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Algérie, le journaliste Abdou Semmar arrêté

Les deux journalistes Mohamed Abderrahmane Semmar, dit Abdou Semmar et Merouane Boudiab, son collaborateur, ont été arrêtés dans la nuit du mardi 23 au mercredi 24 octobre par la gendarmerie. 

Les deux animateurs du site internet « AlgeriePart » ont été interrogés dans les locaux de la gendarmerie, le mardi 23 dans la soirée, affirment leurs proches. Depuis, Merouane Boudiab a été relâché mercredi matin et Abdou Semmar maintenu en détention.

Les deux journalistes devraient, d’après certains médias, être jugés très prochainement dans une affaire de « menaces, diffamation et atteinte à la vie privée », dont auraient été victimes plusieurs personnalités, dont le wali (préfet) d’Alger Abdelkader Zoukh.

Un journaliste en vue

Très médiatisé et souvent bien renseigné par certains clans au pouvoir, Abdou Semmar est connu pour la divulgation de documents sensibles sur des personnalités publiques et de puissants oligarques. A ce titre, le journaliste ne s’était pas fait que des amis.
Abdou Semmar qui collabora entre 2015 et 2017 avec notre site Mondafrique sous le pseudonyme collectif de Louise Dimitrakis, fut violemment attaqué, voici un an, par un courant salafiste violent qui multipliait les menaces sur les réseaux sociaux. Mondafrique avait alors défendu Abdou pour les prises de position courageuses qui lui valaient d’être la cible de fanatiques (« Abdou Semmar, un journaliste insubmersible »).
Ces derniers mois, Abdou Semmar était entré en conflit ouvert avec ALG 24, la version francophone de « Ennahar », qui annonça, voici quelques jours, que le journaliste était convoqué par la justice. Il semble qu’après avoir été protégé au plus haut niveau, le patron d’Algérie Part soit la victime aujourd’hui des guerres que les clans au pouvoir se livrent aujourd’hui en Algérie par médias interposés et via des mises en cause judiciaires.
Convoqué par la justice algérienne alors qu’il était en déplacement à l’étranger, il décida de revenir en Algérie pour s’expliquer sur des accusations qu’il a toujours réfutées. Cette attitude légaliste ne peut que jouer en sa faveur devant les juges.
Jeudi en fin de journée, l’avocat du journaliste n’avait toujours pas eu accès au dossier et ne savait sur quelles bases son client a été arrêté. Abdou Semmar doit à nouveau comparaître le 8 ou le 11 novembre devant le tribunal de Bir Mourad Raïs.
La position de Reporters sans frontières (RSF)
RSF dénonce l’arrestation des journalistes et des éditeurs de presse électronique Abdou Semmar, Adlène Mellah et Merouane Boudiab entre les 22 et 24 octobre 2018. Les journalistes sont présentés ce 25 octobre devant le tribunal pénal de Said Hamdine et le tribunal correctionnel Abane Remdane.

Le journaliste et rédacteur en chef d’Algérie Part Abdou Semmarainsi que son collaborateur Merouane Boudiab ont été arrêtés le 23 octobre à Alger par la gendarmerie nationale. Le directeur des médias en ligne Algérie Direct et Dzair Presse Adlène Mellah a quant à lui été interpellé au soir du lundi 22 octobre 2018.

Selon les sources de RSF, ces arrestations font suite à un dépôt de plainte en diffamation par Anis Rahmani le directeur d’Ennahar TVpour des articles qu’il a jugés diffamatoires parus il y a quelques semaines dans Algérie Part et Dzair Presse. Abdou Semmar et Adlene Mellah sont depuis détenus par la brigade de gendarmerie de Ben El Jedid à Alger et Merouane Boudiab a quant à lui été relaché. Ils comparaissent aujourd’hui devant le tribunal pénal de Said Hamdine et le tribunal correctionnel Abane Remdane. Les avocats des journalistes ont été jusque-là interdits de les voir.

Aucun journaliste ne devrait se retrouver en prison pour des faits de diffamation, déclare Souhaieb Khayati directeur du bureau Afrique du Nord de RSF. Est ce comme cela que les autorités célèbrent la journée nationale de la presse ? En arrêtant les journalistes ? Leur interpellation est une grave atteinte à la liberté de l’information. RSF demande leur libération immédiate.

Adlene Mellah et son rédacteur en chef Khelaf Benhadda ont déjà été arrêtés et détenus en juin dernier pour avoir couvert l’affaire de la saisie de 700 kg de cocaïne, ils sont toujours sous contrôle judiciaire.

L’Algérie est 136e au Classement mondial de la liberté de la presse 2018.

 

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