Face à l’arrivée du vaccin, « les Libanais d’abord » !

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Un excellent article paru sur le site Orient 21 dresse le bilan du Liban atteint par l’épidémie de covid où certains retrouvent des réflexes xénophobes. 

ARTHUR SARRADIN Journaliste

Voici un extrait de cet article

« L’arrivée du vaccin s’ajoute à la longue liste des inquiétudes des soignants. «Connaissant la corruption au Liban, il est très peu probable que le vaccin soit d’abord distribué aux agents de santé ou aux personnes âgées. Je pense que ce sera chaotique et injuste. Les politiciens et leurs cercles privés auront sans doute le vaccin en premier», estime un soignant. «Malheureusement je doute qu’on soit capables de gérer convenablement l’arrivée du vaccin, redoute aussi Zeina à l’Hôtel-Dieu. Chaque parti politique va prendre un nombre de doses et le donnera à ses partisans. Si tu ne soutiens pas de parti politique, tu seras servi en dernier, voire pas servi du tout».

Aux premiers jours de l’année 2021, le cercle vicieux des crises se poursuit au Liban. Après une année chaotique dont le paroxysme a été atteint lors de la double explosion meurtrière du 4 août, le développement de l’épidémie paraît de mauvais augure alors même que le variant anglais du coronavirus a été découvert dans une famille revenue du Royaume-Uni. L’arrivée de deux millions de vaccins a toutefois été annoncée pour fin février par les autorités, un défi logistique titanesque pour le Pays du Cèdre qui a déjà annoncé que les chefs de partis et les députés seraient prioritaires, avant même le personnel soignant.

Les Palestiniens, bouc émissaires

Pour le reste de la population, la question de la préférence nationale fait débat sur Twitter, où le hashtag «le vaccin pour les Libanais d’abord» s’est rapidement répandu. En ligne de mire, le million et demi de réfugiés syriens installés au Liban depuis le début du conflit, mais également les Palestiniens dont la présence peut remonter jusqu’à 1948. Tous deux font régulièrement l’objet de discours et d’actes racistes, émanant même de personnalités politiques.

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)