La facture extravagante du Palais des Congrès d’Oran

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Le vaste « Centre des Conventions « d’Oran voulu par l’ancien ministre de l’énergie, Chakib Khelil, aura couté 600 millions de dollars. Récit.
C’est en 2012 que l’entreprise espagnole OHL a terminé la réalisation du sompteux centre des Conventions d’Oran, le plus grand complexe d’Afrique avec ses 2OOOO mètres carrés, un hall d’exposition de 1200 mètres carrés, seize salles de réunion et une fresque de céramiques de deux mille mètres carrès.
La Sonatrach, cet Etat dans l’Etat qui gère la cagnotte pétrolière de l’Algérie, a financé ce complexe futuriste qui aura coûté à la bagatelle somme de 500 millions d’euros.
Au diable l’avarice.
Ce méga-complexe avait été voulu et imaginé par le controversé ancien ministre de l’Energie et intime du président Bouteflika, Chakib Khelil, aujourd’hui en fuite aux Etats Unis. Mais cet ensemble prestigieux, en fonction depuis quatre ans, n’aura servi à rien ou presque. On y accueille en effet très peu d’événements de grande envergure, à l’exception de ceux qui sont organisés par le géant pétrolier et gazier que reste la Sonatrach.
Mais nul besoin pour les bénévoles de l’Association d’aide aux jeunes cancéreux,  les journalistes de l’APS (l’AFP algérienne) ou pour les amateurs du salon de l’habitat de se réunir dans un tel cadre.
Un contentieux qui s’éternisait
Aux 500 millions dépensés pour la réalisation de ce Palais des Congrès, va s’ajouter une amende de 100 millions de dollars -soit une facture totale de 600 millions. Après quatre ans de contentieux, la société d’engineering espagnole OHL a réussi à contraindre le groupe algérien Sonatrach à lui signer un généreux chèque , a-t-on appris de plusieurs sources.
Longtemps, le groupe Sonatrach rechigna à régler ses dettes à la société étrangère OHL. Le plus urgent était d’attendre…Une rude bataille juridique s’était alors engagée et un arbitrage international lancé.
Dés son arrivée à la tête de Sonatrach en mai 2015, Amine Mazouzi, le nouveau PDG, prennait la mesure de la situation. Sonatrach risquait de payer une amende de plus de 200 millions d’euros si l’arbitrage se prononce en sa défaveur. Un accord fit trouvé et  une conséquente réduction obtenue.
« En cette période de crise, explique un haut cadre de la Sonatrach, il peut pousser un ouf de soulagement ». Combien la mauvaise gestion aua-t-elle fait perdre d’argent à l’Algérie? Vaste débat… « Plus encore que la corruption », tranche en souriant notre interlocuteur
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