Sénégal, la tolérance zéro en matière de détournements

Amadou Ba (à gauche) et Bassirou Diomaye Faye (à droite).

Dans son discours du 12 septembre dernier, le président de la République Bassirou Diomaye Faye promettait que toutes les responsabilités allaient être clairement situées. Il faisait ainsi allusion, à la gestion publique sous l’ancienne administration, qui selon lui, a été marquée par une légèreté inacceptable. Depuis, la voloté de lutte contre la corruption s’est accentuée

Le Chef de l’État très tranchant regrettait « une dérive incontrôlée de la masse salariale, une explosion de la dette et de ses intérêts, ainsi qu’une gestion des subventions totalement chaotique ». Poursuivant son discours, le président sénégalais s’offusquait des dérapages comme « des manipulations volontaires et cachées, entraînant une explosion incontrôlée de la dette ».

Des  pratiques, pratiques qui, à ses yeux, ont sapé la crédibilité et la santé financière du pays. Deux semaines après, le 27 septembre 2024, son premier ministre Ousmane Sonko abondait dans le même sens. Au cours d’une conférence de presse, il dévoilait les chiffres de l’audit des Finances publiques.

Tout de blanc vêtu mais rouge de colère, il affirmait que le déficit budgétaire qui a été annoncé à une moyenne de 5,5% du Pib, sur la période 2019 / 2023, était en réalité de 10,4 % soit le double de ce qui a été annoncé. Pour ce qui est de la dette, le Gouvernement parle de 1892 milliards Fcfa empruntes et introuvables sur les livrets et comptes publics.

« Depuis le 24 mars 2024, avec l’élection du président Bassirou Diomaye Faye, nous sommes entrés désormais, dans l’ère de la tolérance zéro aussi bien pour la détection que pour la sanction des pratiques occultes conformément à notre engagement en matière de reddition des comptes devant le peuple », a réitéré le premier ministre lundi dernier, en marge d’une cérémonie consacré aux administrateurs publics.