Elisabeth Moreno, la bonne surprise capverdienne du gouvernement Castex

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La nomination d’Elisabeth Moreno en qualité de ministre déléguée chargée de la parité femmes/hommes, de la diversité et de l’égalité des chances,  dans le gouvernement de Jean Castex, du 6 juillet 2020, constitue un heureux choix.

Non seulement, Elisabeth Moreno n’était pas connue dans les milieux politiques, mais elle résidait loin de la France, à Johannesbourg. Ses activités professionnelles dans les nouvelles technologies l’avaient éloigné des entreprises françaises. Elle occupait des postes de direction dans des groupes américains comme Dell et Hewlett Packard et chinois comme Lenovo.

A vrai dire, ce choix apparaît moins surprenant lorsqu’on découvre le parcours exceptionnel de cette Française originaire du Cabo Verde.

Une personnalité hors système 

Née à Tarrafal, sur l’île de Santiago, il y a 49 ans, elle suivit ses parents dès l’âge de six ans pour rejoindre la banlieue parisienne où est établie une importante diaspora capverdienne.

Comme tant d’autres immigrés Capverdiens, la nouvelle ministre affiche une volonté courageuse d’intégration, un désir de conserver les racines du pays de la Morna, une irrépressible volonté de gravir l’échelle sociale, la foi dans l’éducation et l’ouverture sur le monde.

La jeune Elisabeth franchira les uns après les autres tous les obstacles d’une femme noire, d’une fille de l’immigration et d’une enfant issu d’un milieu défavorisé mais pas atteint par le communautarisme et heureusement attaché aux valeurs familiales.

Les racines capverdiennes

Elisabeth Moreno n’est ni énarque ni diplômée d’une business school réputée. Après des études de droit des affaires et économique, c’est surtout dans le milieu entrepreneurial que la future ministre forgera toute sa force pour faire reconnaître ses grandes capacités de management, son adaptabilité rapide dans des milieux où la présence des femmes était encore marginale et son attachement à une économie ouverte sur le monde. La nouvelle ministre peut être considérée comme une autodidacte et une adepte des leçons de la vraie vie.

Ses racines capverdiennes lui ont beaucoup aidé, car le « petit pays » de Cesaria Evora est l’exemple même non seulement de l’immigration réussie en Amérique et en Europe mais également du rôle essentiel joué par la femme dans la gouvernance du pays et dans son économie. Ce n’est pas un hasard si le Cabo Verde figure en tête des indicateurs de la démocratie en Afrique. L’autorité naturelle de la femme capverdienne fait partie de leur ADN tant les épouses des marins expatriés devaient faire vivre la famille et diriger la communauté.

Restée proche de son pays natal, elle s’était déjà attachée à développer les partenariats entre entreprises françaises et capverdiennes au sein du Cabo Verde Business Club qu’elle avait fondée, en 2005.

Un nouveau partenariat avec l’Afrique

Elisabeth Moreno devrait être un exemple pour les jeunes notamment issus de l’immigration,  souvent en perte d’espoirs et se détournant de la République. 
Lors des journées du Cercle des Economistes d’Aix-en-Seine le 4 juillet, délocalisées par vidéo conférence depuis Johannesbourg, Elisabebth Moreno a participé à des débats qui réunissaient de nombreux éminents économistes, syndicalistes, responsables de la société civile de France et de l’étranger. Ses interventions dans le panel sur le nouveau partenariat avec l’Afrique a impressionné beaucoup de participants. Elle s’est notamment illustrée par des  propositions remarquées sur les nouvelles relations avec l’Afrique, les nouveaux axes du développement, la mondialisation en Afrique.

Parmi les organisateurs et intervenants de grande réputation de ces journées du Cercle des économistes,  souvent consultés par l’Élysée, il  n’est pas exclu que certains d’entr’eux aient cité son nom pour le casting gouvernemental. Il est également probable que l’ambassadeur de France en Afrique du sud, Aurélien Lechevallier, auparavant conseiller Afrique à l’Élysée, appréciait déjà le profil, l’itinéraire et les capacités d’Elisabeth Moreno, résidente à Johannesbourg.

Avec des personnalités comme Elisabeth Moreno,un nouveau partenariat avec l’Afrique pourrait se dessiner.

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