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Alors que prévalent d’extrêmes tensions entre les États du Maghreb, il n’est pas inutile de rappeler que des indépendantistes d’Algérie, du Maroc et de Tunisie furent un temps alliés dans une lutte pour une libération du joug colonial d’un « Maghreb uni ». C’est ce que fait ici l’historien algérien Daho Djerbal, dans un article publié dans l’Encyclopédie de la colonisation française dirigée par Alain Ruscio (Les Indes Savantes).

Daho Djerbal est historien, directeur depuis 1993 de la revue Naqd, d’études et de critique sociale.


A la fin des années 1940, face à la solution politique négociée prévoyant une indépendance par étapes d’un Maghreb tourné vers l’Occident se dresse l’alternative d’une indépendance conquise par les armes avec pour objectif, l’édification d’un Maghreb arabe intimement lié au Machrek. Dès lors, se profilent les lignes de faille qui vont opposer les partis politiques nationalistes de diverses obédiences aux groupements armés qui se préparent à libérer le Maghreb par la voie des armes. L’Armée de libération du Maghreb se trouve entre 1953 et 1956 à la croisée des chemins et son destin sera scellé par le basculement des deux Etats voisins de l’Algérie vers une indépendance négociée avec la puissance coloniale.

Abdelkrim el Khattabi, sous l’égide duquel est créé en 1948 le Comité de libération du Maghreb arabe
Abdelkrim el Khattabi, sous l’égide duquel est créé en 1948 le Comité de libération du Maghreb arabe

Les prémices : le Comité de libération du Maghreb arabe

Après la deuxième guerre mondiale, et dans un contexte marqué par les menaces de partage de la Palestine, les nationalistes marocains, algériens et tunisiens se retrouvent au Caire où se tient le 1er congrès du Maghreb arabe (15 au 22 février 1947). Ils sont représentés par la Ligue de défense marocaine, le Parti du peuple algérien et le Néo-Destour tunisien. De cette rencontre naît le Bureau du Maghreb arabe dont la mission sera de coordonner l’action politique des différents partis nationalistes maghrébins. Les atermoiements des représentants des partis politiques nord-africains au Caire quant à la position à adopter vis à vis des puissances coloniales ainsi que celle des notabilités arabes face à la partition de la Palestine irritent au plus haut point les partisans d’une action plus résolue pour la libération du Maghreb et du monde arabe.

Ce sont de jeunes nationalistes maghrébins déçus par l’attitude de la Ligue arabe et du Bureau de Liaison et d’information du Maghreb et de la Palestine qui vont à la rencontre l’émir Abdelkrim[1] pour lui faire part de leur désarroi et de leur détermination à passer à l’action. La ligne radicale du recours à la lutte armée l’emporte dans la capitale égyptienne au point qu’une année plus tard, en janvier 1948, un Comité de libération du Maghreb arabe[2] est créé sous l’égide de l’émir Abdelkrim el Khattabi. Ce Comité est constitué par de jeunes nationalistes venus du Maghreb, la plupart comme volontaires pour la libération de la Palestine ou effectuant pour certains d’entre eux des études au Caire[3].

Sous l’impulsion de l’émir Abdelkrim et de ses partisans, des unités de commandos maghrébins sont constituées et regroupées dans des camps de formation militaire en Egypte, en Syrie puis en Irak. Ils sont près de 900 volontaires formés au maniement des armes et des explosifs par de jeunes officiers nationalistes arabes dont ceux qui renverseront les régimes corrompus et impotents du Moyen-Orient[4].

L’incapacité de la Ligue arabe à engager résolument les États de la coalition dans une lutte de libération des territoires occupés et la défaite militaire de 1948 jettent le discrédit sur les politiques. La question centrale devient alors celle de la coordination des différents partis et mouvements nationalistes du Maghreb pour un déclenchement concerté de la lutte armée de libération sur l’ensemble de l’Afrique du Nord. Dans une tentative désespérée de reprendre la main sur les activistes, un accord est conclu en 1951 entre les représentants de l’Istiqlal, du Né-Destour et du MTLD qui proclament leur intention de libérer l’Afrique du Nord de la présence française[5].

Nous nous devons de relever ici la coïncidence chronologique des faits entre la tenue du 1er congrès du Maghreb arabe et celle du congrès du MTLD[6] qui a lieu lui aussi en février 1947. À cette occasion, les débats laissent apparaître la même divergence de vues sur les voies et moyens pour l’accession à l’indépendance. Une sorte de compromis est conclu en Algérie débouchant sur la poursuite de la voie électorale sous le sigle du MTLD et la création d’une Organisation Spéciale (OS) chargée de préparer secrètement le parti et les militants au passage à la lutte armée. En 1951, suite à la découverte et au démantèlement de l’OS, les cadres dirigeants de cette organisation clandestine sont envoyés au Caire (Hocine Aït Ahmed, Ahmed Ben Bella et Mohammed Khider) et en France (Mohammed Boudiaf et Mourad Didouche).

En 1951 donc, s’établit une nouvelle conjonction au Caire où les représentants de la voie insurrectionnelle vont vivre des années cruciales dans la proximité immédiate du Comité de libération du Maghreb arabe. C’est là que, par l’intermédiaire d’Ahmed Ben Bella en particulier, s’établissent des alliances et se met en place un axe Maghreb-Machrek dont le pivot semble se trouver dans la capitale égyptienne.

Au mois de mars 1952 les tentatives de coordination s’intensifient au niveau des partisans nord-africains de la lutte armée. Abdelkrim El Khattabi envoie une mission en Tunisie, en Algérie et au Maroc à la recherche de contacts devant assurer l’unification des rangs et la détermination des étapes. L’idée d’un nouveau mouvement unifié pour la libération du Maghreb arabe[7] fait son chemin. Sont désignés pour cette mission Abdesslam El Hachemi Taud et Hammadi Er Rifi, des officiers volontaires des brigades d’Afrique du Nord formés par l’Académie militaire irakienne. En Tunisie, la mission mandatée par Abdelkrim contacte Tahar Guiga, un des leaders du parti Néo-Destour. En Algérie, les émissaires rencontrent Abdelhamid Mehri, membre du comité central du MTLD. Ils expliquent que le but de leur mission est de mettre en œuvre des mesures concrètes pour la coordination de la lutte engagée à l’échelle du Maghreb et créer un sentiment unitaire quant au destin commun d’un Maghreb arabe uni. Mais la mission consiste également en la mise en place des filières pour le passage des armes et des explosifs expédiés par voie terrestre depuis l’Egypte ou la Libye. Une partie de ces chargements à haut risque sont déposés dans un chapelet d’entrepôts passant par la Libye et la Tunisie avant d’atteindre l’Algérie et le Maroc. L’un de ces dépôts installé en est tenu à Batna[8] par Mustapha Ben Boulaïd (autre membre du comité central du MTLD et cadre clandestin de l’OS). Le projet est de lancer au même moment des actions armées sporadiques et de faire exploser des bombes dans l’ensemble des pays du Maghreb afin d’obliger les forces françaises à déployer et disperser leurs forces sur l’ensemble de la région[9].

En 1952 toujours, Ahmed Ben Bella et Mohammed Boudiaf, tous deux cadres dirigeants de l’OS dissoute, se rencontrent en Suisse. La jonction est faite. Dès lors, pour les partisans de la lutte armée de libération de l’Algérie et du Maghreb, se mettent en place deux lignes de force. L’une, partant du Caire et passant par la Libye et la Tunisie, est adossée à deux personnalités éminentes ayant toutefois des objectifs différents (l’émir Abdelkrim et le colonel Abdel Nasser) ; l’autre, partant des bases militantes de la Fédération de France du MTLD et passant par l’Espagne et le Maroc s’appuie principalement sur les réseaux rifo-marocains.

Lorsqu’à la veille du déclenchement de la lutte armée, les dirigeants du PPA-MTLD et surtout ceux de l’Organisation Spéciale cherchent des appuis logistiques, des bases de repli et des filières pour le passage des armes, c’est auprès des insurgés du Sud tunisien et en Libye qu’ils vont les trouver[10]. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que les premiers maquisards algériens seront eux aussi appelés par les Français fellaghas[11].

En août 1954, quelques mois avant le déclenchement de la lutte armée en Algérie,  Il a été décidé que Mustapha Ben Boulaid se rende en Libye, que Larbi Ben M’hidi et Mohamed Boudiaf aillent à Tétouan et Nador pour assurer le contact avec les bases insurrectionnelles installées dans les pays frères du Maghreb. Au Maroc, ils rencontrent Abdelkebir El Fassi et Ahmed Ziad. En Tunisie, Lakhdar Cheriet et les partisans de Salah Ben Youssef

Ahmed Ben Bella, se rend de son côté au bureau du Caire du Comité du Maghreb arabe où les dirigeants conviennent du principe d’une action unifiée prévue initialement pour le 15 octobre[12].

Cette proximité entre les militants nationalistes des Aurès, des Nementchas et de l’Oued Souf en Algérie et les partisans de Salah Benyoucef dans le Sud tunisien d’un côté, entre Mohammed Boudiaf, Larbi Ben M’hidi, Abdelhafid Boussouf et les insurgés du Rif de l’autre n’est pas seulement sémantique ou géographique. Elle ne sera pas non plus sans conséquence dans les relations qui viendront s’établir entre le FLN-ALN, les Youssefistes du Né-Destour et les éléments de l’Armée de libération du Maroc après le déclenchement de la lutte armée en 1954.

En Algérie, l’impasse dans laquelle se trouve engagée la voie électorale et pacifique de la majorité du comité central du MTLD précipite la crise. Des responsables de l’OS dont Mohammed Boudiaf et Mourad Didouche tentent par tous les moyens de rassembler leurs troupes et, faute de faire l’unité des rangs entre partisans de Messali et ceux du comité central du MTLD, ils passent à la phase active de l’insurrection le 1er novembre 1954.

La conjonction des maquis

La naissance du FLN représenté par le Comité des Six[13] à Alger et par la Délégation extérieure du MTLD au Caire[14], pose un problème majeur en tant que solution de continuité entre le nationalisme des partis indépendantistes traditionnels et une nouvelle génération de militants. En Algérie, le passage à la lutte armée se fait dans les premier temps en dehors du parti et même contre le parti. Il est vécu par Messali comme par le comité central du MTLD comme un coup de force, une sorte de rébellion des activistes contre les politiques. De ce fait, dès novembre 1954, le capital relationnel accumulé tout au long des dernières décennies entre les directions politiques des partis nationalistes algérien et tunisien, semble être subitement rendu caduc ou pour le moins laissé comme en suspens. 

Dès lors se cristallise sur le terrain militaire une alliance de fait qui matérialise très probablement une sorte d’union des commandos nord-africains dont le principe aurait été acquis le 29 mai 1954 au Caire.

Des faits et témoignages viennent à l’appui de cette hypothèse. En effet, quelques semaines avant le déclenchement de la lutte armée, Mokhtar Badji[15], informe Mohammed Boudiaf que des combattants tunisiens traversent les frontières pour demander de l’aide, collecter des armes, de l’argent et des médicaments. Comme les journaux locaux commençaient à parler de ces infiltrations de fellaghas, cela  a fini par susciter quelques inquiétudes chez les responsable du FLN naissant qui craignait que ne se reproduisent les incidents ayant entraîné la découverte de l’OS en 1950[16]

Dans le Sud tunisien, dès les premiers mois de l’insurrection, l’ALN algérienne apporte son aide à Lazhar Cheriet et à Saci Lassoued pour l’organisation des unités de l’ALT (armée de libération de la Tunisie)[17]. Ahmed Mahsas, chargé par Ben Bella en 1955 de la logistique et de la sécurité pour l’Est algérien, revient en Tunisie après un court passage par la Libye. C’est en qualité de représentant de la direction (extérieure) du FLN qu’il va tenter de mettre un terme au désordre qui prévaut dans les rangs des unités de l’ALN cantonnées au-delà des frontières. Sur le plan militaire, il est chargé de la mise en place d’un comité pour la répartition des armes venues du Caire[18]. Sur le plan politique, sa mission est de « jeter les bases d’une structure révolutionnaire nord-africaine pour contrecarrer les plans français »[19].

De leur côté, les partisans de Salah Ben Youssef apportent une aide directe aux djounouds algériens.

« Une lettre de Ben Bella datant du 28 novembre 1955, atteste en effet que le FLN considérait comme un avantage pour les acheminements d’armes de Libye en Algérie, l’implantation de 300 Youssefistes dans le Sud tunisien. »[20]

Dans ce contexte, il y a lieu de rappeler que le 17 août 1954 s’ouvrent les négociations franco-tunisiennes. Mendès France qui cherche à tout prix à les faire avancer accroît la pression pour obtenir le désarmement des maquis du Sud tunisien. Les principaux négociateurs du Néo-Destour, Tahar ben Amar, Mohammed Masmoudi et Mongi Slim sont convoqués à Paris pour agir dans ce sens. Le 22 novembre, alors que la lutte armée a commencé en Algérie, un accord approuvé par le bey et par Mendès-France stipule : 

« Le gouvernement tunisien invite solennellement les fellaghas à remettre leurs armes aux autorités françaises et tunisiennes. »[21]

Le 15 janvier 1955 c’est le président du Conseil lui-même qui prend part aux pourparlers alors que Salah Ben Youssef durcit sa position, craignant des concessions de la part de Bourguiba. Le renversement du gouvernement Mendès France par le parlement français, sur l’affaire tunisienne justement, n’empêche pas cette même affaire d’être réglée le 21 avril par le gouvernement Edgard Faure qui signe avec Habib Bourguiba une convention générale amendée.

Tout porte à croire que l’alliance des unités de l’ALN et de l’ALT sur le terrain est dirigée contre la ligne Habib Bourguiba et s’inscrit dans le cadre d’un projet de soulèvement général de l’Afrique du Nord.

Pour confirmer cette hypothèse, à l’Ouest, la 5ème zone (Oranie) dirigée par Larbi Ben M’hidi installe ses quartiers à Nador dans le Rif marocain où se trouvent les camps de l’armée de libération du Maroc (ALM). Un des chefs de cette armée, le colonel Ben Miloudi remet gracieusement aux combattants algériens le camp de Khemisset[22]. C’est là que sont repris par Aberkane et le Docteur Khatib les projets d’une armée de libération de l’Afrique du Nord.

À Alger, Abdelhamid Boudiaf, un élément de l’OS proche de Mostefa Ben Boulaïd arrive avec un certain Lieutenant Abdelaziz Al Iraqi[23] en provenance du Maroc. Celui-ci avait pour mission d’aider à la formation militaire des maquisards algériens. Pris en charge par Boudjeroudi puis par Mahieddine Berrezouane et Mohammed Moqaddem, il est envoyé en Kabylie. Il sera quelques temps plus tard arrêté en compagnie de Abdallah Fadhel[24].

À l’idéal d’une unité du Maghreb fondée sur une alliance politique des partis Istiqlal, MTLD et Néo-Destour se substitue, sur le terrain, une autre unité maghrébine reposant sur la conjonction des armées de libération des trois pays du Maghreb : ALM, ALN, ALT.

Face à la solution politique négociée prévoyant une indépendance par étapes d’un Maghreb tourné vers l’Occident, se dresse alors l’alternative d’une indépendance conquise par les armes avec pour objectif, l’édification d’un Maghreb arabe intimement lié au Machrek.


Bibliographie  : Daho Djerbal (dir.), L’armée de libération du Maghreb (1948-1955), Alger, Ed. Fondation Mohamed Boudiaf, Alger, 2004.


Notes

[1] Héros de la guerre du Rif et fondateur en 1922 de la République confédérée des tribus du Rif. Exilé à l’île de la Réunion, il s’échappe en 1947 du navire devant le ramener en France et s’installe au Caire.

[2] Sur ce point, la version diverge avec celle plus classique selon laquelle ce comité serait l’émanation du Bureau de liaison et d’information du Maghreb et de Palestine créé sous l’égide de la Ligue arabe.

[3] Témoignage de Abdesslam el Hachemi Taud, jeune volontaire qui a combattu dans les rangs des brigades nord-africaines pour la libération de la Palestine ; il participe à la création du premier comité de libération du Maghreb arabe sous la direction de l’émir Abdelkrim et présidera à la formation et à l’envoi des premières unités de commandos de l’ALM. Cf. Daho Djerbal, op. cit.

[4] El Hachemi Taud, in Daho Djerbal, op. cit.

[5] Slimane Chikh L’Algérie en armes ou le temps des certitudes, Alger, OPU, 1981, p. 486 et suiv.

[6] En 1946, le Parti du peuple algérien dissout décide de participer aux élections sous le sigle de Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques.

[7] Témoignage de Abdelatif Jabrou, in Daho Djerbal, op. cit.

[8] Capitale des Aurès dans l’est algérien.

[9] Abdelatif Jabrou, in op. cit.

[10] El Hachemi Taud, in op.cit.

[11] Voir cette entrée.

[12] Abdelatif Jabrou, in op.cit.

[13] Mohammed Boudiaf (comme coordonateur), Mostefa Ben Boulaïd, Larbi Ben M’hidi, Mourad Didouche, Belkacem Krim, Rabah Bitat.

[14] Hocine Aït Ahmed, Ahmed Ben Bella et Mohammed Khider.

[15] Un des responsables de l’OS pour l’est algérien, désigné par Boudiaf pour diriger le 1er novembre la région frontalière.

[16] Témoignage de Aïssa Kechida du groupe du 1er novembre de la capitale, compagnon de Boudiaf.

[17] Témoignage d’Ahmed Mahsas représentant politico-militaire du FLN auprès des autorités tunisiennes en 1955-1956.

[18] Comité constitué de représentants des wilayas 1, 2, 3 et de la base de l’Est.

[19] id.

[20] Jean Boisson. Ben Bella est arrêté, Paris,Études et recherches historiques, 1978, p. 422.

[21] Paul Marie de La Gorce. Apogée et mort de la IV ème  République, Paris, Grasset, 1979. p. 229.

[22] Ali Haroun. La 7ème wilaya. La guerre du FLN en France, Paris, Le Seuil. 1986,  p. 42.

[23] Le fameux Hammadi er Rifi  cité ci-dessus.

[24] Témoignage d’Aïssa Kechida. Archives personnelles.

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Le prix politique des sanctions contre le Mali https://mondafrique.com/limage-du-jour/le-prix-politique-des-sanctions-contre-le-mali/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/le-prix-politique-des-sanctions-contre-le-mali/#respond Tue, 03 Feb 2026 05:16:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146315 L’arrêt que la Cour de justice de l’UEMOA vient de rendre donne raison au gouvernement de Bamako. Les sanctions prises contre le Mali en 2022 étaient illégales : l’Union économique et monétaire des États d’Afrique de l’Ouest est sortie de son rôle en appliquant des décisions de la Communauté régionale. Mais si cette victoire juridique […]

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L’arrêt que la Cour de justice de l’UEMOA vient de rendre donne raison au gouvernement de Bamako. Les sanctions prises contre le Mali en 2022 étaient illégales : l’Union économique et monétaire des États d’Afrique de l’Ouest est sortie de son rôle en appliquant des décisions de la Communauté régionale. Mais si cette victoire juridique est réelle, elle reste limitée : les sanctions ont déjà produit des effets économiques et politiques durables.

Cette « victoire » arrive tard, trop tard. Les sanctions ont été levées depuis 2022 et la Cour n’ouvre la voie à aucun dédommagement. Or elles ont bel et bien été appliquées : frontières fermées, avoirs gelés, échanges perturbés. Elles ont pesé sur les prix, sur l’activité, sur la vie quotidienne. L’illégalité est reconnue, mais pas les coûts économiques et sociaux.

Retour à l’envoyeur

Quant à l’effet politique, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en paie encore le prix fort. Les sanctions de 2022 ont nourri au Mali un narratif souverainiste très efficace : celui d’organisations régionales perçues comme punitives et déconnectées des populations. Dans un contexte de défiance déjà très important, ces mesures coercitives ont légitimité le récit des autorités de transition.

Cette dynamique s’est ensuite propagée au-delà du Mali. Le Niger puis le Burkina Faso se sont inscrits dans une logique similaire de souveraineté revendiquée et de rupture avec la CEDEAO. Pour rappel, les autorités nigériennes – sanctionnées après le putsch de juillet 2023 – ont déposé une requête de même nature et attendent le verdict de la Cour. La création de l’Alliance des États du Sahel, qui a amputé l’organisation sous-régionale de trois pays, doit beaucoup à ces sanctions. Pensées pour infléchir des trajectoires politiques nationales et favoriser un retour à l’ordre constitutionnel, elles ont produit l’effet inverse et accéléré une recomposition régionale qui a affaibli la CEDEAO.

Cet effet boomerang relance un débat plus large sur l’usage politique des instruments économiques régionaux. Comme l’écrivait l’économiste togolais Kako Nubukpo, qui dénonçait dès 2022 ces mesures, « une union économique et monétaire qui aspire à la prospérité durable de ses citoyens ne devrait pas utiliser sa banque centrale comme un instrument de règlements de comptes politiques ». Quatre ans plus tard, la Cour de justice lui donne raison.

 

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Le groupe « Starlink » d’Elon Musk, un outil de pouvoir au coeur du Sahel https://mondafrique.com/decryptage/le-groupe-starlink-delon-musk-un-outil-de-pouvoir-au-sahel/ https://mondafrique.com/decryptage/le-groupe-starlink-delon-musk-un-outil-de-pouvoir-au-sahel/#respond Fri, 30 Jan 2026 14:07:36 +0000 https://mondafrique.com/?p=138860 En l’espace de quelques années, Starlink est parvenu à mettre en place une stratégie d’expansion méthodique sur le continent africain. Déjà actif dans 24 pays africains en 2025, l’entreprise ambitionne d’étendre sa toile sur  20 nouveaux marchés avant la fin de l’année. Une enquète de Qemal Affagnon, responsable Afrique de l’Ouest de l’ONG de défense […]

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En l’espace de quelques années, Starlink est parvenu à mettre en place une stratégie d’expansion méthodique sur le continent africain. Déjà actif dans 24 pays africains en 2025, l’entreprise ambitionne d’étendre sa toile sur  20 nouveaux marchés avant la fin de l’année.

Une enquète de Qemal Affagnon, responsable Afrique de l’Ouest de l’ONG de défense des droits numériques, Internet Sans Frontières, co-auteur du livre Internet « Shutdowns in Africa, Technology, Rights and Power », paru aux éditions Bloomsbury et expert électoral en RDC, en Afrique du Sud, au Mozambique et en Russie. 

Malgré de multiples tentatives pour joindre le groupe Starlink, aucune réponse ne nous est parvenue.

Dans au moins cinq des 16 pays africains où le service est disponible, l’abonnement mensuel à Starlink reviens  moins cher que celui du principal fournisseur d’accès à Internet fixe. D’ici 2026, cinq nouveaux pays sont par ailleurs susceptibles d’être intéressés par le service. L’acquisition de ces nouveaux marchés devrait permettre au fournisseur d’accès à Internet par satellite , de couvrir  potentiellement la quasi-totalité du continent.

Dans la bande sahélo-saharienne, une région qui s’étend de l’Afrique de l’Ouest à l’Afrique centrale, ce constat se fait déjà. Dans ce vaste territoire, le réseau de plusieurs milliers de satellites de Starlink permet aux groupes terroristes de communiquer dans les endroits qu’ils occupent. Confrontés à un fort déploiement du terrorisme djihadiste, à l’insécurité, mais aussi à l’instabilité politique et économique, ces zones, sont caractérisé par un faible accès à Internet. On  y trouve encore par exemple, de nombreux coins non couverts par les infrastructures de communication terrestres. Cette situation représente une opportunité exceptionnelle pour Starlink, le service Internet par satellite d’Elon Musk. Dans cette région en proie à une crise sécuritaire sans précédent, la technologie du milliardaire d’origine sud-africaine est de plus en plus utilisée par les populations civiles, mais également par les groupes armés . Avant la parution de cet article, plusieurs demandes d’entretien ont été adressé  à Starlink, mais ces demandes sont restées sans suite. 

Internet à des fins terroristes

Ces dernières années, la disponibilité d’Internet dans des zones occupées par des hommes armés qui tentent d’imposer leurs dictats, permet à ces derniers de diffuser de nombreux éléments de propagande via X, Facebook, TikTok et d’autres plateformes en ligne. De fait, certains groupes terroristes se servent d’Internet afin de promouvoir leurs idéologies, ou encore dans le but de proférer des menaces ou de renforcer leurs capacités opérationnelles.

En Afrique où le taux de pénétration d’Internet reste inférieur (43 %) à la moyenne mondiale (68 %), un véritable marché noir prospère ainsi grâce à la force des réseaux Starlink. Des kits Starlink sont ainsi vendus et se retrouvent parfois dans des régions très reculées ou inaccessibles au grand public. Parmi les facteurs qui facilitent la vente frauduleuse des kits Starlink, il faut citer le fait que ces kits soient faciles à transporter. Dans certains pays où l’utilisation de Starlink est approuvée, des revendeurs locaux font préalablement enregistrer ces appareils pour ensuite les expédier à l’étranger dans des zones insoupçonnées.

Cette chaîne d’approvisionnement illicite permet ainsi aux groupes extrémistes, notamment le Jama’at Nasr al Islam wal Muslimin et la Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest de coordonner leurs activités dans des endroits où l’accès à Internet classique est inexistant.

À titre d’exemple, le groupe Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest s’appuie sur l’internet par satellite pour communiquer avec le groupe djihadiste d’idéologie salafiste État islamique et d’autres organisations extrémistes dans la région. Le réseau Internet par satellite permet à ces groupes armés non seulement de diffuser de la propagande, notamment en publiant des messages directement sur les médias sociaux et sur certains sites web. Dès lors , ces groupes extrémistes bénéficient d’un certain nombre davantage. Tout d’abord, ils parviennent à tirer parti de l’anonymisation sur Internet. Ensuite, en se passant de la barrière spatiale, ils profitent largement de la non-réglementation des publications en ligne.Dans cette partie de l’Afrique, les forces de sécurité gouvernementales signalent par ailleurs que l’utilisation de Starlink pour les communications sécurisées rend plus difficile l’interception des plans des groupes armés.

La haine en ligne permise

Or, le réseau social X, propriété de Musk a récemment intenté une action en justice contre l’État de New York, dans le but de contester une loi qui régule les contenus des plateformes.Dans sa plainte, la société X Corp, estime que la loi, promulguée fin 2024 et qui oblige les entreprises de réseaux sociaux à révéler des informations sensibles sur la manière dont elles modèrent les discours de haine et la désinformation, porte atteinte à la liberté d’expression.

Malgré l’usage que certains groupes armés font de Starlink au Sahel et dans les pays du golfe de Guinée, on peut en déduire que Musk pourrait combattre toute législation qui obligerait les plateformes à dévoiler leurs coulisses, notamment sur la gestion des discours haineux et la désinformation dans cette vaste zone.

En guise de réponse à l’utilisation du système d’Internet du milliardaire excentrique, par ces groupes rebelles, des pays de la région ont été contraints d’introduire certaines restrictions aux communications satellitaires. Il s’agit entre autres de la Libye et du Soudan. Le Tchad, le Mali et le Nigéria ont emboîté le pas aux deux autres, car ils sont particulièrement touchés par l’utilisation clandestine de Starlink par des acteurs criminels et violents.

Des vidéos circulant fréquemment sur les réseaux sociaux montrent des groupes extrémistes et violents qui utilisent des kits Starlink dans différentes régions.

Les vidéos de djihadistes 

Dans la guerre qu’il mène au Sahel, le Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) , a publié certaines vidéos en ligne. Ces vidéos montrent comment certaines branches terroristes se déchirent entre elles. De plus, ces images montrent également le butin de guerre que certaines branches terroristes parviennent à arracher chez des groupes rivaux. Le visionnage de ces vidéos révèle par exemple la présence de kits Starlink que le JNIM a pu saisir chez l’État Islamique au Sahel. 

Cette organisation terroriste est particulièrement active dans la zone des trois frontières à savoir le sud-ouest du Niger, le sud-est du Mali, et le nord du Burkina Faso. Comme le montre de nombreuses vidéos de décapitations qu’il poste en ligne grâce à Starlink, l’État islamique a une prédilection pour la violence graphique extrême. Pour l’État Islamique au Sahel, le recours aux vidéos en ligne représente un moyen de communication puissant qui peut atteindre un large public et générer des réactions fortes.À travers les vidéos qu’ils postent en ligne, Al-Qaïda et ses mouvements affiliés cherchent par contre à gagner le soutien des populations locales qui ont perdu confiance en leurs gouvernements ou envers les forces de l’ordre. Grâce à l’Internet de Starlink, les contenus diffusés par Al-Qaïda et ses mouvements associés, exploitent également les griefs régionaux et ethniques afin d’être plus convaincants. Qu’il s’agisse de vidéos courtes, de vidéos explicatives, ou de confessions en direction du grand public, les possibilités qui s’offrent à ses groupes armés sont infinies. Sur les réseaux sociaux, les vidéos courtes de ces groupes de combattants sont converties sous des formats engageants comme les reels, shorts, lives et stories. Ces différents formats permettent de capter l’attention des internautes, ce qui permet de maximiser leur visibilité de façon naturelle. En général, il peut arriver que ces vidéos courtes génèrent un engagement plus élevé que les autres formats vidéos. Cette situation incite parfois les algorithmes de YouTube, X, Facebook, Instagram, et TikTok à leur donner une plus grande visibilité dans les fils d’actualité et les suggestions de contenu. C’est ainsi que ces vidéos parviennent à influencer idéologiquement de nombreuses populations. Toutefois, il arrive aussi que les groupes armés fassent usage de la force pour atteindre cet objectif ou en mettant en avant des avantages économiques dont bénéficient leurs membres. Toutefois, il arrive aussi que les groupes armés fassent usage de la force pour atteindre cet objectif ou en mettant en avant des avantages économiques dont bénéficient leurs membres.

La vague Starlink 

L’année dernière, les autorités maliennes avaient indiqué, s’être rendu compte de l’emploi sans autorisation des kits Starlink dans les zones du nord et de l’est du pays. Ces deux régions sont particulièrement en proie aux activités des groupes séparatistes et jihadistes.

Fin juillet 2024, le réseau Starlink a joué un important rôle, lors de la bataille de trois jours à Tinzaouaten. Lors de cette bataille qui a opposé, les Forces Armées Maliennes et les mercenaires de Wagner à l’alliance des groupes armés majoritairement touaregs qui opèrent au nord du Mali, les rebelles ont utilisé Starlink pour maintenir une communication sécurisée entre leurs unités d’une part. D’autre part, Starlink a également permis de diffuser les dernières actualités sur les réseaux sociaux, amplifiant ainsi les efforts de communication de cette coalition de groupes rebelles séparatistes du Mali. Le matériel de Starlink arrive donc à se retrouver dans des profondeurs du territoire Malien où, son utilité n’est plus à démontrer dans les conflits armés.

Toujours dans la même période, les soldats nigérians ont également mis la main sur un terminal Starlink lors d’un raid de l’armée dans la forêt de Sambisa, une localité du nord-est du pays.  Lors de l’acheminement du matériel, Les kits Starlink sont souvent stockés dans des entrepôts ou dans des complexes résidentiels avant d’être envoyés vers d’autres destinations dans le but de brouiller les pistes. Les kits Starlink se composent de petits éléments à savoir la parabole, une alimentation électrique, des câbles, une base et un routeur Wi-Fi. Pour éviter d’être détectés, les trafiquants démontent les kits avant de les mélanger à des produits agricoles par exemple. Ce qui ne permet pas toujours aux douaniers de les détecter lors des passages aux postes de frontières. Afin d’éviter les contrôles douaniers, il arrive également que le transport des kits Starlink s’organise après la tombée de la nuit. Au coucher du soleil , il devient plus aisé aux trafiquants d’utiliser des routes secondaires, des pistes non asphaltées ou de préférer l’usage des motos plutôt que des voitures afin de se déplacer plus rapidement. 

Parmi les clients finaux, beaucoup ne disposent pas de compte bancaire. Les trafiquants exploitent donc le faible taux de pénétration bancaire dans des pays comme le Burkina Faso, Mali, et le Niger pour générer un flux continu de revenus illicites.Ces opérations leur permettent de tirer profit des frais d’abonnement liés au fonctionnement de Starlink.

Ces dernières années, la diffusion d’Internet par satellite aide à mieux appréhender les enjeux qui gouvernent des endroits comme le Sahel, qui regorge d’importantes richesses naturelles et énergétiques. Dans un pareil contexte, la donnée spatiale pourrait favoriser l’émergence de nouveaux protagonistes particulièrement redoutables. Au nombre des joueurs qui se démarquent, la force de pénétration du réseau Starlink, montre qu’il faudra désormais composer avec Elon Musk.

 

 

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Le procureur Mahonjo redore le blason de la justice malgache https://mondafrique.com/decryptage/le-procureur-mahonjo-redore-le-blason-de-la-justice-malgache/ https://mondafrique.com/decryptage/le-procureur-mahonjo-redore-le-blason-de-la-justice-malgache/#respond Fri, 30 Jan 2026 05:31:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=146071 Dans un contexte de corruption généralisée de la justice, le procureur Berthin Mahonjo redore le blason de la magistrature, malgré les attaques dont il fait l’objet de la part des complices de l’ancien régime, tombé en octobre dernier après des semaines de manifestations. Par Ulrich Rabary La députée Marie Michelle Sahondrarimalala, fervente militante du parti […]

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Dans un contexte de corruption généralisée de la justice, le procureur Berthin Mahonjo redore le blason de la magistrature, malgré les attaques dont il fait l’objet de la part des complices de l’ancien régime, tombé en octobre dernier après des semaines de manifestations.

Par Ulrich Rabary

La députée Marie Michelle Sahondrarimalala, fervente militante du parti TGV de l’ex-président déchu Andry Rajoelina, a été placée en détention provisoire à la prison d’Avaradrano, à l’issue de son audition devant les juges de la Cour suprême, le 18 janvier dernier. L’élue, par ailleurs magistrat de premier grade, est poursuivie pour des faits de distribution d’argent à des fins de corruption, dans le but de provoquer des troubles à l’ordre public.

Marie-Michelle-Sahondrarimalala, députée et magistrate.

Selon les indiscrétions au Tribunal Anosy d’Antananarivo, plusieurs magistrats, par esprit de corps et affinités politiques, auraient refusé de traiter le dossier.

Un magistrat réputé pour son intégrité 

Cette affaire politiquement délicate a donc atterri dans le bureau du procureur Berthin Mahonjo, un magistrat dont la réputation d’intégrité est établie. Après plus de 25 ans de carrière, ce juge fait partie des rares qui arrivent au Palais de Justice par les transports en commun. Certains de ses collègues, tout juste sortis de l’École de la magistrature, paradent déjà au volant de rutilants 4×4 ! Le sens de la justice, ce conseiller à la Cour de cassation en fait un principe de vie. C’est ainsi que le 31 décembre 2022, il a ordonné, en tant que substitut du procureur, la libération de Mahery Lanto Manandafy, un lanceur d’alerte emprisonné pour avoir dénoncé un trafic d’armes et de munitions impliquant un député, un policier et un homme d’affaires. À la suite de cette action, Mahonjo fut sanctionné d’une suspension de solde de deux ans par les tenants corrompus du pouvoir de l’époque, sous le prétexte fallacieux de « manquements à l’éthique et à la déontologie de la magistrature ».

Berthin Mahonjo.

En plaçant sous mandat de dépôt une cacique de l’ancien régime, Berthin Mahonjo est aujourd’hui accusé par les pro-Rajoelina de « prendre sa revanche », un leitmotiv éculé utilisé à tout bout de champ par ces derniers dès qu’un de leurs comparses est traduit devant la justice pour corruption, concussion, trafic d’influence ou autre délit. Mais sur les réseaux sociaux, les commentaires défavorables au procureur ont vite été submergés par des témoignages provenant tant de justiciables que de collaborateurs faisant l’éloge de ses prestations partout où il a exercé, que ce soit en province (tribunaux d’Ambanja et de Maevatanana) ou dans la capitale.

Ainsi une greffière du tribunal d’Anosy écrit : « Berthin Mahonjo est une personne avenante, un homme qui aime son travail et déteste la corruption. Il vit de son seul salaire, et la suspension de solde dont il fut victime a été difficile à vivre pour lui, car il n’avait aucune économie ». Un justiciable raconte aussi : « Lors d’une affaire, un juge nous a soutiré de l’argent. Mais Berthin Mahonjo a ordonné le remboursement de ce paiement indu ». De menus faits qui marquent les esprits dans le contexte malgache, où les justiciables sont écrasés par les juges véreux et leurs complices de toute la chaîne pénale. 

Un coup de balai s’impose contre la corruption des juges malgaches

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Madagascar : la France tente de relancer sa coopération militaire https://mondafrique.com/international/madagascar-la-cooperation-militaire-avec-la-france-en-berne/ https://mondafrique.com/international/madagascar-la-cooperation-militaire-avec-la-france-en-berne/#respond Tue, 27 Jan 2026 08:32:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145915 Avec l’arrivée, le 21 janvier, du commandant de l’armée française à La Réunion, le général Jean de Monicault, Paris tente de revenir dans le jeu malgache en dépit du lourd passif accumulé lors de la fuite du président Andry Rajoelina, en octobre. La visite du commandant des forces armées de la zone sud de l’océan […]

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Avec l’arrivée, le 21 janvier, du commandant de l’armée française à La Réunion, le général Jean de Monicault, Paris tente de revenir dans le jeu malgache en dépit du lourd passif accumulé lors de la fuite du président Andry Rajoelina, en octobre.

La visite du commandant des forces armées de la zone sud de l’océan Indien, les FAZSOI (qui « garantissent la protection du territoire national et animent la coopération régionale depuis La Réunion et Mayotte », dixit le ministère français des Armées et des anciens combattants) s’inscrit, affirme-t-on à Paris, dans le cadre de la relance de la coopération militaire bilatérale.

Le général Jean de Monicault en visite officielle aux Seychelles, décembre 2025. Les armées française et seychelloise entretiennent une coopération régulière. (Photo FAZSOI.)

Pour preuve, du 19 au 22 janvier, des instructeurs des FAZSOI ont assuré des formations pour leurs homologues malgaches, notamment dans le pilotage de drones. Et très bientôt, en février, la présence des forces armées malgaches, dirigées par le chef d’état-major Démosthène Pikulas, est espérée à des exercices conjoints régionaux à La Réunion, où stationnent les FAZSOI.

Rupture de la confiance

Pourtant, si la coopération militaire franco-malgache ronronnait depuis des années, elle est morte le jour où les FAZSOI, sur ordre du président français sollicité par Nicolas Sarkozy, ont exfiltré en pleine crise politique Andry Rajoelina, un président malgache honni et déchu.

Au-delà de la coopération militaire, la succession de gaffes et de fautes politiques a brisé la confiance entre le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République de Madagascar et l’exécutif français et son chef. Plus grave, il se méfie même à présent des officiers généraux malgaches ayant séjourné en France et étant liés avec les diplomates et les militaires français. Après le refus de Paris de l’aider à former sa sécurité personnelle, le 9 décembre, le chef de la Transition malgache a effectué un déplacement confidentiel à Dubaï, aux Émirats arabes unis, à l’occasion duquel il a rencontré sécurocrates émirati, américains et israéliens, ainsi que des compagnies de sécurité privée, parmi lesquelles la célèbre Blackwater d’Erik Prince.

Arrivée des Russes en fanfare

Depuis, les services de renseignement russes ont débarqué dans la capitale malgache avec une quarantaine d’instructeurs et des drones tueurs qui explosent avec leurs charges. C’est la Présidence de la Refondation elle-même qui l’a annoncé sur sa page Facebook, le 14 janvier, avec des photos de militaires devant une table garnie d’armes et d’équipements militaires.

Auparavant, le 21 décembre, le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, avait lui-même annoncé qu’une délégation russe de « quarante personnes conduite par le général Andrey Vladimirovich Andreyev » était arrivée à Madagascar, pour y livrer des armes et des équipements. La reprise de la coopération militaire opérationnelle entre Madagascar et la Russie s’est illustrée également par une formation délivrée, au même moment que celle des Français des FAZSOI, au camp du 1er bataillon parachutiste, le 20 janvier à Ivato.

Rêve océanique

L’actuel chef des FAZSOI, même s’il ne commande que de modestes éléments militaires, a été placé à cette fonction dans un but bien déterminé. Le sud-ouest de l’océan Indien constitue un point de passage important pour le commerce maritime international, notamment depuis le début des attaques houthies en Mer Rouge. Et surtout, le général français a pour mission de veiller à ce que Paris puisse continuer à conserver les îles Éparses et leur zone économique exclusive, rêve océanique du président Macron.

Promu général de division en 2025, Jean de Monicault est un militaire de confiance du président français, ayant appartenu à son état-major particulier. Sa visite à Madagascar traduit l’acharnement d’Emmanuel Macron à revenir dans les affaires malgaches et plus particulièrement, à s’assurer de la poursuite de l’annexion des îles Éparses.

Une diplomatie indispensable

Négocier la visite de Jean de Monicault n’a pas été une mince affaire. Le Premier ministre de la transition a passé une semaine en visite privée à Paris sans être reçu par un gouvernement débordé et instable. Le colonel Michaël Randrianirina avait proposé à l’ancien candidat à la présidentielle Serge Jovial Imbeh de jouer un rôle d’intermédiaire auprès des partenaires occidentaux mais ce dernier a refusé une mission qui lui semblait mal partie.

C’est finalement la ministre des Affaires étrangères Christine Razanamahasoa qui a réussi in extremis, à travers un communiqué commun avec Jean-Noël Barrot, à donner une voie officielle renouvelée aux relations entre les deux pays, « alignée sur les priorités de la Refondation». Les années qu’elle a passé en exil à Paris après avoir été menacée de mort par Andry Rajoelina lui ont permis de connaître quelques responsables officiels français et d’acquérir la légitimité de la résistance au régime précédent.

 

 

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Trump et la Somalie, la phrase de trop ? https://mondafrique.com/limage-du-jour/trump-et-la-somalie-la-phrase-de-trop/ Wed, 21 Jan 2026 15:30:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145679 Une nouvelle fois, Donald Trump suscite la polémique en qualifiant des membres de la communauté somalienne aux États-Unis de « personnes au QI très faible », affirmant, en prime, que la Somalie « n’est même pas un pays ». S’adressant aux journalistes le 20 janvier, le président Donald Trump est longuement revenu sur les émeutes […]

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Une nouvelle fois, Donald Trump suscite la polémique en qualifiant des membres de la communauté somalienne aux États-Unis de « personnes au QI très faible », affirmant, en prime, que la Somalie « n’est même pas un pays ».

S’adressant aux journalistes le 20 janvier, le président Donald Trump est longuement revenu sur les émeutes qui secouent le Minnesota. Il a montré des images de manifestants présentés comme appartenant à la communauté somalienne, fortement implantée dans cet État. Évoquant des détournements de fonds publics – bien réels – faisant l’objet de poursuites judiciaires, il a ensuite élargi son propos en mettant en cause l’ensemble de cette communauté, l’accusant d’enrichissement sans travail et d’abus du système social américain. Il a ainsi mélangé faits judiciaires avérés, immigration et mise en cause collective, dans un État devenu l’un des principaux points de fixation de son discours sur le « wokisme » et l’insécurité sociale.

C’est dans ce contexte qu’il a décrit, avec un brin de la compassion dans la voix, « des personnes au QI très faible » venues « d’un pays qui
n’est même pas un pays. »

Répercussions internationales d’une polémique intérieure 

Ces déclarations interviennent dans un contexte régional particulièrement sensible. La Somalie traverse en effet une phase de fortes tensions depuis qu’Israël est devenu le premier État au monde à reconnaître officiellement les autorités sécessionnistes du Somaliland,
territoire autoproclamé indépendant en 1991 mais toujours considéré par la communauté internationale comme faisant partie intégrante de la Somalie.

Affirmer que la Somalie « n’est pas un pays » revient, dans ce contexte, à avaliser implicitement cette reconnaissance. Une ligne que la diplomatie américaine s’est jusqu’à présent bien gardée de franchir. Il est vrai que si la décision israélienne a légitimement provoqué de vives réactions à Mogadiscio, elle en a aussi provoqué de la part de pays alliés des États-Unis, comme l’Arabie Saoudite, allant jusqu’à une recomposition rapide des alliances dans la Corne de l’Afrique.

Le président américain a-t-il seulement parlé de politique intérieure ou avait-il conscience de la portée diplomatique de ses déclarations ? La question reste posée.

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CAN : Brahim Diaz, de héros à zéro au milieu du chaos https://mondafrique.com/decryptage/can-brahim-diaz-de-heros-a-zero-au-milieu-du-chaos/ Tue, 20 Jan 2026 13:00:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145639 Entre Brahim Diaz et le Maroc, la belle histoire de la CAN 2025 s’est achevée sur un penalty manqué, dimanche, en conclusion d’une finale perdue face au Sénégal. Retour sur ces moments de chaos qui ont vu le buteur des Lions de l’Atlas passer de héros à zéro, au moment où la partie, incertaine, basculait […]

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Entre Brahim Diaz et le Maroc, la belle histoire de la CAN 2025 s’est achevée sur un penalty manqué, dimanche, en conclusion d’une finale perdue face au Sénégal. Retour sur ces moments de chaos qui ont vu le buteur des Lions de l’Atlas passer de héros à zéro, au moment où la partie, incertaine, basculait dans le temps additionnel de la seconde période.
 
Par Patrick Juillard 

90e+2 : le Sénégal ouvre le score par Ismaïla Sarr. Problème : l’arbitre, M. Ndala, a préalablement sifflé une faute de Seck sur Hakimi. L’action est interrompue, le but n’est pas accordé et le VAR (assistance vidéo) ne peut être consulté. L’examen des images aurait dû conduire l’arbitre congolais à accorder le but.

90e+8 : accrochage sur Diaz, dans la surface de réparation sénégalaise. Appelé par le VAR, l’arbitre accorde un penalty au Maroc.

Dans la foulée, le sélectionneur du Sénégal, Pape Thiaw, demande à ses joueurs de quitter le terrain pour protester contre ces décisions, jugées inéquitables. Les supporters du Sénégal, rassemblées dans une section de la tribune opposée, tentent de pénétrer sur le terrain. Des coups sont échangés et plusieurs blessés sont à dénombrer. Le protocole FIFA, qui interdit au diffuseur de montrer ce type d’images, favorise la prolifération des rumeurs. 

L’échange Sadio Mané-Claude Le Roy

Dans ce chaos, un homme se distingue : Sadio Mané, la star des Lions de la Teranga, refuse de quitter le terrain. Après un bref échange avec Claude Le Roy, présent au bord de la pelouse en tant que consultant télé – «À ta place, j’irais chercher mes potes », lui conseille le coach chevronné – l’attaquant demande à ses coéquipiers de revenir. « On va jouer comme des hommes ! Allez, venez », lance l’ancien joueur de Liverpool. 

Après le retour des Sénégalais sur le terrain, la partie peut reprendre. L’interruption a duré 15 minutes et 22 secondes. Brahim Diaz frappe le penalty et le manque en tentant une panenka (ndlr, du nom du joueur tchèque qui inventa ce geste, consistant à lober le gardien, plongeant d’un côté ou de l’autre du but, d’un petit ballon fouetté). Le Maroc vient de gâcher une occasion historique…

94e : le Sénégal, revigoré, a entamé la prolongation pied au plancher et marque sur une frappe surpuissante de Pape Gueye. Il reste alors près de trente minutes aux Marocains pour inverser la tendance, mais ce ne sera jamais le cas. Les Lions de la Teranga remportent la CAN 2025, la deuxième de l’histoire du pays après l’édition 2021. 

Passé de héros à zéro le temps d’un penalty manqué, Brahim Diaz va recevoir sa médaille de soulier d’or (meilleur buteur) de la compétition sous les sifflets d’un stade Prince-Moulay-Abdellah vidé d’une grande partie de ses spectateurs. Après avoir marqué à chacune des cinq premières sorties des  Lions de l’Atlas, l’ailier droit du Real Madrid a flanché au pire moment, à l’image de son équipe, incapable de marquer dans le jeu tant en demi-finales contre le Nigeria qu’en finale face au Sénégal. 

Brahim Diaz, un échec en forme de fardeau 

Devenu international marocain après avoir porté les couleurs de l’Espagne, le natif de Malaga va devoir vivre toute sa carrière avec ce penalty raté, dans un pays déjà échaudé par les tentatives avortées d’Hakim Ziyech (contre le Bénin, lors des huitièmes de finale de la CAN 2019) et d’Achraf Hakimi (contre l’Afrique du Sud lors de ceux de la CAN 2023). 

Le lendemain, Brahim Diaz s’adresse au public dans un post sur Instagram. « Hier, j’ai échoué et j’en assume l’entière responsabilité. Je vous présente mes excuses les plus sincères, écrit le héros malheureux de la finale. J’ai mal au cœur. J’ai rêvé de ce titre grâce à tout l’amour que vous m’avez donné, à chaque message, à chaque marque de soutien qui m’a fait sentir que je n’étais pas seul. Je me suis battu de toutes mes forces, avec mon cœur avant tout. Il me sera difficile de m’en remettre, car cette blessure ne guérit pas facilement, mais je vais essayer. Pas pour moi, mais pour tous ceux qui ont cru en moi et pour tous ceux qui ont souffert avec moi. »

La théorie du complot pour réécrire l’histoire

Mais le mal est fait. La presse n’est pas tendre avec Brahim Diaz. TelQuel évoque même une « panenka atroce». Parmi les observateurs du football africain, une théorie a ses adeptes : le joueur aurait volontairement manqué son geste, dans le but d’éviter un chaos plus grand encore. Une variante complotiste circule également : c’est SAR le prince Moulay Rachid qui en aurait donné l’ordre, dans le souci de ne pas voir le Maroc gagner la CAN sur un but litigieux.

On peut voir dans cette théorie diffusée, sans la moindre preuve, par certains proches du régime, une manière commode de justifier une défaite a posteriori. D’autres, plus rationnels et plus nombreux, estiment que le contexte explosif et le quart d’heure d’attente avant d’exécuter la sentence ont sorti l’intéressé de son match et provoqué son échec. 

Alors qu’il lui avait adressé une soufflante depuis son banc de touche avant de le remplacer, le sélectionneur du Maroc, Walid Regragui, sera plus clément pour son joueur au moment de sa conférence de presse d’après-match : « Brahim a frappé un tir au but contre le Mali et l’a marqué. Aujourd’hui, il l’a loupé. Ça fait partie du football. »

Tous les entraîneurs ne sont pas du même avis. Ancien occupant du banc du Maroc, aujourd’hui assis sur celui de l’Arabie Saoudite, Hervé Renard livre un verdict sans appel. « On a le droit de rater un penalty, mais, en pareil cas, je suis catégorique et je n’ai aucune complaisance, déclare le technicien français dans un entretien au Parisien. C’est un manque de respect pour tout un pays et tout un peuple en quête d’un succès depuis 50 ans. » Brahim Diaz va devoir être fort, très fort, pour revenir plus fort.

 

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Algérie : Ségolène Royal met les pieds dans le plat https://mondafrique.com/a-la-une/algerie-segolene-royal-met-les-pieds-dans-le-plat/ Tue, 20 Jan 2026 05:10:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145614 Pour sa première sortie publique en tant que nouvelle présidente de l’Association France-Algérie, Ségolène Royal a choisi de frapper là où ça fait mal, en abordant d’emblée tous les sujets qui fâchent. Un choix assumé, dans la droite ligne de ses illustres prédécesseurs à la tête de l’association. En héritage Fondée en 1963, au lendemain […]

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Pour sa première sortie publique en tant que nouvelle présidente de l’Association France-Algérie, Ségolène Royal a choisi de frapper là où ça fait mal, en abordant d’emblée tous les sujets qui fâchent. Un choix assumé, dans la droite ligne de ses illustres prédécesseurs à la tête de l’association.

En héritage

Fondée en 1963, au lendemain de la guerre d’Algérie, l’Association France-Algérie (AFA) a été créée par Edmond Michelet, résistant de la première heure, ministre du général de Gaulle et partisan d’une reconnaissance de l’indépendance algérienne. D’autres figures respectées lui ont succédé, parmi lesquelles Germaine Tillion, Pierre Joxe et Stéphane Hessel. Après Arnaud Montebourg, Ségolène Royal s’inscrit donc dans cette longue lignée et elle n’a pas raté son entrée.

Reconnaître, restituer, pour apaiser

Moins d’un mois après sa nomination, intervenue le 17 janvier lors des Rencontres nationales organisées par l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), Ségolène Royal a vivement critiqué l’usage récurrent de la question algérienne comme levier du débat politicien en France. Elle a notamment rejeté l’expression de « rente mémorielle », qu’elle juge à la fois réductrice et offensante à l’égard des souffrances engendrées par la colonisation, adressant au passage des coups de pied de l’âne à l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui a, tout au long de son passage place Beauvau, instrumentalisé la question algérienne, ainsi qu’à Emmanuel Macron, qui avait accusé l’Algérie de s’être construite sur une « rente mémorielle ».

La nouvelle présidente de l’AFA a ensuite détaillé les dossiers qu’elle juge incontournables : restitution intégrale des restes humains et des crânes de résistants algériens conservés en France, retour du canon Baba Merzoug exposé à Brest, transparence totale sur les essais nucléaires français menés dans le Sahara, avec déclassification complète des archives et mobilisation scientifique internationale pour la dépollution des sites concernés. Elle a également insisté sur la nécessité d’une reconnaissance claire des violences de la colonisation.

Selon Ségolène Royal, seule cette reconnaissance permettrait de dégager un nouvel espace politique entre Paris et Alger. Mais au regard des relations franco-algériennes, marquées sous les deux quinquennats d’Emmanuel Macron par de multiples crises profondes, le chemin s’annonce long. Très long.

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Un coup de balai s’impose contre la corruption des juges malgaches https://mondafrique.com/decryptage/un-coup-de-balai-simpose-contre-la-corruption-des-juges-malgaches/ Sun, 18 Jan 2026 19:55:33 +0000 https://mondafrique.com/?p=145552 La corruption endémique de la chaîne judiciaire à Madagascar, à toutes les étapes de la procédure, doit être combattue. Réquisitoire du correspondant de Mondafrique sur la Grande Île.  Par Daniel Sainte-Roche Les récentes enquêtes conduites par différents organismes établissent que la justice, la police, et la gendarmerie figurent parmi les instances les plus corrompues à […]

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La corruption endémique de la chaîne judiciaire à Madagascar, à toutes les étapes de la procédure, doit être combattue. Réquisitoire du correspondant de Mondafrique sur la Grande Île. 

Par Daniel Sainte-Roche

Les récentes enquêtes conduites par différents organismes établissent que la justice, la police, et la gendarmerie figurent parmi les instances les plus corrompues à Madagascar. La corruption administrative est de notoriété publique et elle fait l’objet de multiples dénonciations dans la presse et sur les réseaux sociaux. En avril 2025, la Gazette de la Grande Île (LGDI) a, ainsi, accusé l’ancienne procureure générale près la Cour d’Appel de Madagascar « d’agir en tant que relais opérationnel des intérêts mafieux au sein de la justice », en utilisant sa position pour bloquer des procédures et protéger des figures puissantes du monde économique. Selon LGDI, elle s’est entourée d’un réseau d’acteurs au sein du parquet, des greffes et des pôles anti-corruption pour effacer des preuves, orienter des jugements et faire libérer des criminels notoires.

De telles pratiques sont observées dans la plupart des juridictions de l’île, car le pays est en proie à une corruption systémique. Habituellement plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural, le phénomène est désormais banalisé.

Corruption ou remerciement coutumier ? 

À Madagascar, la définition de la corruption doit affronter la ligne de démarcation entre corruption proprement dite et manifestations de la reconnaissance, perçues comme étant un trait culturel caractéristique des Malgaches. La définition de la corruption issue du droit français et transposée dans le droit local n’est pas compatible avec la conception malgache du « remerciement », anticipé ou non. Dans l’esprit local, le « falim-po » (gratitude et remerciement sous forme de cadeau) n’est pas assimilable à de la corruption. Ainsi, à Tuléar (sud-ouest), la visite d’un justiciable chez le magistrat est toujours accompagnée de la remise d’un présent. Pour les Bara (ethnie des plateaux du sud), refuser un cadeau constitue une offense grave. En pays sihanaka (centre-est), pendant la période des récoltes, le magistrat se voit offrir les prémices du riz (ou « santam-bary »), autrefois cadeau réservé au roi. Des coutumes similaires peuvent être observées dans les autres régions de Madagascar, à tel point que la plupart des fonctionnaires ne pensent pas se rendre coupables de corruption lorsqu’ils acceptent des cadeaux.

La politisation à outrance des affaires publiques peut être considérée comme l’une des premières causes du développement de la corruption. On observe, en effet, que la concentration du pouvoir a augmenté les possibilités de concussion. À cet égard, les réflexes hérités du système socialiste révolutionnaire des années 1970 perdurent. Il faut y ajouter la paupérisation des fonctionnaires et l’affaiblissement économique de l’État. Le manque de moyens matériels dévolus aux autorités administratives a conduit ces dernières à contracter une dette morale envers les opérateurs économiques, conduisant à la captation de l’État par des intérêts privés. Mais, parallèlement, la pénurie de moyens dans les administrations (lesquelles ne sont même pas capables de fournir les imprimés administratifs aux usagers !) est un prétexte permettant aux agents publics d’en tirer des avantages personnels, en faisant payer par l’administré 10 à 20 fois le tarif normal.

Manque d’instruction et de confiance dans l’administration

Le manque de confiance dans l’administration, et en particulier dans la justice, est également une source majeure de corruption. Le faible niveau d’éducation de la population engendre une ignorance de la loi et la peur des autorités. Ainsi, dans la région de Diana (nord), même si l’administré connaît très bien le fonctionnaire, il se fait toujours accompagner, au cas où il lui faudrait traiter d’un service avec l’administration. En conséquence, même pour des opérations de base, il est amené à donner de l’argent à l’agent public.

En matière d’affaires juridiques, la méconnaissance des mécanismes de la justice facilite les intimidations de tous bords, à commencer par les officiers de police judiciaire. Nombre d’administrés pensent qu’il vaut mieux payer la gendarmerie ou la police plutôt que le tribunal, qui risque de leur coûter plus cher. La méfiance à l’endroit de la justice est aggravée par le jargon juridique et l’incompréhension des décisions judiciaires car les jugements sont rédigés en français, langue que ne maitrise pas la majorité des Malgaches.  

La perpétuation de certaines coutumes favorise aussi la corruption. Ainsi, dans certaines zones rurales, le vol de bovidés est une pratique traditionnelle et une institution sociale, une sorte de rite imposé au jeune homme pour tester sa bravoure. Alors que dans le droit moderne, le vol est un crime ! Être traîné devant le tribunal et emprisonné, dans ce contexte, est considéré comme la pire des infamies par les membres de ces communautés, qui préfèrent, pour échapper aux poursuites, donner de l’argent aux gendarmes, à la police ou aux magistrats.

Tout se monnaye

À Madagascar, tout service, tout contrôle, tout acte administratif se monnaye. Et au tribunal, toutes les affaires sont susceptibles de          marchandage. Au civil, ce sont les conflits fonciers qui font l’objet du plus grand nombre de transactions douteuses. Techniquement, le juge n’intervient que très marginalement dans le règlement des différends fonciers mais lorsqu’il est saisi, il est autorisé à jouer le rôle d’arbitre et de conciliateur de fait. Cette pratique lui confère un ascendant sur les parties, ce qui offre aux juges véreux une grande marge de manœuvre pour soutirer de l’argent aux justiciables.

Dans les conflits commerciaux, on observe fréquemment une surévaluation des dommages et intérêts, le surplus ainsi dégagé étant partagé entre les plaignants et les magistrats. Les dossiers sont sélectionnés dès le secrétariat par certains juges en fonction du montant du litige. « Le ou la secrétaire joue alors le rôle d’intermédiaire entre le juge et le justiciable », confie une ancienne employée du tribunal de première instance de Tananarive.

Dans le domaine pénal, les enjeux sont très importants car la liberté et les biens des personnes sont en jeu. Les justiciables se sentent vulnérables et sont prêts à accepter toutes les conditions imposées par les autorités judiciaires qui disposent d’un pouvoir étendu : juges d’instruction, magistrats du parquet et de la chambre de détention. En matière de mandat de dépôt, par exemple, le juge dispose de vingt mois pour faire son enquête. Cette prérogative peut devenir un instrument de chantage entre les mains des magistrats malhonnêtes, de même que la pression indirecte exercée sur les justiciables, par exemple en matière de renvoi des jugements.    

Un réseau inextricable

La corruption atteint toutes les catégories de personnels de la justice. Une chaîne de complicité peut se constituer au cours du traitement d’un dossier. C’est ainsi que de nombreux agents publics du tribunal sont devenus des rabatteurs au service des magistrats, et un réseau interne tentaculaire s’est installé. La police et la gendarmerie peuvent être impliquées, ainsi que le service pénitentiaire et le greffe. Des tribunaux disposent d’un réseau de rabatteurs spécialisés dans la recherche de cas litigieux qui opèrent en relation avec les forces de l’ordre. 

Des officiers de police et de gendarmerie établissent et modifient les dossiers, de concert avec les magistrats, après l’enquête préliminaire. Des pièces essentielles peuvent être subtilisées et effacées. Dans d’autres cas, il peut arriver que le juge d’instruction ne voie pas d’objection à la mise en liberté provisoire, mais que le parquet, usant de son pouvoir d’opposition, soutire de l’argent à l’inculpé et le partage avec les 3 magistrats de la chambre de détention en échange d’une décision finale de liberté provisoire. 

À chaque étape de la procédure

La corruption affecte différentes étapes des procédures. Mais du fait de l’extrême surpopulation dans les prisons malgaches (près de 1000% de taux de remplissage en 2023 selon un envoyé du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme), on y est enclin plus qu’ailleurs à payer pour éviter l’enfer carcéral. C’est le cas, en particulier, lors de la demande de mise en liberté provisoire, de la délivrance d’ordres médicaux par le médecin-chef de la prison, pour les autorisations de sortie, la délivrance d’un ordre d’extraction ou d’élargissement, le confort de la situation carcérale du détenu, l’achat et/ou la location de lits en cellule. Pour bénéficier du système de main d’œuvre pénale (MOP), qui leur permet de travailler à l’extérieur de la prison, les détenus doivent s’acquitter du versement mensuel d’un «écolage ». Le système MOP affecte  généralement les prisonniers concernés auprès de magistrats ou de personnalités politiques.

De façon générale, les catégories sociales plus aisées établissent des contacts directs avec les magistrats, comme, par exemple, les hommes d’affaires karana, tandis que les catégories à revenus plus modestes s’adressent aux greffiers.

Impunité générale

Plusieurs mesures ont été prises par l’État pour endiguer la corruption dans les tribunaux : par exemple l’interdiction faite au magistrat, au greffier et aux autres personnels judiciaires de traiter les dossiers de leur famille ou  l’interdiction, pour les juges, de recevoir des tierces personnes dans leur bureau. Mais ces mesures ne sont pas toujours respectées. La mise en place de boîtes à doléances n’est quasiment pas opérationnelle, car les justiciables ne veulent pas décliner leur identité.

Quand des actions d’envergure contre la corruption sont menées, elles s’apparentent parfois à des chasses aux sorcières ou à des règlements de comptes politiques. Les hauts fonctionnaires pris en flagrant délit ne reçoivent pas toujours une sanction exemplaire. Le cas de l’ancien ministre de la Justice Imbiky Herilaza, en 2022, est révélateur. En effet, des enregistrements d’une conversation téléphonique ont établi son implication dans un pot de vin en échange de l’annulation d’une procédure d’arrestation, mais aucune procédure pénale n’a jamais été, par la suite, déclenchée à son encontre.

Par ailleurs, une différence de traitement est observée dans l’application des sanctions. Impliqués dans une même affaire, un simple agent public sera puni sévèrement, par une peine d’emprisonnement, alors que le magistrat subira une simple affectation disciplinaire. 

La révolte des jeunes en septembre 2025 – qui a abouti un mois plus tard à la chute du président Andry Rajoelina – a été motivée en partie par le ras-le-bol devant la corruption généralisée. L’opinion publique mise beaucoup sur le pouvoir de transition actuel pour mettre en œuvre une véritable refondation afin d’éradiquer ce fléau. En matière de corruption dans le secteur de la justice, les différents protagonistes sont identifiés, et le mécanisme de fonctionnement du système est connu… Il ne manque plus que le courage politique pour entamer le grand nettoyage. 

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Flambée des violences sexuelles liées au conflit en RDC https://mondafrique.com/decryptage/flambee-des-violences-sexuelles-liees-au-conflit-en-rdc/ Tue, 13 Jan 2026 05:39:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=145119 Human Rights Watch dénonce, dans un communiqué diffusé le 12 janvier, une augmentation des violences sexuelles liées au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, de la part de tous les belligérants.  L’organisation de défense des droits humains affirme que « les violences sexuelles liées au conflit dans l’est de la République démocratique […]

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Human Rights Watch dénonce, dans un communiqué diffusé le 12 janvier, une augmentation des violences sexuelles liées au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, de la part de tous les belligérants. 

L’organisation de défense des droits humains affirme que « les violences sexuelles liées au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo se sont intensifiées, tandis que le soutien aux survivantes a considérablement diminué », notamment suite aux coupes budgétaires américaines dans l’aide humanitaire. « Le M23 soutenu par le Rwanda, d’autres groupes armés et les forces militaires utilisent les violences sexuelles comme une arme de guerre, alors que les survivantes sont confrontées à un climat d’impunité qui protège les responsables et à un système de santé privé de moyens pour les accompagner », accuse Human Rights Watch, qui demande à l’armée congolaise de « prendre toutes les mesures nécessaires pour faire respecter la discipline » en son sein « afin de prévenir les violences sexuelles » et aux autorités d’appuyer les enquêtes et d’encourager les poursuites contre les auteurs des crimes.

En partenariat avec l’organisation congolaise de défense des droits des femmes Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI), Human Rights Watch publie les résultats d’une enquête qui établit la responsabilité d’au moins cinq groupes armés non étatiques ainsi que de l’armée congolaise. « Les groupes armés et les forces militaires utilisent les violences sexuelles comme une arme de guerre dans l’est de la RD Congo », a déclaré Ida Sawyer, directrice de la division Crises et conflits. « Les survivantes de ces crimes atroces sont confrontées à un climat d’impunité qui protège les responsables et à un système de santé privé de moyens pour les accompagner. »

En novembre 2025, les deux organisations ont interviewé 23 survivantes de violences sexuelles dans le nord-est de la RD Congo ainsi que quatre survivantes congolaises ayant fui en Ouganda l’est de la RDC. Elles ont également échangé avec les autorités provinciales congolaises de la santé et de la justice ainsi que des organisations nationales et internationales qui fournissent une assistance aux survivantes.

Grossesses et contaminations au VIH 

Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a signalé plus de 80 000 cas de viol dans l’est de la RDC entre janvier et septembre 2025, soit une hausse de 32% par rapport à la même période en 2024. En parallèle, les coupes soudaines dans le financement de l’aide et la fermeture de l’USAID ordonnées par Donald Trump début 2025 ont brusquement mis fin aux soins médicaux d’urgence et à d’autres formes de soutien pour des milliers de survivantes. Beaucoup ont contracté le VIH ou des grossesses non désirées alors que les cliniques et les hôpitaux de la région étaient à cours de kits de prophylaxie post-exposition auparavant fournis par des projets financés par les États-Unis. Ces kits doivent être administrés dans les 72 heures suivant l’exposition pour prévenir le VIH et la grossesse.

 

 

 

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