Un accord entre les douanes du Nigeria, du Niger et du Bénin a permis lundi de libérer la route pour 1600 camions bloqués depuis trois mois au Nigeria. Un soulagement pour toutes les parties.
La non-réouverture de la frontière directe entre le Bénin et le Niger, pays enclavé, suite aux sanctions imposées après le renversement de Mohamed Bazoum par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, en août 2023, complique singulièrement, depuis lors, le passage des marchandises par le corridor naturel entre le port de Cotonou, le plus proche de Niamey, et cette dernière. La frontière restant fermée sur décision du régime militaire de Niamey – qui craint des actions françaises hostiles à partir du nord du Bénin voisin – les importateurs ont dû emprunter de nouveaux itinéraires.
Les options, pour les commerçants s’approvisionnant à partir de Cotonou, sont de traverser le fleuve en pirogue à Gaya, la ville frontière entre le Niger et le Bénin, une manœuvre longue et coûteuse, soit de passer par le Nigeria au point de jonction des trois frontières, à Kamba, puisque la frontière entre le Niger et le Nigeria est ouverte. C’est ce que faisaient depuis un an, de façon informelle, les transporteurs. Cependant, il y a trois mois, le Nigeria avait fermé l’accès dans l’attente d’un règlement officiel. Depuis lors, 1600 camions étaient bloqués à Kamba, dans l’État de Kebbi.
Protocoles de sécurité stricts
Lundi, les chefs traditionnels, les responsables politiques et douaniers, ainsi que les commerçants se sont réunis pour applaudir le passage du convoi vers le Niger, lors d’une cérémonie officielle organisée par le gouvernement fédéral nigérian, à quelques jours du début du Ramadan. La décision avait été rendue publique deux jours plus tôt lors d’une réunion à Birnin Kebbi par le contrôleur général des douanes nigérianes, Bashir Adewale Adeniyi, qui avait dit vouloir ainsi « fluidifier les échanges commerciaux transfrontaliers tout en maintenant des protocoles de sécurité stricts. » Une délégation conduite par le directeur général des douanes nigériennes, le colonel Mahamadou Yacouba Sido, était en visite à Abuja au même moment pour tenter de débloquer la situation. Le président Bola Tinubu a approuvé cet accord contribuant à résoudre les blocages persistants qui affectent le commerce régional.
La crise avec le Bénin a conduit les autorités du Niger à privilégier l’axe Niamey-Lomé, mais cet itinéraire, beaucoup plus long, est aussi beaucoup plus périlleux, car les camions doivent traverser une zone infestée par les groupes djihadistes du Burkina. Reste qu’avec la détérioration de la situation de sécurité à la frontière entre le Niger, le Bénin et le Nigeria, sous les assauts conjugués du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM, affilié à Al Qaïda) et d’un groupe nigérian affilié à l’État islamique, Lakurawa, le nouveau trajet ne sera pas forcément durablement plus sûr.































