Congo : un collectif anti-Sassou sous pression

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Lieutenant du régime de Sassou N’Guesso, le ténor congolais du trading pétrolier, Claude Wilfrid Etoka, porte plainte contre le leader d’un collectif d’opposants à Paris pour faits de « menaces et d’injures publiques ».

Ulcéré par les démonstrations d’hostilité à son égard en France, le clan du président congolais Denis Sassou N’Guesso contre-attaque. Le 8 novembre, le procureur général de la république congolaise, André Ngakala Oko, a annoncé devant les caméras des chaînes de télévision congolaises que le magnat du trading pétrolier Claude Wilfrid Etoka, proche du pouvoir, a déposé plainte devant la justice congolaise contre Roland-Lévy Nitou, le leader du collectif des « indignés du 242 ».

Constitué à Paris, ce mouvement d’opposition au régime de Sassou N’Guesso s’est fait connaître pour ses manifestations filmées devant les propriétés de personnalités du pouvoir congolais acquises en France. Le collectif dénonce l’utilisation des deniers publics soupçonnés d’avoir servi à l’achat de ces biens considérés comme « mal acquis ».

Chantage

Après s’être rendu devant l’appartement du couple N’Guesso dans le 7ème arrondissement à deux reprises fin octobre et début novembre, les « indignés du 242 » ont réalisé une vidéo devant la villa que possède Claude Wilfrid Etoka à Buc dans les Yvelines. Exerçant l’essentiel de ses activités depuis le Maroc où sa compagnie de trading, la Société africaine de raffinage et de distribution, est installée, Claude Wilfrid Etoka est connu pour sa proximité avec le fils de Sassou, Denis-Crhistel Sassou N’guesso.

Roland-Lévy Nitou qui dit être en possession de preuves d’achat de la propriété de Buc en estime la valeur à 1,6 millions d’euros. L’épouse de Claude Wilfrid Etoka aurait ensuite chassé les membre du collectif en pleine action en les traitant de « pauvres ». Le récit de Roland-Lévy Nitou fait par ailleurs état d’intimidations et de chantage. « Un intermédiaire de Wilfrid Etoka m’a contacté pour savoir s’il était possible de discuter. Il m’a proposé de l’argent en échange du nom de la personne m’ayant informé sur la propriété. » Depuis, Roland-Lévy Nitou assure recevoir des menaces quotidiennes par téléphone ou sur les réseaux sociaux.

Fuite en avant

Pour lui, la plainte dont a été saisie le parquet de Brazzaville pour faits de « menaces et d’injures publiques » constitue une tentative de ramener l’affaire hors des frontières de hexagonales. « Les faits ont eu lieu en France où je réside depuis plus de 20 ans. Pourquoi ne saisit-on pas la justice française ? »

 

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