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Le Mali libère plus de 250 djihadistes

Combattants du JNIM pendant la fête de l'Aïd el-Fitr 2026 au Mali.

Selon plusieurs sources de Mondafrique,254 djihadistes détenus dans les prisons du pays ont été remis en liberté la veille de l’Aïd-el-Fitr par les autorités maliennes dans le cadre de négociations destinées à lever le blocus sur le carburant.

Une libération record

Ce n’est pas la première fois que Bamako négocie avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (en arabe, Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, JNIM) dirigé par Iyad Ag Ghali. Depuis plus d’une décennie, l’élargissement de combattants djihadistes constitue une monnaie d’échange, le plus souvent contre la libération d’otages.

Le dernier exemple en date remonte à octobre 2025, lorsque trois otages étrangers, deux Émiratis et un Iranien, ont retrouvé la liberté à la suite d’intenses négociations. À cette occasion, Iyad Ag Ghali avait obtenu un pactole estimé à 50 millions de dollars, accompagné de livraisons d’équipements militaires et du retour au bercail de plusieurs djihadistes, entre 25 et 65 selon les sources. Il faut dire que l’un des otages n’était pas n’importe qui : Cheikh Ahmed bin Maktoum bin Juma Al Maktoum, général à la retraite et membre de la famille régnante de Dubaï.

Celle libération record est un événement important. Pour l’heure, aucune information n’a filtré sur le profil des personnes relâchées ni sur la présence éventuelle de cadres importants parmi eux. La majorité d’entre elles seraient issues des communautés peule et bambara, avec seulement quatre ou cinq Touaregs, ces derniers ayant déjà été libérés lors d’accords précédents.

Le choix de la veille de l’Aïd pour cette libération est aussi hautement symbolique. Iyad Ag Ghali s’affiche ainsi en protecteur de ses hommes et envoie un message à leurs familles ; des images de ses combattants lors de la célébration religieuse vendredi ont d’ailleurs été diffusées.

Le carburant au cœur des négociations

Qui dit libération dit négociations et contreparties. Qu’a obtenu le Mali ? Cette fois, il n’était pas question d’otages. Selon plusieurs sources maliennes, les discussions ont abordé plusieurs points, mais le carburant a été au cœur du sujet. En effet, depuis septembre 2025, le GSIM impose un blocus sur les principaux axes d’approvisionnement du pays. Ce siège a parfois été partiellement atténué par des convois militaires escortés par les FAMA, permettant des arrivées sporadiques de carburant, notamment en octobre, novembre et décembre 2025. Mais l’approvisionnement est resté insuffisant et très vulnérable aux attaques. Cette situation a provoqué une crise majeure avec à la clé : des pénuries de gazole, une paralysie des transports, la flambée des prix, des coupures d’électricité et d’eau. Depuis sept long mois, l’économie malienne est asphyxiée. Les services publics sont gravement affectés et les hôpitaux fonctionnent au ralenti.

À cette paralysie économique s’ajoute un mécontentement populaire croissant. Jusqu’à présent, le pouvoir bénéficiait d’une certaine côte de popularité, au moins à Bamako. Mais ces difficultés et leurs conséquences sur le niveau de vie des ménages l’ont profondément entamée.

Le Burkina Faso dans l’œil du cyclone

En concluant cet accord, le président Assimi Goïta desserre l’étau, relâche la pression et gagne du temps. Mais combien ? Toujours selon des sources maliennes, l’accord devrait tenir jusqu’au 15 avril et serait reconductible. Néanmoins, si le Mali résout son problème à court terme ou moyen terme il le reporte sur son voisin burkinabé. Car au Sahel, les équilibres sont mouvants. Lorsqu’une accalmie apparaît d’un côté, les nuages s’amoncellent de l’autre. Pour maintenir le blocus au Mali, le GSIM avait mobilisé des combattants venus du Burkina Faso. Selon des contacts burkinabè, ces derniers sont déjà rentrés chez eux et s’apprêteraient à essayer de mettre en place un blocus du carburant tout en intensifiant leurs actions autour de Ouagadougou. Le Burkina Faso entre à son tour dans une zone de turbulences, après un relatif répit lors des grandes manœuvres au Mali…