« Islam de France », le grand retour des Séoudiens

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La Fondation de l’Islam de France, présidée depuis peu par Ghaleb Bebcheikh, co-organise avec la Ligue Islamique Mondiale, le 17 septembre, un important colloque sur les dialogues intérreligieux qui serait ouvert par Emmanuel Macron. Sur fond de recomposition des alliances au Moye-Orient notamment entre les Séoudiens et les Emiratis

Le président français, Emmanuel Macron, prononcera probablement le 17 septembre le grand discours « sur la laïcité »(autrement dit sur l’Islam) promis depuis son allocution au couvent des Bernardins sur les relations État-Église, et et dont la date à du être reportée plusieurs fois. Sans doute parce que le président français n’a pas été convaincu par le millier de pages remis par l’Institut Montaigne.

Un colloque oecuménique

Le 17 septembre, les principaux intervenants seront le grand-rabbin Haim Korsea et l’imam de Bordeaux Oubrou, ouvertement candidat au poste de « grand imam » de France. Ce qui serait une véritable « innovation » que beaucoup trouvent déjà « blamable ( « bida’a »), c’est à dire inopérante. Si Korsea représente les instances du Judaïsme français, Oubrou n’a pas pu convaincre plus de 30 imams sur 2400!) d’adhérer à la micro- Association Musulmane de l’Islam de France

Et encore cette dernière se soucie essentiellement des financements des mosquées et très peu des questions éducatives, sules à même de reonder l’Islam en France..

Hakim El Karoui absent

Harim El Karoui, qui s’est auto institué Monsieur Islam de l’Elysée pour avoir été le rédacteur de notes kilométriques sur pour Emmanuel Macron, ne figure pourtant pas parmi les intervenants. Est ce parce que le ministre émirati des « minorités musulmanes », dont El Karoui s’est rapproché, n’a pas été associé à l’organisation du colloque? Seule en effet la Ligue Islamique Mondiale, proche des Séoudiens, co-organise l’événement.

Menaces sur l’axe Ryad/Abou Dhabi

Cette ouverture française vers l’Arabie Séoudite et la soudaine défiance face aux Emirats, ne sont intelligibles que par la situation mouvante qui domine au Moyen Orient, De graves fissures ont été provoquées par les déboires militaires de la coalition à l’oeuvre au Yémen. Cette alliance est menacée d’éclatement, l’Arabie, les Émirats et l’Egypte ne sont plus sur la même ligne. Le différend est patent entre les Émirats qui soutiennent une nouvelle partition du Yémen)et l’Arabie , qui décide de dialoguer avec le mouvement islamsite Islah de Sana’a, alors que Sissi et MBZ, le président égyptien et le prince héritier émirati, les considèrent les « Frères Musulmans » à abattre. Or le président français, Emmanuel Macron, qui prétend désormais jouer le faiseur de paix en Iran, a absolument besoins du soutien des Séoudiens, Oublié le triste épisode de laffaire Khassogi! Le tamis rouge est à nouveau déliré pour la monarchie séoudienne.

Chicayas au CFCM

A noter que les « Grands Caïds » du Conseil français du Culte musulman (CFCM) sont poliment invités à remplir la salle. Aucun d’entre eux n’est invité à prendre la parole à la tribune, ou ils auraient aimé pourtant être vus aux côtés du Président ou du Premier ministre.

Ce colloque remet en cause le monopole du CFCM qui multipliait les rencontres informelles avec les ambassadeurs des principaux pays musulmans (Algérie, Arabie, Maroc, Turquie). Il met aussi dans l’embarras L’ émission « islamique » de France 2, dont le premier réflexe l’amène à boycotter toute initiative de la FIF, depuis se celle-ci est présidée par Ghaleb Bencheikh. Le président de « Vivre l’Islam », Me Hafiz lui reproche de lui avoir ravi cette présidence, et d’avoir révélé ses liens avec des généraux de l’ex-DRS, et rappelé son zèle pour la réélection de Bouteflika. Mais Hafiz et son complice Beghoura, toujours soucieux de se rapprocher des pouvoirs en place, ne pourront pas ignorer la présence de Macron et de  Philippe. 

Une certitude, les notables de lIslam de France seront tenus en lisière de la reconstruction en cours.

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