- Mondafrique https://mondafrique.com/confidentiels/ Mondafrique, site indépendant d'informations pays du Maghreb et Afrique francophone Sat, 29 Nov 2025 09:11:14 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://mondafrique.com/wp-content/uploads/2017/11/logo_mondafrique-150x36.jpg - Mondafrique https://mondafrique.com/confidentiels/ 32 32 Rejoignez la nouvelle chaine Whatsapp de Mondafrique https://mondafrique.com/confidentiels/rejoignez-la-nouvelle-chaine-whattsapp-de-mondafrique/ Sat, 29 Nov 2025 03:18:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=107637 Avec quelques 500000 visiteurs par mois pour le site fondé en 2014, 35000 abonnés sur Instagram et 5000 fidèles de nos pages WhatsApp , « Mondafrique » a imposé une vision pluraliste et originale en matière d’information sur le monde arabe et africain

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Mondafrique qui rentre dans sa onzième année d’existence le doit à ses fidèles lecteurs qui résident pour moitié en Europe (majoritairement en France, beaucoup au Canada) et pour moitié dans les pays du Maghreb (surtout en Algérie) , du Sahel (le Niger et le Mali en tète)  et du Moyen Orient (notamment le Liban).

Avec quelques 500000 visiteurs par mois pour le site fondé en 2014, 35000 abonnés sur Instagram et 5000 fidèles de nos pages WhatsApp , « Mondafrique » a imposé une vision pluraliste et originale en matière d’information sur le monde arabe et africain. Depuis le début des guerres en Ukraine et au Moyen Orient, nous ne nous interdisons pas d’accueillir des analyses sur les grands équilibres mondiaux qui ne peuvent pas manquer de se répercuter sur le mode africain et maghrébin. 

Notre positionnement critique vis à vis des pouvoirs en place, la diversité des contributeurs du site -journalistes, diplomates, universitaires ou simples citoyens-, la volonté enfin d’apporter des informations et des analyses qui tranchent avec la reste de la presse ont été nos seules lignes de conduite.  

Notre indépendance est totale.

Nous revendiquons une totale transparence. Deux hommes d’affaires et actionnaires du site, l’un mauritanien et l’autre libanais,  nous permettent de disposer de ressources pour faire vivre le site. Qu’ils en soient remerciés.

Le fondateur de Mondafrique, Nicolas Beau, contrôle l’actionnariat, ce qui place notre media à l’abri de toutes les pressions.

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Tunisie, l’exercice solitaire du pouvoir budgétaire https://mondafrique.com/international/tunisie-lexercice-solitaire-du-pouvoir-budgetaire/ https://mondafrique.com/international/tunisie-lexercice-solitaire-du-pouvoir-budgetaire/#respond Tue, 25 Nov 2025 13:02:53 +0000 https://mondafrique.com/?p=143255 Le CRLDHT, dans le cadre de Liqaaet Eco, organise une rencontre d’analyse du Projet de loi de finances 2026 à un moment où la Tunisie traverse l’une des crises économiques, sociales, politiques et institutionnelles les plus graves de son histoire récente. À l’heure où les droits reculent et où la pauvreté s’étend, le débat sur […]

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Le CRLDHT, dans le cadre de Liqaaet Eco, organise une rencontre d’analyse du Projet de loi de finances 2026 à un moment où la Tunisie traverse l’une des crises économiques, sociales, politiques et institutionnelles les plus graves de son histoire récente. À l’heure où les droits reculent et où la pauvreté s’étend, le débat sur le budget n’est pas un exercice technique : c’est un enjeu de justice, de dignité et de démocratie.

Le 26 novembre 2026 à 19h au CICP – 21ter Rue Voltaire, 75011 Paris

Le budget 2026 est construit dans un contexte de tensions financières explosives : une dette publique qui atteint 147,4 milliards de dinars, soit 80,5 % du PIB, des besoins de financement colossaux de 27 milliards de dinars, et un déficit de près de 11 milliards que le gouvernement veut combler en puisant directement dans la Banque centrale, en émettant des sukuk et en pressurant encore davantage un système bancaire déjà exsangue. Ce choix n’est pas neutre : il engage l’avenir, il hypothèque les droits, et il place le pays dans une spirale dangereuse de dépendance et de fragilisation institutionnelle.

 

Le PLF 2026 se présente comme un budget opaque, déséquilibré et construit hors des règles démocratiques. Il contourne les dispositifs de contrôle prévus par la Loi organique du budget, siphonne les ressources vitales de la santé, de l’éducation et de la protection sociale, tout en gonflant les budgets sécuritaires. Au lieu d’investir dans le soin, le savoir, l’emploi ou l’inclusion, l’État choisit la force, l’opacité et le repli. La disparition du débat public, la marginalisation du Parlement et le recul de la transparence financière ne sont pas des accidents : ils traduisent une volonté assumée de gouverner sans contrôle et sans comptes à rendre.

 

En rupture totale avec les engagements internationaux et constitutionnels de la Tunisie, les arbitrages du PLF 2026 représentent une menace directe contre les droits économiques et sociaux. Ce projet budgétaire promet plus d’inégalités, une aggravation de l’effondrement des services publics, et une désindustrialisation qui nourrit un chômage massif, l’exclusion sociale et le désespoir — terreau fertile des dérives autoritaires et des colères collectives.

 

Face à cette situation, cette rencontre ambitionne de décortiquer le PLF 2026, d’en dévoiler les implicites politiques et les conséquences humaines, et de construire, avec les participants, des alternatives crédibles. Parce qu’un budget n’est pas seulement une affaire de chiffres : c’est un choix de société. Nous défendons un budget fondé sur la justice sociale, la transparence, et la protection effective des droits fondamentaux — un budget au service du peuple, et non un instrument de consolidation autoritaire.

Intervenants :• Ali Kooli, ancien ministre de l’Économie et des Finances (2020–2021), expert des questions macroéconomiques, de la dette et du système bancaire.
• Mohamed Trabelsi, ancien ministre des Affaires sociales, spécialiste du dialogue social, de la protection sociale et des politiques d’emploi.
• Hédi Kammoun, représentant de l’association ALERT, engagé sur les enjeux de gouvernance économique, de concurrence et de lutte contre l’économie de rente.

• Animation : Karim Belkhiria

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Avec quelques 500000 visiteurs par mois pour notre site fondé en 2014, 35000 abonnés sur Instagram et 5000 fidèles de nos pages WhattsApp (Afrique, Liban, Niger, Gabon, Algérie, Maroc, Tunisie, la Côte d’Ivoire, Gabon, Madagascar ), « Mondafrique » a imposé une vision pluraliste et originale en matière d’information sur le monde arabe et africain.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, nous ne nous interdisons pas d’accueillir des analyses sur les grands équilibres mondiaux. 

Notre positionnement critique vis à vis des pouvoirs en place, la diversité des contributeurs du site -journalistes, diplomates, universitaires ou simples citoyens-, la volonté enfin d’apporter des informations et des analyses qui tranchent avec la « grande presse » (ou supposée telle)  ont été nos seules lignes de conduite. 

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L’inauguration du Collectif Citoyen France–Algérie  https://mondafrique.com/confidentiels/linauguration-du-collectif-citoyen-france-algerie/ https://mondafrique.com/confidentiels/linauguration-du-collectif-citoyen-france-algerie/#respond Fri, 21 Nov 2025 09:49:40 +0000 https://mondafrique.com/?p=143092 À la suite de la publication, le 16 août 2025, de la « Lettre ouverte aux présidents Macron et Tebboune », les premiers Signataires ont décidé de créer le Collectif Citoyen France-Algérie pour un dialogue citoyen et solidaire entre les deux Paysdont le lancement aura lieu le 22 novembre 2025 de 10h à 17H00. Un Collectif, […]

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À la suite de la publication, le 16 août 2025, de la « Lettre ouverte aux présidents Macron et Tebboune », les premiers Signataires ont décidé de créer le Collectif Citoyen France-Algérie pour un dialogue citoyen et solidaire entre les deux Paysdont le lancement aura lieu le 22 novembre 2025 de 10h à 17H00.

Un Collectif, car nous considérons qu’il est indispensable d’agir conjointement entre membres des deux sociétés civiles pour atteindre un objectif commun : faire vivre et densifier les liens humains indéfectibles existant entre les deux pays. Cet objectif est d’autant plus nécessaire aujourd’hui que les relations politiques actuelles entre les deux Nations, sources de tensions insupportables, font peser sur les acteurs des sociétés civiles un poids préjudiciable au développement d’actions et de projets communs.

Citoyen, car la liberté d’opinion et de conscience, la liberté de contribuer aux affaires du pays dans lequel on vit et au Bien commun, d’avoir des droits et des devoirs politiques, ne se discutent pas. Français et Algériens ont en partage les mêmes valeurs universelles : liberté, solidarité, égalité.

Ce Collectif a ainsi pour vocation, dans l’esprit de cette Lettre, de mettre en lumière les acteurs des sociétés civiles des deux pays, dans toute leur diversité. Il entend valoriser les liens qui les unissent, leurs réalisations communes et leurs aspirations partagées. L’apaisement des relations franco-algériennes et la fraternisation entre les deux peuples constituent les objectifs majeurs affirmés à la fois dans la Lettre ouverte et dans la démarche du Collectif France-Algérie.

Penser et agir au Présent, se projeter dans l’Avenir.

Lors de cette première Journée inaugurale et de rencontre, la matinée sera consacrée à une approche globale et plurielle permettant de mieux comprendre les deux pays et la nature de leurs relations.
L’après-midi sera dédiée aux acteurs associatifs, engagés sur le long terme dans des projets et des actions communes. Le débat s’ouvrira avec les associations pionnières, actives depuis de nombreuses décennies, avant de donner la parole à la jeunesse, autour des expériences menées, des initiatives en cours et des perspectives à venir.

Liens internet destinés au public pour suivre l’évènement en ligne:

(380) Inauguration du Collectif Citoyen France Algérie Partie 1 – YouTube

(380) Inauguration du Collectif Citoyen France Algérie Partie 2 – YouTube

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Alger et Madrid rabibochés, mais en désaccord sur le « Gazoduc Maghreb » https://mondafrique.com/confidentiels/alger-et-madrid-rabiboches-en-desaccord-sur-le-gazoduc-maghreb/ https://mondafrique.com/confidentiels/alger-et-madrid-rabiboches-en-desaccord-sur-le-gazoduc-maghreb/#respond Fri, 21 Nov 2025 09:13:00 +0000 https://mondafrique.com/?p=142984 Depuis juin 2022, les relations commerciales entre l’Algérie et l’Espagne sont au point mort. L

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La réception de l’ambassadeur espagnol en Algérie, Fernando Morán CalvoSotelo par Kamel Moula, président du conseil du renouveau économique algérien, constitue un élément de taille dans la lecture de la situation des relations algéro-espagnoles. Depuis juin 2022, les relations commerciales entre l’Algérie et l’Espagne sont au point mort. La rencontre entre ces deux hommes peut être considérée comme un indice important d’un retour à la normale dans un proche avenir. Sous réserve d’un accord sur le Gazoduc Maghreb voulu par l’Espagne

Profitant de l’envolée commerciale, Madrid sollicite Alger pour rouvrir le gazoduc Maghreb fermé depuis la fin du contrat en 2021 dans le prolongement de la détérioration des relations avec le Maroc. Le site espagnol « économia » fait état d’un refus catégorique des autorités algériennes au moment où le royaume Alaouites traverse une crise perceptible dans ce secteur. Le gouvernement marocain prépare une augmentation du prix de la bonbonne du gaz de 12 kilos de 50 dirhams à 60 dirhams pour l’année 2025 et envisage d’annoncer une augmentation de 10 dirhams de plus pour le début 2026 portant le prix de la bonbonne à 70 dihrams. Le consommateur marocain voit le prix du gaz s’envoler en dehors de sa bourse.

C’est le même gouvernement Espagnol de Pedro Sanchez, auteur de la crise avec l’Algérie, qui propose ses bonnes offices auprès d’Alger pour rouvrir le Gazoduc Maghreb qui traversait le territoire marocain. L’approvisionnement en gaz du marché Marocain était stable du temps où le gazoduc traversait le territoire. Selon l’accord entre les trois États, une partie du gaz était prélevée par le Maroc pour ses foyers et ses entreprises. Devant la demande de plus en plus accrue du Maroc, l’Espagne a accepté d’inverser le flux du Gazoduc du port espagnol de Tarifa aux ports marocains, ce qui a permit le maintien une certaine stabilité des approvisionnements en énergie.
Le Maroc a réussi à combler le manque à gagner du passage du gazoduc Maghreb par le Gaz Russe qu’il achetait sur le marché international. Or, depuis les sanctions imposait à ce pays, et la demande de consommation des foyers et des entreprises marocaines le gouvernement se retrouve face à une situation inédite. L’auteur de l’article, d’Economia, journal espagnol spécialisé dans le domaine d’économie, mentionne l’opposition d’Alger à la livraison de son gaz via l’autre gazoduc Medgaz ou par voie maritime si ce gaz serait vendu pour le marché marocain. « L’Algérie a averti Madrid qu’elle opposerait son veto à l’entrée de son gaz en Espagne via l’autre gazoduc, Medgaz, ou par bateau si ce gaz était utilisé pour être vendu au Maroc » souligne Carlos Ribagorda, l’auteur de l’article d’économia.
Alger compte exercer une pression maximale sur le royaume alaouite dans sa crise de pénurie de gaz qu’il traverse. L’Espagne reste son principal fournisseur, CORES, l’entité de détention chargée de maintenir les réserves stratégiques de produits pétroliers et de contrôler les stocks de l’industrie pétrolière et gazière en Espagne, confirme la hausse les exportations du gaz vers le Maroc. Celui-ci est devenu le second destinataire du Gaz espagnol après la France.

Le Maroc anticipe les événements en construisant des usines de GNL pour garantir son autonomie d’approvisionnement en achetant du Gaz aux États Unis et en Russie dans le futur. Le Projet du Gazoduc Nigeria approvisionnant l’Europe n’a pas encore trouvé une solution finale de passage. Faut-il qu’il traverse plusieurs États Africains pour finir sur les ports marocains ou le cheminement traversant uniquement le Niger et l’Algérie. La guerre entre le Maroc et l’Algérie fait rage pour l’obtention de se passage dans la géostratégie énergétique au Maghreb.

Le gazoduc Maghreb Europe réouvert explique les retrouvailles Madrid/Rabat

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La répression numérique en Tanzanie https://mondafrique.com/confidentiels/la-repression-numerique-en-tanzanie/ https://mondafrique.com/confidentiels/la-repression-numerique-en-tanzanie/#respond Mon, 17 Nov 2025 18:03:27 +0000 https://mondafrique.com/?p=142916 Face au puissant mouvement de contestation qui s’est emparé de la Tanzanie à la suite des élections générales, l’une des réponses du pouvoir a consisté à couper les réseaux sociaux.

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Face au puissant mouvement de contestation qui s’est emparé de la Tanzanie à la suite des élections générales, l’une des réponses du pouvoir a consisté à couper les réseaux sociaux. Dans ce grand pays d’Afrique de l’Est, comme dans bien d’autres pays aujourd’hui, la maîtrise de l’espace numérique est devenue un aspect central de la répression.


Le 29 octobre 2025, la Tanzanie a tenu des élections générales censées prolonger la trajectoire démocratique d’un pays souvent vu comme un îlot de stabilité politique en Afrique de l’Est.

Mais dans un climat déjà tendu – manifestations sporadiques à Zanzibar et Arusha, arrestations d’opposants, présence accrue de force de sécurité et fermeture partielle des médias critiques –, le scrutin s’est transformé en crise politique majeure. La présidente sortante Samia Suluhu Hassan, devenue présidente de Tanzanie en mars 2021 à la suite du décès du président John Magufuli, dont elle était la vice-présidente, a été élue avec près de 98 % des voix dans un contexte où le principal parti d’opposition, Chadema, avait été marginalisé et plusieurs de ses dirigeants arrêtés.

Dès l’annonce des résultats, des manifestations de protestation ont éclaté à Dar es Salaam (la plus grande ville du pays, où vivent environ 10 % des quelque 70 millions d’habitants du pays), à Mwanza et à Arusha. Les affrontements auraient fait, selon les sources, entre 40 et 700 morts, et plus d’un millier de blessés.

Face à la propagation des manifestations, le pouvoir a réagi par un couvre-feu national, un déploiement militaire dans les grandes villes et une coupure d’accès à Internet pendant environ 5 jours, invoquant la prévention de la désinformation comme mesure de sécurité. L’accès à Internet a été partiellement rétabli, mais les restrictions sur les réseaux sociaux et les plates-formes de messagerie persistent.

Ce triptyque autoritaire – fermeture politique, verrouillage territorial et blackout numérique – a transformé une contestation électorale en véritable crise systémique de confiance entre État et citoyens, entre institutions et information, et entre stabilité et légitimité.

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Le mirage d’un processus de paix au Congo https://mondafrique.com/confidentiels/le-mirage-dun-processus-de-paix-au-congo/ https://mondafrique.com/confidentiels/le-mirage-dun-processus-de-paix-au-congo/#respond Mon, 17 Nov 2025 17:34:57 +0000 https://mondafrique.com/?p=142909 La mutinerie du M23 est une insurrection armée soutenue par le Rwanda qui débute d’avril 2012 à novembre 2013 dans la province du Nord-Kivu, au nord-est de la république démocratique du Congo (RDC) avant de se poser désormais comme « un. prétendant crédible à gouverner toute la Rdc ». Sous les auspices de l’Etat du Qatar et […]

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La mutinerie du M23 est une insurrection armée soutenue par le Rwanda qui débute d’avril 2012 à novembre 2013 dans la province du Nord-Kivu, au nord-est de la république démocratique du Congo (RDC) avant de se poser désormais comme « un. prétendant crédible à gouverner toute la Rdc ». Sous les auspices de l’Etat du Qatar et les encouragements de l’administration Trump, le gouvernement de la République démocratique du Congo (Rdc) dirigé par le Président Félix Tchisekedi et son opposition en guerre, le M23, signent, le 15 novembre, un énième protocole d’apaisement, sur le chemin ardu du rétablissement de la confiance et au service de la réconciliation qui semble aujourd’hui bien lointaine.

Nord-Kivu, au nord-est de la RDC

Dénommé Cadre de Doha pour un accord de paix global, le nouveau document adopté le 15 novembre ne comporte pas d’obligation opposable aux parties. Comme le précédent de juillet relatif à la vérification d’un cessez-le-feu d’ailleurs systématiquement violé, le texte bénéficie d’un battage médiatique mais en réalité il ne dépasse le stade d’une énième déclaration d’intention.

Certes, la coalition civile Alliance fleuve Congo et son aile militaire Mouvement du 23 mars (Afc-M23), obtiennent, in fine, un regain de reconnaissance internationale, qui les émancipe de la caution du Rwanda, leur principal soutien. En s’autonomisant aux yeux du monde, la rébellion à l’origine circonscrite dans le du Nord-Kivu, attire plusieurs opposants au pouvoir de Kinshasa et conforte, ainsi, son statut de prétendant crédible à gouverner toute la Rdc, par-dessus les clivages ethniques et régionaux.

Aucune négotiation officiellement autorisée

Au cœur de la démarche, s’insinue le poison d’un tabou jusqu’ici bien préservé mais dont le rappel à la lumière menace de compromettre le résultat, ô combien fastidieux, de la médiation.

À y regarder de près, l’ensemble de l’édifice, médiation du Qatar et des Etats unis d’Amérique comprises, repose sur une contrefaçon par omission, soigneusement dissimulée depuis 3 ans. Le 8 novembre 2022, la chambre basse du Parlement, réunie en séance plénière, adopte, sous la dictée de l’élan patriotique, une résolution dénuée d’ambiguïté :  « Considérant l’agression imposée à la Rdc par l’armée rwandaise sous le label du groupe terroriste M23, l’Assemblée nationale interdit au gouvernement de la République de procéder à l’intégration, au mixage, au brassage et ou à toute négociation tendant à intégrer au sein des Fardc, de la police et toute autres services de sécurité, des éléments issus des groupes armés, qui se sont livrés à l’exploitation illicite des ressources naturelles de la Rdc ».

La même majorité, acquise au Président Félix Tchisekedi, a été reconduite après le renouvellement de la totalité des sièges de députés, le 20 décembre 2023. A défaut d’une délibération contraire ou d’une abrogation pure et simple, l’interdiction du 8 novembre 2022 demeure de plein effet, d’où l’illégalité formelle de tous les engagements ultérieurs qui lient le gouvernement, la rébellion et les partenaires extérieurs.  Au regard du droit congolais, l’intégralité des actes conclus est frappée de nullité. Pire, sortir de la précarité juridique du processus, implique, désormais, le retour à la validation de chacune des ententes, à présent sujettes à caution.

Obtenir le visa rétrospectif des législateurs de la Rdc devient la garantie insensible à la cohérence du dispositif. Le plan des médiateurs n’avait envisagé une telle complication, malgré son évidence.

« Sortir de ce foutoir »

« Que vont-ils inventer pour sortir de ce foutoir », s’interroge, manifestement chiffonné, lors de son passage à Paris, un diplomate proche de la dynamique du règlement en cours. Il convient surtout de se demander pourquoi autant de puissances politiques, d’influence et de renom, se sont-elles livrées, avec le concours de légions de conseillers-experts, à une manœuvre aussi imprudente qui trahit, au mieux, une dose peu tolérable d’amateurisme. « Ce n’est pas tant l’irrégularité juridique qui gêne car un nouveau vote permet d’infléchir, voire d’annuler une résolution de l’Assemblée nationale. Le problème vient plutôt du déficit de vigilance morale sous lequel la négligence a prospéré », commente un juriste congolais, sous couvert de l’anonymat.

Lien contextuel : https://talatala.cd/suivi-de-l’ex%C3%A9cutif/73/

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Tunisie, Jaouhar Ben Mbarek entame une grève de la faim https://mondafrique.com/international/tunisie-jaouhar-ben-mbarek-condamne-a-18-ans-de-prison/ https://mondafrique.com/international/tunisie-jaouhar-ben-mbarek-condamne-a-18-ans-de-prison/#respond Sun, 16 Nov 2025 15:01:33 +0000 https://mondafrique.com/?p=142752 En grève totale de la faim, de l’eau et des médicaments depuis le 29 octobre 2025, le défenseur des droits humains Jaouhar Ben Mbarek, entend dénoncer sa condamnation à 18 ans de prison

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En grève totale de la faim, de l’eau et des médicaments depuis le 29 octobre 2025, le défenseur des droits humains Jaouhar Ben Mbarek, entend dénoncer sa condamnation à 18 ans de prison, marquée par l’absence des conditions minimales d’un jugement équitable et l’acharnement judiciaire dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État ».

L’état de santé de Jaouhar Ben Mbarek s’est gravement détérioré, mettant sa vie en péril. La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dans le cadre de l’Observatoire pour la protection des défenseur·es des droits humains, condamnent fermement la détention arbitraire et le harcèlement judiciaire à son encontre, et appellent les autorités tunisiennes à le libérer immédiatement et inconditionnellement.

Paris-Genève, 12 novembre 2025 – M. Jaouhar Ben Mbarek, président du mouvement Doustourna, organisation membre de la FIDH en Tunisie, a entamé, le 29 octobre 2025, une grève totale de la faim, de l’eau et des médicaments, en réponse à sa lourde condamnation et détention arbitraires dans l’affaire du « complot contre la sûreté de l’État ». Son état de santé est aujourd’hui dramatique, et les autorités tunisiennes font preuve d’une indifférence totale face au risque imminent de décès.

Arrêté le 24 février 2023, le dossier ayant conduit à sa condamnation repose sur des bases fragiles voire inexistantes : aucune preuve matérielle, des chefs d’accusation vagues et politisés — « atteinte à la sûreté de l’État », « complot contre l’autorité de l’État », « appartenance à une entente criminelle » — et un recours quasi exclusif à un témoin anonyme dont la crédibilité n’a jamais été établie. La procédure à son encontre a été profondément viciée : audiences à huis clos, exclusion des journalistes et observateurs diplomatiques, comparution imposée à distance, absence d’interrogatoire de plusieurs accusé·es, et maintien en détention préventive prolongée.

Lors des audiences du 4 mars puis du 11 avril 2025, les familles ont été bloquées devant les portes du tribunal, les avocats délibérément retardés, les journalistes exclu·es. Le verdict rendu le 19 avril 2025, condamnant M. Jaouhar Ben Mbarek à 18 ans de prison, est venu consacrer un procès dépourvu des garanties les plus élémentaires d’un jugement équitable.

Ce 12 novembre 2025 après-midi, l’avocate Dalila Ben Mbarek Msaddek, sœur de Jaouhar Ben Mbarek, a livré un témoignage vidéo dénonçant les violences que son frère a subies au sein de la prison de Belli. M. Jaouhar Ben Mbarek a été conduit, dans une pièce à l’écart des caméras, où il a été violemment agressé par plusieurs détenus sur ordre de surveillants. Les traces de cette agression ont été constatées le 12 novembre au matin par son avocate Hanane Khemiri, qui lui a rendu visite et a immédiatement déposé une plainte pour actes de torture. Jaouhar Ben Mbarek a présenté de multiples ecchymoses et souffre de douleurs intenses lui permettant à peine de tenir debout.

L’Observatoire constate que le maintien en détention de M. Jaouhar Ben Mbarek illustre la dégradation alarmante de l’État de droit et de l’espace de la société civile en Tunisie, ainsi que l’instrumentalisation croissante du système judiciaire à des fins politiques. Il s’inscrit dans un climat de répression généralisée, marqué par des poursuites judiciaires contre des militant·es et défenseur·es des droits, des suspensions arbitraires des activités d’organisations de défense des droits humains, des campagnes de dénigrement orchestrées dans les médias, et des pressions croissantes sur les syndicats et les journalistes.

L’Observatoire appelle les autorités tunisiennes à garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Jaouhar Ben Mbarek, notamment en lui donnant un accès immédiat à des soins médicaux spécialisés afin de préserver sa vie, à libérer immédiatement et inconditionnellement M. Jaouhar Ben Mbarek et l’ensemble des défenseur·es des droits humains arbitrairement détenu·es, ainsi qu’à mettre fin l’instrumentalisation de la justice pour opprimer toute voix dissidente dans le pays. L’Observatoire appelle également à enquêter sur les allégations de torture à l’encontre de M. Jaouhar Ben Mbarek et à traduire en justice les responsables de ces violations. 

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Les mercenaires russes de plus en plus absents du paysage malien https://mondafrique.com/limage-du-jour/les-mercenaires-russes-de-plus-en-plus-absents-du-paysage-malien/ https://mondafrique.com/limage-du-jour/les-mercenaires-russes-de-plus-en-plus-absents-du-paysage-malien/#respond Sun, 16 Nov 2025 08:26:16 +0000 https://mondafrique.com/?p=142738 Le théatre malien a été jalonné d’accrochages fratricides entre le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (Gsim-Alqaïda) et l’Etat islamique au Sahel (Eis), notamment en profondeur de l’espace frontalier du Burkina Faso et du Niger. Les deux coalitions rivales continuent, sans coordination, à épuiser la résistance des troupes régulières en même temps qu’elles […]

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Le théatre malien a été jalonné d’accrochages fratricides entre le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (Gsim-Alqaïda) et l’Etat islamique au Sahel (Eis), notamment en profondeur de l’espace frontalier du Burkina Faso et du Niger. Les deux coalitions rivales continuent, sans coordination, à épuiser la résistance des troupes régulières en même temps qu’elles se rejettent l’anathème de l’hérésie, tandis que les mercenaires russses ont quasiment disparu du paysage

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Certains média, partisans des trois juntes s’enthousiasment déjà et applaudissent l’imminence d’un expédition conjointe contre l’ennemi, dans la zone hautement belligène du Liptako-Gourma. En revanche, pratiquement plus aucune source ne fait mention de l’engagement opérationnel de l’Africa corps. Presque sans bruit, les supplétifs russes des Forces armées maliennes (Fama) ont disparu de l’actualité. Plusieurs analystes cantonnent désormais leur implication à la sécurisation des mines d’or, en sus de la défense de Kidal, une emprise à présent isolée au cœur du désert.

Une ligne de front stable

La « guéquérilla » de la brousse patine, à coup d’embuscades, de pose d’engins explosifs, de raids aériens et d’opérations de ratissage, opposant les militaires, leurs milices d’appoint et les katibas de l’insurrection islamiste. Le rapport des forces factuel n’a pas évolué, en comparaison du début du mois, chacune des parties au conflit ayant démontré son incapacité d’affaiblir l’autre à un niveau suffisamment significatif pour rompre l’équilibre de la dissuasion. La capitale du Mali parvient à recevoir de nouveaux convois de carburant mais le harcèlement, le long des trajets, se poursuit, selon une fréquence erratique, avec son lot de citernes brûlées ou détournées, par les jihadistes à leur propre usage.

 La Syrie, la Libye, Irak ou l’Afghanistan attestent de leur détestation mutuelle et la surenchère sanglante n’est pas près de s’éteindre. La discorde exportée en Afrique comporte un avantage résiduel au profit de l’Alliance des Etats du Sahel (Aes) dont la dynamique de mutualisation prend forme, depuis le 3 novembre, après la nomination du Commandant de sa Force unifiée, le Colonel Burkinabé Eric Diabiré. Annoncée au début de l’année 2025, elle tarde à voir le jour. Le dispositif devrait compter 5000 hommes soit un peu moins que l’estimation du nombre des insurgés du Gsim, de l’Eis et du Front de libération de l’Azawad (Fla). Là, aussi, à défaut d’une mesure documentée des effectifs, les chiffres pèchent, encore, par approximation.

 

Références

Carte Sahel : https://t.me/veillesah/568

1 vidéo Force unifiée Aes : https://youtu.be/Nzj01Q5Ju_Q?si=eODmZ5WRiCLoGk7N

Mali

1 communiqué Fama, 10 novembre, Soribougou, région de Kita : https://t.me/veillesah/569

3 photos Gsim, butin Soumpi, cercle de Niafunké, région de Toumbouctou 7 novembre : https://t.me/veillesah/570

1 Reportage Fama, Soumpi 7 et 8 novembre, visite de terrain : https://t.me/veillesah/573

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Militariser le Sahel, le mode d’emploi https://mondafrique.com/libre-opinion/militariser-le-sahel-le-mode-demploi/ Sat, 15 Nov 2025 18:14:12 +0000 https://mondafrique.com/?p=142689 Au cours de ces quelques mois, les armes, la guerre et la sécurité sont exactement ce que je croyais avoir laissé derrière moi en quittant le Niger.

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Ce sont les trois mots que j’ai le plus entendus depuis mon retour du Sahel. Au cours de ces quelques mois, les armes, la guerre et la sécurité sont exactement ce que je croyais avoir laissé derrière moi en quittant le Niger. Après avoir passé 14 ans dans les zones les plus « critiques » d’Afrique, je pensais trouver une tout autre situation en rentrant chez moi.

Mauro Armanino, Gênes, novembre 2025

Les militaires au pouvoir dans les trois États confédérés du Sahel central, les groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, les groupes d’autodéfense, les mercenaires de diverses origines et les armes en quantité. Tel semble être le sentiment et le quotidien au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Des sociétés dans lesquelles le domaine militaire semble si omniprésent qu’il influence les rythmes et les saisons politiques de ces pays. Je me trompais.

De l’autre côté du monde, celui que l’on appelle par convention unilatérale le « Nord », on retrouve le même climat, mais dans un contexte que l’on ne saurait pas qualifier de démocratique. Il faut s’armer et se réarmer, accroître sa puissance pour frapper avant une éventuelle attaque ennemie. Il faut se préparer à la guerre qui viendra, probablement bientôt ou en tout cas quand cela sera nécessaire. La sécurité sera recherchée, promise et garantie, avant tout et partout. Pour notre tranquillité, il existe des zones sous vidéosurveillance dans les bus, les trains, les lieux publics, les églises, les frontières et dans tout type d’entrée digne de ce nom. Dans cette partie du monde également, la militarisation de la société est à l’œuvre.

Le canal privilégié pour la militarisation croissante de la société est, bien sûr, le langage qui opère à travers des récits préétablis, adaptés à la réalité que l’on veut imposer. Depuis longtemps, ce n’est plus le réel qui compte vraiment, mais le type de réalité ou, mieux, le consensus que l’on souhaite véhiculer à partir de celui-ci. Les médias sont conscients de ce qu’un conseiller de l’ancien président américain George W. Bush a déclaré au journaliste Ron Suskind du New York Times en 2004 : « Ce n’est plus ainsi que le monde fonctionne. Nous sommes désormais un empire et, lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. Pendant que vous étudiez, judicieusement comme vous le souhaitez, cette réalité, nous agissons à nouveau et créons d’autres nouvelles réalités… que vous pourrez étudier comme il se doit : c’est ainsi que cela fonctionne… Nous sommes les acteurs de l’histoire et il ne vous reste plus qu’à étudier ce que nous faisons ».

Pour mener à bien l’opération, la construction de l’ennemi, réel, présumé, possible ou improbable, reste une étape primordiale. De ce point de vue, il suffirait de relire « Le Désert des Tartares » de l’écrivain italien Dino Buzzati. Le jeune soldat Giovanni Drogo passe sa vie dans une forteresse frontalière et, juste au moment où l’ennemi semble enfin arriver, c’est lui qui part pour son dernier et définitif voyage. Nous vivons comme dans une forteresse en attendant les barbares et, entre-temps, nous nous armons et préparons la guerre pour assurer la sécurité que, comme on le sait, seul le cimetière peut garantir. L’Occident semble déterminé à se transformer en un immense chantier qui organise le cimetière des rêves.

Démilitariser les pensées et les mots. Être à l’écoute de la réalité dont les pauvres sont le visage censuré. Et surtout, comme l’a dit en 2002 la professeure de langue Nurith Peled Elanan, dont le fils de 13 ans a été tué… ‘Des termes tels que liberté et honneur, Dieu et paix, le bien du pays et même la démocratie peuvent être des armes mortelles… nous sommes ceux qui savent qu’il n’y a ni paix ni liberté, ni bien ni Dieu après la mort d’un enfant’.

                                                               

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