Ces secrets d’Alexandre Benalla qui font trembler l’Elysée

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Emmanuel Macron est condamné, comme ce mardi matin sur Europe 1, à prendre la défense de son ancien protégé, Alexandre Benalla. Ne serait ce que par crainte des indiscrétions qu’il commettrait ou des albums de photos qu’il montrerait. Voici l’article paru sur « le vrai Papier« , le mensuel « chic et choc » en vente dans tous les kiosques pour 1,90 euro.

Alexandre Benalla est désormais un visage, à la barbe soignée, une marque, le symbole d’un parcours réussi d’enfant de pauvre. Lorsqu’il apparait dans les bonnes brasseries de l’Ouest parisien ou au bar de l’hôtel du Fouquet’s, son quartier général, des murmures traversent l’assemblée. On le reconnaît, on le salue! Une star est née !

Quand il lui faut choisir des avocats pour se défendre face à la Justice, son choix porte naturellement sur Pierre Haïk et Jacqueline Laffont, ces vedettes du barreau qui ne défendent que les puissants de ce monde, de préférence de droite. On trouve parmi leurs clients Nicolas Sarkozy, feu Serge Dassault, Michel Roussin, le regretté Alfred Sirven, quelques caïds de banlieue et des potentats africains…et l’ami Alexandre.

L’heure de la revanche

Lascar des cités maudites de la République doté d’une tchatche débordante et d’un culot dévastateur, Alexandre Benalla a gouté aux plaisirs épicés des Palais, et il n’est pas du genre à s’enterrer malgré le fâcheux incident, place de la Contrescarpe qui l’a privé des attributs du pouvoir.“ Les médias, a-t-il confié à « Valeurs Actuelles », m’avaient façonné une image d’Arabe de service aux gros bras, qui n’a rien dans la tête ”

Pour l’instant, l’ancien protégé du chef de l’Etat, dans une sorte d’illusion existentielle, croit qu’il est toujours chez lui l’Elysée. Il n’hésite pas à prodiguer ses conseils au « boss », comme s’il était encore aux premières loges. « Jamais si j’avais été présent, la photo avec les deux antillais torses nus et brandissant un doigt d’honneur n’aurait pu être prise ». Nostalgique forcément, l’ancien chef de cabinet adjoint d’Emmanuel Macron exhibe face àses amis, comme autant de trophées, les photos du grand homme qu’il n’a cessé de mitrailler pendant ces deux années d’ivresse.

Des vautours à l’affut

Alexandre Benalla, enfant du numérique, collectionne sur son portable photos, textos et selfies. Ces livres d’images sont plus qu’un fond de commerce, une bombe à fragmentation.« L’Elysée, confie-t-il volontiers, a peur de me voir partir en sucette ». Les proches d’Emmanuel Macron, qui prennent des nouvelles de lui régulièrement, ont quelques raisons de s’inquiéter.

C’est que’Alexandre est très entouré. Voire trop. Depuis son départ de l’Elysée, Alexandre Benalla est cerné par des aigres fins pas toujours très fréquentables, comme ce proche d’Alexandre Djhouri, fiché S pour trafic d’armes avec l’Afrique, qu’il rencontre à Londres. Ses nouvelles fréquentations viennent d’un monde épicé où se mêlent la Françafrique, l’argent facile et les gros bras.Le risque, vu de l’Elysée, est qu’ Alexandre Benalla, un jour de déprime, pourrait bien trahir ses anciens protecterus.

Un joli carnet d’adresses

L’Elysée n’est pas le seul à s’inquiéter des possibles écarts de conduite de l’ancien chef de cabinet adjoint . Alexandre Benalla qui a eu une vie avant l’Elysée possédait déjà un joli carnet d’adresses.

Le protégé d’Emmanuel Macron était membre, dès janvier 2017, de la loge des « Chevaliers de l’espérance » rattachée à la Grande Loge Nationale Française (GLNF), une obédience très marquée à droite qui fut celle de nombreux amis de Nicolas Sarkozy. Bien antérieure, son affiliation maçonnique avait eu lieu en 2015 au Maroc, à l’époque où ce franco-marocain tente en 2015 de lancer une filiale de la société de sécurité « Velours », qui lui fait rencontrer un paquet de flics marocains proches du Palais.

Fort des relations marocaines proches du Palais royal qu’il rencontre lors de son séjour marocain en 2015, le futur garde du corps de Macron fait connaissance avec les princes saoudiens très présents au Maroc. C’et ainsi qu’il parvient, bien avant sa vie élyséenne, à sécuriser les visites privées à Paris du prince héritier et Premier ministre d’Arabie Saoudite, Mohammed Ben Salman, dit MBS, qui a les honneurs de l’actualité ces jours ci, Ce qui a valu à Alexandre Benalla d’être été invité cet automne à la grande réception donnée pour la fête du Trône par l’ambassade séoudienne à Paris où il était, dit-on, très entouré.

Un duo d’enfer

A l’Elysée, l’ami Alexandre s’est fait beaucoup d’amis et quelques obligés. Grande prêtresse des photos à la tète de son agence de paparazzis, Mimi Marchand ne côtoie que les stars : son premier époux, qu’elle a rencontré alors qu’elle passait quelques années en tôle pour chèques volés et trafic de cannabis; Isabelle Adjani, sa copine qui l’adore ; Cyril Hanouna, sa « deuxième maman »; le couple présidentiel qui l’autorise à faire quelques photos d’elle derrière le bureau présidentiel, enfin, plus récemment, Alexandre Benalla, dont elle juge vite qu’il a un sacré potentiel.

Mimi et Alexandre ont appris à se connaître et à s’apprécier lors de la campagne du candidat Macron, La première sélectionnait les photographes que le second recommandait à Emmanuel. Quand un intrus se présentait, comme ce photographe de LCI saisi à bras le corps et trainé sans ménagement, Alexandre veillait au grain. Et quand cet été il livre un grand entretien au Monde pour se justifier, Mimi est encore à ses cotés. Un duo d’enfer !

Un autre roi de l’incruste

Parmi les nouveaux amis prêts à accueillir avec effusion l’ancien chef de cabinet adjoint d’Emmanuel Macron, se trouve l’étrange homme d’affaires syrien, Mohamad Izzad Khatab,  qui se prétend au mieux à la fois avec François Hollande et Marine Le Pen. Quand il ne se trouve pas aux cotés d’Emmanuel Macron et de son épouse qu’il salue avec jovialité (et qu’il filme volontiers) dans les cocktails très politiques où il le croise..

Toujours entouré de trois gardes du corps et parfois aussi de charmantes créatures féminines, Mohamad Izzad Khatab qui défend un improbable « Plan pour la Syrie, reçoit  beaucoup de monde dans son superbe appartement de la place de l’Alma.

Cet homme d’influence a un vrai talent pour taper l’incruste dans les Palais nationaux. A en juger en tout cas par les vidéos qu’il distribue comme autant de lettres de recommandation et où on le découvre dans des échanges chaleureux avec les puissants du moment.

Apparemment Alexandre Benalla a trouvé dans la mauvaise passe qu’il traverse quelques âmes charitables. Charitables? Jusqu’à quel point ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ancien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l'Institut Maghreb (Paris 8) et l'auteur de plusieurs livres: "Les beurgeois de la République" (Le Seuil) "La maison Pasqua"(Plon), "BHL, une imposture française" (Les Arènes), "Le vilain petit Qatar" (Fayard avec Jacques Marie Bourget), "La régente de Carthage" (La Découverte, avec Catherine Graciet) et "Notre ami Ben Ali" (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi)