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D’un ambassadeur l’autre

Charles Kushner (Photo ambassade des États-Unis en France).

Le coup de menton français en réponse au nouveau refus de l’ambassadeur américain à Paris de se présenter à une convocation du ministère des Affaires étrangères lundi a réveillé le souvenir d’une autre crise diplomatique.

Charles Kushner, c’est évident, abuse de sa proximité familiale avec Donald Trump, la muflerie faite président. C’est à ce titre, suppose-t-on, qu’il refuse de se plier aux usages diplomatiques, dont il n’a que faire puisqu’après tout il a été parachuté à ce poste sans la moindre compétence. Kushner est promoteur immobilier, condamné pour diverses malversations et gracié par le beau-père de son fils Jared, commodément président des États-Unis. Jean-Noël Barrot a mal pris l’affront. Il a voulu marquer le coup, mais sans non plus fâcher l’Amérique. Il a donc demandé au beau-père de la fille du président américain (Ivanka) de ne plus « accéder directement aux membres du gouvernement français ». La sanction n’est pas méchante. 

À Mondafrique, on s’est souvenu d’une autre mauvaise manière diplomatique, française cette fois : le refus de Sylvain Itté, ambassadeur de France à Niamey, de se rendre en août 2023 à une invitation du Premier ministre du Niger, Ali Lamine Zeine, dont il refusait de reconnaître la légitimité (puisque le Premier ministre était là par la volonté d’une junte que Paris vomissait – et vomit toujours, d’ailleurs).

Mais l’affaire alors s’envenima sacrément, tandis qu’Emmanuel Macron menaçait le Niger des pires foudres et tentait d’imposer à Paris une ambassadrice du Niger que la junte de Niamey voulait limoger. La crise diplomatique, alors, était l’écho d’une crise politique grave entre deux pays et leurs deux dirigeants. Déclaré non grata, Sylvain Itté fut finalement discrètement exfiltré de Niamey en septembre 2023, après deux mois de montée de la tension.

Aucun ambassadeur au monde ne peut rester dans un pays qui ne veut plus de lui. Barrot pourrait faire de même avec Kushner s’il voulait vraiment se faire respecter et faire respecter la France. On n’en est manifestement pas là.