Une photographie de Dominique Strauss Kahn participant en bonne place à une réunion gouvernementale présidée par Faure Gnassingbé a circulé ces dernières heures sur les réseaux sociaux africains. Mondafrique a tenté de décrypter ce qu’elle dit et ce qu’elle ne dit pas.
Loin d’être volée, une telle photographie répond à des objectifs de communication bien précis. Sans doute pour le Président togolais mais aussi pour l’ancien directeur général du Fonds Monétaire international, évincé en mai 2011 dans les circonstances qu’on connaît et qui ont fait avorter son rêve présidentiel français.
Résident au Maroc, le banquier exerce, depuis lors, des fonctions de conseiller financier de haut niveau, à travers son cabinet Parnasse International, jadis basé dans la zone franche de Casablanca et relocalisé finalement à Sharjah, aux Émirats arabes unis, pour des raisons de fiscalité et de discrétion. Il réside à Marrakech où il s’est remarié avec une Marocaine.
Des objectifs malgache et sénégalais
Spécialiste du conseil financier des États dans leurs relations avec les institutions de Bretton Wood et la renégociation de la dette, il s’est illustré notamment auprès du congolais Sassou N’Guesso. Actuellement, il cherche à se faire mandater par les autorités sénégalaises, aux prises avec une forte pression pour restructurer leur dette (il a été consulté sur la dette cachée de Macky Sall mais n’est pas formellement chargé du dossier, toujours officiellement entre les mains du cabinet Global Sovereign Advisory de la Française Anne-Laure Kiechel, qui conseillait déjà Macky Sall). DSK convoite aussi la place de conseil financier de la transition malgache. Si ses prestations au Togo restent modestes, Lomé est une place bancaire importante en Afrique de l’Ouest et la récente photo lui permet de renforcer sa légitimité auprès de futurs clients du continent.
Du côté de Faure, le but poursuivi est presque le même. Si Faure et Lomé sont des atouts pour DSK, DSK apparaît aussi comme une sorte de « fétiche blanc » renforçant la crédibilité du Togolais dans sa quête de leadership régional. Dans un système politique particulièrement verrouillé, le natif d’Agadir fait office de caution technocratique et moderne, susceptible de rassurer des investisseurs. Les spécialistes disent qu’il a été un excellent patron du FMI et ses compétences ne semblent pas faire de doute, même si ses aventures de banquier d’affaires se sont mal terminées : l’éphémère banque de prestige LSK, dans laquelle il s’était associé en 2013 avec Thierry Leyne (qui s’est suicidé l’année suivante en sautant du 11e étage de son bureau à Tel Aviv), s’est soldée par un désastre financier et 100 millions d’euros de dettes. Un échec, sans suites judiciaires pour DSK, qui s’était désengagé avant le suicide de son partenaire et associé majoritaire.





























