Des dirigeants libanais épinglés par les « Pandora Papers »

Avec 346 sociétés répertoriées, le pays du Cèdre est l’un des meilleurs clients du cabinet Trident Trust, spécialiste en domiciliation dans les paradis fiscaux.

Une partie de l’élite politico-financière libanaise se retrouve épinglée dans les « Pandora Papers » – cette enquête collaborative menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) en partenariat avec 150 médias répartis dans 117 pays.

Elle repose sur la fuite de près de douze millions de documents confidentiels – l’équivalent de 2,96 téraoctets d’informations – transmis par une source anonyme à l’ICIJ. Tous ces documents proviennent des archives de quatorze cabinets spécialisés dans la création de sociétés offshore dans les paradis fiscaux (îles Vierges britanniques, Dubaï, Singapour, Panama ou encore les Seychelles…).

Najib Mikati, Hassan Diab, Riad Salamé…

Nombre de politiques, hommes d’affaires et responsables du Pays du Cèdre – qui traverse actuellement la pire crise économique de son histoire – figurent parmi les personnes citées dans la liste des « Pandora Papers » : des personnes ayant eu recours à des sociétés offshore enregistrées dans des paradis fiscaux. Parmi les plus éminentes : l’actuel Premier ministre Najib Mikati (première fortune du Liban), son prédécesseur Hassan Diab, ou encore le président de la banque centrale du Liban Riad Salamé. Ce dernier, rappelle l’ICIJ, « fait l’objet d’une enquête en France pour blanchiment d’argent présumé ». Marouane Kheireddine, ancien ministre d’État libanais et président de la banque Al Mawarid, figure également dans la liste.

Dans un article publié le 5 octobre 2021, quotidien libanais L’Orient-Le Jour ajoute à ces noms ceux de « l’ancien haut responsable de la lutte contre la corruption à la BDL Mohammad Baassiri, de l’ancien député et conseiller du président libanais Michel Aoun pour les affaires russes, Amal Abou Zeid, du président du conseil d’administration de la chaîne libanaise al-Jadeed Tahsine Khayat, du banquier Samir Hanna, ou encore de l’homme d’affaires et ancien député Neemat Frem ». Il rappelle également que le Premier ministre libanais avait déjà été cité dans les « Paradise papers » en 2017 – une enquête similaire aux « Pandora papers ».

« Première place au monde avec 346 sociétés offshores »

La radio RFI affirme de son côté que l’enquête des « Pandora papers » démontre que le Liban occupe la « première place au monde avec 346 sociétés offshores » enregistrées par l’intermédiaire de la compagnie Trident Trust – spécialisée dans la domiciliation de sociétés offshores –, dont provient une partie des documents qui ont fuité. « Le pays du Cèdre est ainsi loin devant le Royaume-Uni (151 sociétés) et l’Irak, qui se place en troisième position avec 85 sociétés offshores », poursuit la radio internationale.

Rappelons que créer une société offshore n’est pas illégal en soi. L’agence américaine Associated Press met toutefois en avant que le phénomène renforce la perception « que les riches et les puissants jouent selon des règles différentes – une notion particulièrement bouleversante pour de nombreux Libanais », à l’heure où tout un peuple (sur)vit difficilement et subit revers sur revers, tant au niveau économique que social. Les sociétés offshores peuvent en revanche être utilisées pour éluder les impôts ou cacher de l’argent gagné illégalement.

Le Gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, répond aux attaques

 

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