Tchad, le MPS de Mahamat Deby se taille la part du lion au Sénat

Après son écrasante victoire aux dernières législatives, le Mouvement populaire pour le salut (MPS), le parti du président Mahamat Idriss Deby Itno vient de remporter 45 sièges sur les 46 en jeu lors des élections sénatoriales organisée mardi au Tchad. Le chef de l’Etat tchadien a désormais tous les leviers du pouvoir pour diriger sans partage son pays.

Par la rédaction de Mondafrique

A un seul siège près, le MPS aura raflé postes de sénateur à pourvoir lors du scrutin sénatorial organisé le 25 février 2025 au Tchad. Selon les résultats donnés par l’Agence nationale de gestion des élections, qui seront confirmés sans aucun doute par la Cour constitutionnelle, le parti au pouvoir a raflé 45 sièges sur 46. Seul l’ancien Premier ministre tchadien Albert Padacké Pahimi, leader du Rassemblement national des démocrates tchadiens (RNDT) a réussi à se faire élire sénateur dans son fief du Mayo-Kebbi, à l’Ouest.

Pour le MPS, qui a largement dominé les élections régionales et locales, les sénatoriales, le scrutin, dans lequel les conseilleurs régionaux et municipaux sont les seuls électeurs, avait valeur de simple formalité. Le tiers des sénateurs restant, soit 23 sièges, sera désigné directement par le président Mahamat Idriss Deby Itno.

Pouvoir absolu

Les sénatoriales ont confirmé l’hégémonie du MPS sur la scène politique tchadienne. Le parti du président Deby Itno fils avait en effet écrasé les législatives de décembre 2024 en remportant 124 sièges sur les 188 que compte le parlement tchadien. Quelques mois plus tôt, le chef de l’Etat tchadien avait remporté en mai 2024 la présidentielle 2024 dès le 1er tour avec 61% avant d’être ensuite élevé en décembre 2024 au grade de « Maréchal du Tchad ». Le Conseil national de transition du Tchad (CNT, parlement de transition », avait justifié cette distinction que Deby père avait reçu avant sa mort en avril 2021, par les « services rendus à la nation et les nombreuses victoires militaires remportées à l’intérieur et à l’extérieur du pays ».

Avec le boycott de toutes les précédentes élections par les Transformateurs, première force d’opposition et l’affaiblissement de ses alliés, le MPS est devenu une sorte de parti-Etat qui pourra régner sans partage sur le pays pendant les cinq prochaines années.