Covid, l’Algérie attend désespérément le vaccin russe

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En Algérie, il n’est pas bon d’être ministre de la Santé tant la lutte contre l’épidémie et l’arrivée des vaccins russes marquent le pas. 

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est permis le luxe, avant de reprendre l’avion pour l’Allemagne où il se soigne, de gronder publiquement le gouvernement pour sa lenteur en matière campagne de vaccination contre le Covid 19. Surréaliste. En Algérie comme en Tunisie et au Maroc, la même règle prévaut : les ministres de la Santé sont vivement critiqués autant par les citoyens maintenus dans le flou que par les pouvoirs politiques en place- qui ont beau rôle de dénoncer « les carences ». En attendant qu’arrivent enfin les premières livraisons de vaccins promises, les Etats paniquent. De l’impréparation à l’improvisation, les politiques sanitaires des pays du Maghreb évoluent d’une manière vertigineuse, le feuilleton continue. 

Les trois pays du Maghreb avaient opté chacun pour un vaccin différent : Pfizer et Bionech pour la Tunisie, le vaccin russe Spoutnik V pour l’Algérie et enfin le chinois Sinopharm pour le Maroc. Chaque pays vantant son choix forcément meilleur que celui des voisins. Aujourd’hui, tout a changé, les discours sentencieux d’hier ont été remplacés par des communiqués prudents. 

En attendant les vaccins russes

 On avait écrit que l’Algérie avait commandé à son ami de longue date russe le vaccin appelé Spoutnik V. Ah, oui on a sauté un épisode. Après avoir décrété que le vaccin russe était le plus fiable de tous les vaccins proposés sur le marché, les autorités algériennes ont du, elles aussi, se rendre à l’évidence : l’ami russe ne pourra pas livrer ses vaccins en Algérie avant le printemps. D’où le changement de cap improvisé du gouvernement : «   En plus  du vaccin russe, il est attendu que l’Algérie reçoive un autre lot de  vaccin anti covid-19  en provenance de le République populaire de Chine  avant fin janvier 2021 » a annoncé mercredi 13 janvier Ammar Belhimer, ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement. 

Moqué par les internautes qui ont rappelé que le même gouvernement prétendait il y’a encore deux semaines que seul le vaccin russe était conforme aux normes imposées par l’Algérie, le gouvernement a dû expliquer sa « préférence » russe. Selon les médias gouvernementaux, c’est la possibilité de fabriquer le vaccin en Algérie qui a d’abord intéresser les autorités.  Le 8 décembre dernier, l’ambassadeur russe à Alger, Igor Beliaev, affirmait que son pays était « prêt à coopérer avec l’Algérie pour lancer la production au niveau local » du vaccin Spoutnik V. 

Effectivement, lors de la session de l’ONU consacrée à la présentation de Spoutnik V début décembre, le ministre russe de la Santé, Mikhaïl Mourachko, avait exprimé le souhait de son pays de produire ce vaccin dans 55 pays, dont l’Algérie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Corée du Nord, l’Inde, l’Ouzbékistan, le Qatar, Singapour, la Syrie, le Tadjikistan et la Thaïlande. Que des grands pays connus pour le sérieux et la compétence de leurs très légitimes gouvernants. 

Un suspense entretenu

En attendant, la presse algérienne alimente comme elle sait faire un suspense qui tient en haleine les algériens. Quand donc les vaccins vont-ils arriver ? Selon le quotidien El Watan, l’acquisition du vaccin russe Sputnik V « semble poser problème ». « Les quantités demandées, à savoir les 500 000 doses prévues dans le première livraison, risquent d’être revues à la baisse, voire même amputées de plus de la moitié, avons-nous appris de sources sûres » écrit le quotidien francophone d’Alger. « D’ailleurs, les Chinois ont été approchés pour venir à la rescousse et combler le risque de défaillance russe et sauver la face» affirme « la source » d’El Watan. 

Sur les réseaux sociaux, le ton est moins poli : « Manque d’anticipation » « absence de transparence », « cafouillage ».

Ce qui est assez bien résumé !

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