Centrafrique, le Rwanda à la manoeuvre

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Les massacres de civils et les tueries entre bandes armées sont désormais quasi hebdomadaires. Le martyr du peuple centrafricain et les assassinats de Casques bleus semblent devenir une fatalité.
Un logiciel usé
Les responsables de l’ONU, avec à leur tête un Antonio Gutterres bien décevant, et leurs représentants à Bangui, dont la prestance cache beaucoup d’amateurisme, « condamnent énergiquement  » et menacent de traduire en justice les criminels. Des personnalités onusiennes, y compris à Bangui, avancent même imprudemment des « signes avant-coureurs de génocide ».
Ces paroles sont devenues totalement inaudibles tant elles sont répétitives. Elles provoquent, au mieux, un haussement d’épaules des adeptes de ce terrorisme interne. Quant aux médias internationaux, ils ne font qu’alerter, depuis plusieurs mois, sur la situation catastrophique du pays. L’ONU et la France ont adopté un logiciel qui est inopérant mais qui continue imperturbablement à être utilisé.
Tous les efforts accomplis en matière financière n’ont que très peu d’impacts sur la situation dramatique des populations. Qu’il s’agisse de la mobilisation de policiers et militaires, de la création d’une très onéreuse Cour Pénale Speciale toujours en jachère et du lancement des projets impliquant les autorités nationales,Avec ce logiciel, il manquera toujours des financements et il faudra toujours renforcer les effectifs.
Un Etat failli
La question de la disparition de l’État et d’une administration publique est curieusement évacuée par l’ONU. Généralement, les décisions et ordres du pouvoir exécutif centrafricain, dans lequel règne une rare confusion, n’ont que très peu d’effets, en raison de la disparition de l’organisation hiérarchique de l’administration.
Avec l’impunité, sans cesse remise verbalement  en question mais érigée en véritable dogme de l’actuelle gouvernance , les sanctions administratives ou disciplinaire sont exceptionnelles et ne concernent généralement que des opposants.
Vers une solution africaine 
En dehors de l’aide humanitaire aujourd’hui très insuffisante devant le désastre humanitaire, l’ONU, le FMI, la Banque Mondiale et l’Union européenne pourront multiplier leurs soutiens au gouvernement actuel, sans obtenir les résultats souhaités. On peut déverser de grandes quantités d’essence sur un véhicule à pédales, il n’en avancera pas pour autant.
Le président Paul Kagame a bien intégré l’échec de l’ONU et de la France en Centrafrique. Le futur président de l’Union africaine, au premier janvier 2018, sera le maitre d’oeuvre de la Feuille de route de l’Union africaine. Une solution africaine avec des Africains sera tentée avec la totale adhésion du président Touadera, guère convaincu par l’initiative de Sant’Egidio.
Israel dans les coulisses
 Premier arrivé à Kigali, le 18 août 2018, pour l’investiture, du président Kagame, Faustin-Archange Touadera est déjà protégé par une garde présidentielle formée de militaires rwandais. Nul doute que les méthodes de gouvernance de Paul Kagame seront bientôt d’actualité à Bangui, avec en arrière plan les liens que Paul Kagame a noué avec Israël, qui entretient également d’étroites relations avec le président Touadera, suite à sa visite exceptionnelle d’une semaine, en mai dernier.
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