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Un surprenant sondage réalisé auprès des Maliens

Depuis 2012, la fondation Friedrich-Ebert-Stiftung publie chaque année un sondage sur l’état de l’opinion des Maliens quant aux situations politiques, économiques et sécuritaires de leur pays. Cette nouvelle enquête étonne à plus d’un titre.

Le 16ème rapport Mali-mètre, publié en mai 2025 par la Fondation Friedrich-Ebert-Stiftung (FES), s’inscrit dans la droite ligne des éditions précédentes. Il dresse un panorama détaillé de l’opinion publique malienne sur la situation politique, économique et sociale du pays. Basé sur une enquête menée auprès de 2 220 personnes à Bamako et dans dix capitales régionales, il met en lumière les perceptions, attentes et priorités des citoyens maliens.

Principaux résultats du sondage :

Ces chiffres, dont rêveraient les dirigeants actuels français, surprennent alors que la situation politique se tend, que les partis politiques viennent d’être suspendus et les manifestations de l’opposition interdites. Cependant, la fondation Friedrich-Ebert-Stiftung, financée par le gouvernement allemand, ne peut être soupçonnée de favoriser artificiellement les autorités de Bamako. Cela signifie donc que le Président de la transition, Assimi Goïta, et les quatre autres généraux au pouvoir bénéficient encore d’un fort soutien populaire.

Minusma, Russie, et Alliance des Etats du Sahel…

Cette enquête d’opinion montre également qu’une grande majorité de Maliens ne regrettent pas la MINUSMA. Ils sont 67 % à considérer que le retrait de la mission onusienne  a eu un impact positif sur l’amélioration de la sécurité, la restauration de l’intégrité territoriale et le retour de la paix. Ceux qui ne partagent pas cet avis sont ceux qui ont perdu leur emploi avec le départ des casques bleus.

La présence Russe est également plébiscitée et ce malgré les exactions des mercenaires de Wagner. 78,8% des Maliens font confiance à la Russie pour aider le Mali à retrouver son intégrité territoriale.

Mais la palme d’or de cette enquête revient à l’Alliance des Etats du Sahel qui obtient des scores soviétiques avec 92% de satisfaction. Si l’AES peut se réjouir de cet excellent résultat, ce sondage devrait également faire plaisir à la CEDEAO puisque 62% des Maliens ne souhaitent pas rompre pour autant avec l’institution sous-régionale.

Vouloir à la fois rester dans la CEDEAO et soutenir l’AES n’est pas si incohérent qu’il n’y paraît. Il s’agit moins de choisir un camp que préserver tous les leviers possibles pour l’avenir du pays et de garder l’espoir dans une coopération régionale.

 

 

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