme Marseille, marquée par la pluralité de ses appartenances, cette proposition trouve une résonance particulière.

En ouvrant l’année 2026 avec une soirée dédiée aux musiques guinéennes et africaines, Guinée-Concert affirme la place de ces scènes dans le paysage culturel français. Il rappelle aussi que les diasporas ne sont pas seulement des communautés de mémoire, mais des espaces de création active, capables de renouveler les formes musicales et les récits contemporains.

Informations pratiques

Événement : Guinée-Concert
Date : samedi 3 janvier 2026
Horaires : de 18h30 à 02h00
Lieu : Le Molotov, 3 place Paul Cézanne, 13006 Marseille
Programmation : artistes guinéens et africains (afrobeat, reggae, hip-hop, mandingue)
Organisateur : association Familly 224
Tarif indicatif : environ 15 €

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Vodun Days à Ouidah, au cœur du vodun béninois (8–10 janvier)

À Ouidah, du 8 au 10 janvier 2026, les Vodun Days célèbrent une spiritualité vivante et un patrimoine culturel majeur du Bénin. Rituels, arts et musique s’y conjuguent pour redonner au vodun sa profondeur historique et symbolique.

Chaque mois de janvier, la ville côtière d’Ouidah devient l’épicentre d’un rendez-vous singulier où spiritualité, création artistique et mémoire collective se rencontrent. Les Vodun Days, organisés du 8 au 10 janvier 2026, s’inscrivent dans une dynamique de réappropriation culturelle visant à montrer le vodun tel qu’il est pratiqué au Bénin : une tradition complexe, structurée et profondément ancrée dans la vie sociale.

Souvent réduit, dans l’imaginaire occidental, à une caricature exotique ou inquiétante, le vodun est pourtant l’un des systèmes spirituels les plus anciens et les plus élaborés d’Afrique de l’Ouest. Reconnu officiellement par l’État béninois depuis 1996, il repose sur une relation étroite entre les humains, les forces de la nature et les ancêtres. Les Vodun Days ont précisément été pensés pour restituer cette richesse, loin des clichés, en donnant à voir la diversité de ses expressions rituelles, artistiques et philosophiques.

Le choix d’Ouidah n’est pas anodin. Ancien port négrier, la ville occupe une place centrale dans l’histoire atlantique et dans la diffusion du vodun vers les Amériques, où il a donné naissance à d’autres formes religieuses et culturelles. Ouidah demeure aujourd’hui l’un de ses hauts lieux, avec des sites emblématiques comme la forêt sacrée de Kpassè ou le Temple des Pythons. Pendant les Vodun Days, ces espaces deviennent des scènes vivantes, traversées par les processions, les danses et les cérémonies.

Au fil des trois journées, la ville se transforme en un vaste théâtre à ciel ouvert. Des sorties rituelles se déploient sur les grandes places et les esplanades, mêlant chants, percussions et danses codifiées. Les figures spectaculaires d’Egungun ou de Zangbeto, aux costumes monumentaux, incarnent à la fois la présence des ancêtres et la puissance symbolique de la communauté. Ces manifestations, ouvertes au public, s’inscrivent dans un cadre précis où le sacré n’est jamais dissocié du collectif.

Rituels, arts et scène contemporaine

Les Vodun Days ne se limitent pas aux cérémonies religieuses. Le festival affirme aussi une ambition artistique forte, en proposant des concerts, des performances et des créations contemporaines inspirées du vodun. Des artistes béninois et internationaux investissent les scènes en plein air, croisant musiques traditionnelles, afro-pop et formes actuelles. Cette programmation contribue à inscrire le vodun dans le présent, comme une source toujours active de création.

Un village festif accueille également artisans, associations culturelles et stands de transmission des savoirs. On y découvre objets rituels, textiles, sculptures et récits liés aux divinités et aux lignées spirituelles. L’enjeu est autant pédagogique que culturel : permettre aux visiteurs, béninois comme étrangers, de comprendre les principes du vodun, ses règles, ses interdits et son rôle dans l’organisation sociale.

Moment central du festival, la grande cérémonie vodun rassemble prêtres, fidèles et dignitaires venus de différentes régions. Elle donne à voir la dimension profondément collective de cette spiritualité, fondée sur l’équilibre entre les forces visibles et invisibles. À la différence d’un spectacle, il s’agit d’un temps rituel authentique, auquel le public est convié dans le respect des pratiques.

Les Vodun Days s’inscrivent enfin dans le prolongement de la Fête du Vodoun, célébrée chaque 10 janvier et jour férié national au Bénin. Ensemble, ces événements participent à une politique culturelle plus large, visant à faire du patrimoine immatériel un levier de reconnaissance internationale et de développement local.

Informations pratiques

Dates : du 8 au 10 janvier 2026
Lieu : Ouidah, Bénin (places publiques, sites sacrés et scènes en plein air)
Accès : manifestations majoritairement ouvertes au public

 

Afrique Mode à Montréal, la mode africaine en mouvement (jusqu’au 1er février)

Présentée au Musée McCord Stewart jusqu’au 1er février 2026, l’exposition Afrique Mode retrace plus de soixante ans de création vestimentaire africaine. Une plongée ambitieuse dans une scène inventive, politique et résolument contemporaine, loin des clichés folkloriques.

À Montréal, l’hiver n’a jamais semblé aussi vibrant. Jusqu’au 1er février 2026, le Musée McCord Stewart accueille Afrique Mode, une exposition d’envergure consacrée à la mode africaine contemporaine. Pensée comme un récit global, elle replace le vêtement au cœur des dynamiques culturelles, sociales et esthétiques du continent africain et de ses diasporas.

Conçue par le Victoria and Albert Museum de Londres, référence mondiale en matière de design et d’arts décoratifs, l’exposition réunit vêtements, accessoires, photographies, vidéos et archives. Ensemble, ces éléments composent une histoire dense et nuancée, couvrant plus de six décennies de création, des années 1960 à aujourd’hui. Le propos est clair : la mode africaine n’est ni marginale ni périphérique, elle est constitutive de la modernité visuelle mondiale.

Le parcours met en lumière des créateurs issus de plus de vingt pays, des pionniers de l’après-indépendance aux designers les plus influents de la scène actuelle. À travers leurs œuvres, se dessinent des trajectoires marquées par l’émancipation, la circulation des styles et la réappropriation des héritages textiles. Ici, le vêtement devient un manifeste : il dit l’histoire coloniale, la fierté retrouvée, mais aussi l’inscription pleine et entière dans une économie créative globale.

L’exposition refuse toute vision homogène du continent. Elle montre au contraire une pluralité de formes, de silhouettes et de langages : couture sophistiquée, prêt-à-porter engagé, hybridations entre artisanat local et techniques contemporaines. Les tissus traditionnels dialoguent avec des coupes audacieuses, tandis que la photographie et la vidéo rappellent combien la mode est indissociable de la rue, des corps et des usages sociaux.

Une mode entre identité, pouvoir et création contemporaine

Au fil des salles, Afrique Mode explore la dimension politique du vêtement. Dans de nombreux contextes africains, s’habiller n’est jamais neutre : c’est affirmer une identité, négocier une modernité, parfois résister. Certaines pièces évoquent les premières années post-coloniales, où la mode devient un outil de souveraineté culturelle. D’autres racontent les métropoles africaines contemporaines, de Lagos à Johannesburg, où les créateurs inventent de nouveaux récits visuels à partir de références multiples.

La photographie occupe une place centrale dans cette narration. Elle documente les scènes locales, les podiums improvisés, les studios de créateurs, mais aussi la manière dont les vêtements sont portés, détournés, revendiqués. Ces images rappellent que la mode africaine s’est longtemps développée hors des circuits occidentaux traditionnels, avant d’être reconnue par les grandes institutions et les marchés internationaux.

L’exposition insiste également sur les circulations transnationales. Beaucoup de designers africains travaillent entre plusieurs continents, brouillant les frontières entre local et global. Leurs créations interrogent les notions d’authenticité, de luxe et d’appartenance, tout en affirmant une voix singulière. À Montréal, ville marquée par la diversité culturelle, cette dimension résonne particulièrement.

Afrique Mode ne se contente pas de montrer des vêtements : elle propose une lecture critique de l’histoire de la mode. Elle invite le visiteur à reconsidérer les hiérarchies établies, à reconnaître l’influence décisive des créateurs africains sur les esthétiques contemporaines, et à comprendre la mode comme un champ de pensée autant que de création.

Accessible tout au long de la période du début janvier 2026, l’exposition s’impose comme l’un des rendez-vous culturels majeurs de l’hiver montréalais. Elle offre une immersion rare dans une scène en constante mutation, où le passé dialogue avec l’avenir.

Informations pratiques

Exposition : Afrique Mode
Lieu : Musée McCord Stewart, Montréal (Canada)
Dates : jusqu’au 1er février 2026
Accès : exposition ouverte au public, billets et horaires sur le site du musée
À savoir : visites guidées et événements associés ponctuellement programmés autour de la mode et des cultures africaines

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AFROSON1C X à Accra, la nouvelle scène ouest-africaine (10 janvier)

Le 10 janvier 2026, Accra accueille AFROSON1C X, un rendez-vous musical immersif mêlant concerts, showcases et rencontres professionnelles. Pensé comme une plateforme de découverte et de circulation des talents africains, l’événement confirme la place centrale du Ghana sur la carte musicale du continent.

Accra poursuit son affirmation comme capitale culturelle de l’Afrique de l’Ouest. Le 10 janvier 2026, la ville ghanéenne accueille AFROSON1C X, un événement qui se distingue par son format hybride, à la frontière du concert, du festival et du forum professionnel. Plus qu’une simple soirée musicale, AFROSON1C X se présente comme une expérience immersive pensée pour révéler la vitalité et la diversité des scènes africaines contemporaines.

Né comme une plateforme de repérage et de mise en réseau, AFROSON1C X s’est progressivement imposé comme un label culturel reconnu, avec des éditions et des apparitions dans plusieurs rendez-vous internationaux dédiés aux musiques actuelles. Son retour à Accra, au cœur de l’écosystème créatif ouest-africain, marque une étape stratégique. La capitale ghanéenne, déjà connue pour ses festivals et son dynamisme artistique, offre un terrain idéal à ce type de manifestation.

Le choix du Treehouse Restaurant, lieu à la fois convivial et ancré dans la scène culturelle locale, traduit la volonté des organisateurs de privilégier une proximité entre artistes, public et professionnels. Loin des grandes arènes impersonnelles, AFROSON1C X mise sur l’intensité de l’expérience et la circulation des échanges.

La programmation 2026 s’annonce résolument tournée vers l’Afrique de l’Ouest. En tête d’affiche, le duo nigérian The Cavemen, connu pour sa relecture contemporaine du highlife, incarne parfaitement l’esprit de l’événement : un dialogue constant entre héritage musical et écriture actuelle. Autour d’eux, une sélection d’artistes émergents et confirmés se succèdent en showcase, offrant un panorama des nouvelles esthétiques afro-urbaines, soul, alternative et traditionnelles revisitées.

Une plateforme multiple

AFROSON1C X ne se limite pas à la scène. L’un de ses objectifs centraux est de créer des ponts entre artistes africains et acteurs de l’industrie musicale mondiale. Labels, programmateurs, managers et médias sont invités à assister aux performances, mais aussi à participer à des moments d’échange plus formels. Cette dimension professionnelle fait de l’événement un véritable accélérateur de carrières, particulièrement pour les artistes émergents.

La présence de délégués internationaux confirme l’ambition du projet : inscrire la création africaine dans des réseaux de diffusion globaux, sans l’extraire de ses contextes culturels. AFROSON1C X défend ainsi une vision de la mondialisation musicale fondée sur l’équilibre, où les artistes africains ne sont pas des produits d’exportation, mais des acteurs à part entière de l’industrie.

Sur le plan artistique, le festival revendique un ancrage fort dans les cultures locales. Les performances font dialoguer langues, rythmes et références, rappelant que la modernité musicale africaine se construit autant à partir de la tradition que des influences contemporaines. Cette approche séduit un public jeune, urbain et connecté, mais aussi des auditeurs plus curieux, en quête de nouvelles propositions sonores.

En se tenant juste après la période très dense du début janvier, AFROSON1C X prolonge l’effervescence culturelle qui anime Accra à cette période de l’année. Il offre une transition naturelle entre les grandes célébrations populaires et un temps plus ciblé, dédié à la découverte et à l’écoute attentive. Pour la ville, l’événement contribue à renforcer son image de hub culturel régional ; pour les artistes, il représente une scène stratégique ; pour le public, une immersion dans ce que la musique africaine produit de plus vivant aujourd’hui.

AFROSON1C X s’impose ainsi comme un rendez-vous clé pour comprendre les mutations actuelles des musiques africaines, entre enracinement local et circulation mondiale.

Informations pratiques

Événement : AFROSON1C X
Date : 10 janvier 2026
Lieu : Treehouse Restaurant, Accra (Ghana)
Format : performances live, showcases d’artistes, rencontres professionnelles
Tête d’affiche : The Cavemen

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Les Indo-Pakistanais, un frein à la transition démocratique de Madagascar (2) https://mondafrique.com/economie/les-indo-pakistanais-un-poison-pour-lindependance-du-pats-volet-2/ https://mondafrique.com/economie/les-indo-pakistanais-un-poison-pour-lindependance-du-pats-volet-2/#respond Tue, 06 Jan 2026 01:07:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=143115 Madagascar compte en son sein une importante communauté d’origine indienne, que la population désigne par deux dénominations : « indo-pakistanais » ou « karana ».

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Les indo-Pakistanais, dont les parents ont été de simples auxiliaires au service de la colonisation, sont devenus aujourd’hui des acteurs indispensables de la vie économique et des leviers essentiels au sein de la classe politique malgache. Sur l’image ci dessus, on découvre Ylias Akbaraly, Hassanein Hiridjee et Hasnaine Yavarhoussen, trois hommes d’affaires malgaches d’origine indo-pakistanaise et qui sont cités parmi les plus grandes fortunes d’Afrique francophone par le très respectable magazine « Forbes ». L’influence de ces oligarques est telle que malgré le changement de régime, la gendarmerie malgache qui avait montré cet automne une brutalité particulière face aux manidestations du camp démocrate, a interpellé ces jours ci un jeune influenceur français Dylan Silva , qu avait mis en cause cette oligarchie indo pakistanaise et qui n’a pù sortir de détention que grâce à la mobilisation massive de ses amis sur place (GenZ, etc.)

Daniel Saine Roche

La puissance économique de la minorité indo-pakistanaise est désormais telle qu’elle peut étaler sans complexe ses influences politiques. Si jusqu’à une certaine époque, la neutralité était de règle au sein de la communauté, tout a changé avec le coup d’Etat sanglant de 2009 lors duquel des personnalités indo-pakistanaises ont agi directement sur la scène politique malgache. Selon la déclaration d’un des principaux auteurs du coup, le Colonel Charles Andrianasoavina (propos recueillis par Philippe Divay et publiés dans le Club de Mediapart en 2012 et 2013), des hommes d’affaires indiens ont apporté un financement substantiel au « double coup d’Etat commandité par Andry Rajoelina ». Ont été ainsi cités des quincaillers en la personne de MM Said et Galib, mais aussi des patrons de grandes entreprises comme Ylias Akbaraly du Groupe SIPROMAD et Amir Rajabali du Groupe Rajabali.

Par ailleurs, la saga de la crise énergétique a Madagascar constitue aussi une illustration de cette influence politique.  Fidèle Razarapiera, Vice-président de l’Assemblée nationale, clame que le problème auquel est confronté aujourd’hui la société nationale d’eau et électricité (Jirama) est dû à la dépendance de cette entreprise aux Groupes Filatex de  Hasnaine Yavarhoussen et à la Jovena de Hassanein Hiridjee.  Selon lui, ces deux entités ont pu mettre en place un réseau occulte permettant de protéger leurs intérêts, capable de dicter les décisions de la JIRAMA, de l’État malgache, et même de son partenaire international, la Banque mondiale.

Hassanein Hiridjee, propriétaire du groupe Axian et Jovena contrôle en effet l’énergie qui alimente la JIRAMA (le gazole, le fioul, le fioul lourd) tandis que Hasnaine Yavarhoussen (Filatex) contrôle la fourniture des groupes photovoltaïque et thermique, ainsi que la production énergétique, rendant l’État totalement dépendant de lui. La dépendance commence dès la phase de production, et s’étend sur les infrastructures logistiques, les stocks de carburant, les systèmes de maintenance. Et ce sont ces mêmes groupes qui bénéficient des marchés de construction, des garanties de paiement, et d’un cadre fiscal peu contraignant. Le contrôle étatique est difficile à mettre en œuvre car celui qui vend du carburant à l’État lui-même incapable de payer, qui construit ses centrales, qui impose ses clauses contractuelles, peut imposer sa propre règle du jeu. Dans cet optique, le vice-président de l’assemblée nationale affirme que Hassanein Hiridjee et Hasnaine Yavarhoussen ont des hommes de main dans l’administration malgache, au sein des Institutions, et dans les différents syndicats. Le nouveau Premier ministre est par exemple l’ancien Président d’une banque appartenant à la famille Hiridjee, et des ministres nouvellement nommés ont été avant leur nomination au gouvernement des cadres dirigeants d’entreprises locales du groupe Filatex de Yavarhoussen ou du Groupe Basan de la famille Barday.   

Un autre fait qui distingue la minorité indo-pakistanaise à Madagascar se trouve dans sa réputation d’ « accapareur » de terrains. Le placement immobilier effectué par cette communauté témoigne de son intelligence dans la pratique des affaires, quand bien même les méthodes utilisées suscitent l’animosité du public.  Ainsi, à Morondava (Sud-Ouest), 90% des maisons appartiennent à des indiens. A Majunga (Ouest), ils seraient en possession de près de 50% des immeubles en dur. A Diégo-Suarez (Nord), une bonne partie des locaux leur appartiendrait. Enfin à Tananarive, il est de notoriété publique que des groupes comme Filatex disposent d’un important patrimoine immobilier (200 000 m2 bâtis) accumulé au fil des ans. Amir Rajabali, président d’un autre groupe familial, est présenté par une certaine presse comme un « richissime industriel accapareur de terrains fonciers », bénéficiant de la « complicité des responsables fonciers dans l’acquisition douteuse et abusive de nombreux terrains ».

Une intégration sociale difficile 

Il existe un sentiment de méfiance réciproque entre la communauté indo-pakistanaise et les Malgaches. Le premier et principal motif de suspicion réside dans la domination économique d’une partie importante du groupe, qui compte parmi les principaux hommes d’affaires et investisseurs du pays. On dit que leur richesse et leur réussite suscitent jalousie et convoitise, et que le reproche principal qui leur est adressé, c’est leur « réussite dans les affaires ».  C’est dire que les indo-pakistanais constituent facilement des boucs émissaires qui cristallisent le mécontentement populaire, souvent sur l’instigation de politiciens populistes.

D’un autre côté, les observateurs même les moins avertis notent qu’il ne s’agit aucunement d’une jalousie gratuite, mais d’un ressentiment alimenté au fil des générations par un sentiment d’injustice. Dès le départ, la communauté indo-pakistanaise a été favorisée par les colons et l’administration française, puis par les différents régimes qui se sont succédés à Madagascar. Au sein de la population, il est très fréquent d’entendre que les Indiens sont fourbes, malhonnêtes, intolérants, fermés sur eux-mêmes, méprisants envers les Malgaches, et qu’ils s’enrichissent à leur détriment. Cette dernière assertion part de la simple constatation du fait que les Malgaches figurent parmi les trois populations les plus pauvres de la planète, alors que certains hommes d’affaires indo-pakistanais ayant démarré leurs activités depuis la Grande ile sont devenus parmi les hommes les plus riches d’Afrique francophone. 

Il est vrai que les indopakistanais ne sont pas responsables de la pauvreté des Malgaches. Mais on ne peut pas nier qu’ils ont toujours mis à profit l’existence de dysfonctionnement et de mauvaise gouvernance politique pour s’enrichir encore plus grâce à de multiples subterfuges : corruption étatique, alimentation du circuit des économies informelles pour pouvoir effectuer des évasions fiscales, etc…Il est a noter que plusieurs noms indo-pakistanais très connus ont été cités dans le scandale du « panama papers ».

Quel futur pour la communauté indopakistanaise ?

En définitive, le principal frein à l’intégration sociale de la communauté indo-pakistanaise tient à son attachement au particularisme dans un contexte où même la construction d’un Etat-nation malgache n’est pas en elle-même achevée.  La Constitution garantit pour les citoyens malgaches un traitement égal sans considération de races ni de religions. En théorie, les « Karana » de nationalité malgache ne devraient donc rencontrer aucun problème. Mais il ne faut pas passer sous silence le fait que la politique de l’Etat en matière de minorités consiste à « sauvegarder la substance nationale ». Cette politique a amené l’Etat à porter un coup d’arrêt aux immigrations nouvelles, et à restreindre l’attribution de la nationalité malgache. Cette politique de restriction favorise l’apatridie au sein de la Communauté indo-pakistanaise.

Les plus riches Karana sont de nationalité française, ou au moins ont la double nationalité franco-malgache. A leur égard, la question se pose de savoir si l’atmosphère délétère qui prévaut à Madagascar ne les acculerait pas à terme à partir. Ils suivraient en cela l’exemple de nombreux Indiens qui ont en 1973 et 1975 plié bagages pour des horizons plus propices à leurs affaires comme La Réunion, l’ile Maurice, la France ou le Canada. D’autre part, les riches familles qui ont envoyé leurs enfants étudier en Europe ou ailleurs sont déçus par le fait que de nombreux jeunes ont pour la plupart épousé des étrangers et n’envisagent plus de retourner à Madagascar. Cette situation justifie l’angoisse des parents qui risquent ainsi de finir leurs jours sans héritiers.

D’autres membres de la communauté ont d’ores et déjà adopté une position intermédiaire, avec la psychose du kidnapping qui a envahi les riches hommes d’affaires indo-pakistanais ces dernières années. Ils dirigent leurs entreprises depuis l’extérieur, comme Sameer Rajabali du groupe éponyme (BTP, immobilier, hôtellerie) installé à Maurice ou Mathias Ismaïl et Gauthier Ismaïl du groupe Socota (textile, crevettes, immobilier) qui résident respectivement à Paris et à Maurice. Il en est de même des deux enfants d’Iqbal Rahim, le président fondateur de Galana (produits pétroliers), Rizwan Rahim et sa sœur Naila Shirazee née Rahim, qui vivent, comme leur père, à Dubaï.

On peut aussi s’attendre à des transferts de l’actif de leurs patrimoines à l’étranger. L’internalisation des activités de ces groupes constitue une prémisse a ce mouvement. C’est ainsi que nombre de ces entreprises sont tournées vers l’Europe ou les Etats-Unis pour leurs ventes (cas de la vanille de Trimeta ou les haricots verts de Basan), la recherche de partenaires ou l’importation de biens d’équipements (le groupe Rajabali en France). Certains sont devenus des multinationales qui ont essaimé à l’étranger, tel Axian qui est aujourd’hui présent dans les secteurs des télécoms, de l’énergie, de l’immobilier et des services financiers en Tanzanie, au Togo, au Sénégal, en Zambie. De même pour Filatex qui se positionne sur des pays comme le Ghana, la Guinée et la Cote -d’Ivoire depuis 2020. La société Galana est bien arrimée à Maurice, au Mozambique, en Afrique du Sud, et au Kenya, tandis que Socota de la famille Ismail développent leurs activités immobilières   à Maurice, et la branche « produits de la mer » en France, Ou encore Ylias Akbaraly, avec sa holding Redland, qui est présent dans de nombreux pays dont les États-Unis, la France, en Inde et au Moyen-Orient.

La véritable problématique invoquée par la faiblesse de l’intégration sociale de la communauté indo-pakistanaise se pose donc d’une façon plus cruciale pour les apatrides et les membres dont les conditions sociales sont moyennes, et qui ne peuvent envisager un avenir autre qu’à Madagascar.  Un mouvement à double sens est souhaitable pour parvenir à des relations saines et apaisées : d’une part, l’évolution des mentalités des Malgaches qui doivent désormais appréhender le concept de la « malgachitude » dans une acception plus large, non limitée aux seuls éléments austronésiens et africains qui ont caractérisé jusqu’ici la « substance nationale » malgache.  D’autre part est requis de la part de la minorité indopakistanaise un effort vers une volonté d’assimilation, a l’instar de la minorité d’origine chinoise a qui le Malgache confère sans problème la qualité de « sinoa gasy » (chinois-malgache)

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Une belle année à nos chers lecteurs de Mondafrique ! https://mondafrique.com/limage-du-jour/une-belle-annee-a-nos-chers-lecteurs-de-mondafrique/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/une-belle-annee-a-nos-chers-lecteurs-de-mondafrique/#respond Mon, 05 Jan 2026 22:20:15 +0000 https://mondafrique.com/?p=144683 Cet article Une belle année à nos chers lecteurs de Mondafrique ! est apparu en premier sur Mondafrique.

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La minorité indo-pakistanaise domine la vie économique de Madagascar (volet 1) https://mondafrique.com/a-la-une/la-minorite-indo-pakistanaise-domine-la-vie-economique-de-madagascar-volet-1/ https://mondafrique.com/a-la-une/la-minorite-indo-pakistanaise-domine-la-vie-economique-de-madagascar-volet-1/#respond Mon, 05 Jan 2026 19:52:53 +0000 https://mondafrique.com/?p=143112 Madagascar compte en son sein une importante communauté d’origine indienne, que la population désigne par deux dénominations : « indo-pakistanais » ou « karana ».

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Madagascar compte en son sein une importante communauté d’origine indienne, que la population désigne par deux dénominations : « indo-pakistanais » ou « karana ». Bien qu’assez peu nombreux, les Indopakistanais exercent une immense influence au sein de la société malgache grâce au rôle dominant qu’ils jouent dans la vie économique du pays.  Leur situation se trouve d’autant plus confortée que les Malgaches ont une faible tradition d’entreprise et une capacité d’organisation peu développée. L’histoire de l’implantation de cette minorité nous aidera à comprendre la mauvaise réputation qu’is ont dans la population.

Daniel Sainte Roche

Dans un classement du magazine Forbes de 2015, sur les quatre plus grosses fortunes professionnelles malgaches figurant parmi les 25 plus importantes en Afrique, trois sont indiennes. Le seul Axian par exemple pèse 2,75 milliards USD de chiffre d’affaires total pour l’exercice clos en 2024, a investi 1 milliard de dollars US dans les opérations, et a généré 1,87 milliard USD de PIB.   

Les relations des indo-pakistanais avec la population ne dépassent guère les relations professionnelles : la communauté indo-pakistanaise forme un groupe impénétrable et fortement individualisé, réfractaire à toute forme d’assimilation.

La population semble observer vis à vis de cette composante de la société une attitude méfiante, et cela en dépit des efforts des dirigeants successifs du pays qui ont opté le plus souvent pour une politique conciliante. Ainsi, au lendemain de l’indépendance, un responsable du gouvernement a déclaré, le 17 avril 1964 lors de l’inauguration de la première réunion de l’association Indo-Malgache : « Се pays est le vôtre. Ne craignez ni d’investir, ni de créer des industries. Mais dites à vos compatriotes de ne pas se livrer à des commerces usuraires. » La recommandation du ministre fait référence à l’une des pratiques illicites dont sont coutumiers les commerçants indo-pakistanais, et qui les présente aux yeux de la population comme des capitalistes sans éthique.

L’immigration Indienne à Madagascar

Les commerçants indiens sont venus à Madagascar depuis une époque très reculée, les moussons permettant aux boutres de la côte de Malabar d’atteindre l’Afrique orientale. Cette immigration individuelle et spontanée s’étend du 8 au 19ème siècle, et peut être mis d’une part sur le compte d’un goût prononcé pour l’aventure et d’autre part par l’expansion de la religion islamique (la plupart des Indiens de Madagascar pratiquent cette religion). De plus, l`a Côte de Malabar a joué un rôle de premier plan dans le commerce de l’Océan Indien et en 1873, un voyageur britannique notait déjà qu’à travers tout le circuit de Zanzibar au Mozambique, de Madagascar au Cap de Gardafui, la quasi-totalité des commerçants étaient des Indiens. Etablis dans un premier temps dans l’Ocean indien ou sur la côte est africaine, certains de ces commerçants se sont finalement installés à Majunga, Nosy-Be, Diego-Suarez, Mahajanga, et Ambanja et travaillaient comme intermédiaires entre les Mascareignes (La Réunion, Maurice), l’ Inde, Mascate (capitale portuaire du sultanat d’Oman), et la Grande ile.

La dernière étape qui a couronné l’immigration indienne commence au début du XXe siècle quand Galliéni, gouverneur général de l’époque a recruté près de 100 travailleurs de Pondichéry pour effectuer les travaux de terrassement des chemins de fer de la ligne Tananarive Côte Est.

Bien que l’immigration ait été stoppée très tôt, la communauté indienne de Madagascar s’est développée par l’excédent de ses naissances sur ses décès. Actuellement, la minorité Indo-Pakistanaise de Madagascar compterait près de 20.000 membres (en l’absence de statistiques officielles). La quasi-totalité de ces indiens sont nés dans la grande ile et ne connaissent pas l’Inde. Quoi qu’il en soit, ils continuent d’adopter leur us et coutumes et professent toujours la religion de leurs ancêtres. C’est ainsi que l’on rencontre à Madagascar deux principales communautés indiennes, l’une hindoue et l’autre musulmane (subdivisée elle-même en quatre sectes Khodja, Bohra, Ismaéliens et Sounis).

Première puissance économique à Madagascar

 Bien que l’installation des colonies marchandes indiennes dans l’Océan Indien remonte à une époque très ancienne, elle ne connut un véritable essor que pendant la période coloniale. A l’arrivée des cоlonisateurs français, ces commerçants étaient déjà fort bien implantés. Ils accueillirent d’ailleurs fort bien la colonisation qui les favorisait En effet, à la différence des courtiers européens, ils parvenaient à ratisser la brousse. Parlant les dialectes locaux, ils se procuraient des produits spéculatifs qu’ils revendaient à des prix onéreux aux grandes compagnies. Des privilèges ont été octroyés aux commerçants indiens par l’administration coloniale, sous forme de facilitation de la délivrance d’autorisations, ou d’exemption au travail forcé auquel était assujetti les autochtones. Ils ont été explicitement favorisés pour affaiblir les élites et les réseaux marchands malgaches, et ont acquis de ce fait une position d’intermédiaire commercial solide (négociants, collecteurs…).  

 Les commerçants indo-pakistanais ont connu par la suite un enrichissement rapide, et sont même parvenus à supplanter les Européens dans le grand commerce. Il faut noter au passage que leurs fortunes se sont considérablement accrues grâce à la manipulation du marché noir pendant la deuxième guerre mondiale.

Dès les premières années de l’indépendance, de nombreuses critiques furent formulées à l’endroit de la minorité Indo- Pakistanaise qui se démarquait sensiblement de la majorité des Malgaches par son opulence. Cet état de fait amena les Indiens à amorcer une tentative de reconversion dans des secteurs considérés comme beaucoup plus productifs pour la collectivité et à progressivement s’implanter dans le secteur industriel, sans pour autant abandonner leurs activités traditionnelles dans la quincaillerie, le textile, la bijouterie.

Une grande capacite d’organisation

Le succès de la minorité indo-pakistanaise peut être expliqué par l’efficacité de leurs méthodes de commerce et de leurs organisations commerciales. Si la génération actuelle d’Indo-Pakistanaise pense que la règle d’or dans la pratique commerciale reste l’honnêteté, I ‘histoire de l’ère coloniale nous a enseigné que cette minorité s’est enrichie sur le dos des Malgaches, lesquels ont fait l’objet d’une véritable exploitation. En effet, il est ancré dans l’imagerie populaire que dans les tractations commerciales, les commerçants indo-pakistanais ne manquaient pas de frauder sur le prix, la qualité ou la quantité des marchandises.

Toutes sortes d’exactions étaient effectuées, el le troc lésionnaire réalisé au détriment des paysans dans les zones rurales. Chaque période de crise fut mise à profit par ces commerçants pour organiser et manipuler le marché noir. Ces comportements anti-économiques ont suscité des réactions très vives de la part des Malgaches.

Il faut cependant reconnaitre que les Indiens de Madagascar doivent leur réussite économique a des qualités qui sont spécifiques aux minorités ethniques étrangères établies dans un pays africain, tels les Libanais en Afrique de l’Ouest. Une solidarité communautaire très forte, alliée a un sens des affaires aiguisé au fil des générations et appuyée par des connexions familiales étendues à de nombreux pays leur conférent un atout non négligeable. C’est dans ce contexte que fut créé vers les années 50 la première industrie « Karana », une entreprise de confection et une usine de fabrication de bougies. Ces firmes furent suivies par une multitude de sociétés, axant dans un premier temps leurs activités dans l’industrie textile et la confection pour s’étendre ensuite dans tous les secteurs. Le résultat en est que les firmes indo-pakistanaises constituent actuellement l’essentiel du secteur industriel de Madagascar, d’autant plus qu’elles ont pris en main les entreprises abandonnées par les Européens.

Des solidarités communautaires

L’efficacité de l’organisation des Karana repose surtout sur la solidarité qui existe au sein de cette communauté. Leurs activités professionnelles forment une pyramide ayant à son sommet les diverses entreprises industrielles qui sont en relation directe avec les établissements de gros et de demi-gros. Ces derniers font fonction de distributeurs pour les nombreux magasins de détail dirigés par ies Indo-Pakistanais. Et comme il est fréquent que les membres d’une même famille exercent des activités très diverses, les problèmes de débouchés pour les produits ne se posent jamais. A l’attention de certains de  leurs membres dont l’envergure est assez modeste, la solidarité des Indo-Pakistanais se traduit par le recours à une véritable banque occulte, à laquelle peuvent recourir ceux qui ne peuvent obtenir entière satisfaction auprès des institutions financières locales. Cette possibilité de recourir à des sources de financement « souples » procurent a la minorité indo-pakistanaise un avantage sur leurs concurrents malgaches.

90 % des exploitations Indo-Pakistanaises sont des affaires individuelles. Il s’agit généralement de magasins tenus par le chef de famille, assisté de quelques employés malgaches ou des membres de la famille. Mais ce sont les grands groupes à succursales multiples qui défrayent le plus souvent les chroniques. Ces sociétés ont à leurs têtes des cadres émoulus des grandes écoles européennes et américaines. Il est fréquent que les actions sociales soient réparties entre les différents membres d’une même famille. Il en est ainsi de la multinationale Axian dirigée par Hassanein Hiridjee, un ancien de l’École supérieure de commerce de Paris. Au plus haut sommet du groupe trônent les progénitures des 3 frères Hiridjee Bashir, Raza-Aly et Rosanaly. La direction des différentes sociétés du groupe est confiée à des hauts-cadres internationaux, où les cadres malgaches brillent par leur absence :  sur une quinzaine de hauts-dirigeants d’Axian, ne figure qu’un employé malgache, au rang de simple « chef des ressources humaines ».  Le même schéma se retrouve dans les autres grands groupes indo-pakistanais, pour ne citer que les plus célèbres :  Filatex, avec Hasnaine Yavarhoussen et son père Abdoulrassoul Yavarhoussen ; le Groupe Basan avec la famille Barday ; le groupe Redland avec la Famille Akbaraly ; le groupe SOCOTA avec la famille Ismail…

Les Indo-Pakistanais, un poison pour l’indépendance de Madagascar (volet 2)

La Russie de Poutine en embuscade à Madagascar

 

 

 

 

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La reconnaissance du Somaliland par Israël: un cadeau empoisonné ? https://mondafrique.com/international/la-reconnaissance-du-somaliland-par-israel-un-cadeau-empoisonne/ https://mondafrique.com/international/la-reconnaissance-du-somaliland-par-israel-un-cadeau-empoisonne/#respond Mon, 05 Jan 2026 13:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=144724 Israël vient de devenir le premier pays à reconnaître l’indépendance du Somaliland, plus de trente ans après que celui-ci se soit de facto totalement détaché de la Somalie. À travers cette décision, Tel-Aviv cherche à obtenir une place forte sur la très stratégique mer Rouge, à faire pencher en sa faveur les équilibres géopolitiques régionaux […]

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Israël vient de devenir le premier pays à reconnaître l’indépendance du Somaliland, plus de trente ans après que celui-ci se soit de facto totalement détaché de la Somalie. À travers cette décision, Tel-Aviv cherche à obtenir une place forte sur la très stratégique mer Rouge, à faire pencher en sa faveur les équilibres géopolitiques régionaux et, possiblement, à expulser vers ce territoire de la Corne de l’Afrique de nombreux Palestiniens. Le Somaliland se réjouit de cette première reconnaissance internationale, mais est-il vraiment positif pour lui de se retrouver ainsi l’obligé d’Israël ? Cette analyse pertinente, publiée par nos excellents confrères de The Conversation, éclaire les enjeux réels de cette reconnaissance.

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Le 26 décembre dernier, Israël a surpris le monde entier en reconnaissant officiellement l’indépendance du Somaliland. Quelles sont les motivations de cette annonce inattendue, et quelles conséquences peut-elle avoir ?

Une anomalie diplomatique

L’État du Somaliland, formé en 1991, est indépendant à tous points de vue, mais Israël est le premier État souverain à le reconnaître. Pour tous les autres pays et les organisations internationales, le Somaliland (4,5 millions d’habitants) reste sous le contrôle de l’État somalien, duquel il a fait sécession après avoir subi une guerre aux allures de génocide à la fin des années 1980.

Aujourd’hui, l’État fédéral somalien est en proie aux attentats commis par les organisations Al-Chabaab et État islamique, connaît un niveau de violence élevé et un degré de corruption à battre tous les records.

En comparaison, le Somaliland est un havre de paix démocratique et stable, qui jouit de sa propre Constitution, d’un système politique et électoral qui fonctionne plutôt bien, de sa propre monnaie et de sa propre armée.

Billets de 500, 1 000 et 5 000 shillings du Somaliland. La monnaie a été introduite en 1994, trois ans après la proclamation d’indépéndance. Somalilandstandard.com

Le président Abdirahman Irro avait certainement besoin de cette bonne nouvelle. Après sa victoire le 13 novembre 2024, son gouvernement s’est enlisé dans des conflits claniques et a fait peu de progrès sur les fronts critiques de l’emploi des jeunes, de la croissance économique et de la lutte contre l’inflation. Après l’annonce israélienne, des foules en liesse sont descendues dans les rues de Hargeisa, la capitale du Somaliland.

Billets de 500, 1 000 et 5 000 shillings du Somaliland. La monnaie a été introduite en 1994, trois ans après la proclamation d’indépéndance. Somalilandstandard.com

Qu’apporterait une large reconnaissance internationale aux Somalilandais, à part la fierté ? L’acceptation de leurs passeports et l’intégration dans les systèmes bancaires internationaux, ce qui facilitera le commerce, ainsi que la liberté pour le gouvernement d’emprunter de l’argent aux organisations financières internationales afin de financer le développement.

Mais on n’en est pas là. Le président Trump n’a pas donné suite à l’initiative israélienne. « Qui sait ce que c’est, le Somaliland ? » a-t-il demandé.

Cependant, on sait que les États-Unis ont récemment visité les côtes du Somaliland pour étudier la possibilité de l’implantation d’une base militaire.

Une ligne de fracture géopolitique

Les vives réactions de l’Union africaine, de l’Égypte, de la Turquie et de maints autres membres de l’Organisation de la coopération islamique, qui ont tous affirmé leur attachement à l’intangibilité des frontières de la Somalie, dessinent une ligne de fracture géopolitique qui risque de s’aggraver dans un proche avenir. De l’autre côté, les pays qui estiment que l’indépendance du Somaliland serait dans leur intérêt – les Émirats arabes unis, l’Éthiopie et le Kenya – gardent le silence. Le ralliement à ce camp d’Israël – et potentiellement, un jour, des États-Unis – lui donne cependant beaucoup plus de poids.


Carte du Somaliland dans son environnement régional immédiat. Rainer Lesniewski/Shutterstock

Officiellement, Israël n’a donné aucune explication spécifique justifiant cette reconnaissance. Mais la plupart des analystes s’accordent à dire que la sécurité des lignes maritimes menant, par la mer Rouge, au port israélien d’Eilat et au canal de Suez en est la raison principale. Les côtes du Somaliland, en face du Yémen et proches du détroit de Bab el-Mandab, offriraient à l’État hébreu une plate-forme pour prendre en tenaille le Yémen des Houthis et déjouer l’influence régionale turque.

Un deuxième intérêt moins cité est le désir israélien de trouver un pays qui accueillerait les Palestiniens que le gouvernement Nétanyahou cherche à expulser. Plus tôt cette année, les efforts israéliens et américains visant à négocier un accueil des Palestiniens dans divers pays, y compris au Somaliland, ont fait couler beaucoup d’encre. Bien qu’un tel scénario paraisse à ce stade hautement invraisemblable, l’État somalilandais pourrait y trouver son avantage, si cela impliquait une reconnaissance internationale plus vaste et d’importants transferts de fonds.

Rappelons à cet égard que l’exode de centaines de milliers de Palestiniens vers le Koweït et d’autres pays du Golfe après l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza en 1967 contribua fortement au développement économique de ces pays. Mais les conditions étaient différentes. La main-d’œuvre palestinienne, éduquée et professionnelle, tombait à pic pour ces pays riches en pétrole mais manquant de ressources humaines, et par ailleurs arabophones. Au Somaliland, où 70 % des jeunes ne trouvent pas d’emploi, les Palestiniens auraient beaucoup plus de mal à s’intégrer.

Un troisième intérêt pourrait être de bouleverser un ordre régional globalement hostile à Israël. La reconnaissance du Somaliland, surtout si les Émirats, l’Éthiopie et les États-Unis venaient à emboîter le pas à Israël, sème le trouble parmi les rivaux de Tel-Aviv : l’Iran et le Yémen des Houthis, la Turquie et le Qatar (sponsors principaux de l’État fédéral somalien), ainsi que l’Égypte, alliée du Soudan, de l’Érythrée et de Djibouti pour isoler le rival éthiopien.

Un cadeau empoisonné ?

Cette reconnaissance surprise semble un pari risqué mais pourrait rebattre les cartes en faveur d’Israël. Un facteur clé est la légitimité domestique et la stabilité du gouvernement somalilandais, qui en fait un meilleur allié que le gouvernement de la Somalie fédérale.

À court terme, l’annonce semble jouer en faveur du président Irro et du légitime désir de reconnaissance du peuple somalilandais. Mais rentrer ainsi dans le camp israélien pourrait s’avérer, à moyen terme, un cadeau empoisonné. Les islamistes d’Al-Chabaab ont laissé le Somaliland tranquille depuis 2008 mais, de même que l’immense majorité des quelque 12 millions de citoyens de l’État fédéral, ils voient d’un très mauvais œil ce qui relève à leurs yeux d’une trahison à la fois de la cause palestinienne et de l’unité du peuple somalien. À suivre…

 

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Vodun Days à Ouidah, au cœur du vodun béninois (8-10 janvier) https://mondafrique.com/loisirs-culture/vodun-days-a-ouidah-au-coeur-du-vodun-beninois-8-10-janvier/ https://mondafrique.com/loisirs-culture/vodun-days-a-ouidah-au-coeur-du-vodun-beninois-8-10-janvier/#respond Mon, 05 Jan 2026 06:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=144739 À Ouidah, du 8 au 10 janvier 2026, les Vodun Days célèbrent une spiritualité vivante et un patrimoine culturel majeur du Bénin. Rituels, arts et musique s’y conjuguent pour redonner au vodun sa profondeur historique et symbolique. Rejoignez la nouvelle chaine Whatsapp de Mondafrique Chaque mois de janvier, la ville côtière d’Ouidah devient l’épicentre d’un […]

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À Ouidah, du 8 au 10 janvier 2026, les Vodun Days célèbrent une spiritualité vivante et un patrimoine culturel majeur du Bénin. Rituels, arts et musique s’y conjuguent pour redonner au vodun sa profondeur historique et symbolique.

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Chaque mois de janvier, la ville côtière d’Ouidah devient l’épicentre d’un rendez-vous singulier où spiritualité, création artistique et mémoire collective se rencontrent. Les Vodun Days, organisés du 8 au 10 janvier 2026, s’inscrivent dans une dynamique de réappropriation culturelle visant à montrer le vodun tel qu’il est pratiqué au Bénin : une tradition complexe, structurée et profondément ancrée dans la vie sociale.

Souvent réduit, dans l’imaginaire occidental, à une caricature exotique ou inquiétante, le vodun est pourtant l’un des systèmes spirituels les plus anciens et les plus élaborés d’Afrique de l’Ouest. Reconnu officiellement par l’État béninois depuis 1996, il repose sur une relation étroite entre les humains, les forces de la nature et les ancêtres. Les Vodun Days ont précisément été pensés pour restituer cette richesse, loin des clichés, en donnant à voir la diversité de ses expressions rituelles, artistiques et philosophiques.

Le choix d’Ouidah n’est pas anodin. Ancien port négrier, la ville occupe une place centrale dans l’histoire atlantique et dans la diffusion du vodun vers les Amériques, où il a donné naissance à d’autres formes religieuses et culturelles. Ouidah demeure aujourd’hui l’un de ses hauts lieux, avec des sites emblématiques comme la forêt sacrée de Kpassè ou le Temple des Pythons. Pendant les Vodun Days, ces espaces deviennent des scènes vivantes, traversées par les processions, les danses et les cérémonies.

Au fil des trois journées, la ville se transforme en un vaste théâtre à ciel ouvert. Des sorties rituelles se déploient sur les grandes places et les esplanades, mêlant chants, percussions et danses codifiées. Les figures spectaculaires d’Egungun ou de Zangbeto, aux costumes monumentaux, incarnent à la fois la présence des ancêtres et la puissance symbolique de la communauté. Ces manifestations, ouvertes au public, s’inscrivent dans un cadre précis où le sacré n’est jamais dissocié du collectif.

Rituels, arts et scène contemporaine

Les Vodun Days ne se limitent pas aux cérémonies religieuses. Le festival affirme aussi une ambition artistique forte, en proposant des concerts, des performances et des créations contemporaines inspirées du vodun. Des artistes béninois et internationaux investissent les scènes en plein air, croisant musiques traditionnelles, afro-pop et formes actuelles. Cette programmation contribue à inscrire le vodun dans le présent, comme une source toujours active de création.

Un village festif accueille également artisans, associations culturelles et stands de transmission des savoirs. On y découvre objets rituels, textiles, sculptures et récits liés aux divinités et aux lignées spirituelles. L’enjeu est autant pédagogique que culturel : permettre aux visiteurs, béninois comme étrangers, de comprendre les principes du vodun, ses règles, ses interdits et son rôle dans l’organisation sociale.

Moment central du festival, la grande cérémonie vodun rassemble prêtres, fidèles et dignitaires venus de différentes régions. Elle donne à voir la dimension profondément collective de cette spiritualité, fondée sur l’équilibre entre les forces visibles et invisibles. À la différence d’un spectacle, il s’agit d’un temps rituel authentique, auquel le public est convié dans le respect des pratiques.

Les Vodun Days s’inscrivent enfin dans le prolongement de la Fête du Vodoun, célébrée chaque 10 janvier et jour férié national au Bénin. Ensemble, ces événements participent à une politique culturelle plus large, visant à faire du patrimoine immatériel un levier de reconnaissance internationale et de développement local.

Informations pratiques

Dates : du 8 au 10 janvier 2026
Lieu : Ouidah, Bénin (places publiques, sites sacrés et scènes en plein air)
Accès : manifestations majoritairement ouvertes au public

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Le New York Times révèle l’exil doré des al-Assad à Moscou https://mondafrique.com/moyen-orient/le-new-york-times-a-retrouve-la-trace-des-al-assad-a-moscou/ https://mondafrique.com/moyen-orient/le-new-york-times-a-retrouve-la-trace-des-al-assad-a-moscou/#respond Mon, 05 Jan 2026 05:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=144708 Un an après la chute de leur régime, l’ancien dictateur syrien Bachar al-Assad et son frère Maher coulent des jours paisibles dans le confort d’hôtels et de résidences de luxe de la capitale russe. Tout en ayant laissé tomber certaines de leurs « petites mains » loyales qui les ont longtemps servi… Le Proche-Orient et la presse […]

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Un an après la chute de leur régime, l’ancien dictateur syrien Bachar al-Assad et son frère Maher coulent des jours paisibles dans le confort d’hôtels et de résidences de luxe de la capitale russe. Tout en ayant laissé tomber certaines de leurs « petites mains » loyales qui les ont longtemps servi…

Le Proche-Orient et la presse anglophone, par Bruno Philip

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La scène se passe à Moscou, l’année dernière, quelques semaines après la chute du régime de Bachar al Assad et de sa fuite, le 8 décembre 2024 : installé à une table du restaurant de luxe « Sixty », situé au 62 ème étage d’un gratte-ciel de Moscou, un Syrien expatrié de longue date dans la capitale russe est abordé par un serveur : « Ne prenez pas de photos de la salle ce soir », lui intime-t-on poliment, mais fermement. Le Syrien, que le New York Times a récemment rencontré, comprend rapidement la raison de cette curieuse injonction : à quelques mètres de lui, assis à une table du restaurant, l’ancien tyran de Syrie, Bachar al-Assad, est en train de dîner tranquillement. 

L’interlocuteur du « NYT », qui a témoigné en demandant que son identité soit protégée, n’a pas donné de précisions à propos des autres convives présents à ces agapes : peut-être l’épouse du dictateur déchu, Asma, soignée pour une grave leucémie ? ou son frère Maher, que des photos publiées dans le quotidien new yorkais montrent en train de lire dans un bar à hookah très chic du centre de Moscou …? 

Le New York Times avait publié à l’automne dernier une enquête impressionnante dont nous avions fait le compte rendu dans une revue de presse, le 29 octobre : les fins limiers du « Times » avaient réussi à reconstituer les circonstances de la fuite de nombreux sbires du régime et aussi celle de Bachar et de ses proches. L’article avait même indiqué les lieux confirmés ou probables de l’exil de ces hauts responsables civils et militaires du régime déchu. Souvent, c’était la Russie, parfois le Liban et, dans quelques cas très rares, la Syrie !

Dans le « papier » consacré à la vie de Bachar et Maher à Moscou, le journal explique être parvenu à pister ces derniers grâce à des témoignages de connaissances de l’ancienne famille « régnante » et aussi par le biais de réseaux sociaux « difficiles à tracer ». Les reporters du New York Times ont ainsi « pu entrevoir la vie de luxe et d’impunité » que vivent l’ancien dictateur et sa famille. 

Voici comment a été reconstitué les premiers moments de la nouvelle existence de ces exilés de haut vol dont la fortune leur avaient précédemment permis d’acquérir propriétés et appartements à Moscou : « Sous étroite surveillance des services de sécurité russes », écrit le « NYT », « ils ont d’abord séjourné dans des appartements luxueux gérés par l’hôtel Four Seasons, dont le prix peut atteindre 13 000 dollars la semaine. De là, le président déchu et sa famille ont emménagé dans un penthouse en duplex de la Federation Tower, le même gratte-ciel où se trouve le restaurant « Sixty.” Plus tard, M. al-Assad a été transféré dans une villa située dans la banlieue isolée de Rublyovka, à l’ouest de Moscou ». 

Exil doré, silence imposé 

Les « invités » du président Vladimir Poutine, la Russie ayant été de longue date l’un des précieux alliés du régime syrien, vivent certes sous la « protection » des agents de sécurité russe mais cette vigilance est néanmoins assortie d’un certain nombre de restrictions. Aucun des membres de la famille al-Assad n’est autorisé à s’exprimer et leur parole est contrôlée : quand Hafez, le fils de Bachar, âgé de 24 ans (il étudie à Moscou) osa « poster « un texte sur l’arrivée de son père en Russie et, plus tard, une vidéo de lui en train de marcher dans les rues de la capitale russe, le « post » en question fut prestement retiré. Le fils de l’ex président n’a plus rien publié depuis sur les réseaux sociaux…

Quant à Maher al-Assad, chef de la 4ème division blindée de l’armée du régime, qui est accusé de crimes contre l’humanité pour avoir ordonné en 2013 l’attaque chimique de la Ghouta, près de Damas, des sources du NYT indiquent l’avoir vu entrer dans une résidence luxueuse d’un quartier huppé de la « city » moscovite. Le frère de Bachar est également soupçonné d’avoir été à la tête d’un réseau de trafic de captagon, une amphétamine très puissante, qui aurait pu rapporter à Maher et ses complices des « milliards de dollars »

Les al-Assad disposent donc d’une fortune considérable, ce qui explique leur train de vie : en fin d’année dernière, Bachar a organisé une grande fête dans une villa de Moscou pour célébrer le 22ème anniversaire de sa fille Zein ; quant à la fille de Maher, Sham, elle aussi âgée de 22 ans, elle vient de les fêter dans un restaurant français étoilé de Dubaï, dîner qui s’est conclu sur un yacht privé dans la baie de l’émirat. 

Luxe et impunité 

Mais la fortune, c’est bien connu, n’empêche pas la mesquinerie : le serviteur personnel de Bachar a été sans façon remercié par son ancien patron peu après leur arrivée en commun à Moscou. Les journalistes du New York Times ont retrouvé un collègue de cet homme qui leur a raconté que le majordome de Bachar avait dû fuir Damas si précipitamment qu’il n’avait même pas eu le temps d’emporter des affaires de rechange. Logé pour la nuit au « 4 Seasons », dans une suite située non loin de son ex « boss », il eut, le lendemain, la désagréable surprise de recevoir une note si « salée » qu’il ne pouvait la payer. Il décrocha alors son téléphone pour demander de l’aide à Bachar. Qui ne lui répondit jamais. 

Aux dernières nouvelles, l’homme est parvenu à revenir en Syrie où il vit caché dans un village alaouite, en montagne, espérant qu’il ne sera pas un jour repéré par des hommes du nouveau pouvoir de l’ancien djihadiste Ahmed al-Charaa. Réaction au « Times » du collègue de l’ex serviteur de Bachar, cet homme qui lui portait les valises et lui ouvrait les portes : « Bachar vit normalement sa vie, comme si de rien n’était ; il nous humiliait quand il était à Damas et il nous a trahi quand il est parti ». 

 

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Le président vénézuélien Nicolas Maduro enlevé par Donald Trump https://mondafrique.com/decryptage/le-president-venezuelien-nicolas-maduro-enleve-par-donald-trump/ https://mondafrique.com/decryptage/le-president-venezuelien-nicolas-maduro-enleve-par-donald-trump/#respond Sun, 04 Jan 2026 08:50:02 +0000 https://mondafrique.com/?p=144704 Le flou règne sur l’avenir du Venezuela après la capture de son président par les États-Unis. Plusieurs voies sont envisageables, du maintien en place du régime chaviste à une prise de contrôle du pouvoir par Washington. Voici les extraits parus chez nos confrères de « The Conversation » Robert Muggah Richard von Weizsäcker Fellow na Bosch Academy […]

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Le flou règne sur l’avenir du Venezuela après la capture de son président par les États-Unis. Plusieurs voies sont envisageables, du maintien en place du régime chaviste à une prise de contrôle du pouvoir par Washington. Voici les extraits parus chez nos confrères de « The Conversation »

L’opération militaire menée par les États-Unis à l’aube du 3 janvier, qui a permis de capturer Nicolas Maduro et son épouse puis de les emmener à New York, où ils ont été incarcérés, marque un tournant pour le continent américain. Après plusieurs mois de menaces d’intervention militaire et de renforcement constant des forces armées états-uniennes dans la région, ces dernières ont destitué un président étranger à l’issue d’une opération qui a duré un peu plus de deux heures.

Que ce soit sous le prétexte de la lutte contre le trafic de drogue ou au nom d’un changement de régime, le message est clair : les États-Unis sont prêts à agir de manière unilatérale, par la force et, au besoin, de façon illégale. Les répercussions seront vastes pour le Venezuela, bien sûr, mais aussi pour l’ensemble de l’Amérique latine.

Les réactions à l’intervention états-unienne ont été immédiates. La Colombie, qui a dépêché des troupes à sa frontière, se préparant à l’arrivée potentielle de réfugiés, a dénoncé les frappes comme un affront à la souveraineté des pays de la région. Cuba s’est joint à l’Iran, à la Russie et à d’autres adversaires de Washington pour condamner le raid devant les Nations unies. Quelques gouvernements, notamment celui de l’Argentine, ont en revanche apporté leur soutien sans réserve à cette opération.

Donald Trump a annoncé que les États-Unis allaient « diriger » le Venezuela jusqu’à ce qu’il y ait une « transition sûre, appropriée et judicieuse » du pouvoir, et assuré que son administration « n’avait pas peur d’envoyer des troupes au sol ».

Jusqu’à présent, peu de détails concrets sur la suite des événements ont été fournis. Beaucoup dépendra des prochaines actions de Washington et de la réaction de la classe politique vénézuélienne, qui est très divisée. En tant qu’expert des relations entre les États-Unis et l’Amérique latine, j’estime que cinq scénarios principaux sont plausibles.

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