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L’Afrique de l’Ouest moins corrompue que l’Amérique latine

Dakar, février 2026 (Flickr /JuliaC2006).

Selon le dernier rapport annuel publié par Transparency International, et grâce aux grandes avancées dernièrement réalisées, l’Afrique de l’Ouest francophone est désormais moins touchée par la corruption que l’Amérique latine. Une évolution qui contredit certains discours et qui a contribué à faire de l’Afrique de l’Ouest francophone la zone la plus dynamique économiquement du continent en 2025, pour la douzième année consécutive.

Par Ilyes Zouari

Selon les données du dernier rapport de Transparency International (l’indice de perception de la corruption, 2025) publié le 10 février, qui classe les pays du monde en fonction du niveau de corruption et qui constitue la référence mondiale en la matière, l’Afrique de l’Ouest francophone affiche un score global de 36,5 points. Elle devance ainsi l’Amérique latine qui affiche, pour sa part, un score de 32,2 points.

Ces résultats correspondent à la moyenne globale pondérée en fonction du poids démographique des pays concernés. 

L’Afrique de l’Ouest francophone plus vertueuse 

Les grands efforts accomplis ces dernières années en matière de lutte contre la corruption et de bonne gouvernance ont permis à l’Afrique de l’Ouest francophone, ensemble composé de neuf pays (les pays membres de l’espace UEMOA sans la lusophone Guinée-Bissau, ainsi que la Guinée et la Mauritanie – qui ont quitté cet espace et sa monnaie unique, le franc CFA, il y a déjà quelques décennies), en seulement une année, de progresser considérablement dans les classements internationaux, pour dépasser désormais un certain nombre de régions du monde, dont l’Amérique latine. Dans cet ensemble francophone, le Sénégal (classé 65e mondial, avec 46 points), le Bénin (70e, 45 points) et la Côte d’Ivoire (76e, 43 points) obtiennent les meilleurs résultats, tandis que la Mauritanie (130e), le Mali (136e) et la Guinée (142e) affichent les scores les plus faibles. N’étant pas membres de l’UEMOA, la Mauritanie et la Guinée tirent la moyenne globale vers le bas.

Le Sénégal, le Bénin et la Côte d’Ivoire devancent un certain nombre de pays européens, dont deux pays d’Europe de l’Est membres de l’Union européenne (la Hongrie et la Bulgarie, classés chacun au 84e rang mondial), et font surtout mieux que la grande majorité des pays d’Amérique latine, qui regroupe vingt pays au total. Et notamment les cinq plus peuplés d’entre eux, à savoir le Brésil (107e), le Mexique (141e), la Colombie (99e), l’Argentine (104e) et le Pérou (130e).

Les cinq pays les moins bien classés d’Amérique latine (le Paraguay, 150e, le Honduras, 157e, Haïti, 169e, le Nicaragua, 175e et le Venezuela, 180e) se classent loin derrière les pays les moins bien positionnés d’Afrique de l’Ouest francophone. De leur côté, l’Uruguay (17e), le Chili (31e), le Costa Rica (46e), Cuba (84e) et la République dominicaine (99e) affichent les meilleures performances de la zone.

Les francophones devant les anglophones

Au niveau africain, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Bénin se classent devant l’Afrique du Sud (81e) et loin devant des pays comme le Nigeria (autre pays d’Afrique de l’Ouest, classé 142e), l’Éthiopie (96e), le Kenya (130e), ou encore l’Angola (120e). Les cinq pays les plus touchés par la corruption au niveau continental sont des pays anglophones, à savoir le Soudan (175e), l’Érythrée, (177e), la Libye (177e ex aequo), la Somalie et le Soudan du Sud (181e chacun).

La corruption étant un phénomène difficilement mesurable, les classements en la matière ne peuvent en donner une idée qu’approximative. Cependant, il n’en demeure pas moins vrai que ce classement, constituant la référence mondiale en la matière, met en évidence les avancées considérables réalisées par plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest francophone au cours de la dernière décennie, d’une part, et la persistance, d’autre part, d’importants niveaux de corruption en Amérique latine, qui s’aggravent même dans de nombreux pays de la région.