Coronavirus (6), notre reportage photo sur l’hopital de Ouagadougou

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Le premier décès officiel du coronavirus en Afrique sub-saharienne a été enregistré au Burkina Faso : il s’agissait de la vice-présidente de l’Assemblée nationale.

Notre reportage photo au sein de l’hôpital Tengandogo, ex. CHU Blaise Compaoré, à Ouagadougou

Anne Mimault est photographe indépendante (www.instagram.com/annemimault/). Installée au Burkina Faso depuis dix ans, elle travaille pour la presse et les ONG.

Après l’annonce d’un premier cas suspect, un Chinois vivant à Ouagadougou, le 5 février, les 2 premiers cas confirmés ont été rendus publics le 9 mars. Il s’agit du pasteur le plus célèbre du pays, M. Karambiri et de son épouse, contaminés lors du rassemblement évangélique de Mulhouse fin février. Ils ont tous les deux guéri et quitté l’hôpital. Depuis deux semaines, on enregistre 5 nouveaux cas par jour en moyenne.

Une mobilisation exceptionnelle

Pour prendre en charge les malades, une cellule des maladies infectieuses a été créée début mars au sein de l’hôpital Tengandogo, ex. CHU Blaise Compaoré, à Ouagadougou. Une équipe de volontaires, venus des autres hôpitaux de la capitale, se relaie 24 heures sur 24 dans la zone de confinement. Le port d’un équipement spécial à usage unique est obligatoire. Tous les soignants travaillent après avoir enfilé sur leur blouse une combinaison spéciale, des gants, des sur-chaussures, une cagoule, des masques, lunettes et tablier.

Pour prévenir le développement de l’épidémie, les autorités ont pris plusieurs mesures ces deux dernières semaines, comme le raconte l’album photo ci-dessous : interdiction des grands rassemblements, fermeture des établissements scolaires, des lieux de culture et, depuis samedi, instauration d’un couvre-feu et interdiction de la fréquentation des maquis, les restaurants populaires du pays.  

A la date du 21 mars, le bilan officiel faisait état de 64 personnes contaminées, dont 5 ministres. Les 20 millions d’habitants du Burkina Faso vivent déjà une grave crise sécuritaire avec l’avancée rapide des groupes terroristes sur le territoire. La guerre virale vient s’ajouter à la guerre militaire. Dans de nombreuses villes du Nord et de l’Est du pays, la situation sanitaire est déjà très grave, alors que plus de 750 000 déplacés internes vivent entassés dans des tentes ou des familles d’accueil. La crainte de l’arrivée du Covid-19 dans ces régions hante tous les esprits.

Ce reportage a été réalisé à Ouagadougou entre les 10 et 21 mars, entre le lendemain de l’annonce du premier cas de COVID-19 sur le sol burkinabè et les dernières heures avant le début du couvre-feu.

Le 10 mars 2020 :

 Une gare de bus au centre-ville de Ougadougou.

Les deux premiers cas de Covid-19 sur le territoire burkinabè viennent d’être annoncés la veille. Mais la vie de la majorité des Burkinabè continue. Ouagadougou grouille toujours de monde ; les masques sont extrêmement rares, sauf aux guichets de quelques institutions internationales.

Le 11 mars 2020 :

Le personnel hospitalier est mobilisé depuis l’annonce du premier cas suspect, le 5 février. Une unité spéciale a été mise en place à l’hôpital Tengandogo, dans le sud de la capitale. Les professionnels de la santé qui y travaillent sont tous volontaires.

Le 11 mars 2020 :

Pour s’approcher des malades en zone de confinement, les soignants portent  une combinaison intégrale jaune, 3 paires de gants en caoutchouc, une paire de bottes, des sur-chaussures jetables, une cagoule de chirurgien, 2 masques de protection, des lunettes et un tablier. Le défi, c’est de tout enlever, couche par couche, sans rien contaminer, ni soi-même ni son environnement. Il ne faut rien toucher et ne pas tomber pour ne pas être envoyé en quarantaine.

Le 14 mars 2020 :

Les autorités burkinabè annoncent, avec effet immédiat, la fermeture des établissements scolaires pour deux semaines, quelques jours après l’interdiction des rassemblements regroupant plus de 50 personnes. Ici un des grands collèges de la capitale, portes fermées.

Le 17 mars 2020 :

Unité spéciale de l’hôpital Tengandogo, à Ouagadougou. Ici, 2 malades confinées viennent chercher leurs plateaux repas.

Le 18 mars 2020 :

Le Burkina Faso vient d’enregistrer son premier décès. Marie-Rose Compaoré, députée, était âgée de 62 ans et diabétique. Son corps a été transporté directement de la zone de confinement au cimetière. Ici, à la sortie du cimetière de Gounghin, où elle a été enterrée.

Le 19 mars 2020 :

Les grandes enseignes tentent de protéger leurs personnels et clients en désinfectant régulièrement les points de passage. Ici, dans un des supermarchés du centre-ville, un agent asperge la caisse d’eau de javel.

Le 19 mars 2020 :

La Fédération des Associations Islamiques du Burkina (FAIS) annonce la fermeture des mosquées dès le lendemain, après la prière de 13h00. La grande mosquée de Ouagadougou a pris certaines mesures d’hygiène en amont de cette décision : de nouveaux robinets plus hygiéniques, la mise à disposition de savon et l’affichage des consignes du ministère de la Santé.

Le 20 mars 2020 :

Alors que les fidèles musulmans se massent dans les mosquées pour la dernière grande prière avant la fermeture totale des mosquées, le Cercle d’Etudes, de Recherches et de Formation Islamique (CERFI) a préféré anticiper la fermeture de ses lieux de culte afin de protéger ses fidèles. L’imam fait son prêche en direct sur Facebook. 

Le 21 mars 2020 :

18h00, les chaises de ce maquis restent vides. Dans une heure, tous les Burkinabè seront confinés chez eux pour la nuit. La vie reprendra, le lendemain à 5h. Le couvre-feu est en vigueur depuis la veille.

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